GENRE XXV
VENERICARDE. Zenericardia.
Caracières génériques. Coquille équivalve, inéquilatérale, suborbiculaire , le plus souvent à côtes longitudinales rayonnantes ; deux dents cardinales obliques dirigées du même côté.
Testa æquivalois, inæquilatera , suborbiculata , sæpiùs costis radientibus, longitudinalibus ; dentes duo cardinales, obliqui secundi.
Les Vénéricardes furent peu connues des anciens, et le petit nombre qu'ils en décrivirent ou qu'ils en figurèrent, furent confondues parmi leurs Cames ou leurs Pétoncles. Lister en figure une espèce sans lui assigner de genre. Linné les range parmi ses Vénus; ce que fit également Bruguière pour une espèce, la seule qui soit figurée dans l'Encylopédie.
M. Lamarck fut le créateur du genre; c’est dans son Système des animaux sans vertébres qu’il le proposa. Depuis, il le reproduisit dans la Philosophie zoologique où on le voit commencer la famille des Conques. I! resta à la méme place et dans la même famille dans l'Extrait du cours; et M. deRoissy, en l’admettant, n’a rien changé dans ses rapports. M. Cuvier a eu une plus juste idée de ce genre et de ses véritables aflinités naturelles, en le plaçant à côté des Cardites. Malgré lopinion de son savant collègue, M. Lamarck persiste à considérer les Vénéricardes comme un passage entre les Conques et les Cardiacées, et les maintient selon sa première opinion sur la limite des deux familles, comme on peut s’en
assurer en consultant le tome V des Animaux sans vertèbres. Cependant, dans ses observations sur ce genre, M. Lamarck reconnaît qu'il a beaucoup d’analogie avec les Cardites, tellement, dit-il, « que dans les petites especes, le caractère qui » distingue ce genre des Cardites n’est pas toujours facile à saisir. » D'où on peut conclure de cette ressemblance des caractères dans certaines espèces, que si elle ne sert pas à les confondre, elle doit au moins engager à les rapprocher; aussi il n'est gucre de conchyliologues, depuis l'ouvrage de M. Cuvier , qui aient adopté l'opinion de M. Lamarck.
M. Férussac, dans ses Tableaux systématiques, a proposé une famille sous le nom de Cardites, pour les trois genres Cypricarde, Cardite et Vénéricarde. Cette famille nous semble bien naturelle, et les genres qu’elle rassemble ont entre eux beaucoup de rapports. M. de Blainville, dans son article Mollusque du Dictionnaire des Sciences naturelles, a réuni dans sa famille des Submytilacées les Cardites, avec les Anodontes et les Mulettes. Il a suivi en cela l'opinion de Poly. Le genre Cardite représente la famille des Cardites de M. Férussac; car M. de Blainville y fait rentrer comme sous-divisions secondaires les Cypricardes et les Vénéricardes, auxquelles il ajoute les Mytilicardes et les Cardiocardites, deux sous-divisions gé— nériques nouvelles. M. Latreille (Familles naturelles du règne animal, page 217), sans adopter entièrement l'opinion de M. Blainville ou de M. Férussac , a senti la nécessité de reporter les Vénéricardes dans la famille des Cardiacées , à côté des Cardites.
Les Vénéricardes sont généralemeut cordiformes, arrondies ou ovales, ayant un crochet assez grand, incliné plus ou moins fort vers la lunule qui est ordinairement très-enfoncée; elles ont toutes des côtes rayonnantes du sommet à la base, ce qui les rapproche des Cardites et les éloigne des Vénus; clles sont aussi à l’état frais couvertes d'un épiderme, ce qui ne les en distingue pas moins; enfin, un dernier caractère distinctif est la forme de l'impression du manteau: dans les autres Conques, nous avons trouvé cette impression plus ou moins échancrée postérieurement, ce qui indique la position des syphons; dans les Vénéricardes, celte échancerure n'existe pas Dans les grandes espèces, la charnière caractérise suffisamment le genre; mais dans celles d’un petit volume, il ne reste plus qu’une seule dent cardinale, comme dans les Cardites, et elles ne s’en distinguent plus que par l'absence de la dent latérale qui elle-même manque ou existe quelquefois dans Ja même espèce.
Les Vénéricardes sont fort abondantes aux environs de Paris; certaines espèces y sont multipliées quelquefois d'une manière extraordinaire : la Vénéricarde imbriquée est dans ce cas; elles n'ont rien de particulier dans leur gissement; elles
DES COQUILLES FOSSILES. 149 paraissent cependant plus abondantes dans les calcaires grossiers où les couches qui en dépendent, que partout ailleurs ; néanmoins, les couches de sable quartzeux des environs de Beauvais en renferment plusieurs espèces qui y sont assez communes, mais dans un état tel de décomposition, qu'il est fort difficile de les avoir entières.
Le ligament des Vénéricardes est grand et puissant; plusieurs de nos especes fossiles le présentent quelquefois dans un état parfait de conservation. Nous en possédons plusieurs exemples; nous avons déjà eu occasion de citer le même fait pour plusieurs autres genres.
1. VÉNÉRICARDE À cÔTEs PLATES. V’enericardia planicosta. Lamk.
PI. XXIV, fig. 1,2, 3. ÿ ÿ
F. test ovato-obliqud, cordatä, crassissimd , longitudinaliter costata ; que planulatis, apice aliquantisper granulatis ; lunul& profundissimd , latä, cordatd ; margine crenato ; dentibus cardinalibus binis , tenuissimè striatis,
Knorr, Petrif., part. 2, tab. 23, fig. 5.
Lamk., Ann. du Mus., tom. 7, pag. 55, et tom. 9, pl. 31, fig. 10.
Ibid., Anim, sans vert., tom. 5, pag, 669 , n. 1.
Sowerby, Mineral Conch., pl. 50.
Var. a.) Testé minutissimdä , costis numerosioribus.
Localités : Grignon, Courtagnon, Parnes, Houdan , Mouchy, C. G. AssysenT Mulitien, G. M. S. Pierrefond , Valmondois ; faluns de la Touraine, à Saint- Maure; en Angleterre, dans le Hampshire ; Hauteville près Valognes.
Nous avons vu les collections des fossiles d'Italie qui sont à Paris ,celle de M. Ménard de la Groye, celle de M. Dugaste et beaucoup d’autres. Nous avons également consulté ce que possédait le Muséum, et nous n'avons fuie MA parmi ces fossiles , une espèce qui pût se comparer avec notre Vénéricarde à GE plates. M. Lamarck dit pourtant qu’elle se trouve dans le Piémont et aux ÉOUDODE de Florence : nous avons consulté les personnes qui ont recueilli sur les lieux les fossiles de ces pays, et nous n'avons pu obtenir aucune certitude sur son en enCe: M. Brocchi lui-même dit, pag. 524, que cette espèce lui est entierement inconnue ; je présume que M, Lamarck aura été trompé dans cette indication. té
Nous possédons un individu de l'espèce qui nous occupe, qui a été recueilli dans les faluns de la Touraine ; nous constatons ce fait, parce qu'il est extrêmement rare de trouver de véritables analogues entre les coquilles de ce vaste dépôt coquillier et celles du bassin de Paris ; on la trouve également à Hauteville pres Valognes, ainsi qu’en Angleterre. Cette grande et belle coquille se reconnaît avec