‹ Description des coquilles fossiles des environs de Paris (volume 2)Chapitre 94 sur 678 · GENRE XVI · texte numérisé non relu

GENRE XVI

PLANORBE. Planorbrs.

Caractères génériques. Coquille discoïde , à spire aplatie ou surbaissée , et dont les tours sont apparens en dessus et en dessous ; ouverture oblongue, lunulée, dans laquelle l’avant-dernier tour fait saillie ; très-écartée de l'axe de la coquille , et dont le bord n’est jamais réfléchi; point d'opercule.

Testa discoidea , spira depressa, vix prominula ; anfractibus omnibus utrinque Prespicuis ; apertura oblonga , lunata, in qu& penultimo anfractu extat ; ab axe remotissima ; margine numquam reflexo ; operculum nullum.

Comme nous l'avons dit précédemment, Lister groupa assez bien les Planorbes; il les sépara en une section particulière, qui est la troisième de ses Coquilles lacustres. Cette indication précieuse , comme beaucoup d'autres du même auteur , resla perdue jusqu'à Linné, et même après ce grand régénérateur des sciences naturelles. Pour les Planorbes , il les placa dans son genre Hélice, non pas en section séparée, comme il aurait pu le faire d'après l'indication de Lister, mais les confondant indistinctement. Geoffroy eut donc parfaitement raison en établissant le genre | que déjà il caractérisa sur les animaux , à l'exemple des travaux d’Adanson, ce que Muller ne tarda pas à adopter quelques années après, en suivant la même méthode. Quoique l'on ait généralement attribué à Muller la création de ce genre, nous devons faire observer que Geoffroy l'avait proposé en 1767 , et que les travaux de Muller ne datent , les premiers que de 1773, etles seconds, les plus importans pour la conchyliologie , que de1776, c'est-à-dire neuf ans après ceux du conchyliologue français. C'est done à tort que M. Cuvier a attribué ce genre à Bruguière , qui l'a pris ou de Muller, ou de Geoffroy ; mais enle reproduisant, il la caractérisé d'après une autre maniere de voir. Il n’a pas mentionné l'animal , comme l'avaient fait les deux auteurs que

nous venons de citer; la coquille seule lui servit à en poser de nouveau les caractères. M. Lamarck, dans le Système des animaux sans vertèbres , adopta ce genre , le caractérisa et d’après la coquille et d’après l'animal; c’est ce que firent également MM. Draparnaud, Cuvier et Blainville. Quant à la place qu’on a donnée aux Planorbes dans les diverses méthodes, elle a peu varié. Geoffroy les a placés immédiatement après les Buccins qui sont nos Lymnées. Muller , qui n'avait point séparé les Lymnées, les rangea après les Hélices , ce que Bruguière fit également. M. Lamarck, dans ses premiers travaux, les mit entre les Ampullaires et les Hélices, en les éloignant des Lymnées qu'il venait de séparer des Buiimes de Bruguière. Ce rapprochement avec les Am- TOME M. 11

pullaires était permis jusqu'à un certain point tant que fleurs animaux restèrent inconnus ; car, par les formes extérieures , il yaun passage insensible entre ces deux genres. Draparnaud le premier , à ce qu'il nous semble, saisit les véritables rapports qui lient les différens genres des Lymnéens ; aussi voit-on que sa seconde section de la première division des Gastéropodes, répond parfaitement à cette famille , telle qu'elle fut proposée dans ces derniers temps par M. Férussac et par M. Lamarck, les Ancyles exceptés ; il y rapprocha les Planorbes des Lymnées, et montra par-là leur véritable place. M. Lamarck adopta ce changement dans l'Extrait du Cours, et les auteurs qui suivirent en sentirent la justesse , et n’hésitérent pas à l'admettre.

Les Planorbes sont des coquilles discoïdes qui vivent dans les eaux douces où elles se trouvent souvent en très-grande abondance; elles présentent, avec quelques autres coquilles qui sont discoïdes, ou presque discoïdes comme elles, des points de contact si grands, qu’on pourrait quelquefois confondre certaines espèces dans des genres différens ; aussi faut-il que l'observateur se souvienne particulièrement de la forme semi-lunaire de l'ouverture, dont le péristome est interrompu par l’avant-dernier tour qui fait saillie à l’intérieur , de la forme de celle ouverture et de son plan qui est toujours oblique à l'axe , et enfin du péristome lui-même qui n’est jamais ni bordé ni réfléchi.

On ne connaissait autrefois qu'un très-petit nombre de Planorbes aux environs de Paris ; encore parmi les trois espèces citées par M Lamarck, y en a-t-il une de très-douteuse, et les deux autres, presque microscopiques, sont peu caractérisées. C’est principalement depuis les travaux de MM. Brongniart , Brard et Férussac sur les terrains d’eau douce, que l’on a connu un plus grand nombre de véritables Planorbes fossiles , qui se rencontrent essentiellement dans les terrains soit inférieurs , soit supérieurs au gypse, soit marneux , soit siliceux , et rarement dans les terrains marins, à moins que ce ne soit dans les points de contact on de mélange avee les premiers. Parmi les coquilles lacustres dépendant de la formation que l'on nomme argile plastique dans le bassin de Paris, il paraît qu'il ne s’est point encore rencontré de Planorbe ; du moins ce fait n’est pas encore venu à notre connaissance. M. Brard , dans un mémoire inséré parmi ceux du Journal de Physique pour l'année 1811 , a décrit et figuré une coquille de ce genre sous le nom de Planorbe d’Ivry , en la citant de la collection de M. Regley. Voulant la décrire et la figurer de nouveau , ce savant géologue a mis à notre disposition sa belle collection des terrains parisiens où nous l'avons inutilement cherchée. Nous regretlons d'autant plus de ne l'avoir pas eue à notre disposition , que c'est la plus grande espèce connue.

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