‹ Description des coquilles fossiles des environs de ParisChapitre 173 sur 426 · GENRE XXIV · texte numérisé non relu

GENRE XXIV

CYTHÉRÉE. Cytherea.

Caractères genériques. Coquille équivalve , inéquilatérale , suborbiculaire , trigone ou transverse. Quatre denis cardinales sur la valve droite, dont trois divergentes rapprochées à leur base, et une tout-à-fait isolée , située sous la lunule. Trois dents cardinales, divergentes sur l’autre valve, et une fossette un peu écartée, parallèle au bord. Dents latérales nulles. Testa æquivabis, inæquilatera , suborbicularts , trigona , vel transversa. Cardo valvæ dextræ dentibus quatuor, quorum tribus basi convergentibus et apprOTimatis : unico solitario, remotiusculo , sub ano. Cardo alteræ valvæ dentibus

tribus divaricatis, basi approximatis , cum foved remotiusculé, margin paralleld.

Dentes laterales null.

M. Lamarck avait d’abord créé ce genre dans les Animaux sans vertèbres, en 1801, sous le nom peu convenable de Meretrix; depuis, en 1807, il lui donna la dénomination de Cythérée , lorsque, dans les Annales du Muséum, il décrivit les espèces fossiles des environs de Paris; à dater de cette époque, ce nom est resté à ce genre. Antérieurement aux travaux de M. Lamarck, Linné etBruguière firent avec les Cythérées et les Vénus un genre immense, dans lequel il était presque impossible de retrouver une espèce; maintenant que le genre est divisé en deux parties presque égales, cette difficulté reste à peu près la même,

tant à cause du grand nombre d'espèces nouvelles découvertes dans ces derniers temps, que par le grand nombre de’nuances, de formes, de couleurs, qui les rapprochent ou les confondent.

Les Cythérées, aujourd'hui très-nombreuses en espèces vivantes,le sont moins en espèces fossiles, quoique leur nombre soit encore assez considérable ; les environs de Paris sont, à ce qu’il paraît, de tous les terrains tertiaires ceux qui en fournissent le plus. M. Sowerby dans son Mineral Conchology n’en décrit qu'un petit nombre, et Brocchi lui-mémme ne rapporte que six espèces de son genre Vénus aux Cythérées de M. Lamarck:

Parmi les espèces rapportées par Brocchi, il y en a une qu’il considère comme l’analogue de la Venus rufescens , eten même temps comme celui de la Cytherea lævigata de M. Eamarck, que nous trouvons très-abondamment aux environs de Paris ; d’après la figure citée de la F’enus rufescens de Linné, il est impossible de la confondre avec la Cytherea lævigata, à moins de supposer que la figure est excessivement mauvaise. On pourrait soupconner, dit Brocchi , que ce sont de jeunes individus de la 7’enus chione, mais on serait dans l'erreur; car elles sont toujours plus aplaties et le bord est plus déprimé à l'endroit de la lunule : on peut donc être convaincu, d'après la description de Brocchi et d’après l'analogie qu'il lui trouve avec la Venus rufescens, que ce n’est pas l’analogue de notre fossile.

M. Brongniart, dans ses travaux géognostiques sur les environs de Paris, a nommé deux espèces de Cythérées trouvées dans les marnes du gypse, la première Cytherée bombee , la seconde Cythéree plane. Nous avons vu un trèsgrand nombre de ces coquilles, et après les avoir examinées avec une scrupuleuse attention , nous sommes forcés d’avouer que nous n'avons pu parvenir à découvrir des caractères génériques , et on conçoit que cela doit présenter de grandes difficultés, puisqu'on ne trouve que des empreintes ou des moules, et si par hasard on aperceoit quelques vestiges du test, c'est pour conslater son extrême friabilité et son peu d'épaisseur. M. Brongniart néanmoins a rangé ces coquilles parmi les Cythérées, d’après l’ensemble de la forme et d’autres inductions qui ne

sont pas plus solides. Nous ne saurions donner des motifs suffisans pour rapporter ces coquilles aux Cythérées, plutôt qu'à tout autre genre. Ce qui est fort remarquable , c’est que les valves sont placées les unes à côté des autres, toutes tournées comme à plaisir d’un même côté; nous possédons une plaque de marne de Montmartre, sur laquelle il y a 45 coquilles tournées en dessus sans aucune exception.

D’après ce que nous venons de dire sur ces deux espèces de coquilles, nous ne pensons pas que nous devions en reproduire ici la description et les figures, puisque nous n'avons pu ajouter la moindre circonstance qui puisse déterminer l'observateur à les rapporter à un genre déterminé.

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