‹ Description des environs de Paris, considérés sous les rapports topographique, historique et monumental;Chapitre 25 sur 63 · OU MONT -LOUIS · texte numérisé non relu

OU MONT -LOUIS

’ Nous terminerons cette deuxième promenade ^ «n visitant le cinfietiére de Mont-Ijouis. Cet asile fiinèbre s’étend dans un espace de soixante à quatre-vingts arpents sur la croupe de la butte Saint- Clttumont. Son nom vulgaire de Cimetièré daPàre Ltachàise , lui vient de ce que le château et le parc de Mont-Louis avaient aparteiiu à ce jésuite, malheureusement célèbre; c’était un don de la munificence de Louis XIV, qui l’avait fait bâtir. Dans' le temps *que Mont-Louis était un lieu dé plaisirs , sa position devait faire le cliarme principal de cette halûtation. U est , en effet , peu d’endroit# dans les environs de Paris , dont la perspective soit aussi étendue et aussi variée. De ses appartements, Je confesseur de Louis Xl\ dominait la Clapitale; à l’ouest , il apercevait Belleville , Montmartre et Ménil-Montant ; et au midi , sa vue embrassait -tout l’horizon de Bicêtre et de Meudon, et elle

4 08 DEUXIÈME rnOHENADK.

planait délicieusement, à l’est , sur la belle plaine de Saint-Mandé, Montreuil, Vincennes, et sur les rives si fertiles et si riantes de la Marne. Maintenant, déserte, cette colline, qui est presque au niveau du dôme du Panthéon , présente de loin sa solitude, et ses tombeaux aux voyageurs qui arrivent à Paris par les routes . du levant , du midi et du couchant; et celui qui la visite, voit d’un même coup d’œil le séjour des vivants et celui des morts.

■ Cette magnifique position du cimetière du Père ' Lachaise est peu convenable anx • aSectioiis que l’ame doit éprouver dans le séjour de la mort. Quelle différence entre l’impression de tristesse et de mélancolie dont sont invinciblement frappés ceux qui parcourent le Champ de repos, et l’expression d’indifférence , de distraction , qui règne sur le visage des curieux qui visitent les tombes orgueilleuses de Mont-Louis, , tout rappelle à la mort ; ici la vue est facilement détournée par le tableau magnifique qui se déroule sous les yeux.

Les tombeaux qu’on rencontre dans ce cimetière , sont généralement construits avec plus de luxe et de magnificence qn’ailleurs. La plupart sont des monuments d’orgueil plutôt que de douleur. La mode, qui gouverne tout à Paris, a

CIUXTIÈBE DD , PÈRE L&CHAISE., etC. i5q

mis dans son domaine celle sépulture ; et depuis seize à dix-huit ans qne Mont-Louis est destiné à cet usage , il est du bon ton de s’y faire enterrer. 11 y a beaucoup de tombeaux dont l’emplacement est concédé à perpétuité, et qui sont destinés à recevoir les dépouilles mortelles de toute une famille. Le prix élevé de toutes ces concessions est bien fait pour alimenter celte manie que l’homnie a de se distinguer , et qu’il s’efforce de satisfaire , même après sa mort.

Comme c’est Li richesse et la vanité qui le plus souvent déterminent le choix du cimetière , elle» président aussi à l’érection du monument funèbre comme à la composition de l’épitaphe , et l’on ne sera pas étonné que là , comme ailleurs , le marbre le plus fastueux ne dise pas la vérité, et ne couvre pas toujours l’homme de mérite.

Nous citerons |)armi les plus Intéressants de ces 'tuonumeuts, par les souvenirs qu’ils offrent, celui de Delillc , qui u’a pour inscription que le nom de cet immortel poëtc ; celui du géographe Mcntelle, avec une inscription grecque. Près du Virgile français repose un autre poëte , aussi immortel , Marie-Joseph Chénier , chantre de h» gloire et de la liberté française j Grétry, et les savants Fourcroy et Bosquillon. Quatre colonnes décorent le tombeau de Parmentier. Beaucoup plus simple,

l60 niUXIÈUE PRO^tlENiDE.

lé ruonuilient rjni couvre la cendre du brave des braves , a pour tonie inscription le non» de Ney.

