‹ Description des environs de Paris, considérés sous les rapports topographique, historique et monumental;Chapitre 26 sur 63 · PARAY. ATHIS · texte numérisé non relu

PARAY. ATHIS

' Nous ne parlerons d’Orfy", grand village, situé sur la pente du plateau de Long-Boyau , que pour rappeler qtiela tour tronquée qui accompagne l’église de ce lieu , et qui doit avoir eu plus de hauteur , est un monument glorieux du courage de ses habitants.

A l’époque de nos funestes guerres civiles , les Anglais, par leurs pillages, leurs dévastations, leurs cruautés , forcèrent souvent à b révolte des paysans, qui d’ailleurs ne portaient qu’impatiemment le joug de l’étranger. En i56o, dit un auteur, à qui ce récit est emprunté, deux cents des plus braves habitants des environs d’Orly se retranchèrent dans la tour du vilbge; ils avaient rempli l’église de provisions, et dressé des balistes, des catapultes et autres machines du temps, avec lesquelles ils portaient le ravage dans l’armée anglaise, qui les assi^cnit depuis pins de trois mois; ils restèrent dans cette esjièce de forteresse sans se rendre; enfin, n’espérant plus de secours, ayant épuisé toutes leurs provisions, pressés par la famine, ils capitulèrent. Les Anglais , au lieu d’admirer une aussi glorieuse défense, assassinèrent la moitié de ces malheureux , firent les autres prisonniers, bridèrent le village, abattirent en partie la tour, et, tout fiers de ces beaux faits d’armes contre de misera-

<74 • TablHÈini PROMEffAOE.

blés paysans, ils se retirèrent cri triomphe au camp qu’lis avalent cuire Chartres et Monlllicry. C’est depuis ce temps que la tour de réalise d’Orly est restée si écrasée. Mais les descendants des braves Français qui s’y défendirent avec tant de courage, voient cette espèce de ruine glorieuse avec plus de plaisir que si elle était un chef-d’œuvre d’ar> .cliitecturc.

. Filleneuvé-le-Roi, autre village , eut pour selipieur Philipiie-Augnste, et fut donné en i337 aux Chartreux de Paris, à la charge de nourrir les cliiens du roi; celte terre appartint ensuite au turbulent Itlarcel , prévôt des marchands , dont un di'Sceodaut la vendit, en 1617,311 chancelier Guillaume Duvair . Quatre-vingts ans après, le ministre Claude ■ le Pelletier y fiCconslruire un magnifique ciiàteau, .aussi remarquable par son architecture que par sa belle position ; ce dernier avantage est resté au - pavillon , seul débris consei-vé de cet édiüce.

, Ablon , village qui paraît devoir son nom au terrain d’allnvion sur leijnel il est bâti au bord de la Seine , n’est remarquable que par sa position , son bac , quelques maisons de campagne, et pour avoir eu l’un des deux temples accordés par Henry IV aux protestants, temple qui plus lard fut transféré à Charenton.

En regagnant le sommet du plateau traversé dauti toute sa longueur par la magnilique route de

PARAT. — ATHI8. — BELLES-FOnI’ AISES , CtC. I75

Lyon , on, trouve , non loin do cette route et du village de Paray, un obélisque funèbre , isolé dans un eliamp , et sur une fiice duquel on lit cette inscription ;

Noël Jourda Dbvavs,' maréchal du France , mort à Grenoble le la septembre 1788.

Les autres inscriptions indiquent que c’est par les soins de sa fille , que le cœur du maréclial a été déposé sous ce monument. A gauche de la route, et au bord dif plateau, le simple château à'Athis domine la Seine. Dans le village de ce nom, connu dès le neuvième siècle , on trouve encore le parc de Crussol, remarquable par sa belle futaie, et qui renferme le tombeau de l9chicnne favorite deRoquelaure, pour laquelle mademoiselle Scudéry composa une épitaphe.

Au bout de la plaine on trouve l’obélisque de Juyisy , qui fixe l’extrémité méridionale de la base dont nous avons parlé page 170. La distance entre les deux obélisques est de cinq mille sept cent soixante toises.

lÆS BEIXES-FONTAINES. — JUVISY.

