‹ Description des coquilles fossiles des environs de ParisChapitre 84 sur 426 · GENRE XI · texte numérisé non relu

GENRE XI

SAXICAVE. Saxicava.

Caractères génériques : Coquille bivalve;, transverse, inéquilatérale, bâillante antérieurement et au bord supérieur; charnière presque sans dents; ligament extérieur.

Testa bivalois, transversa, inequilatera, anticè margineque superiore hians; cardo subedentatus ; igamentum externum.

C’est à M. Fleuriau de Bellevue que l’on est redevable du genre Saxicave , que M. Lamerck et plusieurs autres conchyliologues ont adopté. Ce sont des coquilles d’un volume médiocre, le plus grand nombre présente des charnières dont les dents sont avortées ; elles sont remplacées par un bourrelet arrondi. Les valves sont réunies par un très-puissant ligament extérieur.

On s’est toujours étonné de la singulière propriété de certains Conchifères, qui s’enfoncent dans les pierres même très- dures, y pratiquent des loges où ils s’abritent et toujours proportionnées au volume de l'animal. Quelques personnes ont prétendu que les animaux térébrans usaient la pierre en la limant, par le frottement continuel des valves; cette action mécanique ne saurait s'admettre pour des coquilles très-minces et très-fragiles qui se trouvent souvent dans des pierres très-dures, telles que des marbres, par exemple, et surtout comme dans les Fistulanes , lorsque ces valves sont lisses ou presque lisses , et qu’elles ne présentent d’ailleurs aucuns signes de frottement. À peine cette explication pourraitelle servir pour ceux de ces animaux qui s’enfoncent dans des corps friables et

peu résistans. Si elle n’est point admissible dans une circonstance, elle ne pourra l'être dans une autre, la nature ayant sans doute mis les mêmes moyens en usage pour tous les animaux qui en ont besoin.

Une autre opinion, qui est celle de M. Fleuriau de Bellevue, paraît bien plus probable, c’est celle de la propriété qu'auraient ces animaux, de dissoudre les pierres à mesure que leur accroissement exige, pour les contenir, une plus grande cavité. Il faut admettre alors que cette dissolution a lieu par une liqueur appropriée, sécrétée par l'animal; c’est ainsi que lon a dit que la liqueur noire des Pholades était consacrée à cet usage; comme on a observé que les Pholades entre autres étaient phosphorescentes, on en a conclu, sans en avoir la preuve matérielle, que les Lithophages en général dissolvaient au moyen de l'acide phosphoreux; mais s’il est vrai, comme le dit Spallanzani, que les Lithophages percent tout autre corps que les calcaires , il suivrait qu'il faudrait attribuer cette propriété à toute autre chose qu’à l’action d’un acide. M. de Blainville pense que cet effet, dans les Mollusques , peut être produit par le séjour prolongé ou par une sorte de macération continuelle du mucus sécrété par le pied de l'animal; mais si ce mucus n’a point de propriété particulière plus que celui de tous les autres Mollusques, pourquoi les autres Mollusques ne jouiraient-ils point de la même faculté puisque tous ont cette sécrétion ? Quoi qu'il en soit, l'état de nos connaissances sur ces Mollusques lithophages ne nous permet point encore de résoudre cette question : on manque pour cela du premier fondement, la nature ou la composition chimique du mucus de ces animaux.

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