‹ Description des coquilles fossiles des environs de Paris (volume 2)Chapitre 93 sur 678 · NEUVIÈME FAMILLE · texte numérisé non relu

NEUVIÈME FAMILLE

LES LYMNÉENS. :

Trachélipodes amphibiens, généralement dépourvus d’opercules, et ayant les tentacules aplatis. Ils vivent dans l’eau douce et viennent respirer l’air à sa surface. Coquille spirivalve ou patelliforme, le plus souvent lisse à sa surface externe et ayant toujours le bord droit de son ouverture aigu et

non réfléchi.

Les genres qui composent cette famille, sont réunis par de très-bons caractères, tirés principalement de l’organisation de l'appareil de la respiration, quoique vivans dans l’eau ; les animaux de ces genres, sont obligés de venir à sa surface respirer l'air, qui porte son influence salataire sur un réseau vasculaire semblable à celui des Colimacées.

Les anciens auteurs donnaient le nom de Buccins à la plupart des coquilles qui sont placées aujourd’hui dans cette famille. Lister donnait aux Planorbes la dénomination de Pourpres, et il les avait assez bien cicronscrits. Cependant Linné rangea indistinctement les Planorbes et les Lymnées parmi les Hélices, ce qui réunissait dans un même genre, des animaux fort différens et des coquilles d’un aspect qui devait laisser peu de doute sur leur origine. Muller, en créant le genrePlanorbe, a rempli une indication très-juste; aussi tous les chonchyliologues, excepté les savans anglais qui se sont tenus à la lettre de Linné , l'ont adopté. On doit s'étonner, après la création de ce premier genre, que personne n'ait songé à établir une coupe pour les Lymnées, qui se trouvaient dans le même cadre d'observation, et Muller, qui avait séparé si judicieusement les Planorbes, confondit celles-ci avec les Buceins. Bruguière les retira des Hélices de Linné , les rangea dans son genre Bulime, où elles n'étaient pas mieux placées , et où elles restèrent jusqu'à l'époque où M. Lamarck, dans le Système des animaux sans vertèbres, créa le genre Lymnée, qu'il éloigna d'abord des Planorbes, mais qu'il en rapprocha ensuite, en 1811 , dans l’Extrait du Cours; dans l'intervalle , un

nouveau genre tres-analogue aux Lymnées, qui avait été créé depuis long-temps par Adanson sous le nom de Bulin, fut reproduit de nouveau par Draparnaud sous celui de Physe, qui a été adopté. Les trois genres Planorbe, Lymnée et Physe constituent aujourd'hui pour M. Lamarck la famille des Lymnéens, que M. Cuvier n’a point adoptée, mais dont il a fait ses Pulmonées aquatiques, en y joignant quelques genres dont l'organisation n’est point encore bien connue. Enfin, M. Férussac l’adopta d’après M. Lamarck; il y groupa plusieurs genres tout-àfait nouveaux et bien incertains de M. Rafinesque, et y ajouta le genre Ancyle de Geoffroy ; c’est même le seul changement important que ce savant ait apporté dans les Lymnéens. M. Lamarck, qui avait placé ce genre parmi ceux des Calyptraciens, il est vrai, avec tout le doute que l’on peut mettre pour motiver une opinion aussi incertaine , Y avait été conduit, sans doute, par l’analogie des formes du test. Cependant, d'après de nouvelles observations, il est presque incontestable que les Ancyles sont pulmonées, puisqu'elles viennent assez fréquemment à la surface de l’eau , et dans les temps de sécheresse, peuvent rester dans la vase humide en attendant les pluies; ce qui, outre cela, pourrait donner quelque poids à cette opinion, c’est la forme semblable du petit canal respiratoire à celui des Lymnées. Au reste, malgré tout le doute que doit laisser cette question, jusqu’à la connaissance plus parfaite de l'animal, nous pensons qu'étant fluviatile , il est toujours mieux placé parmi des coquilles de même nature qu'avec des coquilles marines.

Nous trouvons dans le bassin de Paris les quatre genres de cette famille, et ils sly rencontrent dans des gissemens particuliers, c’est-à-dire entièrement de formation lacustre; ce sont ces formations, soit marneuses , soit siliceuses , tant inférieures que supérieures au gypse, qui ont été signalées et décrites, ainsi que les fossiles qui les accompagnent, par M. Brongniart, dans son excellent Mémoire inséré dans le tome XV des Annales du Muséum.

C'est aussi dans ces mêmes terrains, que M. Brard a rencontré plusieurs espèces, qui font le sujet de plusieurs mémoires, que ce savant minéralogiste a fait insérer dans le même recueil et dans le Journal de Physique. M. Férussac , en 1814, a publiéses Mémoires géologiques sur les terrains formés sous l’eau douce, où, après avoir indiqué les espèces découvertes dans le Quercy et l’Agénois, ce zélé observateur donne un tableau synonymique très-exact de toutes les espèces, jusqu’à présent observées dans les terrains d’eau douce de France; ce tableau a, en outre, l'avantage de donner l’état des espèces qui ont leurs analogues, ce que M. Férussac pouvait mieux faire que personne, ayant pendant long-temps dirigé ses observations et ses recherches dans ce but.

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