Autrefois la grande route descendait par une pente rapide, étroite et ânueuse dans le village

TROISIÈMK PROUENÀl>£.

de Juvi^. £u 17^8, à celle é{>oque où tant de routes furent ouvertes, on ii’ouLlia pas celle-ci tracée en ligne droite datis toute la plaine depuis Villejuif. A son arrivée au hameau à&F romenteaut à la naissance de la pente , elle se développe par une belle courbe jusque dans le vallon de l’Orge. Pour lui donner une pente douce et uniforme, il a fallu d’abord faire une tranchée profonde et fort large, ensuite un remblai de plus de sept cents toises de longueur; ce remblai, qui traverse les deux bras de la rivière d’Orge, a nécessité deux ponts, dont un est particulièrement remarquable. Celui- • ci, dont nous donnons les plan , coupe et élévation, fpl. aa.) a soixante pieds de largeur entre les têtes. Il se compose d’une seule aréhe en plein-cintre de quarante pie^ d’ouverture, et reposant sur les culées, qui lui donnent cinquante pieds de hauteur sous clef. Comme le remblai de la route forme do chaque côté un talus considérable, les culées sont prolongées en évasant par des murs en ailes formant rampe de soixante-douze pieds de longueur. Pour soutenir l’énorme poussée des terres, sept arcsboutants elliptiques, qui ontdepuis quarante jusqu’à quarante-deux pieds d’ouverture, sont disposés parallèlement et s’appuient sur les deux culées et leurs prolongements : les arcs-boutants ont une hauteur uniforme de vingt-trois pieds au-dessus de l’eau , et trois pieds d’épaisseur ; ils sont en pierre de taiUe

n it

flM tM ni*rtu rfr

l*onl (in* Urllc}i itmlAiiirv,A Juniiv.

tt 4

Plaa M airrm 4m Am •ÜMifaM

KJôiition rotr Fjri

LES BBLLIS-FOMXLINBS.

et fort bien appareillés. L’arcade principale , dont les pieds-droits et les voussures sont en pierre de . taille est bâtie en meulière, pierre très-abondante dàns Mtli^ntrée, et très-propre à ce genre de construction. La disposition générale de ce dont les parapets s’élèvent de clnquante-ncorall^ au- ^ dessus de l’eau , le fait paraître comm? s’il était composé de deux étages d’arcades , et présent^ un ensemble imposant et^'pittoresque. Les parapets sont décorés de deux fontaines , dont l’eau abondante et pure, vient d’une source découverte en Taisant la' tranchée. Des piédestaux de mauvaise forme supportent, l’un, un trophée, et l’autre, le Temps, tenant le buste en médaillon de Louis XV, et terrassant l’Envie : ces groupes présentement mutilés, sont de Coustou le (ils; les angles des edt;niches sont décoi'és de têtes de boucs et de quatre tiicea de mascarons. Sur la fontaine à gauche on . lit BUT le marbré, cette inscription ; ;

■ Liàd. ,XF R*x '

Chr^tianisfimut: • ,• '

Viam hane emteà diJ^eiUm.

Arduam oc pt¥tè in •viam Scùii» dûjeetisqu* rupibutf

Explanato colle , ^ '

• Pont* *t aggnibtu conutructi» ,

Planamj rotabilem et amtenam Fïtri curavit

^Anno. M.D. CC.XXFIIl.

♦ 'ja . ■

by Gt >»

J "S ' . TltOlSIÉJUi rnOUÇNAUK.

Le piédestal de droite porte celte autre iuscrip- , tion , en partie efCicée ,

Ce Monument

» • - a été restauré, ■ '

* an i8i3.

Du pont dès Belles-Fontaines on jouit d’un coup d’œil admirable ; la vue s’y promène sur un vaste bassin que la Seine enrichit de ses brillants contours : de riches coteaux offrent une foule ' de jolies habitations qui se dessinent parmi des groupes de beaux arbres. Dans le nombre des villages qu’on déeouvre de ce point, on remarque Juvisy, connu dans l’histoire de nos troubles civils pour être le lieu où Jean Sans-Peur , duc de Bourgogne, arrêta, en i4o5, Louis de Bavière, Montagut et le comte de Danimartin , qui conduisaient auprès d’isabeau , retirée à Corbeil , le daupliin , fds de Charles VI. ,

Le jiarc de Juvisy, traversé par la rivière d’Orge, a été dessiné par Le INùtre. L’exposition est magnifique ; on y voit de belles sources alimenter une superbe pièce d’eau , à cent pieds au-dessus de la

JtVISt. — SAÏIGXÏ — TIRY. — a^S. 179

*• rivière; de la ténsuse, et surtout du pavillou neuf, élégamment décOré, et contenant quatre tableaux de M. Misback, la vue s’étend de Vllleneuye Saiut- Ceorges 9 Corbeil. Quant au château, il n’offre rien de remarquable, si ce n’est un pavillon en Ifocaille' contenant* une salle de billard, dont l’intérieur , décoré d’un ordre corintliieri’ ot piastres , est orné d’un plafond peint à fresque ^àr des artistes Italiens. Devant le château une |)etite fontaine, bien ajusté^ par RI. Duliois, est décorée d’un Mercure en’lironzc, ouvrage de Jean n de Bologne. ** •

Page 1