TRoQUE conronpu. Trochus confusus. Nob
PL XEXT fe,3, 4
T. testd conicd , apice acut4, basi dilatatd, irregulariter impressd, tenuiter striata ; ultimo anfractu, basi dilatato, angulato, subtüus concavo, arcuatim striato; aperturä ovatd, margine inferiore profunde concavo.
Localités : Parnes, Mouchy-le-Châtel, C. G.; Valmondois, G. M. S.
Nous distinguons cette espèce de la précédente, et peut-être en est-elle une variélé; mais tous les individus que nous en avons vus étant constamment semblables, nous avons pensé qu'il était nécessaire d'en faire une espèce jusqu’au moment où les variétés intermédiaires viendront les réunir. Cette coquille est conique, presque aussi haute que large; ses tours sont nombreux, étroits et très-irrégulièrement impressionnés par les corps étrangers qui leur étaient adhérens; la surface extérieure, qui est libre, montre des stries onduleuses, irrégulières et très- fines; le dernier iour est circonscrit à sa base par un angle assez aigu, irrégulièrement découpé sur son bord. En dessous il est concave et ne présente aucune trace d'ombilic, et toute la surface est chargée de stries arquées, fines, irrégulieres, obliquement traversées par d’autres stries onduleuses transverses, obsolètes, que l’on ne rencontre que dans un petit nombre d'individus. L'ouverture est ovale - oblongue ; son bord columellaire épaissi et renversé en dehors; le bord inférieur est mince et profondément arqué dans sa longueur; le bord externe est oblique, très-dilaté, et se continue avec le bord supérieur par la lamelle intérieure, qui est lisse, brillante et comme vernissée.
Cette espèce a quelque ressemblance avec celle que l’on rencontre dans les terrains subapennins. Sa hauteur est de trente-cinq millimètres; le diamètre de la base est de cinquante.
Mon cabinet.
19. TROQUE BICARINÉ. Trochus bicarinatus. Lamk. PI. XL, fig. 17, 18.
T. testd elongato-conicd; anfractibus convexis, transversim substriatis, TOME II. 33
supernè unicarinatis, ultimo bicarinato, basi convexiusculo ; aperturd subrolundä; columellä brevi continud.
Lamk., Ann. du Mus., tom. 1, pag. 50, n. 7.
Localité : Longjumeaux.
Petite éspece, bien distincte de toutes ses congénères, et qui paraît être fort rare, car nous n'avons vu jusqu'a présent que le seul individu de la collection de M. Defrance. Ce savant a bien voulu nous le prêter, pour en faire une description complète. Cette coquille est conique, assez alongée, pointue au sommet, formée d’un petit nombre de tours légerement convexes, Substriés transversalement à leur partie supérieure; un peu au-dessous d’une suture simple se montre une petite carène étroite et peu saillante; sur le dernier tour une seconde carène, semblable à la première, est située à la circonférence et y produit un angle fort aigu; en dessous, la coquille est légèrement convexe, presque lisse, sans ombilic; l'ouverture est arrondie, petite; son bord droit est peu oblique; la columelle est peu épaisse, cylindracée, et se continue sans aucune interruption avec le bord inférieur.
Cette petite espèce a sept millimètres de long, et six de diamètre à la base.
Cabinet de M. Defrance.
GENRE XXXYI, PLEUROTOMAIRE. Pleurotomaria.
Caractères génériques. Coquille turbinoïde ou trochiforme, à ouverture entiere, le plus souvent ombiliquée à la base; une fente plus ou moins large, mais profonde, sur le bord droit.
Testa turbinoides vel trochiformis ; apertura integra, sæpius basi umbilicata; fissura plus minusve lata, sed profunda in margine dextro.
Confondus parmi les Troques, les Pleurotomaires en furent séparés par M. Defrance, dans le Dictionnaire des sciences naturelles. Cet auteur judicieux, auquel la conchyliologie est redevable d'un grand nombre de précieuses observations, sentit que le caractère prédominant de son nouveau genre était bien suffisant pour le séparer nettement de tous ceux jusqu'alors inscrits dans les méthodes. Connu à l’état fossile seulement et d'apres de fort grandes coquilles, M. d'Orbigny, auquel on doit des recherches si étendues sur les coquilles microscopiques, proposa, dans les Mémoires de la Société
d'histoire naturelle le genre Scissurelle, pour de tres-petites espèces vivantes, qui offrent le même caractère fondamental que les Pleurotomaires; il conviendrait donc dejoindre ces petites espèces à celles qui étaient déja connues, et de faire de cet ensemble un seul genre, auquel on conserverait le nom imposé d'abord par M. Defrance.
