GENRE XVII
TELLINE. Tellina.
Caractères génériques : Coquille transverse ou orbiculaire, en général aplatie, à côté antérieur anguleux, offrant sur le bord un pli flexueux et irrégulier; une seule ou deux dents cardinales sur la même valve; deux dents latérales souvent écartées.
Testa transversa, vel orbicularis , ut plurimüm planulata; latere antico angulato, margine inflexo , aut plicaturä irregulari flexuosé insignito. Dens cardinalis unicus vel dentes cardinales duo in e&dem valvd. Dentes laterales duo, sæpè remou.
Le mot Telline, dérivé du grec, a été employé très-anciennement, par Aristote lui-même, pour désigner des coquilles dont l’accroissement est très-rapide ; et sous cette dénomination on pourrait en placer de genres très-différens. C’est aussi ce qui est arrivé, car nous voyons que les anciens auteurs, Lister, Bonanni, ont divisé les coquilles bivalves régulières, en Cames, en Tellines et en Conques, divisions qui, fondées sur la forme, comprenaient presque tous les genres à la fois. Cette dénomination de Telline était done appliquée indistinctement à plusieurs sortes de coquillages, qui ne pouvaient former ce que nous nommons un genre. Linné fut le premier qui l’établit, et il fut adopté. D'un autre côté, Adanson
proposait aussi de donner le nom de Tellines à d’autres coquilles dont Linné avait formé le genre Donace. Klein , dans son Ostracologie , a fait plusieurs genres Tellines, qu'il n’a distingués que par des formes ou des accidens de la surface des coquilles ; aussi dans chacun de ces genres, outre de véritables Tellines, on y trouve des Vénus, des Donaces, des Solens, indiqués sans ordre, ce qui ramène ce genre à ce que les anciens en avaient fait, c'est-à-dire à une véritable confusion.
Tel que Linné le fit, ce genre offrait tous les caractères d’un groupe naturel ; depuis cependant, et par les progrès de la science, on en a extrait plusieurs coquilles pour en faire des genres particuliers. Ces coupes ont été en grande partie opérées par M. Lamarck, ce qui a rendu le genre Telline bien plus naturel et plus facile à caractériser ; c’est ainsi que Bruguière en a démembré d'abord les Cyclades et les Lucines ; que M. Lamarck en a séparé ses genres Psammobie, Psammotée et Tellinide; Poly enfin son genre Loripes.
Après ces démembremens, telles qu’elles sont aujourd'hui, les Tellines présentent un genre très-naturel et des mieux caractérisés, soit par la coquille, soit par la connaissance que l'on a de l'animal : toutes les coquilles en effet offrent un pliirrégulier, qui, S'il n’est pas toujours très-apparent, est remplacé par la déviation des stries ou des lames de l'angle où il est situé; la charnière les caractérise aussi suffisamment par les dents latérales écartées. Toutes les coquilles de ce genre sont élégantes par leurs formes, leurs couleurs et les stries souvent lamelleuses qui couvrent leur surface. Les nombreuses espèces fossiles que nous trouvons dans le bassin de Paris, ont conservé cette élégance qui, à défaut de couleurs, les fait rechercher dans les collections.