CUCULLÉE CRASSATINE. Cucullæa crassatina. Lamk
PI. XXXI, fig. 8, 0.
C. testä subtrapeziformi, cordatä, ventricosissimd , inæquivalvi, inæquilaterd, crassd, ponderosd; sulcis longitudinalibus, numerosis , depressis , ënterruptis in valvd dextrd, subnullis in sinistrd.
Lamk., Ann. du Mus., tom. 6, pag. 338.
Jbid., Anim. sans vert., tom. 6, pag. 34, n. 2.
Knorr, Petref., tom. 1, pag. 11, tab. 25, fig. 1, 2.
Nob., Encyclop. méthod., tom. 2, pag. 34, n. 2.
Localités : Bracheux, Abbecourt, Noailles, Saint-Martin-aux-bois, S. I.
Cette coquille est la plus grande du genre; elle est ovale, subtrapézoïde, arrondie antérieurement, anguleuse postérieurement; elle est cordiforme, trés-enflée et ventrue , ayant les crochets grands, saillans, opposés, peu obliques; à leur côté postérieur est un angle assez aigu qui descend obliquement jusqu'a l’angle postérieur du bord; il circonscrit tout le côté postérieur de la coquille. Les deux valves, également épaisses, sont inégales; la droite est la plus petite et le plus souvent diffère de la gauche par les stries longitudinales dont elle est couverte. Cette valve, en effet, les présente constamment en grand nombre et assez profondes, tandis que l’autre valve reste lisse ou n'offre de stries que sur son côté postérieur. Lorsqu'elles se distribuent sur toute la surface, ce qui est extrémement rare, elles sont toujours moins prononcées et presque elfacées. Les stries longitudinales de la valve droite sont coupées en travers par les
stries transverses , trés-fines, irrégulières, qui se voient aussi sur l’autre valve. La charnière est droite et assez variable; les dents médianes sont souvent régulières, à peu près égales, quelquefois régulières, mais devenant plus grandes vers les extrémités ; quelquefois, enfin, elles sont irrégulières dans toute la longueur de la charnière. Les dentelures transverses qui terminent la charniere de chaque côté sont en général plus constantes et plus régulières : on en compte quatre à l’extrémité antérieure et trois à la postérieure. Ce nombre est peu variable, et nous nous en sommes assuré sur le jeune äge, aussi bien que sur un grand nombre d'individus adultes. Ces dents latérales sont, comme les sériales, striées de chaque côté et quelquefois découpées assez profondément. Le talon oblique des crochets est grand, subtriangulaire et obliquement sillonné dans toute son étendue. Les sillons partent d’une ligne médiane de partage qui naît du sommet et gagne obliquement le bord cardinal. En dedans cette coquille est toute lisse; elle est très-profonde. L'impression musculaire antérieure est subtriangulaire et peu enfoncée; la postérieure est très-grande, et elle est soutenue par une crête saillante, à base large, analogue à ce qui se voit dans l'espèce vivante. Le bord inférieur est crénelé ou plutôt plissé dans toute sa longueur, et plus fortement sur la valve gauche que sur la droite,
La Cucullée crassatine se trouve dans quatre localités seulement, qui toutes sont du département de Seine-et-Oise et situées non loin de Beauvais. C'est d’abord à Bracheux qu’elle a été découverte; on l’a retrouvée depuis à Abbecourt, à Noailles et à Saint-Martin-aux-bois. Dans cette dernière localité elle est plus solide que dans les autres, dont tous les fossiles sont très-friables. Nous possédons un moule d’une grande Cucullée fossile du Brésil, qui a beaucoup d’analogie avec celle de Paris; elle est encore plus grande. La plus grande valve que nous ayons vue de cette espèce a quatre-vingt-quinze millimètres de long et cent vingt de large (plus de quatre pouces).
Mon cabinet.
2, CUCULLÉE INGERTAINE. Cucullæa incerta. Nob.
PI XXXI, fig. 6, 7. i AE
C. testä ovato-quadratd , obliqu&, inæquilaterd, inæquivalyi, longitudinaliter costaté et transversim tenuissimè striat& in utrâque valyd; costis numerosis, depressis; cardine recto.
Localités : Abbecourt, Noailles, Bracheux,
Nous séparons comme espèce distincte de la précédente une coquille que l’on a pu confondre avec elle et qui peut-être n’en est qu’une variété, mais tellement constante, qu'il sera toujours tres-facile de la distinguer, quand même on ne l’admettrait pas comme espece.
La Cucullée incertaine reste constamment beaucoup plus petite que la précédente, et quoiqu’elle se trouve dans les mêmes lieux, on ne remarque presque aucun intermédiaire qui, sous ce rapport, pourrait lier les deux espèces. Cette coquille est ovale, subquadrangulaire, oblique, inéquilatérale et inéquivalve; elle est ventrue, bombée, subcordiforme, et ses deux valves sont également couvertes de côtes longitudinales, aplaties, aussi constantes sur l’une que sur l’autre; elles sont fines, rapprochées, nombreuses, aplaties, plus étroites sur la partie antérieure que sur la partie postérieure de la coquille : celles de la valve droite se distinguent en ce qu’elles sont striées longitudinalement, ce qui ne se voit pas sur celles de la valve gauche. Outre ces côtes longitudinales, on voit sur l’une et l’autre valve un grand nombre de stries très-fines, régulières, très-serrées et transverses, qui, en coupant les côtes, produisent sur la surface un réseau très-fin et d’une grande régularité. Nous n'avons pas retrouvé une semblable disposition dans les jeunes individus de la Cucullée crassatine. Comme dans cette espèce, c'est également la valve droite qui est la plus petite. La surface du ligament est subtrigone, striée obliquement un petit nombre de fois et sans ligne de partage. La charnière est droite, garnie d’un petit nombre de dents sériales, l’espace qu’elles occupent étant fort court; les dents transverses et latérales sont au nombre de deux antérieures et trois postérieures. C'est la disposition la plus constante : leur nombre varie de une à trois pour le côté antérieur et de deux à quatre pour le postérieur. Les impressions musculaires sont disposées de la même manière que dans la Cucullée crassatine : la postérieure est également la plus grande et soutenue sur un angle saillant. Les plus grands individus de cette espèce ont quarante millimètres de longueur et cinquante-cinq de large.
Mon cabinet.