‹ Description des coquilles fossiles des environs de ParisChapitre 241 sur 426 · GENRE XXXI · texte numérisé non relu

GENRE XXXI

CUCULLÉE. Cucullæa.

Caractères génériques. Coquille subéquivalve, inéquilatérale, trapéziforme, ventrue, à crochets écartés, séparés par la facette du ligament. Impression musculaire postérieure formant une saillie à bord anguleux ou auriculé. Charnière linéaire droite, munie dans sa longueur de petites dents sériales transverses, et ayant à ses extrémités deux à cinq côtes dentelées qui lui sont parallèles. Ligament extérieur.

Ce genre, comme nous l’avons dit, avait été entrevu par Bruguière, qui en avait fait une section des Arches; il ne fut définitivement établi qu'en 1801 dans le Système des anrmaux sans vertèbres par Lamarck. Démembré des Arches, ses rapports le liaient dans le voisinage de ce genre, et c’est aussi de cette manière qu'il a été fixé dans toutes les méthodes, admis tantôt comme genre, tantôt comme sous-genre. Nous pensons que les caractères du genre Cucullée sont insuffisans pour un bon genre : dans une méthode naturelle, il ne peut faire qu'un sous-genre et même une section des Arches. Si l’on étudie un grand nombre d'espèces de ce genre, on trouve des modifications successives dans les caractères de la charnière, au moyen desquelles les deux genres se lient. Cest ainsi que dans les 4rca magellanica, Helbingii, clathrata, etc., mais surtout dans cette dernière, se présentent à l'extrémité de la charnière des dents très-obliques et même transverses et ployées en deux, comme cela a lieu souvent dans les Cucullées; enfin, ce qui peut encore davantage porter la conviction dans l’esprit, c’est une coquille que nous attribuons aux Arches, parce qu’elle en a davantage la forme extérieure, et qui par la charnière est moitié Arche et moitié Cucullée. La partie antérieure du bord cardinal est garnie de dents sériales longitudinales, tandis que la postérieure est toute entière occupée par quatre ou cinq dents transverses fort alongées. La liaison des deux genres aurait pu s'établir sans cette coquille; mais elle devient évidente et indispensable aussitôt que cette nouvelle modification est connue.

Les Cucullées sont des coquilles marines généralement grandes, tresénflées, cordiformes, bombées, à valves très- profondes, ordinairement épaisses et toujours inégales, quoique Lamarck dise le contraire dans sa caractéristique. Cette inégalité des valves n’est pas considérable et n’empêche pas la coquille d'être parfaitement régulière. Au reste cette différence dans la grandeur des valves se retrouve aussi dans un as$ez grand nombre

d'Arches. Les impressions musculaires, mais la postérieure principalement, au lieu d’être creusées dans l'épaisseur des valves, comme cela a lieu dans le plus grand nombre des genres, sont en partie supportées par une languette saillante, arquée dans l’une et l’autre valve. Cette saillie, très-prononcée dans lespèce vivante, l’est bien moins dans les fossiles, du moins pour celles que nous connaissons.

Les Cucullées, dans le bassin de Paris, appartiennent aux couches les plus inférieures de ce vaste dépôt tertiaire; mais ce qui est remarquable, c'est que jusqu'a présent on ne les a observées que dans la partie nord du bassin, dans ces grands amas de sables des environs de Beauvais, qui sont entre la craie et les calcaires grossiers. On ne connaissait autrefois qu’une seule espèce dans le bassin de Paris; nous en ajoutons une seconde, qui, se trouvant dans les mêmes lieux, a pu être confondue avec la premiere.

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