Non loin de la tombe de Chénier, se trouve celle d’un homme qu’il ne ménagea pas dans ses àatires , mais a qui il eût rendu justice , s’il ne Peut pas précédé dans cette «lernière demeure: Camille Jordan , escorté dans les Rinérailles par des milliers d’élèves des écoles de droit et de médecine, qui pleurèrent en lui un courageux défeiiseur des libertés publiques.

Parmi ceux des tombeaux que distingue leur éarftCtèrc monumental, l’attention se fixera particidiérenicnt sur im édifice golliiipie , destiné à la rantille Gi cf’nllic , et sui- une rotonde de huit colonnes doriques , en marbre blanc , consacrée au ministre Crquijo ; l’obélisque de marbre blanc, «l’nne belle proportion, dont les faces offrent à la fois le nom de Masséna et ses victoires. L« français qui contemple ce monument éprotrve, an nom d’un seul homme et de quelques villes , un sentiment de resjvect et d’admiration que n’ont pu lui inspirer d’autres tofiihes chargées (fioscrip- Uùus Hatteuses et de vains titres.

Cn soubassement qui s’élève sur des marches en marbre lioir , porte une espèce de temple de dis. colonnes éPordre dorique grec , sous la voûte

r.lMlTliRK DC PÉRX LACHAISB , etC. l6l

duqu«lun sarcophage, de marbre blanc cuD)me le reste du monument, rcnrerme les cendres d’une comtesse Démidofl. Ce tombeau est un des plus magninques de Mont-Louis. On distinguera encore l’obélisque en pierre des Crawfurt et l’obélisque en granit du baron d’Abadie. Après le mausolée, richement décoré de sculptures, d’uu bourgmestre de Bruxelles , nous citerons celui d’un négociant , Pierre Gareau , où l’on admire une statue de marbre blpnc , plus grande que nature, représentant une femme plongée dans la douleur. Ce bel ouvrage serait digne de décorer l’intérieur d’un temple.

Un nom illustre, comme on en trouve tant dans ce lieu , vaut seul une épitaphe : parmi celles où l’on a cru devoir ajouter quelque chose à un nom célèbre , nous ne rapporterons que l’épitaphe de üegnault de Saint-Jeau-d’Angcly ;

Français, de son dernier soupir II a salué sa patrie ;

Un néme jour a vu 6mr Ses maux, son exil et sa vie.

Et celle de la célèbre Barilli ;

Morttî ■>

Potto hai tiUnzio a pià êüavi acetnti Che mai z’udiran.

En i8i4 , au moment où l’ennemi menaçait

i63 deuxième peohenade.

Paris, de formidables batteries furent établies sur ' la colline de Mont-Louis ; ses murs de clôture furent crénelés. Cette vaste enceinte , consacrée à une paix éternelle , retentit bientôt du bruit des combats: vainementles valeureux élèves des écoles Polj lcchni<]ue et d’Alfort opposèrent leur bravoure au "tiombre; écrasés pardeux divisions russes, dans les rangs desquelles ils avaient porté le carnage et la mort, ils furent obligés de céder. Le soir du trente mars , les- barbares du Wolga bivouaquèrent sur cette terre sacrée, et leurs feux allumés autour des tombes , semblaient augmenter de leur lugubre lueur , le deuil de cette enceinte et celui de celte fatale journée.

A FONTAINEBLEAU

, BICÈTBE. ■

La Seine ^et le ruisseau de Bièvre , plus connu’’ à Paris sous le nom de rivière des Gohelins , ont pour intervalle de l’une à l’autre , un plateau dont la partie la moins élevée vient finir à la barrière d’Italie , vers l’extrémité du faubourg Saint -Marcel. Là , deux routes , parfaitement plantées , se présentent ; l’une , se dirigeant sur la gauche, se divise bientôt pour aller, d’un côté à h>ry, village dans une situation agréablé, près de la Seine, et qui a de jolies maisons de campgne , et de l’autre , à Vitry , autre village très-considérable , célèbre par ses pépinières, ses maisons de campagne et sa fête champêtre du P ort-à-l' Anglais ^ et de là elle se prolonge à Choisy troisième vil- ■lage dent nous parlerons ci-après. Attachons-nous ‘ maintenant à la route de droite qui , plus large que

l64' TROISIÈME PROMENAOK.

l’aulTc , est celle de Lyoo , et conduit aussi en Italie.

BICÊTRi;.

