ARCUEIL
Sur la droite de la route , la petite rivière de JBièvre qu’on a traversée sur le pont d’Antony , coule dans un agréable vallon au fond et au milieu duquel est situé Arcueil. Ce village, suivant l’abbé le Bœuf, a tiré son nom des arcs ou arcades de l’aquéduc que les Romains y élevèrent pour conduire au palais des Thermes les eaux de Run gis. Cependant, Arcueil n’est connu sous ce nom que depuis le douzième siècle.
Des eaux tirées des environs d’Arcucil étaient autrefois amenées, jiar des conduits souterrains, au palais des Thermes , attribué à l’eiupereur Julien; mais l’habitant de Lutèce allait , pour ses besoins, puiser au courant de la Seine. Les premières fontaines publiques de Paris ne datent que dn règne de Philippe- Auguste. Elles étaient au nombre de trois, et alimentées par une partie des
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eaux que les moines de Saint-Martin , ceux de Saint-Laurent et les liospitalicîrs de Suiiil-l^zare , avaient su, pour leur usage parrtculier, tirer des coteaux de Bclleville,deMéiiil-Montant, du Prê- Saint-Gcrvais , et amener à Paris par dos acpjtducs souterrains, qui. furent long-temps les seuls ouvrages hydrauliques de celte iiuinense capitale.
Une partie de Paquéduc antique d’Arciieil existe encore; elle est contiguë au nouveau. Il u’i’sl ilonc pas probable , et en cela nous partageons I vsentimcntdeM. Girard, que cet aqueduc ait éléplus haut dans la plaine de Ruugis, et qu aucune de.ses |iartles ne soit entrée dans la construction de réiüticc moderne. Cependant plusieurs auteurs ont avancé le contraire , et fondent leur assertion sur des lettres-patentes de Louis XIU > q>'i accm dent au marquis d’ERiat la jouissatjce dos ruiues de ret ancien aquéduc et des eaux qui pouvaient s’y rassembler encore, attendu, disent ces mêmes lettras, que ces eaux devenaient inutiles, depuis qu’on avait celles de Ruiigis, plus hautes, plus près de Paris, et plus faciles à amener. Mais comme Henri IV avait eu l’iiitenlion de rétablir l’aquéduc de Julien, et que déjà Sully avait fait ouvrir, dans la plaine de Long-Boyau , des tranchées qui furent abandonnées , il est possible que cela ait accoutumé à confondre le projet de Henri IV avec un autre qu’on a exécuté plus
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tard. Quoi(ju’il en soit, ce fut Marie de Médicis (]ui fit exécuter, sur les dessuis et sous la eonduite du célèlirfe Jacques de Brosse, l’aquéduc d’Arcucil, pour amener des eaux à son palais du Ln\enil)Oiirg; tels fut, du moins, son premier dessein , le motif qui la détermina , et ce qui eût été l’unique résultat de son entreprise, si son crédit se fût soutenu à la cour de son fils. Le 17 juillet 161 3 Louis Mil posa la première pierre de ce monument qui fut achevé en i6a4:.
L’aquéduc d’Arcueil fduruit aux fuutaines de Paris emejuante-sept pouces cubes d’eau.
Cet édifice ( pl. 3o ) , qui traverse la vallée de Bièvre, a environ deux cents toises de longueur et douze dans sa plus grande hauteur , à partir du lit de la Bièvre. Il cqpsisje en imc épaisse muraille soutenue de chaque coté par des contre-forts, entre lesquels sont vingt arcades d’environ vingtquatre pieds de largeur ; huit seulement de ces arcades, inégalement cspiicées, sont à jour, et la rivière de Bièvre passe sous deux d’entr’cUes. IjCS contre-forts s’élèvent jusqu’à la belle corniche dorique, à grands modillons, qui règne dans toute sa longueur J au-dessus de cette corniche, s’élève un altique, formant intérieurement une galerie voûtée et recouverte en dalles de pierre. Dans le milieu de celte galerie , est le canal où les eaux coulent entre deux banquettes rpii permettent
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de parcourir à pied sec tonte la longueur de l’aquédiic; le jour y péirèlre par dis ouvert lires praticpices entre les contre-forts. *Au-delà de cette construction estérieure, du côté dn village de llnngis, est une galerie souterraine, d’abord en ligne droite, puis sur les côtés d'itn carré d’environ cent quarante «toises. Cette gai. rie ^ percée de barbacaues , et flanquée de pierrées ipii pénélVent dans les terres en divers s uis, recueille les eaux qu’une autre galerie , en-deçà du mur aqueduc de la vallée , conduit à Paris, l ii cbalcau d’eau, situé près de l’Observatoire, et vingt-sept r< gaids dans lesquels on descend par des escaliers, f.iciiilent le jaugeage des eaux, la visite et l’entretien des travaux , dont l’ensemble se développe sur une longueur de six mille six ceiif& toises. Le tout dut ' être construit, suivant un marché passé le ao octobre 1612, moyennant quatre cent <|uaiante mille livres tournois; plus de douze cent mille de nos francs; le marc d’argent n’^etait alors qu’îlfr vingt livres cinq sous quatre deipei^.
Les eaux de Rungis üeuneul euji dissolution les principes d’une concrétion, pierreti^ qui s.’attacbe aux parois des tuyaux en assez, grande abondance pour qu’ils en soient olistriiés en pqu «i^’atiiiées; on a soin de les dégager de temps en ten.ps, alors on en retire une espèce d'albatre agréablement veiné et susceptible d’un beau poli.
Cet édifice, d’une belle construction, d’unbcaa caractère de décoration , et d’une parfaite solidité, peut, sons CCS rapports, sc comparer aux plus beaux ouvrages dès Romains. L’effet qu’il produit est infiniment supérieur à celui de l’aquéduc de Bue, dont nous parlerons plus lard, et qui se compose d’une simple, muraille percée d’arcades, et sans décoration. . ' „
Le vllLge diArcueil, dont l’église, construite vers le treizièuie siècle , est grande et assez bien V bâtie, renferme plusieurs babltations agréables. Ses carrières fournissent cette pierre dure, d’un grain fin, et susceptible d’un beau poli, qu’on emploie, sons le nom de pierre de liais , à laire des statues , des tombeaux et des cbambraules de cbemiuce. ••