TOME II
lisse, faiblement arquée dans sa longueur et présentant à sa partie supérieure, à l'endroit de la jonction de la lèvre du bord droit, une callosité plus ou moins épaisse, selon les individus : dans les individus jeunes elle n’est point encore formée; dans les vieux, au contraire, elle acquiert quelquefois une épaisseur remarquable. Le bord droit est mince et tranchant; il est simple dans toute sa longueur; mais à sa partie supérieure il s’épaissit notablement, et cet épaisisssement correspond à la callosité columellaire. En examinant le bord droit de profil dans une coquille bien entiere, on le voit former plusieurs inflexions, que nous n’avons pas remarquées dans le Fusus bulbiformis. En quittant la suture, nous le voyons s'avancer obliquement en avant, former un angle obtus, puis descendre perpendiculairement, former à l’origine du sa un angle plus obtus que le premier, pour se diriger de nouveau obliquement en arrière et gagner, par ce mouvement, l'extrémité du canal.
Nous avons un individu de cette espece qui a conservé quelques traces de sa coloration primitive. Ces traces consistent en quelques taches irrégulières, roussätres, sur le fond blanc de la coquille. Parmi les variétés que nous avons inscrites, nous ferons remarquer principalement une coquille dont le dernier tour est conoïde et dont la columelle a une callosité extrêmement épaisse. Nous ferons également remarquer l'individu unique trouvé par nous à Valmondois, lequel a la spire inverse, c’est-àdire sénestre.
Les grands individus de cette espèce ont cinquante-sept millimètres de long et trente-six de large.
Mon cabinet.
2. PYRULE SUBGARINÉE. Pyrula subcarinata. Lamk. PI. LXXIX, fig. 16, 17.
P. testd ovato-ventricosd, lævigatä, supernè subangulatä; anfractibus planis, angustis ; ultimo superné concavo; aperturä ovatd, magnd, inferne brevi canaliculatä; labro tenui, simplici.
Lamk., Ann. du Mus., tom. 2, pag. 390, n. 2
Idem, Anim. sans vert. tom. 7, pag. 591, n. 2.
Localités : Grignon, Houdan, Parnes, Mouchy, Courtagnon, C. G.; Valmondois, G. M.Ss.
À prendre les individus les mieux caractérisés de cette espece, ils semblent en effet bien distincts de la précédente, ainsi que du Fusus bulbi-
formis. Mais, si l’on considère quelques-unes des variétés qui établissent le passage avec le Pyrula lævigata, on est porté à douter si elle doit être conservée dans les catalogues. L'observation a appris que les sexes sont séparés dans les genres qui nous occupent; les femelles ont des coquilles en général plus enflées que celles des mâles, et il est à présumer que la Pyrule subcarinée rassemble les femelles de la Pyrule lisse. Comme cette opinion n'est point fondée sur des faits positifs, nous continuerons à admettre parmi les espèces du bassin de Paris celles dont nous allons donner la description.
Cette coquille est ovale-ventrue; elle est lisse; sa spire est très-courte, pointue, et l’on y compte cinq à six tours très-étroits, dont les derniers sont aplatis en dessus et souvent creusés en une gouttière superficielle. Lé dernier tour est très-grand; il est anguleux à sa partie supérieure, ce qui donne à la coquille, vue par le dos, beaucoup de ressemblance avec la Volute labrelle. Ce dernier tour se termine antérieurement par un canal large et court, tout-à-fait droit. L'ouverture est grande, ovaleoblongue ; la columelle est faiblement arquée dans sa longueur, etelle est revêtue dans toute sa longueur d’un bord gauche, mince et étroit; le bord droit est mince et tranchant; à sa jonction à l’avant-dernier tour, il forme avec la columelle un angle aigu et assez profond; cet angle n’est pas entre deux callosités, comme dans l'espèce précédente.
Cette espèce est généralement moins variable que la Pyrule lisse. Sa longueur est de trente-sept millimètres et sa largeur de trente et un.
Mon cabinet.