‹ Description des environs de Paris, considérés sous les rapports topographique, historique et monumental;Chapitre 18 sur 63 · MELUN. — BOIBSISE. — SAINTE-ASSISE · texte numérisé non relu

MELUN. — BOIBSISE. — SAINTE-ASSISE

Cette ville fut saccagée par les Normands, lors de leurs premières incursions en France. Les Anglais la prirent par famine, en i4ao, après quatre mois d’un siège très-meurtrier. Ces insulaires, toujours fidèles à leur système, violant la capitulation , massacrèrent les habitants. Ceuxci , dix ans plus tard , prirent leur revanche en égorgeant les Anglais , et recevant l’armée de Charles VU. Melun avait des vicomtes dès avant

Parmi les souvenirs de cette ville, on peut compter , en 1 5a5 , la naissance et plus tard le» premières leçons publiques du fidèle et naïf traducteur de Plutarque, Jacques Amyôt. Le célèbre et trop malheureux Abeilard y reçut aussi le jour. L’écossais Law y fit abjuration pour obtenir le contrôle général des finances ; administra- 'tion dont il laisse de si cruels souvenirs.

Mal percé et mal bâti , Melun n’offre rien d’intéressant sous le rapport des beaux-arts. La grande route de Paris à Lyon, que cette ville traverse , la rend assez vivante. Elle fait, d’ailleurs, un bon commerce de blé , et possède plusieurs manufaCT turcs.

L’ancien couvent de Saint-Nicolas a été con-: verti en une maison do détention, où les condamnés sont occupés à la filature et au tissage. Cet édifice, vu de la rive droite de la Seine, se

DElIXtniE rr.OUENADK.

groupant avec une église qu’accompagnent deux tours symétriques, produit un effet très-pittoresque. Melun compte sept mille hahitaiils ; il a une bibliothèque p\iblique d’environ huit mille volumes , et un collège.

Les environs de Melun sont ornés de châteaux et de niaisons de campagne , qu’il serait trop long de décrire, mais que leur position sur la pente des coteaux qui bordent la Seine, rend infiniment agréables. En remontant le fleuve, f^aiix’le-Pënü, Livry, Chartrettes, l’ancienne abbaye de Barbeaux , et les restes de la ville SHéricq^ offrent les points de vue les plus pittoresques. Ce dernier lieu fut jadis fortifié. Sa grande et ancienne église domine les ruines d'un pont liâti par les Romains, et détniit sous le règne de Louis XI , [lour intercepter le passage des Bourguignons dans la guerre très-improprement dite du bien public.

En descendant la Seine, le paysage n’est pas moins riche que dans les lieux plus élevés. L’oeil du voyageur sc plaît à fixer Boissise-la-Bertrand , séjour des plus agréables par ses jolies habitations ; Sainte-Assise , beau et vaste château dont la magniiiquc terrasse domine au loin la Seine et les fertiles coteaux qui la bordent.

ün arrive à Sainte-Assise |>ar de belles avenues |>ercées dans le bois, dont cet édifice est entouré, et qui aboutissent à une vaste esplanade suivie dA

UELUN. BOISSISE. SAIRTE-ASSISE. I ay

1 avant-cour du cliâteau. Ce diâteau coiisible en un. principal corps de bâtiment appuyé sur deux pavillons, et accompagné de deux autres corps de bâtiments en retraite , dont l’un contient une magnifique salle à manger. '

11 ne reste plus rien du joli château appelé le pavillon du Roi , qui avait été bâti par le financier Bourette, et dont l’élégante décoration n’ctait pas un des moindres embellissements de ces coteaux.

Le château de la G range-la-P révélé, qui a appartenu au roi de Suède régnant, est agréablement situé à l’entrée de la forêt de Rougeaux.

Cramayel ^ chateau déjà fort ancien , est un des plus beaux du canton; il est flanqué de quatr# tours avec deux pavillons séprés, et enceint, ainsi que la cour , de fossés secs, de deux pontslevis. Cet édifice renferme une jolie salle de spectacle; il y a une Ires-belle orangeiie et un* serre chaude.

ETXOLKS.— SOIST DR AVEU,. — BRU NOY.

La forêt de Scnuart, aussi bien percée qu’un jiarc, et traversée dans sa longueur pr la grande route de Lyon, occupe le plateau qui s’avance entre la Seine et l’Yères;ses flancs sont couverts de nombreux villages , et entourés de sites infiniment agréables. Sur le bord de la Seine, Etioles

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bEtXliMÈ PHOMENADK.

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a deux cliàteaux ; l’un a apparleuii au fermier général Lcnormand, mnii de la fameuse madame de Pompadour , couriisaue liabile tjui gouverna pendant vingt-trois ans Louis XV et la France j et l’autre a été liabité par le pocte Colardcau>

Soisy-sous-Elioles , \iWag^c qui compte seue maisons de plaisance, occupe une étendue' assez considérable entre la forêt cl la rivière , sur laquelle on a les plus beaux points de vue,

Draveil, autre village, dont le château moderne, d’une décoration fort simple, est précédé de belles avenues , et entouré d’un beau parc ^ compte dans scs environs de nombreuses maisons de campagne.

Le joli vallon d’Ycres, qui borde au nord la forêt de Sennarl , olTrc de nombreux villages bien exposés, Brunoy, qui compte mille habitants , et dont l’origine remonte au moins au règne de Dagobert 1", a été fréquemment le séjour des plus anciens princes de la maison de Valois, qui en avaient fait leur rendez-vous de chasse. Le château de Brunoy, qui avait reçu le titre de martpiisat, eu faveur de Pâris de Montmartel , fut n>agnitiqnement embelli par le fils de ce célèbre financier. Sa Majesté Louis XVlll, alors Monsieur , étant devenu possesseur de ce domaine, n’épargna aucune dépense pour en faire un séjour vraiment roval. Des jardins magnifiques, des eaux distri-

BMB. — GB08-B0IS. — LAGRANGE. la^

huées en cascades par l’habile Laurent , le cbateau neuf élevé sur les dessins de Chalgrin, les tableaux de Casanova , les statues , les vases , toutes les richesses de l’art réunies à un beau site , Lisaient de Brunqy , aujourd’liui détruit , une des plus splendides et des plus raagniüques habitations des environs de Paris.

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