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GENRE XLII

PLICATULE. Plicatula.

Caractères génériques. Coquille adhérente, inéquivalve, inauriculée, rétrécie vers le sommet; à bord inférieur arrondi, subplissé ; à crochets inégaux et sans facettes externes. Charnière ayant sur chaque valve deux fortes dents divergentes, en crochets, striées latéralement. Une fossette

entre les dents cardinales recevant le ligament, qui est tout-a-fait intérieur.

Testa adhærens, inæquivalvis, inauriculata, apice attenuata ; margine infero rotundato, subplicato; natibus inæqualibus; areis externis nullis. Cardo dentibus duobus validis divaricatis, uncinatis lateraliter striatis in uträque valvd. Fovea intermedia ligamentum penitüs internum recipiens.

Avant les premiers travaux de Lamarck sur les animaux sans vertèbres, les Plicatules étaient confondues avec les Spondyles, et le petit nombre d'espèces qui étaient connues était réuni en une seule, sous le nom de Spondylus plicatus.

Démembré des Spondyles, ayant avec eux beaucoup d’analogie, les rapporis du genre Plicatule furent invariablement fixés dès son origine: c’est en effet immédiatement après les Spondyles que le genre est placé dans le Système des animaux sans vertébres que Lamarck publia en 1801. Quelques années après, M. de Roissy, dans le Buffon de Sonnini, adopta et le genre et les rapports ; ce qui fut ensuite imité par presque tous les zoologistes qui ont traité de la conchyliologie. Dans ses ouvrages suivans Lamarck ne changea rien de ce qu'il avait fait d’abord pour le genre qui nous occupe, soit qu'il fit partie de la famille des Ostracées (Philosopbie zoologique, 1809; Extrait du cours, 1811), soit de celle des Pecünides (Traité des animaux sans vertèbres, tome 6, 1819).

Reconnaissant entre les Spondyles et les Plicatules des rapports trèsintimes, M. Cuvier ne jugea pas nécessaire de conserver ce dernier genre autrement qu'à ütre de sous-genre des Spondyles. Cette opinion n’a pas été adoptée, et M. de Férussac, dans ses Tableaux systématiques, a préféré celle de Lamarck. M. Latreille, dans ses Familles naturelles du règne animal, n’a suivi l’arrangement d'aucun des auteurs qui l'avaient devancé. On trouve les Plicatules formant avec les Placunes une section de la famille des Ostracées, tandis que les Spondyles et les Peignes constituent à eux seuls la famille des Pectinides. Il semblerait que le hasard seul 2 présidé à cet arrangement bizarre qui détruit tous les rapports naturels

des genres, soit qu'on veuille les envisager en anatomiste d’après les animaux, soit en conchyliogiste d’après les coquilles. Comme nous l'avons vu précédemment, en traitant de la famille des Pectinides, M. de Blainville, dans son Manuel de Malacologie, n’a presque fait autre chose que de substituer le nom de Subostracés à celui de Pectinides proposé par Lamarck; car les genres sont restés dans les mêmes rapports. M. Rang a légèrement modifié l'arrangement de la famille des Pectinides, en plaçant le genre Hinnite entre les Spondyles et les Plicatules.

Nous avons fait observer depuis long-temps dans le Dictionnaire classique d'histoire naturelle, aux articles Harpax et Plicatule, que ce premier genre, proposé par M. Parkinson, avait pour type une coquille fossile, que Bruguière et Lamarck confondirent parmi les Placunes. Un examen trés-attentif des caracteres de celte coquille nous a fait reconnaître qu’elle appartenait aux Plicatules. Le genre Harpax doit donc être supprimé, et lon ne doit plus admettre d'autre Placune fossile que celle qui se trouve

Egypte.

Les rapports des Plicatules se déduisent de leurs caractères comparés à ceux des genres environnans. Les Hinnites sont des Peignes adhérens, dont le bord cardinal se prolonge en talon sur l’une et l’autre valve, et qui est creusé, pour le ligament, d’une gouttière plus longue et beaucoup plus profonde que dans les Peignes. Dans les Houlettes, dont la charnière n’est pas non plus articulée, le ligament s'enfonce davantage que dans les Hinnites ; il est recouvert comme dans les Spondyles. Dans les Plicatules la charniere est articulée à la maniere des Spondyles, mais moins fortement; le ligament devient tout-à-fait interne : les oreillettes que l’on retrouve dans les Spondyles manquent entièrement, d’où résulte le rétrécissement de la partie supérieure de la coquille. Enfin, celui des caractères qui les distingue le plus particulièrement des Spondyles, c’est que les crochets, tres-courts et rapprochés, ne sont point terminés par des facettes externes. On peut conclure de ce qui précède, que les Plicatules sont intermédiaires entre les Hinnites et les Spondyles, et que leur adhérence immédiate les sépare des Peignes et des Houlettes.

