‹ Description des coquilles fossiles des environs de Paris (volume 2)Chapitre 37 sur 678 · CABOCHON OPERCULAIRE. Pileopsis opercularis. Nob · texte numérisé non relu

CABOCHON OPERCULAIRE. Pileopsis opercularis. Nob

PI. IT, fig. 8, 9 , 10.

P. testä& orbicular!, extus concavé, intus convexä, papyrace4, sublamellosd , squamæformu; apice spirato, depresso, submarginalt; strüs tenuissimis, irregularibus , interruptis.

Localité : Parnes.

Comme la précédente, cette espèce présente cette singularité d’être aplatie comme un morceau de papier; mais elle a de plus que l’autre sa concavité du côté extérieur, ce qui est l'inverse de toutes les coquilles patelliformes. Elle est conséquemment convexe en dedans au lieu d'être concave; et l'on se demande avec juste raison où pouvait être logé l'animal. Dans l'espèce précédente on le conçoit encore; parce que, vivant dans les coquilles spirales, l'animal profite de la concavité même de la place qu'il choisit pour loger. Mais ici ce ne doit plus être les mêmes habitudes : si elles étaient semblables , la coquille en présenterait les traces, ce qui n'existe pas; car elles ont toutes une forme régulière qui fait penser qu’elles se sont développées librement. Mais comme dans les mêmes terrains on trouve, outre cette coquille, un support fort singulier, lamelleux, très-concave, qui a été adhérent, et que nous avons fait représenter, même planche, fig. 20,21, 22; que ce support serait entièrement inutile à une espèce pourvue d’une coquille à ample concavité, il est bien à présumer qu'il a appartenu à cette espèce : du moins tout me porte à le'penser, surtout si l'on fait attention à une disposition semblable des impressions musculaires dans l'un et dans l’autre de ces corps. Quoiqu'il en soit de la justesse de ce rapprochement, on reconnaîtra toujours facilement l'espèce qui nous occupe, et on la distinguera de la précédente par sa forme circulaire, son aplatissement considérable, son sommet peu apparent en spirale, ses lames peu élevées, nombreuses et très-finement striées en dessous : elle est lisse, présente une impression musculaire en fer à cheval. On y voit une petite concavité qui correspond au somme.

Celte coquille est rare ; elle a jusqu'à vingt-cinq millimètres de diamètre.

Mon cabinet.

CALYPTRÉE. Calyptræa.

Caractères génériques. Coquille conoïde à sommet vertical, imperforé, et en pointe; à base orbiculaire; cavité munie d’une languette en cornet ou d’un dia phragme en spirale souvent indiquée au-dehors par une spire apparente.

Testa conoida basi orbiculata, vertice erecto, imperforato, subacuto; cayitas labio adnato convoluto instructa, vel septo sptrali sœæpè extüs spira perspicua indicato.

Les anciens connaissaient les coquilles de ce genre ; ils les désignaient généralement par le nom de Patelle, en y ajoutant quelquefois une épithète propre à les désigner ; c’est ainsi que Bonani dit seulement que ce sont de petites Patelles en forme de mamelle. Rumphius ne les mentionne pas d’une manière particulière, et Lister les sépare des autres Patelles en indiquant qu’elles sont pourvues à l'intérieur d’un appendice étroit. Martini dans sa Conchyliologie forma , avec les coquilles qui nous occupent, une coupe particulière dans les Patelles, ce que Linnée avait déjà fait et ce que Gmelin adopta sans changemens. Cependant Klein, ne considérant que sa forme, avait indiqué sousle nom de Calyptra un certain nombre de coquilles patelloïdes parmi lesquelles se trouvaient de véritables Calyptrées ; c'était un nomdonné à des coquilles de genres différens. L'auteur du Museum calonnianum, auquel ondoitl'indication de beaucoup de bons genres, se servit du nom deKlein pour faire un genre dont la Patella equestris, Lin., devint le type. Bruguière conserva, à l'exception des Fissurelles qu’il en démembra, le genre Patelle tel que Linnée l'avait fait, ce qui suppose qu’il n'avait point senti la nécessité de ce genre qui fut enfin et définitivement établi par M. Lamarck dans le Système des animaux sans vertèbres. Depuis, Montfort proposa de reporter aveeun Trochus, pour en faire le genre Znfundibulum, les Calyptrées qui ont une spire apparente. M. Lamarck n’adopta pas d’abord ce démembrement que M. Roissy avait fait sentir, mais il opéra ces changemens dans l'Histoire des Animaux sans vertebres, où il mit les Calyptrées à spire visible avec les Trochus, cet illustre auteur auquel on doit tant de rapprochemens ingénieux, ayant sans doute été conduit à celte erreur par cette considération de peu de valeur, d’une spire apparente et d'un diaphragme correspondant. En effet, il est évident que les Calyptrées dont il est question ont absolument la même manière de vivre que tous les autres Calyptraciens; elles vivent fixées à la même place, elles se moulent sur les corps plus ou moins réguliers qui les soutiennent, elles en prennent même quelquefois accidentellement les stries ou les côtes, ce qui

arrive à la plupart des coquilles fixes. On arrive insensiblement à cette spire par les intermédiaires d'un diaphragme commençant, comme dans la Calyptrée difforme, fossile de Bordeaux , plus complet dans la Patella sinensis, Lin., avec des stries qui indiquent une disposition en spirale; la lame se complète avant que la spire elle-même soit bien sensible, comme nous le ferons remarquer pour l'espèce que nous nommons Calyptrée lamelleuse ; et la lame et la spire ne s’aperçoivent en même temps dans tout leur développement, que dans la Calyptrée trochiforme dépouillée de quelques espèces dont M. Lamarck avait fait de simples variétés. Outre ces motifs, c’est-à-dire la maniere de vivre de ces Calyptrées, et leurs rapports évidens avec les espèces avoisinantes, il en existe encore d’autres pour les éloigner des Trochus ; et ceux-ci, il est vrai, sont d’une moindre importance. Tous les 7rochus sans exception rentrent en entier dans leur coquille, et sont munis d’un opercule ; aussi voit-on qu'ils sont formés de deux couches, l’une extérieure colorice, l’autre interne ordinairement, on peut même dire toujours nacrée. Or, cela ne se voit jamais dans les Calyptrées, dont le test n’est formé que d'une seule couche de matière calcaire blanche, et elles doivent être dépourvues d'opercules. Toutes ces considérations me portent à penser que les naturalistes ont eu tort de songer au rapprochement des Trochus et de quelques Calyptrées; aussi nous conservons ce genre tel que M. Lamarck l'avait d’abord formé, et nous y replacçons la Calyptrée trochiforme que cet auteur avait ensuite nommée Troque caly ptriforme.

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