GENRE I
CLAVAGELLE. Clavagella.
Caractères génériques : fourreau tubuleux, testacé, atténué et ouvert antérieu— rement, terminé en arrière par une massue ovale, subcomprimée, hérissée de tubes spiniformes ; massue offrant d’un côté une valve découverte, enchâssée dans la paroi; l’autre valve libre dans le fourreau; tube libre ou inclus dans l'épaisseur des corps sous-marins.
Vagina tubulosa, testacea, anticè attenuata et aperta, posticè in clavam ovatam, subcompressam ; tubulis spiniformibus echinatam terminata : clav& hinc valvam detectam in pariete fixam prodiente , altera in tubo libera ; tubo libero inclusove corporibus submarints. |
Il n’est point douteux que le genre Clavagelle ne fasse la transition ou le passage entre les Arrosoirs et les Fistulanes. Nous observons , en effet, que les tubes spiniformes n’ont plus la régularité qu'ils offrent dans ce premier genre ; distribués sur la partie élargie du tube, soit irrégulièrement , soit en couronne, ils ont une tendance à diminuer en nombre, à mesure que les circonstances d'habitation se rapprochent davantage de celles de certaines Fistulanes. C’est ainsi que la nouvelle espèce que nous avons découverte aux environs de Paris, incluse dans un corps solide, ne devait offrir qu’un petit nombre de tubes; et enfin ils devaient disparaître tout-à-fait dans celles qui se rapprochent le plus de ces dernières.
Nous ne pouvons comprendre l'observation rapportée par Brocchi (Conchyl. subapp., t. 2, p. 271), touchant la Clavagelle qu'il a observée dans les terrains tertiaires de l'Italie. Comment concevoir , en effet, que des coquilles de différens genres, et ce qui est plus étonnant, semblables en tout à celles qu’on retrouve dans les mêmes couches, se soient trouvées incluses dans un tube avec une de leurs valves enchâssées ? Il faudrait donc supposer qu'un animal parasite s’est emparé d'une coquille étrangère, s’y est adapté, s’est servi de la seule valve qui lui était nécessaire, et a inclus l’autre dans un tube spinifère; mais de quelle utilité pourrait être une valve libre à un animal , s’il n’y insère des muscles pour la fermer, s’il ne lui met un ligament, lorsque celui de l'animal auquel la coquille a appartenu est détruit? Et puis, comment penser qu'un animal qui a la propriété de s'entourer d'un tube assez épais, ne pourrait se faire une coquille? Dans tout ceci, qui semble inexplicable dans l’état actuel de nos connaissances zoologiques, de deux choses l'une : ou l'observation est mal faite, ou ce sont des espèces différentes de Clavagelles, insérées dans des tubes à peu près semblables. Dans tous les cas, rien de pareil ne s’est encore offert à notre observation, quoique le nombre des Clavagelles observées aux environs de Paris soit plus considérable que celui d'Italie. Jusqu'à présent , aucune espèce vivante appartenant à ce genre n’a été observée; toutes se sont trouvées fossiles, et cinq espèces très-curieuses sont des terrains tertiaires des environs de Paris.