Les Plicatules sont des tes marines de volume médiocre, épaisses, solides, longitudinales, parfaitement closes, presque toujours plissées sur les bords, et ornées au dehors de côtes rayonnantes irrégulières, plus ou moins nombreuses, tantôt simples, tantôt divisées et souvent écailleuses. Le nombre des espèces connues est peu considérable. Lamarck en compte cinq vivantes et six fossiles; mais de ces dernières nous en connaissons

actuellement quatorze, distribuées dans divers terrains. Les environs de Paris n’ont offert jusqu'a présent que trois espèces, dont lune appartient exclusivement aux sables inférieurs des environs de Beauvais.

PLicaruce sourrLer. Plicatula follis. Def.

PI XLV, fig. 1246000

P. testä A side , longitudinali, depressissimd, basi bisinuatd ; striis longitudinalibus exilissimis in uträque valvd; impressione musculari inferiore; cardine altero, dentibus cardinalibus uncinatis ; foveold ligamenti tubulosd.

Def., Dict. des sciences nat., article Plicatule.

Localité : Abbecourt pres Beauvais.

Cette petite Plicatule est la première qui ait été citée d'une manière certaine dans le bassin de Paris. M. Graves, qui l’a découverte, l’a communiquée à à M. Defrance, et depuis nous l’avons recueillie dt la seule localité où elle se soit rencontrée jusqu’à présent. Elle est ovale-oblongue, longitudinale, tres-aplatie, presque aussi large au sommet qu’à la base; elle est divisée, dans sa longueur, par deux plis peu profonds et arrondis. Sa surface extérieure paraît lisse; mais vue à la loupe, on la trouve ornée de stries longitudinales très-fines, onduleuses, aplaties et inégales. La valve inférieure est un peu moins aplatie que la supérieure; on distingue à peine au sommet.le point de son adhérence. A l'intérieur les valves sont lisses, et ce qui rend cette espèce remarquable, c’est l'impression musculaire qui est située tout près du bord inférieur. La charnière est étroite et les dents cardinales de la valve supérieure se relèvent en crochets, entre lesquels se voit la cavité du ligament, dont les bords sont saillans, comme ceux d'un peut tube.

Cette petite coquille très-fragile a douze millimètres de longueur et sept de largeur.

MU cabinet.

2. PLICATULE ÉCAILLE. Plicatula squamula. Nob. PI. XLV, fig. 7, 8, 9, 10.

P. testd rotundatd, depressissimd, lævigatd, simplici, non plicatd; marginibus incrassatis, integris ; cardine angusto; dentibus cardinalibus valdè divaricatis, in uiträque CN uncCinatis.

Localité : Les Groux près Chaumont, C. G.

Petite coquille très-rare, dont nous ne connaissons que le seul individu que nous possédons : il n’a dù sa parfaite conservation qu'à la manière dont il était fixé entre les lames relevées de la lèvre droite, tres-épaisse, du Cerithium giganteum de notre collection.

Cette petite coquille n’a rien de l’aspect extérieur des Plicatules, car elle est arrondie, orbiculaire et sans plis longitudinaux. Vue à l'extérieur, on la prendrait plutôt pour une petite Anomie que pour une Plicatule. Elle est très-aplatie, fort mince, toute lisse. Les crochets ne sont pas apparens. Quand la coquille est fermée, il est difficile de reconnaitre le point de jonction des valves. La valve inférieure, fixée dans toute son étendue, est un peu plus grande que l’autre; ses bords sont épaissis et un peu foliacés. La valve supérieure est légèrement bombée; ses bords sont épaissis en dedans, mais arrondis et simples dans toute leur étendue. La charnière est étroite, dépassant à peine la largeur du bord. Les dents cardinales sont fort divergentes, petites, étroites et en crochet : on remarque entre elles une fossette peu profonde pour le ligament. L’impression musculaire est petite, arrondie et subcentrale. Longueur, douze millimètres.

Mon cabinet.

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