‹ Description des coquilles fossiles des environs de ParisChapitre 279 sur 426 · DESCRIPTION ONZIÈME FAMILLE · texte numérisé non relu

DESCRIPTION ONZIÈME FAMILLE

LES TRIGONÉES.

Observations. Sous cette dénomination de Trigonées, Lamarck, dans son dernier ouvrage, a proposé une famille dont nous ne parlerions pas, puisque les genres qu’elle renferme ne se trouvent pas fossiles dans nos terrains parisiens, si nous ne croyions utile de discuter les motifs qui ont déterminé sa formation et de démontrer son inutilité.

Les genres Trigonie et Castalie, l’un marin et l’autre fluviatile, constituent à eux seuls la famille des Trigonées.

Lamarck, dans le rapprochement de ces deux genres, s'est laissé conduire par une fausse appréciation de leurs caractères : les Castalies ne sont en effet autre chose que des Mulettes, dont la dent antérieure est plus régulièrement décomposée et striée que dans la plupart des autres espèces; mais à part cela, tous les caractères des Muleites se retrouvent dans cette coquille : elle a la dent alongée et postérieure, les impressions musculaires placées de même et en même nombre. On sait qu'il y en a trois dans les Mulettes. En un mot, ce genre Castalie n’est qu'une des nombreuses modifications des Mulettes, modifications dont nous retrouvons tant d’autres exemples non moins remarquables dans les espèces de l'Amérique septentrionale.

Dès que l’on a reconnu que le genre Castalie doit rentrer dans la famille des Nayades, il s'ensuit de toute nécessité l'isolement du genre Trigonie et, par conséquent, la destruction de la famille des Trigonées, telle que Lamarck l'avait conçue.

Les coquilles du genre Trigonie ont des caracteres tels qu’elles se distinguent nettement de tout ce qui est connu, Il conviendrait donc qu’elles fissent à elles seules une famille, et ce serait plus naturel que de les joindre aux Castalies ou à tout autre genre de la famille des Nayades. D'un autre côté, les animaux de ce genre et des Nucules paraissent avoir beaucoup d’analogie; et si cela est ainsi, au lieu de joindre les Trigonies à la famille des Arcacées, il faudrait les réunir aux Nucules, pour en faire une petite famille à part. Ce que nous avons dit des Nucules tendrait à justifier leur séparation; mais ce nest encore que par une simple présomption que nous les joindrions aux Trigonies.

DIS COQUILLES FOSSILES, 23q

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