CINQUIÈME FAMILLE
LES CORBULÉES.
Coquille inéquivalve, ligament intérieur.
Depuis long-temps M. Lamarck avait associé les premiers élémens de cette famille : dès 1801, il avait réuni les genres Corbule et Pandore, mais il les avait placés dans une série où ils ne pouvaient rester: les Corbulées sont dymiaires, les Ostracés avec lesquels ils étaient réunis, sont monomyaires. Cependant, quelques années apres, M. de Roissy, dans le Buffon de Sonnini, sépara les deux genres, placa le premier entre les genres Dicérate et Griphée où il est bien certainement hors de ses véritables rapports, qu'il soit considéré seulement comme dépouille, comme test ou comme habité par un animal organisé, et le second entre les So= lens et les Sanguinolaires, où il est en rapport avec des genres très-avoisinans. Depuisles travaux de Poly et la publication de son magnifique ouvrage, les Testacés des Deux-Siciles, on a connu l’organisation de la Pandore, et alors les zoologistes ont séparé ce genre et l’ont placé avec les Solens, M. Cuvier dans sa famille des Enfermés, M. Blainville dans les Pyloridés. M. Lamarck qui avait d'abord placé ces genres entre la Houlette et l'Anomie, vit plus tard qu'ils n'étaient point à leur véritable place. Les deux impressions musculaires dont ce zoologiste s'était servi pour faire, parmi les Conchifères, deux ordres distincts, ne devaient point lui laisser d'hésitation; mais l'inégalité des valves lui sembla suffisante, abstraction des autres caractères, pour les placer dans les Camacées dont elles formerent alors ( Extrait du cours , 1811) une section sous ce simple caractere d’une coquille libre lorsque toutes celles de la même famille sont fixées ; mais plus tard M. Lamarck changea encore d'opinion sur ces deux genres, et, saisissant alors leurs véritables rapports, il sentit qu'il fallait non-seulement les placer non loin des Solens, des Mactres et des Luiraires, mais encore qu'il était nécessaire de les en séparer, ne pouvant naturellement se confondre parmi ces genres: c'est pourquoi il en fit une famille; cette famille dut venir se ranger à côté des Maciracées ; peut-être aurait-elle été plus convenablement à côté des Myaires, mais les Myaires ont tous de très-longues
trachées ou syphons, tandis que la Pandore que nous connaissons tres-bien par la description de Poly, n’en a point d'aussi grands ainsi que la Corbule, ce que lon présume avec assez de certitude par le peu de profondeur de l'échancrure antérieure du manteau. Ces raisons nous semblent assez bien motiver la réunion de ces deux genres; il est vrai de dire que nous ne connaissons point encore l'animal des Corbules, et qu'il est permis de douter de sa place jusqu'a sa connaissance parfaite, ce qui permet aussi bien de les placer parmi les Saxicaves (Férussac), que parmi les Camacées (Lamarck), ou les Cardiacées (Cuvier), ou à côté des Myes ( Gray, 1821.)
Cette famille dans laquelle M. Lamarck ne renferma que les genres Corbule et Pandore pourrait aussi comprendre le genre Thracia de Leach ainsi que le genre Sphcæna ; mais ce dernier n’est point admissible : nous en avons vu un assez grand nombre qui, à ce que nous pensons, doivent rester parmi les Corbules, tandis qu'au contraire le genre Thracia nous parait motivé par de bons caractères et par le passage qu'il forme des Myaires aux Corbulées, ce qui serait un motif de plus de rapprocher les Corbulées des Myaires, et conséquemment le genre Corbule de la Pandore.
Quoiqu'inéquivalves , les Corbulées sont régulieres; elles différent en cela des Cames qui sont également inéquivalves, mais dont les individus de même espèce ne se ressemblent pas par la forme, tandis que toutes les Corbules de même espèce ont la même forme ou ne varient que dans l'ordre de tous les autres Conchifères-
réguliers et libres. À