LES NAYADES
Observations. Aucun des genres de la famille des Nayades n’est représenté à l’état fossile dans le bassin de Paris. Cependant, d’après une communication que nous devons à l’obligeance de M. Graves, on trouverait à Muirancourt, dans le Soissonnais, “rue les lignites et les sables noirs qui en dépendent, une coquille nacrée très-grande, très-mince et trés-fragile, qui parait appartenir au genre Anodonte. La fragilité de cette coquille est telle qu'il a été impossible de s’en procurer autre chose que des fragmens non caractérisables. Les soins que M. Graves a mis pour se procurer cette coquille ont été jusqu'ici infructueux. D’après des empreintes que cet habile observateur a vues, la coquille dont il s'agit n'aurait pas moins de treize à quatorze centimètres de large, cinq pouces sur à peu près moitié de longueur; elle est ovale, arrondie aux deux extrémités et paraît peu bombée.
La famille des Nayades a été formée par Lamarck des quatre genres suivans : Mulette, Hyrie, Anodonte et Iridine. Nous avons vu précédemment que le genre Castalie devait y être réuni, et il en doit être de même de tous les autres genres ou sous-genres de MM. Leach, Say, Sowerby, etc., établis aux dépens des Mulettes. Le genre Iridine, que l’on sait aujourd’hui différer d’une manière notable, quant à l’animal, des Anodontes et des Mulettes, doit être rejeté de cette famille.
Si l’on voulait discuter la valeur des genres qui constituent la famille qui nous occupe, on arriverait facilement à ceite opinion, que l’on ne doit y admettre qu’un seul grand genre. On est conduit à ce résultat par la maniere insensible dont tous les caractères des genres se fondent les uns dans les autres, à mesure que l’on connaît un plus grand nombre d'espèces. Personne n'ignore qu'il est aujourd'hui impossible de poser une limite naturelle entre les Mulettes et les Anodontes, tant est insensible et gradué le passage d’un genre à l’autre. Pour ce qui est des genres Hyrie et Castalie, ils ne reposent que sur des modifications de formes de si peu d'importance, que nous croyons inutile de les discuter, D'ailleurs un motif plus puissant encore que tous ceux que nous avons allégués, doit déterminer les zoologistes dans une pareille question : c’est Le ressemblance parfaite des animaux de tous ces genres. On peut à chaque instant s'assurer de celle qui existe entre les Mulettes et les Anodontes, et nous avons pu
nous convaincre de visu qu'elle n’est pas moindre entre ces deux genres et ceux qui viennent de l'Amérique septentrionale. Nous n'insisterons pas davantage sur ce qui a rapport à cette famille,
puisque nous n'avons aucun de ses genres à traiter d’une maniere spéciale dans cet ouvrage.