‹ Description des coquilles fossiles des environs de Paris (volume 2)Chapitre 87 sur 678 · GENRE XV · texte numérisé non relu

GENRE XV

CYCLOSTOME. Cyclostoma.

Caractères génériques. Coquille de forme variable, à tours de spire arrondis; ouverture ronde, régulière , à bords réunis circulairement , ouverts ou réfléchis avec l’âge; un opercule.

Testa vario, anfractibus cylindraceïs ; apertura circinata, regularis; marginibus orbiculatim convexis, ætate patenti reflexis ; operculum.

On peut ajouter à ces caractères ceux tirés de l'animal , qui a une tête proboscidiforme, surmontée de deux tentacules seulement, cylindriques un peu renflés à leur extrémité , et oculés au côté externe de leur base.

M. Lamark , qui a créé le genre Cyclostome ( Anim. sans vert. 1801), y comprenait alors, toutes les coquilles soit terrestres soit marines qui ont la bouche ronde et le péristome continu , et le type de ce genre était le Turbo delphinus de Linné, Draparnaud circonscrivit beaucoup mieux les Cyclostomes, en en éloignant les coquilles marines ; il n’y resta plus, d’après lui, que des coquilles fluviatiles et terrestres. M. Lamarck sentit que des animaux vivant dans des condi-

tions si différentes, ne pouvaient rester dans la même coupe générique; dans les TOME I. 10

Annales il les sépara ; en proposant son genre Dauphinule, qui renferma alors les coquilles marines à bouche ronde; et lorsque M. Cuvier eut fait connaître l'anatomie de la Vivipare à bandes, M. Lamarck la sépara des Cyclostomes pour en faire son genre Paludine. Montfort, outre les genres Vivipare et Cyclostome, qu’il caractérisa à sa manière, démembra encore des Cyclostomes, son genre Cyclophore, qui ne saurait être adopté. M. Cuvier (Règne Animal), en admettant les Cyclostomes, les a néanmoins laissés parmi les Sabots, dont ils forment un des nombreux sous-genres, quoique ceux-ci soient de véritables Pectinibranches, tandis que les Cyclostomes sont pulmonés. M. Férussac, dans ses Tableaux systématiques, a proposé l'établissement d’un ordre nouveau sous le nom de Pulmonée operculée, pour les Hélicines et les Cyclostomes, qui forment chacun une famille, comme nous l'avons vu précédemment : les Hélicines n'ayant point de collier comme M. Férussac l’a cru, on réunira sans doute les deux genres dans une même famille, en les rapprochant des Hélices et des autres Pulmonées.

Maintenant les Cyclostomes ne renferment plus que des coquilles terrestres , dont quelques-unes se distinguent assez diflicilement des Paludines. Cependant, celles-ci ont toujours l'ouverture tranchante, non renversée en-dehors et sans bourrelet; elles se reconnaissent , en outre , par l'angle que forme l'ouverture à sa partie supérieure, dans l'endroit de la jonction des deux lèvres. Cette ressemblance des deux genres nous a laissé du doute pour quelques-unes des coquilles que nous rapportons à celui qui nous occupe. Il est fort difficile de décider si les espèces que nous trouvons dans les dépôts marins, sont terrestres, fluviatiles ou marines, lorsque surtout on trouve parmi elles des passages insensibles de l’une à lautre.

Le gissement des Cyclostomes n’a rien de particulier ; seulement on les trouve plus fréquemment dans les couches de mélange, que dans les terrains marins ou dans ceux d’eau douce. Parmi les espèces citées par M. Lamarck, il en est trois qui nous semblent ne devoir point rester dans le genre : ce sont d’abord le Cyclostoma planorbula, qui est une coquille trop jeune pour décider son genre ; le Cyclostoma macrostoma, qui est peut-être une monstruosité; enfin le Cyclostoma turritellata, qui est un véritable Scalaire.

On trouve encore aux environs de Paris, deux espèces que nous ne connaissons pas assez parfaitement pour les décrire et les figurer; quelques soins que nous ayons mis à les rechercher, il nous a été impossible jusqu'aujourd'hui de nous les procurer. La première de ces espèces est le Crclostome ciselé, décrit et figuré par M. Brard dans les Annales du Muséum, tom. 15, pl. 24, fig. 12, 43, qui a beaucoup de rapport avec le Cyclostoma elegans; mais qui est trop mal figuré, soit pour établir des rapports définitifs, soit pour le décrire de nouveau. La secorde

DES COQUILLES FOSSILES. 75 est le Cyclostome géant, que le même auteur a fait connaître dans le tome 72 du Journal de physique, pag. 453; mais sa description faite dans des termes douteux, d'après des moules intérieurs de coquilles déprimées , écrasées dans Îles couches où elles furent trouvées, nous a laissé dans un doute que les figures non pu détruire; possédant plusieurs moules de lÆmpullaria patula, Lamck., dans un état semblable à ceux décrits par M. Brard , et ayant été d'abord porté à les placer parmi les Cyclostomes, par les mêmes raisons que lui; mais par suite les ayant parfaitement reconnus, nous pensons que, n'ayant pas vu les individus que possède ce minéralogiste distingué, nous devons rester dans le doute, jusqu’à ce que de nouveaux matériaux nous soient venus sur ce sujet. Une troisième espèce que le même auteur a comparée au Cyclostoma truncatulum de Draparnaud, et queM. de Férussac, dans son Mémoire géologique sur les terrains d’eau douce, a admise dans ce genre, n’est, d'après M. Brard lui-même, qu'une coquille marine; comme Draparnaud le laisse à penser, elle rentre dans les Paludines marines de M. de Férussac, dans un des sous-genres, soit Littorine, soit Rissoa ; ce que nous examinerons avec plus de détail lorsque nous décrirons les Paludines.

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