Le genre Pleurotomaire n'était point connu de Lamarck, mais il fut adopté par ceux des auteurs qui, depuis M. Defrance, ont écrit sur la conchyliologie. Cest ainsi que M. de Férussac le mentionne entre les genres Toupie et Scalaire, dans la famille des Trochoïdes, et M. de Latreille, dans ses familles naturelles, le comprend aussi dans les Trochoïdes, à la suite des Troques, des Cadrans et des Monodontes. L'opinion de M. de Blainville est à peu pres semblable, c’est-à-dire que les Pleurotomaires se trouvent dans la famille des Cricostomes, entre les Turbos et les Dauphinules, par conséquent dans des rapports très-peu différens de ceux que nous avons déjà mentionnés. Quant à l'opinion de M. Cuvier, elle diffère peu de celle de ses prédécesseurs; dans la seconde édition du Règne animal les Pleurotomaires sont compris au nombre des sous-genres des Sabots, entre les Dauphinuleset les Turritelles. Cette opinion, assez générale, quirapprochele genre qui nous occupe des Troques et des Turbos, nous l’avions également adoptée, soit dans le Dictionnaire classique d'histoire naturelle, soit dans l'Encyclopédie méthodique; elle semble en effet, au premier aperçu, la plus rationnelle; car les Pleurotomaires, par leur forme, participent à la fois de celles de la plupart des genres qui constituent la famille des Turbinacees.
M. Gray, auquel nous faisions part, il y a quelque temps, d’observations relatives aux Pleurotomaires, nous fit apercevoir quelques rapports avec les coquilles des Stomates ou des Stomatelles, qui sont, comme on le voit, des points de liaison entre les Haliotides et les Turbos. Dés-lors, selon l'opinion du savant Anglais, opinion qui a besoin d’être profondément réfléchie, les Pleurotomaires ne seraient que des Haliotides turbiniformes ou trochiformes, ou plutôt appartiendraientà un type d'organisation plus voisin des Haliotides que des Troques.
Les Pleurotomaires sont des coquilles marines, répandues avec abondance dans la plupart des couches anciennes de la terre. On commence à les rencontrer dans les terrains de transition : ils sont abondans surtout dans l’oolite et dans la craie, et des 1826 nous en avons découvert une belle et grande espèce dans le terrain tertiaire de Paris. Ce genre est essentiellement caractérisé par l’ouverture entière à la base, sur le bord de
laquelle se trouve toujours une fissure plus ou moins large et toujours tres-profonde : comparable à celle des Pleurotomes, cette fissure se montre à peu près à la même place dans les diverses espèces, quelle que soit d’ailleurs leur forme extérieure. La forme extérieure est tantôt celle des Troques, assez souvent celle des Turbos ou des Monodontes, et plus rarement celle de Dauphinules. Ces formes diverses sont réunies d'une manière fort naturelle par ce seul caractere, la fissure latérale du bord droit. Cette fissure, par sa position, correspond assez exactement à la rangée latérale de perforation que l’on remarque sur les Haliotides. On sait que dans ce genre les branchies placées à gauche reçoivent le fluide ambiant par les tuyaux charnus qui passent au travers des tubulures de la coquille : il n’est guere douteux que l'animal des Pleurotomaires n’ait eu une structure à peu près semblable; seulement il est à présumer que comme dans les Siliquaires, par exemple, au lieu de tubulures, il était pourvu d'une fissure profonde, correspondant à celle de la coquille et donnant passage à l’eau destinée aux branchies. Il nous semble d'autant plus certain qu'il en était ainsi, que les stries d'accroissement des Pleurotomaires indiquent de la manière la plus positive que la fissure a été produite par les bords du manteau, comme le reste de la coquille. Les personnes qui auront observé avec attention un certain nombre de Pleurotomaires, seront facilement convaincues que cette assertion n'a rien de hasardeux.
Les Pleurotomaires sont en général des coquilles fort élégantes, plus ou moins élancées; leur spire est presque toujours ornée de stries ou de granulations diversement disposées avec une grande régularité, tantôt ce sont des stries, tantôt des granulations, quelquefois des tubercules plus ou moins saillans, et quelquefois dans une même espèce une réunion de ces divers accidens.
Nous connaissons actuellement plus de vingt espèces des terrains anciens et la suivante appartenant au terrain tertiaire de Paris.