Le premier objet remarquable sur cette route est la maison de Bicitre. Saint Louis avait donnd aux Chartreux , qu’il voulait établir près de Paris, un terrain situé sur la paroisse de Gentilly^ et qu’il avait acquis en ia5o, d’un nommé Legueuxj mais les cénobites s’étant encore rapprochés de la Capitale , leur couvent , abandonné et presque tombé en ruines , n’était plus connu que sous le • nom de la Grange aux gueux , lorsqu’au commencement du règne de Philippe-le-Bel , Jean, évéque de Winchester en Angleterre , en fit l’acquisition, et y bâtit un hôtel; delà, ce château prit le nom de Winchester, d’où, par corruption, on fit Bichestre , puis Bicétre. Cependant quelques auteurs veulent que ce mot vienne de castrum Biberis, château de Bièvre. La rivière de ce nom coule en efiet au pied de la colline de Bicêtre.

Robert KnoUe , chef d’un parti anglais dans les guerres qui agitèrent le règne de Jean 1*' , s’empara de cette maison devenue propriété française , et l’abandonna après l’avoir pillée.

. Jean , duc de Berry , enchanté de la position de Bicétre, que Charles V , son frère, lui avait

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PUn Gi^n‘al,Hr Vllü»pice «le Ri^rc.

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BICÊTRE. tfiS

donné » y fit hàlir un vaste château pour la décoration duquel il appela les plus habiles artistes. Suivant le Lal>oureur, on admirait clans cet édifice , surtout la grande salle dont les peintures et les autres oriienients, que cet écrivain fait connaître en détail, prouvent que sans les guerres civiles qui déchirèrent si long-temps la France, les arts eussent atteint leur perfection bien avant Louis XIV. En le château' de Bicêtre, où

s’était retranché le duc d’Orléans, fut ])iis et brûlé par la faction de Legois , boucher de Paris..^ Après cet incendie , le duc de Berry fit don, en i4»6, de l’emplacement et des dépendances de son château au chapitre Notre-Dame de Paris. Ce qui restait de ces bâtiments , devenu un repaire de voleurs , fut pris on i5i9, et rasé en i63a. A cette époque, Louis XIII, voulant établir un hôpital poui- servir de retraite aux soldats invalides, choisit l’emplacement de Bicêtre, et y fit élever, en l634, la plus grande partie des édifices qui exlslent aujourd’hui. Cependant cet établissement , loin d^ parvenir au degré de perfection qu’il comfKvrtait , était prescpi’oul)llé, lorsque Louis XIV , dont les vues étaient plus grandes, ayant bâti le magnifique hôtel des Invalides de Paris, réunjt Bicêtre à l’hôpital général, dont il est encore aujourd’hui une annexe.

Le plan de Bicêtre ( pl.Jai .), si l’on excepte quel-

1 66 TROISIÈUi: PltOUEXADE.

qiics additions, oITrc un carré d’emiron cent cinquante toises de côté.TjC principal corps de hàtlmetit donae, au nord, sur un jardin (jn’entourenl des

Làlitueuts moins élevés , qui sont à l’usage dis alelieis. L’cnsenilde des parallélogrammes offre trois principales couVs; la première sert d'entrée par une avenue aboutissant à la grande route ; dans la

ment; la troisième cour renferme un grand nombre de constructions disposées sans beaucoup de symétrie. Là , sont les prisons et les nouveaux caebots construits jiar M. Y i d. Les cours sont plantées d’arbres , et le reste de l’enclos «t en jardins. Ces bâtiments sont distribués, suivant leur destination respective ,’^poiir le logement des vieillards indigents, qui occupent deux mille deux cents lits, et qiîi ne sont reçus qu’à l’âge Je soixante-dix ans ; pour le logement des fous , et enfin jK>ur celui des nuilfaiteiirs, condamnés à la réclusion , ou aux travaux forcés, et qui atteudeiit le départ de la chaîne, dont ils doivent fiiirc partie.

boutons, de cordonniers, et une fabrique de bas. Ceux des détenus qui no veulent pas y travailler, sont punis P les autres, au contraire, reçoivent

disposition et d’une décoration fort simple , mais qui convient bien à la destination de l’établisse-

D.-piils 1775, on a établi dons la prison de Bicélre dos ateliers de polisseurs de glaces et de

BlCfcTItE.

un salaire dont une pai lie est a{;|iliqucc à leur procurer une meilleurc^nourril nre , et le surplus mis en réserve pour leur être compté au moment de leur sortie. Les vieillards iiidigeiils y ont aussi un atelier, où iis se livrcut à de petits ouviagcs en os et en bois.

