‹ Description des coquilles fossiles des environs de Paris (volume 2)Chapitre 392 sur 678 · TRIFORE Puissé. Triforis plicatus. Nob · texte numérisé non relu

TRIFORE Puissé. Triforis plicatus. Nob

PLCEXNT fat 14, ab, 16 17-

T. testä elongato-turrit&, pupæformi; anfractibus numerosis in medio transversun bipartitis, longitudinaliter plicatis, plicis regularibus, ultimo anfractu basi constricto, lævigato, canali brevi, contorto, terminato;aperturd rotundd.

Localité : Valmondois. G. M.S.

Petite coquille fort extraordinaire et qui paraît extrêmement rare : elle est alongée, turriculée, sénestre et semblable par sa forme à une Clausilie où un Maillot; mais son épaisseur et ses autres caractères la distinguent facilement des espèces de ces genres. Ses tours sont nombreux, fort étroits, ceux du milieu un peu plus renflés que ceux de l'extrémité antérieure: ils sont divisés en deux parties presque égales par une strie transverse nettement coupée; ils sont chargés de plis longitudinaux réguliers, lesquels cessent subitement vers le milieu du dernier tour, à l'endroit où se trouve la petite ouverture postérieure : ce dernier tour, un peu aplati à la base, est resserré à sa circonférence et se termine antérieurement par une ouverture arrondie, entière, de la paroi supérieure, de laquelle semble sortir le canal de la base; celui-ci est complétement fermé à sa partie antérieure; il est court et un peu contourné sur lui-même; le tube postérieur est trèscourt, bordé en dehors et parfaitement circulaire.

Cette petite coquille est longue de huit millimètres et large de deux. On en trouve une variété dans les sables de Valognes.

Mon cabinet.

GENRE XLIN, PLEUROTOME, Pleurotoma.

Caractères génériques. Coquille soit turriculée, soit fusiforme, terminée inférieurement par un canal droit plus ou moins long; bord droit, muni, dans sa partie supérieure, d’une entaille ou d’un sinus.

Testa vel turrita, vel fusiformis, infernè canali recto, plus minusve elongato, terminata ; labrum supernè fissura vel sinu emarginatum.

Quelques auteurs avant Linné, Bonanni, Lister, Gualtierri, représentèrent sous divers noms quelques espèces de Pleurotomes; Adanson, qui en avait observé deux espèces dans les mers du Sénégal, les confondit dans son genre assez indigeste des Pourpres, tandis que Linné les entraina dans son genre Murex, avec les Fuseaux et dans la même section. Cet arrangement fut conservé par Chemnitz et Martini, par Schrôter et même, plus tard, par Bruguiere. Lamarck, qui des le principe observa avec beaucoup d’attention les caracteres des coquilles, reconnut facilement les différences qui existent entre les Pleurotomes et les Fuseaux, et sépara ces genres de celui des Murex de Linné; cette séparation fut proposée dès 1599 dans le premier essai de classification des coquilles que Lamarck publia dans les Mémoires de la Société d'histoire naturelle de Paris; il mit le genre qui nous occupe dans le voisinage des Cérites, et en même temps il créa un genre Clavatule, fondé, comme il le reconnut plus tard, sur des caractères de trop peu de valeur pour être conservé. C’est après la réunion des deux genres dont nous venons de parler que Lamarck caractérisa de nouveau le genre Pleurotome, dans le tome 7 de son Histoire des animaux sans vertèbres, publié en 1822.

La plupart des auteurs ont reconnu, avant que Lamark ne l'ait abandonné, que le genre Clavatule ne pouvait être admis dans une bonne méthode, tandis qu'ils ont adopté le genre Pleurotome à peu pres dans les rapports indiqués par ce zoologiste, c’est-à-dire dans le voisinage des Cérites et des Fuseaux. Quoique l'animal des Pleurotomes füt resté inconnu, car on devait se défier singulièrement de la figure qu’en donne d’Argenville, dans sa Zoomorphose; on pouvait, à l'époque de la publication du septième volume des Animaux sans vertébres, regarder comme fixés les rapports du genre. M. de Férussac cependant, dans ses Tableaux systématiques des mollusques, n’en jugea pas ainsi; il fit des Fuseaux un genre de

