GENRE XXVI
NATICE. Vatica.
Caractères génériques. Coquille subglobuleuse , ombiliquée. Ouverture entière, demi-ronde, oblique à l’axe. Bord gauche oblique, non denté, calleux ; la callosité modifiant lombilic, et quelquefois le recouvrant. Bord droit tranchant, toujours lisse à l’intérieur. Un opercule.
Testa subglobosa, umbilicata. Apertura integra, semi-rotunda, axi obliqua. Labium obliquum, edentulum, callosum; callo umbilicum coarctante interdumque obtegente. Labrum acutum , intus lævigatum. Operculum.
Nous avons vu, en parlant des Nérites, que Lister d’abord et ensuite Gualtieri avaient très-nettement séparé les coquilles de ce genre; il en est de même à l’égard des Natices: il suflit, pour s'en convaincre, de consulter les ouvrages que nous ont laissés ces deux auteurs. Rassemblées d’après des caractères extérieurs, il était nécessaire de justifier le rapprochement de ces coquilles par la connaissance de leurs animaux : c’est ce que fit: Adanson, le premier, dans son ouvrage si important des Coquilles du Sénégal. Cet ouvrage, publié quelques années avant les dernieres éditions du Systema naturæ, ne fut pas assez consulté par Linné, qui confondit toujours dans un même genre les Nérites et les Natices, ainsi qu'un assez grand nombre d’autres coquilles. Bruguiere, le premier, dans l'Encyclopédie, institua le genre Natice; ce qui fut imité par la plupart des zoologistes qui lui succéderent. Cependant M. Cuvier, dans son Tableau élémentaire des animaux, conserva le genre Nérite de Linné dans son intégrité, et proposa d'y établir six divisions, dont deux renferment des Natices et les quatre autres des Nérites ou des Néritines. Lamarck se contenta, dès ses premiers travaux (Mém. de la Soc. d’hist. nat. de Paris, 1790, et Syst. des anim. sans vert., 1801), d'adopter le genre Natice de Bruguière, et le mit d’abord en rapport, d’une maniere très-naturelle, d’un côté avec les Nérites, et de l'autre avec les Sigarets. C'est en effet avec ce dernier genre que les Natices semblent avoir plus de rapports. M. de Roissy, dans l'Histoire des Mollusques du Buffon de Sonnini, a également adopté le genre Natice, qu'il place entre les Haliotides et les Nérites, par conséquent assez loin des Sigarets. Le genre qui nous occupe se trouve le dernier de la famille des Néritacées
dans la Philosophie zoologique de Lamarck; il est immédiatement à la suite des Nérites, et comme vient ensuite la famille des Stomataceées, il se trouve absolument dans les mêmes rapports que ceux indiqués par M. de Roissy. Dans l'Extrait du cours, Lamarck modifia l’opinion qu'il avait précédemment publiée. On trouve en effet à la suite des Néritacées le genre Janihine, mais les Sigarets toujours éloignés, et compris dans la famille des Aplysiens. Ce ne fut que dans son dernier ouvrage que Lamarck, après un intervalle de plus de vingt ans, revint judicieusement à sa première opinion, et mit les Natices entre les Nérites, les Janthines et les Sigarets. Aucun auteur cependant n'avait donné durant cette période d'indication précise à ce sujet. Nous voyons que M. Cuvier, dans la premiere édition du Règne animal, a fortement éloigné les Natices des Sigarets, qui appartiennent néanmoins à deux sections de son grand ordre des Pectinibranches. M. Cuvier conserve, comme nous l'avons vu, le genre Nérite de Linné à peu près dans son intégrité, et les Natices en font partie à litre de sous-genre. M. de Férussac modifia beaucoup les opinions reçues avant lui. Confiant dans des observations faites avec peu d'attention, il crut nécessaire, dans ses Tableaux systématiques des Mollusques, de séparer les Natices et les Nérites dans deux familles distinctes ; il place les Nérites, les Ampullaires, etc., dans la famille des Troques, et les Natices avec les Turritelles, les Mélanies, etc., dans celle des Turbinés. Cet arrangement ne pouvait être adopté, pas plus que le sous-genre qu'il propose d'introduire dans les Natices. Ce sous-genre est le Pitonille de Montfort, que M. de Férussac assimile à tort au genre Aotella de Lamarck : le Pitonille n’est en effet qu'un double emploi du genre Hélicine, qui est terrestre, tandis que le genre Roulette est marin; et si ce dernier genre se rapproche en quelques points des Natices, il sen éloigne par le plus grand nombre de ses caracteres. M. de Blainville, aussi bien dans le Dictionnaire des sciences naturelles que dans son Traité de Malacologie, donna des preuves non équivoques de la similitude qui existe entre les animaux des Natices et des Nérites ; aussi il adopta, sous le nom d'Oxystomes, la famille des Néritacées de Lamarck. Avant la publication du Traité de Malacologie, nous avions combattu lopinion de M. de l'érussac dans diverses notes insérées dans les premiers volumes des Annales des sciences naturelles. L'opinion de Lamarck, si généralement adoptée, prévalut encore chez les auteurs dont les ouvrages sont plus récens. Cest ainsi que M. Latreille, dans les Familles naturelles du règne animal, et M. Cuvier, dans la seconde édition du Règne animal, n'y apportérent aucun changement notable.