‹ Description des coquilles fossiles des environs de Paris (volume 2)Chapitre 519 sur 678 · ROCHER DOUBLE-CÔTE. Murex bicostatus. Nob · texte numérisé non relu

ROCHER DOUBLE-CÔTE. Murex bicostatus. Nob

PI. LXXXI, fig. 28, 29, 30.

M. testd fusiformi, trifarièm varicosd, trigond, transversim sulcatd, striatäque; anfractibus angustis, convexiusculis, inter varices bicostatis; ultimo anfractu basi canali angusto terminato; aperturd ovato-subrotundd, superne subemarginatä, labro incrassato, intus denticulato.

Localité : Valmondois.

Quoique nous n'ayons encore vu qu'un seul individu de cette espece, nous lui trouvons des caractères qui nous semblent suffisans pour la distinguer et la signaler aux personnes qui recherchent les fossiles aux environs de Paris. Cette coquille est fusiforme, ventrue dans le milieu; la spire, pointue, est aussi longue que le dernier tour; elle est formée de sept tours étroits et médiocrement convexes; tous sont divisés également par trois grosses varices qui, se correspondant d’un tour à l’autre, donnent à la coquille une forme triangulaire. Entre toutes les varices, dans le milieu de l'espace qui les sépare, on remarque deux côtes longitudinales rapprochées, beaucoup moins élevées que les varices eïles-mêmes. Toute la surface de la coquille est chargée de sillons transverses, écartés, presque égaux, anguleux et également distans les uns des autres; entre ces sillons on remarque Fier. stries dont une médiane est plus grosse que les autres; les sillons, en passant sur les varices, les festonnent sur le bord et CRE les côtes intermédiaires subtuberculeuses. Le dernier tour, trés-enflé à sa partie supérieure, se termine assez subitement à la base en un canal alongé et étroit, à peine recourbé, à l'extrémité duquel aboutissent les varices du dernier tour. L’ouverture est ovale-obronde; son angle supérieur est creusé d'une petite gouttiere; le bord gauche, étroit et épais, accompagne une columelle fortement arquée dans sa longueur; à son extrémité, ce bord devient horizontal et couvre une partie du canal de la base; le bord droit est épaissi par la dernière varice; il est dentelé en dedans.

L’'individu que nous possédons a vingt-cinq millimètres de long et treize de large.

Mon cabinet.

TROISIÈME SECTION.— Espèces ayant un tube ouvert sur la lèvre droite. 18. ROCHER TuBiFÈèRE. Murex tubifer. Brug.

PI. LXXXII, fig. 26, 27; pl. LXXX, fig. 4, 5, 6.

M. testé ovato-oblongä, fusiformi, lævigatd, quadrifariäm varicosd; varicibus spinosis; anfractibus convexiusculis, supernè submarginatis, tubiferis; ultimo anfractu canali angusto, clauso, terminato; apertur& ovatd; labro incrassato, denticulato.

Murex pungens, Brand., Foss. hant., pl. 3, fig. 81.

Pourpre tubifere, Brug., Journ. d'hist. nat., tom. 1, p. 28, pl. 2, fig. 34.

Murex tubifer, Lamk., Ann. du Mus., tom. 2, pag. 226, n. 17.

Idem, De Roissy, Buff. de Sonn., Moll., tom. 6, pag. 55, n. 5.

Typhis tubifer, Montf., Conch., tom. 2, pag. 614.

Murex tubifer, Defr., Dict. des sc. nat., tom. 45, pag. 539; Atlas, pl. 23, fig. 5; excl. plur. synon.

Lamk., Anim. sans vert., tom. 7, pag. 576, n. 12.

Blainv., Malac:, pag. 401, pl. 17 bis, fig. 3.

Sow., Min. conch., pl. 180, fig. 3-8.

Var. a. Nob.) Testä breviore; varicibus eminentioribus, spinis numerosioribus instructis.

Localités : Vivant à Ceylan (Bruguiere); fossile à Grignon, Courtagnon, Parnes, Chaumont, Mouchy, C. G.; à Barton en Angleterre.

Quand on considere les caractères singuliers de cette coquille, on n’est point étonné que Montfort ait fait pour elle un genre particulier, si l’on se souvient surtout combien cet auteur a été prodigue de genres nouveaux faits sur des caractères moins importans. Nous ne pensons pas cependant qu'il soit nécessaire de conserver le genre Typhis; mais il sera convenable d'en former une section des Rochers, actuellement surtout que l’on connaît plusieurs espèces vivantes et fossiles dépendant de ce groupe. Nous possédons un petit Rocher de Dax, offrant quelques particularités remarquables. Il est triangulaire ; le canal de la base est complétement fermé; le dernier tour a aussi une ouverture fistuleuse, mais, au lieu d'être entre les deux dernières varices, elle est placée à l'angle supérieur de l'ouverture principale, et elle est comprise dans l'épaisseur du bord droit; le tube fait un peu saillie en dehors et il est complet. L'ouverture de cette petite coquille ressemble assez bien à celle de certaines Ranelles (Ranella bufo), et elle fait le passage entre les Typhis et les Rochers.

Bruguière, le premier, a signalé le type vivant du Murex tubifer; il avait été vu dans la collection de Hunter, par M. Hwas, et le dessin en a été fait d’après nature par Redouté. Nous avons vu, il y a quelques années, dans la collection de M. Michelin, une coquille vivante, semblable à celle de Hunter, et un examen scrupuleux nous a convaincu qu’elle est l’analogue de l'espèce fossile de Grignon.

Les individus que l’on rencontre le plus ordinairement, sont alongés, oblongs, fusiformes, ayant la spire égale au dernier tour; cette spire, très-pointue, est composée de neuf à dix tours étroits, convexes et légèrement aplatis à leur partie supérieure; au-dessous de la suture leur surface est lisse, et ils sont régulièrement partagés par quatre varices peu saillantes;

ces varices ont le bord chargé de plusieurs épines; sur le dernier tour ces varices, se prolongeant jusqu’à la base, ont un plus grand nombre d’épines que celles des tours supérieurs. Entre chaque varice, à la partie supérieure des tours, on remarque une épine fistuleuse : toutes sont semblables, elles sont tronquées au sommet; mais cette troncature n’est pas le résultat d’une cassure, car les bords en sont souvent bien entiers; le dernier de ces luyaux, placé entre la dernière varice et le bord droit, traverse la paroi de la coquille, ce qui permet à l'animal de faire sortir par cette ouverture latérale un organe. Cette disposition peut se comparer à celle que nous avons fait remarquer dans notre petit genre Trifore. Le dernier tour est globuleux, et il se termine assez brusquement à la base en un canal grêle, subcylindrique, assez long et infléchi de droite à gauche. L'ouverture est ovaleobronde; le bord gauche est étroit et redressé le long de la columelle; mais arrivé à la base, il devient horizontal, s'étend sur tout le canal terminal, se soude à ses deux bords, et se change ainsi en un véritable tuyau.

La variété se reconnaît facilement à ses varices plus saillantes et pourvues d'un plus grand nombre d’épines; la coquille est proportionnellément plus courte. Nous avions pris autrefois le Murex horridus de Brocchi pour une variété de celui-ci; nous avons conçu quelques doutes à cet égard, après avoir vu un grand nombre d'individus de divers lieux d'Italie, ayant constamment les mêmes caractères dans la forme générale et le nombre des épines des varices.

Les plus grands individus des environs de Paris ont trente-deux millimètres de long et quatorze de large.

Mon cabinet.

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