‹ Description des coquilles fossiles des environs de Paris (volume 2)Chapitre 520 sur 678 · ROCHER FiSTULEUx. Murex fistulosus. Broc · texte numérisé non relu

ROCHER FiSTULEUx. Murex fistulosus. Broc

BMD, Gen, 2,3

M. testd ovato-oblongd, sublævigatä; quadrifariäm angulato-varicosd; spird ultimo anfractu breviore; anfractibus brevibus subdistortis supernè lacunosis, tubulis brevibus instructis; ultimo anfractu basi canali clauso terminato ; aperturä minimd, rotundatd; labro incrassato, extüs dilatato expanso.

Murex fistulosus, Brocchi, Conch. foss. subap., tom. 2, pag. 304, n. 11, pl. 7, fig. 12, a, b, cc.

Brand., Foss. hant., pl. 3, fig. 82.

Sow., Min. conch., pl. 139, fig. 1, 2.

Localités : Vivant dans la Méditerranée; fossile en Italie, en Angleterre à Barton, et aux environs de Paris, à Mouchy-le-Châtel et Monneville.

Il est facile de distinguer cette espèce de la précédente; sa spire est plus courte que le dernier tour, et celui-ci est plus enflé. Cette spire est formée de sept à huit tours courts, étroits, en apparence très-irréguliers; on remarque à leur partie supérieure de petites lacunes enfoncées vers le sommet des varices; ces varices sont au nombre de quatre : ils sont saillans, anguleux, à peine festonnés, et le plus souvent ils sont simples; ils ne se correspondent pas d'un tour à l’autre, ce qui donne à la spire une irrégularité d’un aspect particulier; le dernier tour se termine à la base en un canal court, obliquement relevé vers le dos de la coquille; les varices viennent se prolonger jusqu'a l’extrémité de ce canal. L’ouverture est proportionnellement plus petite que dans le Murex tubifer, et elle est plus arrondie. Le bord gauche est étroit, détaché de la columelle et relevé perpendiculairement; il devient horizontal à l’origine du canal, s'étend au-dessus de lui, se soude au bord droit et change ce canal en un tuyau subcylindrique; le bord droit est tres-épais, renversé en dehors : dans le milieu de l’espace qui le sépare de la dernière varice, et à la partie supérieure, on remarque un tuyau cylindrique court, qui pénètre à l’intérieur de la coquille. On voit un tuyau semblable entre toutes les autres varices jusqu'au sommet de la spire; mais, à l'exception du premier, tous sont fermés à leur point d'insertion.

Cette espèce est plus rare aux environs de Paris que la précédente; elle est longue de dix-neuf millimètres et large de douze.

Mon cabinet,

GENRE L, TRITON. Triton.

Caractères génériques. Coquille ovale ou oblongue, canaliculée à sa base, à bourrelets soit alternes, soit rares ou subsolitaires, et ne formant jamais de rangées longitudinales; ouverture oblongue; un opercule.

Testa ovata vel oblonga, basi canaliculata; varicibus vel alternis vel raris aut subsolitaris, seriesque longitudinales nequaquam formantibus; apertura oblonga; operculum.

Montfort, dans sa Conchyliologie systématique, fut le premier qui proposa un genre Triton. Ce genre n’était point naturel, car Montfort, dans son exagération habituelle sur la valeur des genres, en avaii proposé trois

DES COQUILLES FOSSILES. Go

autres, dont les caracteres different trop peu de ceux des Tritons pour en être raisonnablement séparés. Ces genres de Montfort, que l’on peut réunir aux Tritons, sont nommés 4quilles, Lotoires et Masques.

