LES AILÉES
Coquille ayant un canal plus ou moins long à la base de son ouverture, et dont le bord droit change de forme avec l’âge; un sinus antérieur sur ce bord droit.
Lamarck créa cette famille, dès 1809, dans sa Philosophie zoologique : il la mit en rapport avec celle des Canalifères, d’un côté, et de l’autre avec celle des Purpuracées. Il la composa des trois genres Strombe, Ptérocere et Rostellaire. Depuis cette époque Lamarck a conservé cette famille, sans y apporter aucun changement, soit dans sa composition, soit dans ses rapports. Représentant assez bien le genre Strombe de Linné, cette famille
a été adoptée en réalité par Cuvier, quoiqu'il lui ait conservé le nom générique de Linné. Nous avons eu plus d’une fois occasion de faire remarquer que les coupes génériques de la méthode de Cuvier pouvaient être considérées, pour la plupart, comme des familles naturelles, et dés-lors on conçoit que, pour établir une comparaison exacte entre la méthode de ce grand zoologiste et celle des autres auteurs, il suffira de changer le titre de genre en celui de famille, et celui de sous-genres en titre de genres. Ce genre Strombe de Cuvier, ainsi considéré, devient tout-à-fait de la même valeur que la famille des Ailées de Lamarck. Cuvier le partage en quatre sous-genres, pensant que les Hypocrènes de Montfort sont suflsamment distincts des autres Rostellaires. Quant aux rapports généraux, Cuvier les conserve semblables à peu pres à ceux de Lamarck.
Ordinairement attaché à la méthode de Cuvier, M. de Férussac s'en est éloigné pour ce qui a rapport à la famille des Strombes; il en détache les Rostellaires, pour les placer à la suite des Fuseaux, et, confondant les Ptérocères avec les Strombes, il constitue sa famille des Strombes avec ce seul genre. Quoique M. de Blainville, dans son Traité de malacologie, ait adopté cette opinion, comme nous ne la voyons fondée sur aucun motif bien plausible, nous avons cru nécessaire de la rejeter, et nous avons pensé que, s'il était nécessaire de faire quelques changemens dans la famille qui nous occupe, ce serait d'y ajouter le genre Struthiolaire, qui, placé par Lamarck dans le voisinage des Ranelles, nous semble par la forme de l'ouverture, et surtout par la terminaison de la columelle, avoir beaucoup plus de rapports avec les Rostellaires. Cette analogie ne nous a pas échappé depuis assez long-temps, et, dans l'Encyclopédie, en adoptant la famille des Ailées, nous avons proposé d'y joindre le genre que nous venons de mentionner. Cette opinion est en partie confirmée par la description que M. Quoy donne de l’une des espèces; sa description, comparée avec ce que l’on connaît des Rostellaires habitant les mers d'Europe, nous fait croire que la Struthiolaire a plus d’analogie avec les Rostellaires qu'avec les Buccins, comme M. Quoy semble le penser.
Parmi les genres de cette famille, deux seulement sont connus à l’état fossile, et tous deux se trouvent aux environs de Paris : ce sont les Strombes et les Rostellaires. Une coquille singulière, dont M. Defrance ne vit que des individus mutilés, lui parut avoir les caractères des Struthiolaires; mais, actuellement mieux connue, nous savons qu’elle appartient à une section particulière des Buccins.