Un bâtiment neuf a été construit, depuis la révolution, sur les dessins de M. V’^iel, pour contenir* les fous; il est beau, convenable, et a coûté quatre cent mille francs.

Long-temps on s’était contenté , pour l’évacualioii des immondices de ce vaste hôpital, d’un aquéduc et d’un puisard à ciel ouvert ; mais ces immondices s’accumulant insensildement , finirent par se répandre dans la campagne , d’où elles portaient aux villages voisins une infection insupportable et pernicieuse; on essaya vainement de les contenir par des dignes, il fallut reqonrir à d’autres moyens.

Ou songea d’abord à un cloaque voiMé fnsqu’à la Seine au-dessous de Paiîs; mais la distance de près de trois mille toises , la nature du sol partout criblé de carrières; trois grandes routes à traverser , une dépense première de trois millions , l’entretien et le service tHfficile et dangereux du ncltoyement d’un souterrain de cette étendue , firent abandonner ce projet. Ge fut alors que M.Viel proposa, et fut chargé d’exécuter

168 THOISIÉUE PROMENADE.

un projet approprié aux circonstances locales, et dont les résultats ont justifié la hardiesse.

Les eaux et les immondices de toutes espécea de la maisou de Bicêtrc , arrivent par un chenal découvert de deux cents toises de longueur, dans une enceinte isolée, on sont pratiqués deux bassins garnis de vannes nécessaires pour opérer la séparation des matières solides et liquides. Les premières sont enlevées par les cultivateurs qui en paient même un prix considérable ; les autres s’écoulent et se perdent par infiltration dans des carrières creusées soixante pieds au-dessous du sol, et dont il a falln (bsposer, à cet effet , une grande étendue.

Ces travaux consistent princi|>alement en plusieurs rigoles tortueuses dans le trajet desquelles s’opère l’absorption d’une partie des eaux, et un puits de quarante pieds de pretfoudeur j enfin, en quinze grandes trancliées, cre«isées à travers plusieurs bancs de pierres, oh va se perdre le reste de ces eaux. On y trouve aussi des ouvrages d’art , tels qu’un grand nombre de murs , de piles et de voûtes , des escaliers pour pénétrer dans ces vastes souterrains , et plusieurs ventouses pour en renouveler l’air. Tous ces tra- 'vaux ne pouvaient être conçus et exécutés que par un artiste aussi consommé dans l’art de la construction que l’était feu M. \iel.

BlCÊTKl. 169

'TiS position de Bicétre sur une hauteur, et son isolement dans la campagne , lui procurent un air beaucorip plus sain que celui de presque tous les hôpitaux de Paris. Cependant de celte position élevée , il résultait autrefois qu’on manquait d’eau, et qu’on était obligé d’en aller chercher à la Seine. Pour-remédier à ce grave inconvénient , on fit, en 1753, sous la direction de BolTrand, creuser un puits que ses dimensions rendent re> marquable. Il a cent soixaitte douze pieds de profondeur et quinze de diamètre; creusé p’resqu’entièremeot dans le «roc vif sous lequel sont les sources; il a neuf pieds d’eau intarissable.

Un arbre vertical porte à son sommet un tambour sur lequel se roulent et se déroùlsnt alternativement deux câbles qui passent par des poulies de quatre pieds de diamètre , placées au-dessus du puits;- ces câbles, à leur extrémité, portent chacun un seau de la capacité d'un muid; lesquels seaux , descendant et montant tour à tour ; se remplissent perpendicidairement sans balancement ni choc , au moyen de quatre sou|)apes qui sont au fond. Parvenn hors du puits ," le seau montant est accroché par des mains de fer qui le font pencher vers une cuvette où il se vide , et de suite par son poids il aide à l’autre seau à monter de même. De celte cuvette, l’eau s’écoule dans un ^éser^ oir d’une belle et solide ctmstruction »

TROlilÈHX promenade.

cjiii a sonante-li’oia pieds eu carré, et contient quatre mille muids d’eau. Celte espèce de citérue est revêtue eu plomb lamiué; quatre piliers soutiennent la voûte en pierre de taille ; des tuyaux souterrains distribuent l’eau dans toutes les parties de l’élublissement.

