‹ Description des environs de Paris, considérés sous les rapports topographique, historique et monumental;Chapitre 31 sur 63 · MONTLHÉRY. — LONGPONT · texte numérisé non relu

MONTLHÉRY. — LONGPONT

malheureux. Du sang inutilement versé fut tout le fruit de cette journée, dont chaque parti s attribua la gloire. Le comte de QiaroUais et ses Bourguignons , fort maltraités , restèrent néanmoins maîtres du champ de bataille, et le roi se retira à Corbeil.

Cette action eut lieu dans la plaine, au nord de Montlhéry , où se trouvent deux cantons nommés encore , l’un, le Champ de bataille, et l’autre^ le Cimetière des Bourguignons.

Le château de Montlhéry se composait de neuf tours réunies par des courtines, et formait une espèce de carré long , divisé en trois cours. La tour qui reste (voyez pl. ag) n’est point entière : des parties considérables ont été détachées du sommet par le temps ; toutes ses voûtes sont détruites. Sa hauteur , qui est encore de soixante pieds , paraît cependant plus considérable , à cause de sa position élevée de plus de deux cents pieds au-dessus du bourg de Linas. Des huit autres tours il n’existe que quelques pans des plus élevées, les plus basses ont même cniièrenlent disparu. Au milieu de cette enceinte , dont une partie existe encore ,. est l’entrée d’un souterrain dont l’ouverture est bouchée. Toutes ces constructions , d’une grande solidité, étaient faites en pierre meulière et en grès. Cette tour, qui dfiie tant de marques des

TllOlSliUE FBOHENADE.

outrages du temps, les débris qui l’entourent, et la superbe vue dont on y jouit, rendent ce lieu vraiment romantique.

La petite ville de Montlhéry, qui compte i5oo babilauts, a perdu à la révolution toutes les juridictions qu’elle avait; mais il lui est resté un marché à blé qui est très-important. La place pù il se tient est vaste , les rues de la ville sont larges et propres. L’église paroissiale, assez grande, a été reconstruite à diverses époques : les constructions les plus anciennes paraissent être du treiâème siècle. Les murailles de la ville datent du quinzième ou seizième siècle, ainsi que ses portes; dont il existe encore quelques vestiges. Le bourg de Linos , que traverse la route d’Orléans , est plus peuplé que Montlhéry, dont il n’est sépare que par une porte sur laquelle on a mis , en i8i i , une inscription qui rappelle que c’est 'Ihibaut- File-Etoupe qui la fit bâtir.

Au bas de Montlhéry, sur la riv ière d’Orge , le village de Longpbnt avait un prieuré conventuel de l’ordre de Cluny. L’église, aujourd’hui paroissiale, est un édifice du douzième siècle; elle était originairement plus considérable ; mais, lors de sa restauration faite en 1820, on en a supprimé le chcEur et le chevet en atjachaiit le rond-point immédiatement à la croisée. Le bâtiment conventuel a été transformé en une maison de plaisance.

LONGJCMBiü. — * ORSAY. — BIÈVRE. 235

PièS'dc là , le château de Lormoye, peu remarquable par son architecture, est bâti au milieu d’un pî»rc , sur une espèce d’esplanade , d’où l’on jotiit de points de vue très-variés : celui de l’antique tour de MonÜhëry n’en est pas le moins intéressant.

Villebouzin^ près de la route d’Oi léans, est un château d’une ordonnance simple, mais régidière, bâti pour M. de IVlontgommcry. On remarque dans la conr deux pavillons, dont l’nn contient nue chapelle d'un bon style de décoration, et l’autre une charmante salle de spectacle j l’orangerie en est aussi fort belle, et le parc breu distribué.

De l’antre côté de la route, le château'cfu Plessis- Saint-Père est remarqtiable par sa construction en pierres et en briques, et ses belles avenues. Le pavillon de droite contient une salle de bains ' dont la décoration, aussi riche qu’élégante, est de Liégeon. Dans le pavillon de gauche est la cha|>clle décorée en 1718 par Berlin.

lÆNGJUMEAU. — OnSAY. — BIÉVRF.. — VERRièRES. — CHATENAY. — SCEAVX.

Liongjumeaii , bourg de 1800 habitants, siège d’une justice de paix, est uh lien bien connu par sca tanneries. L’ivcltc, après avoir traversé la grande rue , se jette Tin peu plus bas dans l’Orge. Cette rivière arrose une jolie vallée renommée surtout

tROISlÈME PROUEKâa)E.

par i’excellencc de ses prairies , et dans laquelle ou trouve d’agréables maisons de campagne.

Le village iSOrsay , situé à l’endroit où se croisent les roules de Paris à Dourdan, et deVersailles à Montihéry , est remarquable par son château restauré en 1807 parDamême, et qui est bâli sur une terra.sse entourée d’eau. Dans le parc , planté régulièrement et bordé par l’ivette, on voit un canal qui a plus de six cents toises de longueur sur treize de largeur. A l’extrémité s’élève un joli pavillon décoré d’un porche de six colonnes ioniques d’un très-bon style ; il a été bâti sur les dessins de Moreau. L’église, dont la façade est décorée des ordres dorique et ionique en pilastres , est de bon goût. Denière se trouve la chapelle du château, élégante rotonde enrichie à l’intérieur d’un péristyle dorique.

