I.e seul bosquet disposé dans le genre libre est
Digifeed t
«nATEAü DE Tf-r.SAILLES.
ecliù des Bains d’Apollon , où , d’un grand Vocher 'a^liKclel, SC précipite une fort belle Dap|)6 d’eau. Cgt objet n’est pas le jdus remarquable de ces lieux: le beau groupe d’Apollon, servi par les nymphes de 'Ibétis, tandis que îles tritons abreuvent ses coursiers, est un des chefs-d’œuvres de la sculpture française et de son auteur, qui ne pût l’achever : Gir:«rdon n’exécuta que la figure d’Apollon avec - ^ols de ses fiymphe^j les autres nymphes sont de Regnaudin.Guérip etMarsy ont fait les groupt'sde chevaux et les tritons. Le bosquet, exécuté vers la fin du siècle dernier, est du dessin dc Robert;
L AJléc d’Eau et le Bassin dc Diane, sont de la composnion dp Perrault. Le bas-relief ch bronze qui décore le bàSsin de cette fontaine, et sur lequel sont rcpréscnlées'les nymphes de Diane qui se baignent, a été exécuté par Glrardon, ainsi que les qo;itro masques qui jettent de l’eau. A l’extrémité do cette allée se trouvent le làmeux Jetdu Dragon , qui s’élève à qualre-ylngt-quatre pieds, et le Bassin de Neptune, l’un, des plus magnifiques par la force du jet et l’abondance dc scs eaux.
Cettq. dernière pièce d’eau, qui forme l’amphithéâtre, est décorée d’un groupe de Neptune, accoinpaghé d’un grand nombre de tritons et’ d’animaux marins dont la variété j)rouve la brillante imagination de Girardon et des sculpteurs qui ont au|)artà leur composition comme à leur exécution.
5lO QUATRIÈME PROMENADE. ^
La Pièce d’Eau des Suisses est un vaste bassin de quaire cents toises de long sur soixante-dix. de large. Son nom vient de ce qu’on employa pour le creuser le r»iglnieut des Gardes- Suisses. La vue de "jSl Versailles (pl. 56), prise des bols au-dessus de cette pièce d’eau , est des plus magulliq’ies. Le palais qui sc j)rcsente de pro61 ne laisse apercevoir, de SOI? immense éteudue, qu’une niasse sufbsaiite pour balancer le niagnifiquc dèvelop- % peinent de l’oningci le, et de Ses cscaliqp, dont ~ nous |iarlerons bientôt, et qui, vus de’ce côte, ^ forment au palais le soulmsemcnt le plus riclie et le plus grandiose. T/cxtremllé de ce bassin est décore d’une statue que le Beruin fit pour réprésenter Louis XIV ; .mais celte figure n’ayant jias été trouvée rct^semblanle, elle fut changée en celle * de Marcus - Curllus se dévouant pour sa patrie. Cette idée est [>eu beureuscj malgré les ilammcs substituées au rocher qui soutenait le cheval, il est aisé <lc voir 'que l’altitude de l’afiiraal n’exprime que la vigueur, et rien de Thorreur du danger sur lequel l’amour de la |iatric ferme les yeux du héros. ^
1,’oUANGERn;. “ '
L’Orangerie de Versailles, dont nous donnons les plan, coupe et élévation (pl. ^7 ), fut cous-
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CHATBATJ DE TEK5AIUES, ~Sl I
truite en i685 et i6Ô6. Cet édifice’ est Lion moins remarquable par son étendue que par son heureuse disposition , sa belle construction et la manière simple et mâle à la fois dont il est décoré ; aussi est-ce une des compositions qui font le plus d’honneur au mérite de J.-H. Mansard. L’ordre toscan, judicieusement employé dans cette décoration, lui donne ce caractère de solidité si convenable à la destination d’un édifice de ce genre. Cette belle serre, exposée au soleil .d’une heure, se compose d’une galericprrncipalc , éclairée par douze croisées cintrées et placées dans l’onfouccmeut des arcades de la farade ; deux autres galeries , eu retour, communiquent à celle du fond par deux tours rondes. Ces galeries sont décorées, extérieurement, de trois avant-corps formés de colonnes toscanes ; celui de la galerie principale est composé de huit colonnes accouplées, et les deux autres de quatre colonnes isolées. L’ordon-* nance générale consiste en une décoration en arcade , dans lesquelles sont pratiquées les croisées. L’entablement des avant-corps, surmonté d’une l>alustrade, règne sans interruption sur les trois façades. La galerie du milieu (a) a quatre-vingt| toises de large dans œùvre. Les deux galeries latérales [bh) ont chacune la même largeur et clnr quante-quatre toises et demie do long, en compren^intlcs extrémités qui s’abaissent sous les escaliers.
