GENRE XL
AVICULE ÆAvicula.
Caractères génériques. Coquille inéquivalve, fragile, submutique, à côte supérieur droit, ayant ses extrémités avancées et la postérieure plus ou moins caudiforme. Une échancrure à la valve gauche. Charniére linéaire, unidentée, à dent cardinale de chaque valve sous les crochets. Facette du ligament marginal, étroite en canal, non traversée par le byssus.
Testa inæquivalvis, fragilis, submutica; margine superiore recto; extremitatibus productis; posticä plus minusve caudiformi. Pro bysso valva sinistra emarginata. Cardo linearis, unidentatus ; dente in utraque valva infrà nates. Area ligamenti marginalis angusta , canaliculata, bysso non inter- Septa. = à
Le genre Avicule n’a pas été créé par Klein, comme M. de Férussac le dit dans le Dictionnaire classique d'histoire naturelle. C'est Gualtierri, le premier, qui en groupa les espèces d’une manière naturelle; mais on trouve
des coquilles de ce genre mentionnées ou figurées dans des ouvrages d’une:
date bien antérieure à celui de l’auteur italien que nous venons de citer.
Aldrovande, dans son Traité des testacés, page 465, fit représenter un groupe assez considérable d'Avicules attachées par leur byssus, et il leur donna le nom de Concha tenuis testæ ; il reconnut par leur manière de se fixer, qu’elles étaient très-voisines des Moules.
Langins et Lister donnèrent également des figures d'espèces de ce genre; mais ils ne les séparèrent pas en groupes particuliers. Gualtierri fut donc le premier qui sépara ce genre d'une manière non équivoque; ilie désigna
sous le nom de Cochlea aliformis, et la planche 94 de son ouvrage, publié
en 1742, représente sans le moindre mélange les espèces qu'il connaissait.
Le Téntämen methodi ostracologicæ de Klein n’ayant paru que onze années
après l'ouvrage de Gualtierri, on ne peut lui attribuer la création d’un
genre pour lequel il n'eut detre mérite que de lui donner le nom quil porte encore aujourd'hui.
Adanson, dans son traité si précieux et si remarquable des coquilles du Sénégal, ne décrivit awune seule espèce d’Avicule. Nous avons vu, en parlant des Moules, qu’il la confondit dans son genre Jambonneau, qui recele plusieurs genres très-différens. Elle fut donc mise hors de ses rapports naturels, et il est raré de trouver de telles fautes dans l'ouvrage d'Adanson.
Linné ne reconnut dans les Avicules qu'une seule espece; il la plaça dans son genre Moule sous le nom de Mytilus hirundo. Le genre Moule de Linné était, comme celui du Jambonneau d’Adanson, un assemblage de coquilles fort diverses.
Bruguière, qui s’'attacha d'abord strictement à la lettre de Linné, ne réforma le genre Moule de Linné qu'après la publication du premier volume de l'Encyclopédie méthodique. Il indiqua le genre {vicula dansles planches de cet ouvrage, et au lieu de l’adopter tel que Gualtierri l'avait fait, il y joignit les Pintadines et les Marteaux.
Lamarck, dans ses premiers travaux, écarta des Avicules les Marteaux, et donna ainsi à ce genre un arrangement plus convenable. Il le plaça d’une manière très-naturelle dans la famille des Byssifères de la Philosophie zoologique, et dans l’'Extrait du cours le maintint et dans la même famillé et dans les mêmes rapports; seulement alors il en sépara le genre Pintadine, que Klein avait assez hien limité sous le nom de Water perlarum.
M. Cuvier n’a pas adopté l'opinion de Lamarck, qui mettait les Avicules dans les Monomyaires, et rejeta son genre Pintadine, qu'il ne cita qu'a ütre de sous-genre des Avicules. Nous partageons à cet égard la manière de voir de M. Cuvier, et il n’y a véritablement pas de caractères suflisans pour séparer les Pintadines des Avicules. Ce dernier genre constitue avec les Jambonneaux et les Arches la famille des Ostracés a deux muscles de la méthode de M. Cuvier. Quoique Lamarck ait divisé en deux la famille des Byssifères, il ne changea rien dans les rapports des Avicules; il les rapprocha des Pintadines, en ôtant le genre Marteau qui était entre elles.
Dans ses Tableaux systématiques, M. de Férussac proposa une nouvelle famille sous le nom d’Aviculées, dans laquelle il met les Crénatules, qu'il
isole ainsi de leurs rapports naturels avec les Pernes, pour les mettre en contact avec les Avicules, les Pintadines et les Pinnes. M. de Férussac ne tarda pas à s'apercevoir que cet arrangement n ’était pas naturel, et peu de temps apres a publication de ses Tableaux, il revint à la premiere opinion de Lamarck et à celle de M. Cuvier, dans l’article 4vicule du Dictionnaire classique d'histoire naturelle.
Lorsque M. de Blainville, dans son Traité de malacologie, établit sa famille des Margaritacées, il en prit les principaux cle dans celle des Malléacées de Lamarck; il y ajouta plusieurs genres que Lamarck ne conaut pas, et il la rendit ainsi plus complète et plus satisfaisante; il réunit aux Avicules les Pintadines, et ce genre fut placé le dernier de la famille, immédiatement après les Pulvinites et les Gervillies.
Nous avons inutilement cherché à nous rendre compte du motif qui a déterminé M. Rang à faire des Avicules seules une famille particulière sous. le nom d’Aviculés; famille qu'il rangea, dans son Manuel de conchyliologie, entre les Malléacés et les Arcacés. Nous ne trouvons dans les caractères qu'il donne à cette famille aucun motif plausible de sa séparation.
Dans la dernière édition du Règne animal de M. Cuvier, il existe des changemens notables dans les rapports des Avicules : elles sont comprises dans la grande série des Ostracés, de laquelle à disparu la division d’après le nombre des museles. Cette grande série contient tous les acéphales testacés qui ont le manteau ouvert dans toute son étendue; elle correspond assez fidèlement aux Patulipalla de M. Latreille, quant à l’ensemble seulement; car M. Latreiile a établi un grand nombre de familles là où M. Cuvier n’admet qu'une série de genres. Dans cette série, où les rapports naturels ne nous semblent pas toujours observés rigoureusement, on trouve le genre qui nous occupe entre les Éthéries et les Ares On était déja habitué à voir les Arches dans Île voisinage des Avicules; du moins dans la première édition du Règne animal le genre Pinna était entre les deux genres; mais 1c1 le contact est immédiat. D’un autre côté onne devait pas s'attendre à trouver les Éthéries à côté des Avicules : ces Éthéries sont, comme on le sait, des coquilles fluviatiles très-voisines des Huîtres par leur manière de vivre, mais ayant deux tres-grandes impressions musculaires. Leur irrégularité, l’'adhérence immédiate de leur test, tous leurs caractères, en un mot, les éloignent aussi bien des Avicules que des Pernes et du plus grand nombre des genres des Ostracés.
On: avait senti depuis long-temps qu'il était nécessaire de réunir les deux genres Avicule et Pintadine. Nous avons vu par ce qui précède, que c’est