‹ Description des coquilles fossiles des environs de ParisChapitre 148 sur 426 · GENRE XX · texte numérisé non relu

GENRE XX

DONACE. Donax.

Caractères génériques. Coquille transverse, équivalve, inéquilatérale, à côté postérieur très-court et très-obtus. j

Deux dents cardinales, soit sur chaque valve, soit sur une seule; une ou deux dents latérales plus ou moins écartées. Ligament extérieur court, sur le côté le plus court de la coquille.

Testa transversa, æquivalvis, inæquilatera ; latere postico brevissimo, obtusissimo ; dentes cardinales duo,vel in uträque valvd, vel in alterd :unus sive duo laterales , subremoti. Ligamentum externum , breve in latere abbrevrato teste.

Il est probable que, sous la dénomination de Telline , les anciens confondirent un grand nombre de mollusques différens. Les Donaces, si voisines des Tellines, furent sans doute du nombre, et il est possible d’en reconnaître une dans la preimiere espèce de Telline de Rondelet. Cette opinion paraît prendre quelque cer titude , lorsque nous voyons les auteurs plus modernes, et Lister notamment, appliquer spécialement le nom de Tellines aux coquilles que nous nommons Donaces, en les mélangeant, il est vrai, avec quelques véritables Tellines, mais en petit nombre, ainsi qu'avec quelques Vénus.

Bien postérieurement à Lister, Adanson nomma aussi Telline le genre dans lequel il ne rassembla que des Donaces, leur conservant ainsi la dénomination que leur avaient donnée les anciens. Mais Linné, auquel nous devons le genre qui nous occupe, n’a point suivi les mêmes idées. Il donna le nom de Donace aux coquilles qui faisaient la plus grande partie des Tellines des anciens, pour conser-

ver ce dernier nom à des coquilles répandues parmi leurs Pétoncles, leurs Cames, et en faible partie dans leurs Tellines. Ce genre fut généralement adopté, et comme il présente dans son ensemble des caractères faciles à saisir, et que, d’ailleurs , il est restreint à des espèces fort analogues, il n’'éprouva que trèspeu de changemens; nous n’en connaissons même que deux qui puissent être mentionnés ; le premier est le genre Capse de M. Lamarck, et l’autre le genre Cuneus de M. Megerle. Ce dernier genre , formé avec toutes les espèces qui sont moins transverses, généralement plus aplaties, et qui n’ont qu’une seule dent latérale, ne mérite pas d’être conservé comme genre, si l’on fait aitention aux Passages qui lient toutes les nuances de formes et de dispositions dans la charnière. Quant au genre Capse, quoique les différences soient plus constantes et mieux tranchées, nous croyons, avec M. Blainville, qu’on devra le réunir aux Donaces, car nous voyons que les caractères de la charnière , sur lesquels ce genre est fondé, varient tellement, qu’on trouve véritablement un fort petit nombre d'espèces dans lesquelles ils se rencontrent à la fois.

On a généralement cru que le ligament des Donaces n’était point à la même place que dans les autres conchifères; qu'il occupait la lunule au lieu d’être dans le corselet. Cette opinion s’est formée probablement, d'après la manière dont l'animal des Donaces est figuré dans l'ouvrage d'Adanson, où il est représenté bien évidemment à l'inverse de ce qu'il doit être, c’est-à-dire que les syphons, dirigés vers le grand côté de la coquille, devraient l'être vers le plus petit, ce qui fait prendre le côté postérieur pour l’anterieur, ef vice versd. M. Blainville avait signalé cette erreur , rien que d’après la considération de la position de l'impression du manteau; cette impression en effet indique toujours la direction des syphons, et peut remplacer jusqu’à un certain point l’animal lui-même, au moins pour ce qui concerne la position de ses tubes. Nous avons dans ce moment sous les yeux les animaux de plusieurs espèces de Donaces, et nous pouvons confirmer l'opinion de M. Blainville. Un autre fait aurait pu conduire avec quelque certitude au même résultat, si l’on ne s'était attaché à le regarder également comme une anomalie, c’est la direction des crochets. Dans tous les conchifères dymiaires, ils sont dirigés vers la lunule, à un très-petit nombre d’exceptious prises dans les Cames, par exemple, et quelques autres analogues. Dans les Donaces, ils sont inclinés vers la lunule que l’on a prise pour le corselet, parce qu’elle se trouve sur le grand côté de la coquille, ce qui est l'inverse dans les Vénus, les Cythérées, etc. ; il suit de-là qu’il n'existe aucune anomalie dans les Donaces, que tout y est bien à sa place, le ligament dans le corselet, et les syphons dirigés postérieurement. Les

DES COQUILLES FOSSILES. 109 animaux des Donaces et des Tellines ont beaucoup de rapports entre eux, à tel point que Poli, dans son grand et magnifique ouvrage, les a réunis dans un seul et même genre, celui qu’il a nommé Peronæoderma.

On ne connait encore qu'un fort petit nombre d'espèces fossiles de Donaces ; les environs de Paris en offrent le plus grand nombre, car nous n’en trouvons point dans les ouvrages anglais; deux seulement dans Brocchi, encore y en a-t-il une de douteuse, et quelques autres à Bordeaux , qui n’ont point encore été décrites.

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