‹ Description des coquilles fossiles des environs de Paris (volume 2)Chapitre 28 sur 678 · GENRE VI · texte numérisé non relu

GENRE VI

CABOCHON. Pileopsis.

Caractères génériques. Coquille univalve, en cône oblique , courbée en avant, à sommet unciné, presque en spirale , à ouverture arrondie, elliptique, ayant le bord antérieur plus court, aigu, un peu en sinus , le postérieur plus grand et arrondi; une impression musculaire allongée, arquée, transverse, située sous le limbe postérieur. Animal ayant deux tentacules coniques, oculés extérieurement à la base ; branchies disposées en une rangée sous le bord antérieur de la cavité branchiale près du cou.

Testa univalvis, obliquè conica, anteriüs recurva, apice uncinata, subspiralis ; apertura rotundato-elliptica , margine antico breviori, acuto , subsinuato ; postico majori, rotundato ; impressio muscularis elongata, arcuata, transverse , intus ad limbum posticum. Animal duo tentacula conica; extern& basi ocuks duobus ; branchiæ prope collum, infra limbum anticum cavitatis branchiatis urniordinatæ,

Comme nous l'avons déjà fait observer, le genre Cabochon fut pris parmi les Patelles de Linnée dontil n’est qu'un démembrement ; ce fut Montfort qui l’institua, et il n'eut en cela qu’à suivre les indications des anciens et de Linnée lui-même, et d'établir un genre pour des coquilles que l'on regardait seulement comme une section des Patelles. Depuis Montfort, le genre Cabochon fut admis généralement et sans aucuns changemens, jusqu’au moment où M. Defrance, ayant observé que plusieurs espèces se fixent sur un support immobile, proposa un nouveau genre pour ses Hipponices. Ce genre que M. Lamarck a fait rentrer comme une section des Cabochons doit d'autant mieux y rester, que l’on a vu, depuis que l'attention est dirigée sur cet objet, plusieurs espèces de Cabochons vivans, rester fixés à la même place, s’y implanter fortement, et s'ils n'y laissent point de véritables supports, du moins des impressions musculaires profondes, semblables en tout à celles que l'on observe sur les supports. Est-il constant que tous les Cabochons ont de pareilles habitudes ? On doit le présumer quoiqu'on n'en ait pas la preuve directe, et je me fonderai, pour appuyer cette opinion, sur l'observation constante de l'irrégularité des bords des Cabochons ; cette irrégularité fait voir par les stries d’accroissement que la coquille s'est moulée sur un corps irrégulier , que ce corps a été le

même pendant toute la vie de l'animal, puisque l'on trouve les mêmes accidens dans toutes ses stries depuis son jeune âge jusqu'à sa mort, Ainsi ceux qui s’attachent à des coquilles striées, ont les bords festonnés de manière à s'adapter exactement à tous les accidens du lieu comme le ferait de la cire molle, et on voit par les stries d’accroissement que ce Cabochon a vécu sur cet endroit, invariablement fixé depuis l’instant de sa naissance jusqu’à celui où il fut sorti du sein des eaux: et comme ceci se remarque aussi bien sur les espèces que l'on croit libres que sur celles que l’on a vues s'attacher, on doit penser que la manière de vivre est la même; seulement que les uns ont été observés en place, tandis que les autres n’y ont point encore été vus. Il ne reste donc plus entre les Cabochons etles Hipponices, que cette différence d’un support calcaire; mais cette différence en elle-même est peu de chose si l’on fait attention que les impressions que laissent les Cabochons sont absolument semblables à celles qui se voient sur la base des Hipponices, et que l’on y voit une lame calcaire , il est vrai extrêmement mince, qui représente les bases si solides et quelquefois si épaisses des Hipponices. Tous ces motifs doivent nécessairement porter les conchyliologues à suivre l'opinion de M. Lamarck, c’est-à-dire à réunir dans un seul genre, et dans deux sections, tous les Cabochons, jusqu’à ce que des observations nouvelles les aient confondus, comme cela arrivera probablement par la suite.

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