VILLE! irtF. — CHOISY.

Vdlejuif, bourg situé sur la route de Foutaiuebleau , et déjà connu dès le règne de Louis VU , est le siège d’une justice de paix , et contient uns population de mille quatre «cents babilants. Ce liourg est sale et mal bâti ; son château, d’un aspect assez triste , a cependant un parc dessiné par Le ^ôtre; L’église, très-vaste, a été rebâtie plusieurs •foisj lès dernières constructions sont de lôoq. On «trouve à Yillejuif un télégraphe de la ligne de Lyon , et sur le tqrlre en-avant de ce bourg, '.un obélisque qui détermine l’extrémité septentrionale d’une base trigonométrique, établie pour le levé de la carte de France, dite de l’Académie des Sciences, mais plus connue sous le nom de ' Cassini,'son principal auteur. Au pied de cet obélisque, on est plus élevé d’environ quarante pieds que Jes tours de Notre-Dame , et l’on jouit d’une vue magnifique sur une grande partie de Paris et ' de son vaste bassin. De cet endroit , la Capitale paraît s’étendre jusqu’à Ciharenton. ^

TlLLEJUir. — CHOI$T.

Lo plateau qui, de Villejuif, s’étcud jusqu’au bord du bassiu dë l’Oq’e, se uomme la plaine de Loufr- Boyau. Cette plaine est renommée par sa fertilité en grains ; la pente assez rapide ^ qui borde la Seine à qnelcpie distance, est couverte de villa ges ot d’agréables liabiUitions.

C/toini L'-Roy , connu dès le b uitiènic siècle, dépeudail alors de Thiais, qui en est à une demilieue. Sa première église , bâtie en 1 307 , fut érigée en |>aroissc en 1224 ; elle fut rebâtie en i6y6 par Mademoiselle d’Orléans, qui possédait Cbôisy à cette époque. Cette princesse Ht aussi bâtir eu 1682 , sur les dessins de François Mansard, un château qui fut successivement possédé par madame de Louvois, le Dauphin, fils de Louis \1V, et la princesse de Conti , fille légitime du meme roi. A la mort de cette princesse, Louis XV ^ acheta le château de Choisy, que Jacques Gabriel rcliàtitprosqu’enlièremcnt, pour en faire, en lySg, une magnifique habitation. Le même architecte bâtit , pour madame do Pompadour, iiu autre |ic • lit château auprès du gralid. Les artistes les plus célèbres se distinguèrent à l’envi pour l’embellissement de cet asile fortuné d’un prince qui vécut trop |)onr sa gloire et son pays. (Cependant il ne reste pins rien, ni du château de Choisy, ni de sa magnificence, ni des chefs-d’œuvres de l’art et du luxe de son ameublement 3 le soc de la char-

173 TROISlilfE promenade.

rne a sillonné ses superbes jardins; b Seine qui en baignait les bords charmants , dont elle paraissait s’éloigner à regret , vient aujourdliui briser ses flots contre les débris d’une terrasse ' d’oii l’œil découvre une campagne immense. Quatre manufactures se sont élevées sur les ruines de l’habitation ro3'ale ; ainsi Choisy n’a gagné au change que des exhabisons délétères , qu’une épaisse fumée , qui corrompent l’air pur qu’on y respire.

Cependant cette- petite ville est une des plus 'agréables des environs de Paris son assiette dans un joli bassin, scs rues larges et tirées au cordeau, ses maisons élégantes et bien bâties, les restes de avenues , b proximité de b Seine , tout concourt à en faire un séjour des plus riants. L’église paroissiale est d’une construction solide , et sa décoration fort simple ; b première pierre en fut posée, le 4 juillet 1748, par Christophe de Beaumont, archevêque de Paris. Le pont, bâti en i8oa, a trois cent soixante -neuf pieds de longueur et vingt -trois de largeur, il est eu bois de chêne avec culées et piles en pierre. Ce pont coniposé de cinq travées d’un dessin élégant, et d’une construction solide, a été exécuté par Navier, ingénieur des ponts-ct chaussées. Il établit b communication entre Provins et Versailles : une très-belle route; «enduit de Qioisyà cette dernière ville.

' ORtT. — VILLBNfiüTE-lK-llOr , CtC. •7^

- ORIiY. — VILLEMiUVE - LE-ROI. — ABLON.

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