GENRE XLVI
HUITRE. Ostrea.
Caractères génériques. Coquille adhérente, inéquivalve, irrégulière, à crochets écartés, devenant très-inégaux avec l’âge. Charnière sans dents. Ligament demi-intérieur, sinsérant dans une fossette cardinale des valves; la fosseite des valves croissant avec l’âge, comme leur crochet, et acquérant quelquefois une grande longueur, dans la valve inférieure surtout.
Testa adhærens, inæquivalvis, irregularis; natibus extus disjunctis, subdivaricatis, ætate inæqualissimis. Cardo edentulus. Ligamentum semiinternum, in valvarum fossuld internd affixum; fossula valvarum ætate crescente , interdum cum ætate longitudinem maximam obtinens, præcipuè in valyd inferiore.
Les Huîtres sont des coquilles très-abondamment répandues : on peut présumer avec quelque raison qu’elles ont été de tout temps le but des recherches intéressées de l'homme. Offrant une nourriture saine et agréable, assez facile à se procurer, ces mollusques ont sans doute été connus avant les temps historiques de la race humaine. Ce qui est certain, c’est qu'ils le furent des peuples anciens qui nous ont précédé dans les arts et la civilisation : les Grecs et les Romains en faisaient un fréquent usage, comme matiere alimentaire, et c'est à ces derniers que l’on doit l’origine de l’art, beaucoup plus nent aujourd'hui, de parquer les Huitres.
Pendant le luxe de l'empire et Danses 1 la domination romaine s'étendait sur presque toute la surface de la terre connue alors, on faisait venir à
DES COQUILLES FOSSILES. 33à
grands frais des mers lointaines les Huîtres qui manquent presque partout dans la Méditerranée. On choïsissait, pour les transporter, celles qui présentent le goût le plus délicat, et on les emmagasinait dans des réservoirs creusés sur les bords de l’Adriatique. Nous ne chercherons pas davantage ce que les anciens ont dit des Huïîtres; on trouvera dans les ouvrages des compilateurs du renouvellement des lettres, principalement dans ceux d'Aldrovande et de Gesner, la plupart des passages des auteurs anciens dans lesquels ces animaux sont mentionnés. J
Rondelet, vers lequel il faut tourner ses regards, si l’on veut connaître l’état où se trouvait l’histoire naturelle au quinzième siècle, n’a mentionné dans son ouvrage (l'Histoire des poissons) qu’une seule véritable Huïître, à laquelle il donna le nom de Scambedec, parce que l'animal est d’un goût piquant et échauffant; scambedec, dit l’auteur, signifiant autant que bruslebec.
Dans son ouvrage de compilation, publié en 1555, Gesner a joint à l'Huître de Rondelet la figure d’une autre espèce, qui se pêche quelquefois dans le golfe de Venise; il sépara nettement ces deux coquilles de celles que, plus tard, on confondit avec elles, et auxquellés il donna déjà alors le nom de Spondyle.
L'ouvrage de Mercati (Metallotheca vaticana), publié à Rome en 1717, sous les auspices du pape Clément XI, avait été, comme on le sait, composé long-temps auparavant et était resté en manuscrit depuis la mort de som auteur, qui arriva en 1595. Cest donc à cette époque qu'il faut le mentionner dans l’ordre chronologique. Nous le citons ici, parce que c’est dans cet ouvrage que l’on trouve figurée pour la première fois, sous le nom d'Ostracites, une belle espèce d'Huïître fossile.
Aldrovande, dans son Traité des testacés, publié en 1606, ajouta aux deux espèces de Rondelet et de Gesner quelques autres Huïîtres, qu'il intercala parmi les Spondyles. Ce ne fut que plus tard que Willis, dans son ouvrage intitulé De anima brutorum, publia quelques recherches anato- : miques très-incomplètes sur les Huîtres; anatomie que Lister, un peu plus tard, reproduisit avec exactitude. L'auteur du Synopsis conchyliorum , auquel on est redevable d’un assez grand nombre de bonnes coupes génériques, rassembla d’une manière très-naturelle toutes les Huiîtres qu'il connaissait, en fit une section à part, dans laquelle il ne confondit aucune coquille. étrangere. On peut donc regarder Lister comme le premier créateur du genre Huître, circonscrit à la maniere de Lamarck.
Lister, qui avait conçu le genre Huïître d’une manière toute rationnelle, ne fut pas imité par la plupart de ses successeurs. Langius, dans sa Méthode,