‹ Description des coquilles fossiles des environs de Paris (volume 2)Chapitre 282 sur 678 · GENRE XXXIX · texte numérisé non relu

GENRE XXXIX

PHASIANELLE. Phasianella.

Caractères génériques. Coquille ovale ou conique, solide, lisse, polie; ouverture entière, ovale, plus longue que large, à bords désunis supérieurement, le droit tranchant, non réfléchi; columelle lisse, comprimée, atténuée à sa base. Opercule calcaire paucispiré.

Testa ovata vel conica, solida , lævigata. Apertura ovata, longitudinalis , intesra; labiis supernè disjunctis, externo simplici, acuto , non reflexo ; Columoella lœævis, basi attenuata. Operculum calcareum , paucispiratum.

Les Phasianelles sont des coquilles marines qui ne furent point connues des auteurs qui précéderent Linné.

Cest dans le Systema naturæ qu’on les trouve mentionnées pour la première fois et confondues sous le nom de Buccinum australe.

Ce fut Lamarck le premier qui institua pour ce Buccinum australe, ainsi que pour le Turbo pullus, ce genre Phasianelle, dans le tome 4 des Annales du Muséum ; il le mit dans le voisinage des Turbos, et c’est là où on le trouve dans la Philosophie zoologique. Quelques années après, M. Cuvier confirma ce genre, en donnant sur son anatomie des détails précieux, qui font partie du Mémoire inséré dans le tome 11 des Annales du Muséum ; tous les auteurs depuis cette époque ont adopté le genre qui nous occupe, et presque tous lui ont conservé les rapports que Lamarck avait indiqués; cependant M. Cuvier, dans la premiere édition du Règne animal, peu conséquent avec ce qu'il avait dit de l’organisation des Phasianelles et de leurs rapports avec les Turbos, les mit, à titre de sous-genre, dans le genre qu'il nomma Conchylie, genre que personne n’adopta, parce que rien en effet ne justifie sa création. Lamarck, dans son dernier ouvrage, conserva la famille des Turbinacés telle qu'il lavait proposée plusieurs années auparavant; mais, au lieu de mettre les Phasianelles au commencement de cette famille, les considérant comme intermédiaires entre les Turbos et les Turritelles, ce fut entre ces deux genres qu'il les plaça.

M. de Férussac, dans son Tableau systématique des Mollusques, si souvent imitateur de M. Cuvier, s’en éloigna pour ce qui concerne ce genre, puisqu'il l’'admet dans sa famille des Trochoïdes, à peu près dans les rapports établis par Lamarck. M. Latreille, dans les Familles naturelles du Règne animal, présente une opinion fort singulière et qui ferait supposer

que ce célèbre entomologiste avait peu étudié les rapports des coquilles ; c’est en effet dans la famille des Mélanides, associée aux genres Mélanie, Mélanopsides, Pyrènes et Planaxes, que l’on trouve les Phasianelles; ce qui est remarquable, c’est que M. de Blainville, malgré l'étude qu'il annonce avoir faite des opercules, présente aussi, dans son Traité de malacologie, une opinion à peu près semblable à celle de M. Latreille : c’est entre les Mélanies, les Rissoaires et les Ampullaires que sont comprises les Phasianelles dans la famille des Ellipsostomes; cependant M. de Blainville n’ignorait pas que les Mélanies et les Ampullaires ont l'opercule non spiré, tandis que dans les Phasianelles il l’est constamment et a par sa forme et sa nature la ressemblance la plus parfaite avec celui des Turbos. M. Cuvier, dans la seconde édition du Règne animal, abandonnant sa première opinion, adopta les Phasianelles à titre de genre, et c’est à la suite des Turbos, des Littorines et des Monodontes, qu'il le place, et il le fait suivre des Ampullaires : notre opinion differe de celle de la plupart des auteurs que nous venons de citer et se rapproche de celle de Lamarck. Nous avons pensé, en traitant de ce genre dans l'Encyclopédie méthodique et en établissant ses rapports à l’article Mollusque du même ouvrage, qu'il devait faire partie de la famille des Turbinacées et être placé dans le voisinage des Turbos et des Littorines.

Les Phasianelles sont des coquilles remarquables par le poli de leur surface et le brillant de leur couleur. M. Lamarck, en joignant à ce genre quelques espèces à opercule corné, à columelle aplatie, à surface non polie, l'a rendu moins naturel, et nous pensons que depuis l’établissement du genre Littorine de M. de Férussac, ces espèces y seraient beaucoup mieux placées que dans celui-ci. Le test des Phasianelles est en général épais, d'une structure serrée; il n’est point nacré. L'ouverture est ovaleoblongue, toujours oblique à l'axe, arrondie antérieurement et terminée à l'extrémité postérieure par un angle plus ou moins aigu; les bords de ouverture sont disjoints; le bord externe est toujours mince et tranchant; lopercule est toujours calcaire, plus ou moins épais, paucispiré, ayant la spire à l’une des extrémités; il est lisse et convexe en dehors. Eamarck a indiqué dans ce genre deux espèces fossiles aux environs de Paris; nous avons ajouté une troisième de Phasianelle proprement dite, et nous avons introduit dansle genre trois autres espèces à columelle aplatie, que vraisemblablement on mettra par la suite parmi les Littorines.

1. PHASIANELLE TURBINOÏDE. Phasianella turbinoides. Lamk. PI Kb fig. 1800

P. testä turbinato-elongatd, lævigatd; spirä breviusculä, acuminatd; anfractibus convexis; aperturd osatà&, obliqué& , labio tenui.

Lamk., Ann. du Mus., tom. 4, pag. 206, n. 1.

Defr., Dict. des sciences nat., tom. 41.

Localités : Grignon, Parnes, Courtagnon, Mouchy-le-Chätel, etc., C. G.; Damery, G. M. I.

Petite coquille assez variable dans sa forme, mais principalement dans sa couleur, dont on retrouve des traces sur presque tous les individus; sous ce rapport elle ne diffère pas des autres espèces du même genre, qui n'offrent que très-rarement deux individus d'une coloration identiquement semblable. Elle est türbinoïde, assez alongée ; ses tours de spire sont peu nombreux, larges, convexes, lisses, séparés par une suture simple et assez profonde; le dernier tour est plus grand que les autres réunis; l’ouverture qui le termine est assez grande, régulièrement ovalaire, cependant un peu plus étroite à son extrémité postérieure : elle est inclinée à l’axe; la columelle est épaissie en une sorte de bourrelet arrondi, derrière lequel se voit une petite fente ombilicale; le bord droit est mince et tranchant. La coloration consiste le plus fréquemment en flamules rougeûtres obliques, traversées par un grand nombre de petites lignes de ponctuations oblongues de la même couleur, et quelquefois cette coloration ressort assez vivement sur le fond blanc et opaque de la coquille.

Cette espece, tres-commune dans le bassin de Paris, se trouve aussi aux environs de Valognes et en Belgique. Les plus grands individus ont quatorze millimètres de long et neuf de large.

Mon cabinet.

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