la famille des Pourpres, et des Pleurotomes un sous-genre des Fuseaux, et comme dans cette méthode les Cérites constituent une famille séparée de celle des Pourpres par la famille des Buccins, il arrive que les genres qui ontentre eux le plus d’analogie, sont séparés par presque toute la grande série des Mollusques à coquille canaliculée ou échancrée à la base; ce qui paraîtra sans doute encore plus singulier, c’est que M. de Férussac rétablit les Clavatules pour les mettre dans la méthode au même degré que les Pleurotomes, à titre de sous-genre des Fuseaux.

Sans adopter la manière de voir de M. de Férussac, M. de Blainville s'en rapprocha en quelques points. À la suite du genre Fuseau, et dans la même famille des Pourpres, M. de Férussac place le genre Rostellaire, démembré, nous ne savons pourquoi, de la famille des Strombes, et comme les Pleurotomes et les Clavatules sont les derniers sous-genres des Fuseaux, ils se trouvent en contact direct avec les Rostellaires. M. de Blainville ‘adopte les Pleurotomes à titre de genre et ne mentionne les Clavatules que comme section; il met ce genre le premier de la famille des Siphonostomes, place celui des Rostellaires le second, et celui des Fuseaux le troisième ; les Pyrules, les Turbinelles, viennent ensuite, et les Cérites commencent la famille suivante, celle des Entomostomes.

Dans ses Familles du règne animal, Latreille voulut introduire, à l’exemple de Cuvier et de M. de Férussac , les mauvais genres de Montfort, sans se demander, ce qui était cependant nécessaire, s'ils ne constituaient pas double emploi avec ceux de Lamarck; c’est en effet ce que l’on remarque, et cette confusion n’est pas la seule que l’on pourrait reprocher aux familles naturelles du savant entomologiste. Nous voyons, dans sa famille des Fusiformes, le genre Pleurotome entre les Fasciolaires et les Turbinelles, et les Clavatules entre les Fuseaux et les Pyrules, séparés aïnsi des Pleurotomes, dont elles ne sont cependant qu'un démembrement artificiel.

Cuvier, dans toutes ses méthodes précédentes, ayant rejeté le genre Clavatule, on ne devait pas s'attendre à le trouver dans la dernière édition du Règne animal parmi les sous-genres des Fuseaux : il y est cependant avec les Pleurotomes, entre les Siruthiolaires et les Pyrules.

Il nous paraît bien probable que les auteurs qui ont rejeté les rapports donnés aux Pleurotomes par Lamarck, n'avaient pas examiné comme lui un grand nombre d'espèces vivantes ou fossiles appartenant aux Cérites et au genre qui nous occupe. On a dù sapercevoir en effet que parmi les espèces de Cérites décrites dans cet ouvrage, il y en a plusieurs qui participent des Pleurotomes à canal court, et c'est pour faire sentir ces rap-

ports que Lamarck a donné à ces coquilles les noms de Cerithium pleurotomoides et clavatularis. Ces espèces, par plusieurs de leurs caractères, doivent rester parmi les Cérites; mais elles servent à prouver que Lamarck avait su bien apprécier la liaison qui existe entre ces genres. Si ce qui concerne la coquille seule semble décider la question, il n’en est pas de même pour d’autres parties, qui la laissent encore douteuse.