Le château de Grand-MénU fut bâti en l656 pour Pierre Breil, maître des comptes, sur les ruines de celui que possédait en ce lieu la duchesse d’Etampes. 11 est en brique et dans une agréable situation . Ce qu’il y a de plus remarquable à Grând- Ménil, c’est un charme, âgé de plus de cent soixante ans , dont les branches, sans aucun secours étranger, portent, entourent et -ombragent de leur . verdure une salle qui peut contenir une table de vingt couverts, avec les builèts et l’espace circulaire nécessaire au service? , .

LONCJUUEAÜ. — OKSAT. — fERRIÈREâ , CtC. a5j

Au hameau du Pont et Antony, en suivant la grande route, on passe, sur un pont, la petite rivière, ou plutôt le ruisseau de Bièvre, dont quelques auteurs font dériver le nom des bièvres ou castors qui habitaient jadis scs bords. Le vallon qu’arrose ce ruisseau , qui est connu à Paris sous le nom de rivière des Gobelins, contient plusieurs villages considérables par leur population et les agréables maisons de campgne qu’on y trouve. Parmi ce» villages on doit distinguer Bièvre, qui prend son nom de la rivière , et qui l’a donné à son tour à ce marquis , appelé le Père du calembourg. On y voit une belle manufacture de toiles.peintes. Le lit de la Bièvre, en cet endroit, est à cent seize pieds au-dessus du sol de INotre-Dame de Paris.

Verrières est un village considérable et entouré des plus agréables maisons de plaisance; sa «tuation à mi-côte, au-dessous du bois du même nom , le fait dominer sur toute la vallée.

Le Plessis-Piquet, petit village situé au fond d’un vallon très -pittoresque et solitaire , possède également plusieurs maisons de plaisance et de vastes jardins.

Châtenay , village considérable, et qu’embellissent un grand nombre de belles maisons d’agréments , est connu dans l’histoire par cet acte de justice et de fermeté de la reine Blanche de C9$tiUe,qui, après avoir frappé les premiers coups,

lit rompre en sa jjréseiice les portes ctchols où les elianoiiics de iNotre-üame , D’ccoiitaut qu’un sordide intérêt, et méprisant les prières de la reine, avaient fait entasser les mallienreiu liahitants de Cliàtenay qui n’avaient pu payer la taUie.

Sceaux, à qui la reconnaissance des habitants a conservé le surnom dePe«//uêi're leur bienfaiteur, est un boiug fort bien bâti, peuplé de 1 700 habitants, et siège de la seconde sous-préfecture du département de la Seine. Quelle que soit l’ctymologic assez incertaine de son nom. Sceaux était peu considérable encore lorsque Colbeil acquit celte terre des héritiers de René Potier, duo de -Tresme, et pair de France, lequel avait déjà oIjtenu du roi , en 1 67 1 , la translation à Sceaux des foires et marchés du Bourg-la-Reine. Colbert fit élever un inagniûquc château à la place de celui du duc de Tresnie. Le Nôtre fut chargé de la distributiou de l’immense parc, et en (it un Heu de délices. En 1700, le duc du iMaine, lils légitimé de l..ouisXlV, acheta ce domaine du marquis deScignelay , his de Colbert. Sceaux dut à ce prince, ami des arts et de la magnlllccnce , la gloire de rassembler ce que le ifc' siècle avait de plus illustre dans lu littératur» et les sciences. Ap rès la mort du duc du Maine, Sceaux pa.ssa au duc de Penlhièvre; mais «laus la tourmente révolullonuaire cette propriété fut vendue, le vaste château démoli, et le

tONCJÜMTJAÜ. — OHSAY. — VERRIÈIIES , CtC. sSg

iuagiiin.que parc détruit et rendu à ragricullure. Ces lieux n’oflient plus qu’une campagne nue, dont quelques statues, encore debout, augmentent le triste aspect, en témoignant quelle fut leur ancienne splendeur.

Au moment de la vente du château et de scs dépendances, M. Desgranges, maire de Sceaux, aidé de quelques riches particuliers du pays, fit l’acquisition d||^a partie du parc où se trouvait l’orangerie, Ce lieu, embelli par ses acquéreurs, a été destiné par eux à l’amusement des habitants du bourg. Là , les dimanches et fêtes , durant la belle saison, se tient le bal champêtre le plus fréquenté et le mieux composé des environs de Paris. Sur la porte d’entrée on lit cette inscription :

De l’amour du pays ce jardin eat le gage ;

Quelques- ans l’ont 'acquis , tous en auront l’usage.

La manufacture de faïence établie à Sceaux en 1762 jouit d’une réputation méritée.

En 1700, Colbert avait fait transférer à Sceaux le marché aux bestiaux qui se tenait à Poissy pour l’approvisionnement de Paris ; quoique raniice suivante, ce marché ait été rétabli à PoisSy, céhii de Sceaux ne fut point supprimé. 11 se tient au pied de la colline sur laquelle est bâti le bourg , à gauche de la grande, route. L’enceinte des bâti-

3^0 TB0I81ÈUE PROMENADE,

ments à son usage forme un carré parüiit de cent soixante-huit toises eu tout sens. La façade d’entrée contient les logements; les étables sont sur les côtés de la cour, et au fond est une chapelle , dont la décoration , d’un style simple et correct , est bien en harmonie avec les autres parties, de l’édifice. L’abreuvoir, sur le bord de la grande route, est très-vaste. ,

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