..^12 9DATMÈME PROHENADE;
Lcs' voûtes, en plein «inlre, ont quarante et tm pieds de hauteur sous clef. Lue traucliée faite derrière la grande galcri^ , et soutenue par un contremur, préserve de l’Iiumidité cette importante cous.trucliou. A gauche, à la réunion des deux galeries, est un petit salon circulaire (c), ouvert sur les ^ardius par une porte ornée de deux colonnes toscanes; cette décoration , simple, termine de ]a manière la plus gracieuse et la moins attendue, i’allée solitaire qui vient y aboutir. Au milieu de la grande galertc, on voit, dans une niche ^ une «tatue de Louis XIV vêtu à L» romaine; cette iigùre en marbre est de Dcsjardins.
On descend du parc à l’orangerie par deux grands escaliers [cl) de l’aspect le plus magni- ! tiques , le plus grandiose et le plus noble. Ils ont soixante pieds de largeur, sont ornés de balustrades, et n’ont pas moins, chacun, de cent trois U)arclies, partagées en trois rampes par deux larges palliers. Les deux principales entrées (e) de ces siipcrljcs escaliers et de l’orangerie , sont situées sur le chemin doSaint-Cyr; elles se composent de deux pied-ilroits, et sont décorées chacune de deux colonnes d’ordre. toscan ..dont l’entablement est surmonté de groupes eu pierre re|>résentant divers sujets de la fable. Lep.'uterre, situé au centre des galeries de l’orangerie, est composé de compartûoeiiU de gazon , au milieu dcsqtiels est uo
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ÿ.Imliani dn Châlrau de Trianon .
CHATEAü DE TEBSAIIXES.
grand bassin circulaire, dTù s’élève une gerbe ou ,jct d’eau de quarante pieds de haut. C’est dans les allées de ce parterre qu’on dispose, pen-r dant l’été , la nombreuse et maguifique collection d’orangers, citronlers, cédrats, limons, grouadiers, myrtes,' lauriers , etc. , que renferment , pendant riiivcr,les galeries*de Torangcrle. Dans cette précieuse collectiori*, sans contredit la plus complète de l’Europe, et qui mérite l’attention des curieux , on remarque l’oranger appelé le Grand-Bourbon, Cet arbre , qui n’a encore rien perdu de sa vigueur, avait déjà plus d’un siècle quand il fut compris dans la confiscation des biens du connétable de Bourbon, en i53o.
TBIANON.
A l’axtrémité , fet vers le midi du grand canal, J.-H. Mansard avait élevé le petit château de la Ménagerie , qui était entouré de plusieurs cours , séparées par des grilles et destinée^aux animaux. H ne reste plus rien de cet édifice; une ferme occupe son emplacement.
A l’extrémité septentrionale du même canal s’élève cet élégant Palais de Flore , ou du Grand- Trianon, dont les parterres avaient été destinés à rassembler toutes les espèces de fleurs coi^ues.
Gît édifice, dont nous donnons le plan et les
5l4 QUATRIÈsre PROaiEKADe.
«iévalions ( pi. 38 ^ pris sa dénominalion d’un
village de Trinuon qui fut démoli, en 1 665,, par ordre de Louis XIV, ix>ur l’agrandissement du parc. Il su compose de deux corps de bàüment {(Ut) sur la même ligne, réunis' par un péristyle (6) ouvert de sept arcades du coté de l’entrée ; et de doux ailes en retour, terminées par des pavillons (cc) qui formeut, #vec ce péristyle, une cour de seize toises de large. Qette distribution, tout entière à rèz-de-chaussée , présente dans ses élévations, construites en pierre de liais, une riche ordonnance de pilastres ioniques en marbre de Languedoc , entre lesquels sont les croisées ouvertes en arcades. Les colonnes du péristyle sont d’un seul bloc de marbre de Canipan , du plus beau et du plus grand module qu’dh connaisse; l’enlablement est S);^monté d’une balustrade qui masque le comble à l’italienne;» cnlii^ des vases et des groupes d’ènfants , pkicés ' snr cette' balnstrade, à l’aplomb ‘des cdlonnes et des pied-droits , (^mplctent cette décoration. Les hgurcs de ces groupes sont ducs au ciseau deft Coustou, Legros et antres sculpteurs célèbres.
A droite, cl en retour snr le parterre où règne la mémo ordonnance, s’étend une galerie (r/) éclairée par onze croisées et terminée par dèux salon#. L’aile ( e ) , appelée Trianon-sous-Bois , cl qui se dirige vers le nord, a été ajoutée sous le
CnATEAU DE VERSAILLES.
rt^e de Loiiis XV. Elle est construite en pierre de taille ordinaire , el d’une décoration fort simple; mais les arbres la dérobant à la vue, elle ne détruit point la régularité de l’ensemble de l’édifice. Scs appartements donnent sur un parterre pirticulicr.
A droite de la Cour dHonneur, que ferme un fossé avec une balustrade , se trouve la Cour des Cuisines et du Commun. Les autres bâtiments accessoires sont séparés du palais.
J.-H. Mansard fut l’architecte du château de Trianon. Mais Robert Decotte fit 'ensuite exécuter, sur ses propres dessins , le péristyle ouvert . entre la cour dnionneur et les jardins.