Adanson, le premier, a fait connaître l'animal des Cérites, et l’observation a prouvé que l’opercule qu'il porte à l'extrémité de son pied, est corné et multispiré comme celui de certains Troques et des Turritelles, tandis que M. Quoy, en donnant, dans la Zoologie du Voyage de l’Astrolabe, la description exacte de l'animal d'un Pleurotome, dit que son opercule est onguiculé et semblable à celui des Fuseaux; il faudrait donc conclure de ce fait important que les Pleurotomes se rapprochent des Cérites par la coquille d’un certain nombre d'espèces et des Fuseaux par l’opercule. D’Argenville a donné, dans sa Zoomorphose, une figure de l'animal d'un Pleurotome; il le représente, nous ne savons d'après quel renseignement, comme formé de deux parties, le pied et le corps réunis par un long pédicule, et l’auteur ajoute que cette disposition est cause de la marche dificile de l'animal, qui se renverse facilement, emporté ainsi par le poids de sa coquille. Tout cela paraissait fort singulier aux zoologistes, et la plupart ne menlionnaient ces observations qu'avec tout le doute qu’elles devaient inspirer. M. Quoy, dans la Zoologie du Voyage de l’Astrolabe, a prouvé irrévocablement que les récits et les figures de d'Argenville ne méritent aucune croyance. L'animal des Pleurotomes, observé par le savant que nous venons de citer, est fort craintif; on le voit difficilement sortir de la coquille; ses mouvemens sont.lents, et il ressemble, quant aux caractères extérieurs, à celui des Fuseaux : il n’en diffère, à ce qu'il paraît, que par une échancrure latérale au bord droit du manteau, laquelle correspond à celle de la coquille. M. Quoy a également observé un animal de Pleurotome à queue courte, qui aurait appartenu aux Clavatules de Lamarck, et il a reconnu qu'il ne différait en rien d'essentiel de l'espèce à long canal terminal; il serait à désirer que l’on observat aussi l'animal d’une espèce appartenant à ce groupe particulier des Pleurotomes qui avoisinent les Cônes par leur forme et la plupart des autres caracteres; il est cependant à présumer, par la liaison qui existe entre ces espèces et les autres, que l'animal n’en diffère pas suflisamment pour les faire sortir du genre.

Les Pleurotomes sont des coquilles marines facilement reconnaissables ; leur spire, plus ou moins alongée et ornée à l'extérieur d’accidens divers,

est quelquefois turriculée; elle se termine par un dernier tour, dont les proportions dans ses rapports avec la spire sont extrêmement variables; dans certaines espèces la spire est si courte, qu'il constitue à lui seul presque toute la coquille; dans d’autres il est si court et la spire si alongée, qu'il forme à peine le huitième de la coquille, et entre ces deux extrêmes on trouve tous les intermédiaires.

‘L'ouverture est toujours étroite, plus longue que large, même dans les espèces qui ont le dernier tour irès-court; cette ouverture se termine à la base par un canal droit, plus ou moins alongé, selon les espèces, mais jamais relevé en dessus comme dans les Cérites, ni terminé par une échancrure. Dans presque toutes les espèces le bord droit est mince ettranchant, mais dans toutes, sans exception, ce bord droit offre à sa partie supérieure une échancrure variable quant à la forme et la profondeur, et placée presque toujours un peu au-dessous de la suture, rarement sur la suture ellemême. L’échancrure est variable, selon les espèces : dans celles qui sont fusiformes, elle est en général étroite, profonde, et ses bords sont parallèles; dans d’autres elle est profonde, étroite, et aboutit à un trou circulaire; enfin, dans un assez grand nombre d'espèces, dans celles surtout qui se rapprochent des Cônes par leurs caracteres, l’échancrure se change ordinairement en un large sinus triangulaire profond, dont la forme est constante dans les espèces. Le bord droit est très-fragile, et il est très-rare de le trouver entier dans les espèces fossiles; aussi, pour ne pas les confondre avec les Fuseaux, lorsqu'elles sont ainsi mutilées, il faut rechercher les stries d’accroissement qui indiquent exactement la forme du bord droit et de son échancrure.

Dans les Annales du Muséum Lamarck a donné la description de vingtcinq espèces de Pleurotomes; plusieurs, ayant été faites sur des idee jeunes ou incomplets, devront être réunies à d’autres mieux caractérisées; d’autres renferment à titre de.variétés des espèces parfaiteme ent distinctes: nous avons dù les séparer, ce qui laisse à peu près ce qu'il était le nombre des espèces anciennement connues; depuis nous en avons recueilli plus de trente nouvelles.

Nous partagerons les Pleurotomes en deux sections: 1.” ceux qui se rapprochent des Cônes par leur forme; 2.° ceux qui sont fusiformes.

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