TOME
l'opinion la plus généralement admise; elle est fondée sur l'observation, et elle doit prévaloir. Lorsque l’on examine un certain nombre d'espèces de ces genres, on est bientôt convaincu que l’un d'eux est artificiel, puisque le seul caractère qui les distingue, le prolongement caudiforme des valves, disparaît d'une manière ele insensible, que les espèces intermédiaires pourraient aussi bien être comprises au nombre des Avicules que des Pintadines.
Les Avicules sont des coquilles plus ou moins grandes, nacrées à l’intérieur, quelquefois solides et épaisses, et toujours revêtues en dehors d’une couche corticale plus ou moins épaisse, fibreuse, et qui dépasse ordinairement de beaucoup les bords de la matière nacrée. Leur bord cardinal, plus ou moins élargi, présente une fossette oblique peu profonde pour le ligament. Cette fossette est souvent très-large à la base. Le côté antérieur se termine à son extrémité supérieure en une sorte d’oreillette qui, sur la valve droite, est profondément échancrée à la base pour le passage du byssus, A l’intérieur des valves on trouve une impression musculaire submédiane, un peu postérieure; elle est très-superficielle, et elle est composée de deux parties; la plus grande donne attache au muscle adducteur des valves.
On connaît un assez grand nombre d’Avicules habitant les mers chaudes, et leurs espèces sont plus nombreuses que celles qui sont répandues dans les terrains tertiaires. Lamarck n’en connut qu’une seule espèce des environs de Paris, qu'il indiqua dans son dernier ouvrage. M. Defrance en ajouta une seconde et nous en possédons une troisième. Jusqu'à présent ce genre paraît manquer dans les terrains subapennins; mais il en existe une belle et grande espèce aux environs de Dax et de Bordeaux, et plusieurs dans le bassin de Londres.