En 1811, M. Perry, dans son Traité de conchyliologie, proposa un genre Septa, dont les caractères correspondent assez bien à ceux du genre Triton de Montfort; aussi, à côté de ce genre, on en trouve quelques-uns, tels que Pistorta et Monoplex, qui font double emploi avec les véritables Tritons. Dans son dernier ouvrage, Lamarck rejeta tous ces genres, conserva le nom de Tritons à un groupe assez naturel, démembré des Rochers de Linné et contenant toutes les coquilles comprises dans les genres inules de Montfort et de Perry, que nous venons de mentionner.

Les modifications apportées par Lamarck dans le genre Triton, sont si considérables, que l’on peut le regarder comme le véritable créateur du genre. Présenté avec des caractères moins artificiels, ce genre fut adopté par la plupart des zoologistes. Il est certain cependant que les animaux des Tritons diffèrent tres-peu de ceux des Rochers; ils ontlesmêmes habitudes et vivent dans les mêmes mers. On ne peut disconven:r que les coquilles différent beaucoup plus que les animaux; elles ont un /acies particulier au moyen duquel on les distingue facilement des genres les plus voisins.

Les Tritons sont des coquilles marines subfusiformes, couvertes d’un épiderme épais et ordinairement filamenteux; les varices, au lieu d’être régulièrement disposées en nombre constant, comme dans les Rochers, sont variables pour le nombre et ne se succèdent jamais du sommet à la base de la coquille, soit en deux séries opposées, comme dans les Ranelles, soit en nombre plus considérable, comme dans les Rochers proprement dits. La plupart des Tritons se distinguent également par les plis nombreux, les rides ou les tubercules qu'ils ont sur le bord gauche. Ce bord gauche est très-souvent étalé et beaucoup plus élargi que dans les Ranelles et les Rochers. Le canal qui termine le dernier tour est ordinairement court, si ce n’est dans quelques espèces, où il ressemble assez bien, soit à celui de certaines Pyrules, soit à celui de quelques Rochers.

Si nous voulions discuter la valeur des caractères du genre, en les comparant à ceux des Rochers, nous serions conduit à le rejeter et à former avec lui une section dans le genre Murex.

On connaît aujourd'hui un grand nombre d'espèces vivantes et fossiles dans le genre Triton. Nous en comptons plus de soixante; les espèces fossiles n’y sont guère que pour un tiers; elles paraissent propres, jusqu'à présent, aux terrains tertiaires. Lamarck n’en comptait qu'un petit nom-

Go8 DESCRIPTION

bre parmi les fossiles de Paris; il a confondu ces espèces de Tritons avec les Rochers, dans les Annales du Muséum; mais dans le tome 7 de ses Animaux sans vertébres, il a laissé la plupart de ces espèces dans les Rochers, et il en a séparé quelques-unes seulement sous le nom de Tritons, dans la partie supplémentaire de l'ouvrage. L'une de ces espèces est très-intéressante : elle est l’analogue du Triton clathratum, vulgairement la grimace blanche, vivant actuellement dans l'océan Indien. L’individu fossile, cité par Lamarck, était dans la collection de Richard: elle a passé depuis dans celle de notre ami, M. Duchäâtel. Cette collection de fossiles, remarquable par sa richesse et les soins que lui a donnés son possesseur, étant actuellement en Belgique, nous n'avons pu assez tôt avoir cette coquille pour la faire figurer; mais nous la donnerons dans notre supplément. Nous avons pu examiner la plupart de ces coquilles dans la belle collection de M. Defrance, et nous avons reconnu que l’on pouvait réduire à cinq les espèces qu'il est convenable de conserver. À ces Tritons connus de Lamarck nous pouvons en ajouter six autres, ce qui porte à onze le nombre des espèces actuellement connues. Dans le genre Murex de Lamarck, comprenant les Tritons, on compte dix-sept espèces seulement: sur ces dix-sept espèces, deux appartiennent aux Fuseaux, une troisième faisait double emploi avec un Fuseau; le genre se trouvait donc réduit à quatorze espèces; en le supposant formé des deux mêmes groupes, il comprendrait aujourd’hui plus de trente espèces bien distinctes et bien caractérisées.

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