‹ Description des coquilles fossiles des environs de Paris (volume 2)Chapitre 221 sur 678 · QUINZIÈME FAMILLE · texte numérisé non relu

QUINZIÈME FAMILLE

LES SCALARIENS.

Coquille n'ayant point de plis à la columelle; les bords de l'ouverture réunis circulairement.

Nous avons répété, sans y rien changer, les caractères que Lamarck donne à cette famille. Si elle devait rester dans la méthode, nous aurions cherché à les rectifier; mais un examen quelque peu attentif fait voir facilement que les genres qui la constituent ne sont pas dans des rapports naturels : ces genres, au nombre de trois, Vermet, Scalaire et Dauphinule, n’ont entre eux que cette seule analogie d’être marins et d’avoir l'ouverture arrondie, à péristome complet; mais ce dernier caractère, qui est le seul important, n’est pas suflisant pour rompre les rapports les plus naturels; c’est ainsi que les Dauphinules, dont le test est épais et nacré, qui sont operculées comme les Turbos, appartiennent en effet à la famille des Turbinacées par tous leurs caractères naturels, et cela est si vrai, qu'il existe certaines espèces douteuses entre les deux genres et que l'on pourrait indifféremment mettre dans l’un ou l’autre. À l'égard des Scalaires , ils sont plus voisins des Turritelles que de tout autre genre leur opercule est corné et multispiré, comme dans les Turritelles, et les animaux des deux genres ont beaucoup d’analogie. Les Vermets, on ne peut le contester, se rapprochent aussi à certains égards des Turritelles : leur sommet, régulièérement turriculé , ressemble à un jeune Turritelle, tandis que les autres tours, irrégulierement disloqués, leur donnent de la ressemblance avec certaines Serpules. Ce caractère si particulier, joint à d'autres tirés de l'animal, doit les faire mettre en rapport, comme l’a judicieusement fait M. de Blainville avec les Siliquaires et les Magiles, et constituer ainsi une petite famille distincte.

La famille des Scalariens, proposée par Lamarck dans l'Extrait du cours et maintenue dans son dernier ouvrage, n’a point été adoptée, si ce n’est en partie par M. Latreille, qui, dans ses familles naturelles du Régne animal, a fait des Scalariens une section de ses Péristomiens. M. de Blainville, à l'exemple de M. Cuvier, mit les Scalaires dans le vosinage des Tur-

ritelles, et les Dauphinules à côté des Turbos; mais il laissa les Vermets avec eux dans la famille des Cricostomes, ce que ne fit pas M. Cuvier, dans la seconde édition du Règne animal, où l’on trouve une famille des Tubulibranches pour les trois genres Siliquaire, Vermet et Magile.

Les genres que Lamarck a compris dans la famille des Scalariens sont connus à l’état fossile; un seul , les Vermets, ne se trouve pas aux environs de Paris; les autres, Dauphinule et Scalaire, s'y rencontrent assez fréquemment. On a cru jusqu’à ce jour que ces deux derniers genres étaient propres aux terrains tertiaires, mais nous les connaissons dans la craie.

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