‹ Description des coquilles fossiles des environs de ParisChapitre 60 sur 426 · GENRE IX · texte numérisé non relu

GENRE IX

CORBULE. Corbula.

Caractères génériques. Coquille régulière, inéquivalve, inéquilatérale, pointou presque point bäillante ; une dent cardinale sur chaque valve, conique , courbée, ascendante et à côté une fossette; dent cardinale de la petite valve, plus grande, quelquefois aplatie, lamelliforme ; point de dents latérales; ligament intérieur fixé dans la fossette de la valve inférieure sur la dent de la valve supérieure.

Testa regularis, inæquiwabis, inæquilatera , subelausa; dens cardinalis in utréque valvä, conicus curvus , ascendens, cum fove laterali adjectä; dens cardinalis nurnimæ valvæ, major, aliquandd depressus, lamelliformis ; dentes laterales null ; Lgamentum internum, in foved valvæ inferioris et dente vabvæ superioris in= sertum.

Bruguière le premier institua le genre Corbule lorsqu'il fit dessiner les planches

DES COQUILLES FOSSILES. 47 de l'Encyclopédie ; il n'en avait point eu connaissance probablement lorsqu'il traça les tableaux qui commencent le volume que cet illustre naturaliste nous a laissé. Il ne put donc le caractériser; mais on voit, par la place qu'il lui a assignée dans la série générique, combien il avait saisi juste ses véritables rapports, puisque, depuis lui, les conchyliologues ne tenant point compte de cette idée, après avoir inutilement tâtonné pour le placer, ont enfin fini par le remettre là où Bruguiere

l'avait mis depuis long-temps. Ce qui dut embarrasser, c’est l'inégalité des valves:

auxquelles on donna plus d'importance qu’il ne fallait, et c’est sans doute pour cette raison que M. Lamarck le placa d’abord à côté des Houlettes et des Anomies, puis dans les Camacées ; que M. de Roissy le mit pres des Gryphées; que M. de Blainville le laissa dans les Camacées. Cependant, lorsque M. Cuvier publia son Règne Animal , on s'aperçut qu’il s'était rapproché de l’idée de Bruguière, qu'il avait enfin placé les Corbules avec les autres Conchifères réguliers, et que du moins, en les plaçant à la fin de ses Cardiacés, tout près des Mactres et des Myes, il avait montré leurs véritables rapports. Aussi M. Lamarck qui a l'esprit trop juste pour tenir à ses premicres idées lorsque de meilleures lui sont offertes, suivit M. Cuvier, et, tout en les séparant comme famille , les laissa pourtant à peu près à la même place dans la série. Enfin M. Gray, qui a étudié avec beaucoup de soins les travaux les plus récens sur les Mollusques, a adopté l’idée de Bruguière et a placé les Corbules immédiatement après les Myes. Ce rapprochement nous semble trèsjuste; il est d’ailleurs motivé par une analogie très-grande dans le mode d’articulation de la charnière, surtout lorsqu'on y est conduit par l'intermédiaire du genre Thracia.

Nous avons été forcés de faire quelques changemens dans l'énoncé des caractères génériques; et cela tient à ce que nous avons observé qu'il était impossible que le ligament s’insérät dans les fossettes des deux valves, puisque celle de la valve supérieure sert à recevoir la dent de la valve inférieure : il faudrait done qu'il yait à cette valve supérieure deux fossettes , l’une pour le ligament, et l’autre pourda dent de la valve inférieure, ce qui n'existe pas ; tandis que l'on voit, au fond de la fossette de la valve gauche ou inférieure, une cavité profonde, qui porte l'impression du ligament située sous le crochet. Le second changement porte sur ce que le genre serait limité beaucoup trop, si on s’astreignait à n’y mettre que les coquilles qui ont sur chaque valve une dent conique : où placerait-on, en effet, un assez grand nombre d'espèces qui ne diffèrent qu’en ce qu'elles ont la dent cardinale de la valve supérieure lamelliforme, quelquefois même décurrente sur le bord? Le genre Sphéna qui comprendrait ces espèces, diffère trop peu des Corbules , pour qu’on puisse les limiter nettement ; car on peut passer iusensi-

blement depuis les espèces qui ont les dents les plus coniques et les plus pyramidales, jusqu'à celles qui sont le plus lamelleuses. Les Corbules sont marines; cependant on a assuré qu'on en avait trouvé en Amérique dans les eaux douces. M. Férussac indique ce fait dans ses tableaux systématiques des animaux mollusques; mais il ne l’a énoncé qu'avec un point de doute, et je pense en effet qu'il a besoin de confirmation authentique.

On ne connaissait autrefois qu’un fort petit nombre d'espèces vivantes de Corbules, aujourd’hui on en connaît près du double, et parmi les fossiles, les environs de Paris en sont beaucoup plus riches que tous les autres pays à fossiles; nous en comptons vingt espèces.

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