T La distribution intérieure de ces dilTércnls corps -de -logis a été changée sous le règne de Louis XV ; mais les ameublements et les orne- « ments restèrent à peu près tels qu’ils existaient • , sous Louis XIV. Ces ornements étaient, pour
, la plupart, des tableaux enchâssés dans les boiseries des appartements. Après avoir éprouvé toutes sortes de dégradations , ces taldeaiix , parmi lesquels il y 'en avait d’un très -grand prix, ont été remplacés , sous le gouvernement impérial , par une quantité d’aütrcs , tirés du château de . Versailles et des Musées de Paris.
Parmi les tableaux à demeure qui décorent le Grand-Trianon , on remarque, dans la pièce (f),
3 1 6 QCATHIÈME PlioUESADE.
à droite du grand salon , trois tableaux de fleurs^ par Fontenay et Baptiste. Dans la troisième pièce , la Toilette de Vénus, |>ar Bon Boulogne; et le Jugement de Midas, par Michel Corneille. Dans la quatrième pièce , Iris et Morphée , Diane et Eiidyniion, Mercure et Argus, par Houasse. D’autres sujets traités par Verdier; et trois sujets tirés de riiistolre d’Hcrcule, par Noël Coypel; Apollon et Ihctis, par Lafossc , décorent la cinquième pièce. Enfin vingt-quatre tableaux représentant les vues les plus intéressantes de Versailles , peints jwr Houasse', Bertln, Rlarliu et Cotelle , ôccupciit la galerie.
Les jardins du Grand-Tiianon , qui, prlmilivcmciit, avaient été plantés par Le Nôtre, ont ctc^'', distribués , en 1776, d’après un nouveau dessin, par Leroy architecte.
On y remarque particulièrement lés cascades, où l’on voit, sous la figure de Juplteret de Junon , les statues de Louis XV et de Marie de Lcczlnska , sou épouse, exécutées par les deux Coustou. Beaucoup d’autres habiles sculpteurs ont enrichi le» jardins de Triauon de statues d’après l’antique. *
Louis XV, qui menait à Trianon la vie d’un grand-seigneur, voulant s’isoler encore davantage , fit bâtir ce joli pavillon qu’on nomma le Petit- TrL'inon, jjour le distinguer du Palais de Flore, auquel on donna, par opposition, le Iiom deGrand-
O^tS;
•CHATEAU UE VERKAILLEl 3l7
Trianon. D’Ayen, capitaine-dcs-gardes, et amateur de botanique, inspira à Louis XV l’idée de consacrer à cette science les jardins qui devaient accompagner cette nouvelle habitation rovalc. Cette idée fut adoptée, et les jardins botaniques de 'Frianou devinrent célèbres par les expéiiences de tous genres qu’y tenta Bernard de Jussieu j leur directeur.
La reine Marie-Antoinette , à qui son époux donna le Petit-Trianon , embellit beaucoup 1« parc en le faisant disposer dans le genre pittoresqu65 bientôt les arbres exotiques rapportés d’Angleterre, en lyG'i , par Antoine Richard , furent répandus dans les nouvelles plantations, et devinrent le riche et brillant ornement d’une des plus agréables conceptions de jardins, dans le genre libre et pittoresque, qui aient été exécutées en France. '•
Le pavillon, bâti surles dessins de Galiriel, forme un carré de douze toises en tout sens. La façade principale est décorée de six colonnes corintliiennes cannelées; les autres faces n’ont que des pilastres. Les ornements de sculpture sont de Guibert. À gauche delà cour, sont les bâtiments de service avec «ne chapelle. Au milieu du parterre, ou jardin français , on trouve un pavillon formant une jolie salle à manger, et plus loin une laiterie. Dans la partie pittoresepue du jardin ; on voit une rivière arti-
3l8 ^l’ATRlÊME PROMENADE.
ficiellc, des rochers, assez bien imités, un lac et beaucoup de fabriques. Sur un tertre s’élève un kiosque octogone qui contient un salon de musique, décoré d’arabesques du meilleur goût. A la sortie du lac, le ])ctit ruisseau artificiel, après avoir baigné ses humbles bords , qui meublent de si pauvres et si chétives cabanes, vient , par opposition sans doute , former une île au milieu de laquelle s’élève un temple à l’Amour. Ce riche et gracieuK édifice, déformé circulaire, composé de colonnes corinthiennes isolées , est d’une belle exécution, d’une forme élcgaute et légère; il est encore remarquable par la richesse do ses sculptures. On en a retiré la sLitue de l’Amour, exécutée par Bouchardon.
Un hameau de sept à huit maisons , rustiques à l'extérieur, mais élégamment meublées, occupe le bord du lac , ainsi qu’une tour d’assez mauvais gofit. Ce hameau est du dessin de Alique, qui , ne voulant pas y ajouter une ch.ipelle imaginaire, y suppléa en ménageant une échappée de vue , au moyen de laquelle ou découvrit la porte Saint-Antoine, une de celles du parc de Versailles, et une église qui n’existe plus aujourd’hui.
Les deuxTrianons, réunis en i8o4 en une seule enceinte, ont été rendus à leur splendeur première. Le Graud-'i'rianon éonteiiait une bildiotheque ^précieuse, que les Prussiens piDérent en i8i5.
CRATKAD SK TKItHAlUBA. 3ig