GENRE XLI
TRIFORE, Triforis.
Caractères génériques. Coquille alongée, turriculée, ventrue, rétrécie à ses extrémités, toujours sénestre; ouverture arrondie, ont par un canal court et entièrement clos; une petite ouverture postérieure bordée, opposée à l'ouverture crmaqele)
T'esta elongata , turrila, ventricosa, extremitatibus attenuata , semper sinistrorsa; apertura rotundata, canali brevi, penitüs clauso, terminata ; apertura postica, minor, marginata altera Opposila.
Ce fut en 1823 que pour la premiere fois nous observâmes ce petit genre curieux; nous l'avons recueilli dans les sables de la belle localité de Valmondois, si riche en espèces nouvelles, et que nous venions de découvrir. En 1824 nous avons présenté à la Société d'histoire naturelle un mémoire dans lequel les caractères du genre et la description de la seule espèce
que nous connaissions furent présentés; mais ce mémoire ne reçut aucune publication. Cependant M. de Blainville, qui en avait eu connaissance, mentionna notre nouveau genre dans son Traité de malacologie, et l’inscrivit au nombre des sous-genres ou sections des Cérites, et donna comme exemple une espèce vivante : les caractères du genre, appuyés par la connaissance de deux espèces, furent confirmés à nos yeux par une troisième, que nous possédons et qui vient de la Méditerranée.
A les voir sans y apporter une attention suflisante, on prendrait ces petites coquilles pour des Cérites de la section des Inverses, c’est-a-dire de ceux dont la spire tourne de droite à gauche; mais, examinés avec un grossissement convenable, on reconnaît les caracteres remarquables qui nous ont déterminé à la création d’un nouveau genre.
Les Trifores, c’est-à-dire coquilles à trois ouvertures, sont alongées, turriculées, ventrues dans le milieu, ce qui leur donne une forme semblable à celle des Clausilies : les trois espèces connues sont sénestres; leurs tours sont nombreux, étroits, tres-réguliers et chargés de granulations très-fines ou de petits plis d'une grande régularité. Le dernier tour se termine antérieurement par une ouverture obronde, à bords minces et saillans. Cette ouverture n’a pas son bord interrompu supérieurement par le canal; ce canal existe cependant, mais il n’est pas ouvert dans sa longueur : il est changé en un véritable tuyau un peu oblique et assez alongé. Ces caractères ne sufiraient pas pour séparer ce genre, puisqu'ils se présentent déja dans quelques Cérites; mais ce qui n'existe dans aucune espèce, c’est une petite ouverture postérieure, opposée à l'ouverture principale et placée à la partie médiane du dernier tour, de sorte qu’en effet ce dernier tour est pourvu de trois ouvertures, une grande comme dans toutes les autres coquilles, une petite postérieure qui lui est opposée, et un canal terminal complétement ferme.
D'après cet ensemble de caractères nous avons pensé, dès que nous observämes les Trifores pour la premiere fois, qu'ils avoisinaient beaucoup les Cérites, on trouve en effet dans ce genre des espèces qui ont quelquesuns des caractères des Trifores; le canal de la base est clos et changé en une perforation arrondie par une sorte de languette, qui se prolonge du bord droit pour se souder au bord gauche, en passant devant le canal; ces Cérites ont donc deux ouvertures séparées, mais elles manquent constamment de la troisième postérieure, qui est propre aux Tnifores. D'un autre côte il existe quelques petites espèces de Pleurotomes fossiles qui ont aussi quelques rapports avec le genre qui nous occupe; ces Pleurotomes sont
alongés; le canal de la base existe comme dans les autres espéces, seulement il est plus court; mais l’échancrure du bord droit se change en un petit canal latéral presque fermé, qui nous semble avoir de l’analogie avec le canal postérieur des Trifores. Quelques Rochers, enfin, tels que le Tubifer, et dont Montfort a fait son genre Typhis, ont également le canal de la base entièrement fermé, et sont pourvus sur le bord droit d’un canal assez long que l'animal abandonne et reproduit à chacun de ses accroissemens par varices. Les rapports naturels des Trifores s'établissent donc principalement avec les Cérites, puis avec les Pleurotomes et les Rochers.