‹ Description des coquilles fossiles des environs de Paris (volume 2)Chapitre 19 sur 678 · GENRE IV · texte numérisé non relu

GENRE IV

ÉMARGINULE. Emarginula.

Caractères génériques. Corps ovale, conique, pourvu d'un large pied occupant tout l'abdomen, et débordé par le manteau qui a une fente antérieure qui correspond à celle de la coquille pour la communication avec la cavité branchiale ; tête pourvue de deux tentacules coniques, oculés à leur base externe; branchies parfaitement symétriques; coquille symétrique, conique, à sommet bien distinct

DES COQUILLES FOSSILES. 15 et dirigé en arrière , fendue à son bord antérieur pour la communication avec la cavité branchiale, ou n'offrant qu'une légère échancrure à l'extrémité d’un sillon interne. |

Corpus ovale, cono simile, pede lato munitum, totum abdomen occupans et marginatum pallio; pallium defissum sicut testa pro Communicatione externd branchiarum; caput duo tentacula conica habens ad basim externam oculata; branchiæ in toto symetriccæ.

Testa symetrica, conica, apice distincto et posteriüs incurvato margine anteriore; pro communicatione branchiarum fissa , incisuranwe minimam extremitale sulci interrx exlubens.

Les Émarginules que M. Lamarck a séparées des Patelles de Linné, pour en faire un genre, se distinguent en effet d’une manière très-remarquable de toutes les autres Patelles ; et quoique M. Lamarck n'ait point connu l'animal de ce genre de coquille lorsqu'il le proposa, il avait assez bien saisi les rapports pour le placer dans l’ordre le plus convenable et pour en avoir tracé les caractères aussi bien que la connaissance seule du test pouvait le permettre. Depuis que l’on a eu occasion d'observer l'animal, en confirmant les rapports établis par M. Lamarck, on n’a pu ajouter que des caractères anatomiques, ce qui ne laisse plus de doute sur l’opinion qu'on doit avoir sur ce genre.

Les Emarginules ont, d’un côté, beaucoup de rapports avec les Parmophores, surtout si on en rapproche celles dont l'échancrure est peu profonde, et d’un autreavec les Fissurelles; ces rapports sont même si intimes, que M. Blainville regarde les Mollusques de ces genres comme semblables et montrant un même ordre dans l’organisation et dans la place de l'ouverture branchiale qui est au sommet dans les Fissurelles, qui est intermédiaire entre le sommet et le bord dans l'Émarginule douteuse de M. Defrance, qui devient marginale dans les autres Émarginules , qui ne laisse plus qu’une légère échancrure dans l'Émarginule subémarginée de M. Blainville, et enfin qui n'est plus qu'un sinus assez large dans les Parmophores dont quelques espèces même sont toul-à-fait dépourvues; c’est ainsi que, lorsque les rapports qui lient les genres sont naturels, et ne rompent point les convenances organiques, si je puis parler ainsi, ils doivent passer insensiblement de l'un à l’autre et qu'ils peuvent servir de preuve à cette loi générale de l’enchainement des êtres.

Le genre qui nous occupe est encore peu nombreux en espèces. M. Lamarck en décrit trois fossiles du bassin de Paris, auxquelles M. Defrance en a ajouté une quatrième, et nous en ferons connaître une cinquième.

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