‹ Description des environs de Paris, considérés sous les rapports topographique, historique et monumental;Chapitre 38 sur 63 · APPARTEMENTS · texte numérisé non relu

APPARTEMENTS

Lcs'apprtements de l’aile du nord n’offrent

rien de remarquable, outre le thcàlrej la chapelle,

elles salons qui les précèdent ; niais immédiatement

après la cliafielle, en allant au midi, commence

la suite des grands appartements dont nous allons

essayer de donner une idée. • . ' ,

Le salon d’Herculc occupe le dessus du vesti-

liule ouvert qui communique au jardin. Celte pièce, éclairée par six croisées , tire sou nom du sujet de son plafond représentant l’apothéose du dieu vainqueur de l’hydre, peinte à l’huile, sur uue toile marouflée, par Le Moine. Cette composition, cpii a cinquante-sept pieds do long sur cinquante-quatre de large, est distribuée en neuf groupes comprenant cent quarante-trois figures, y compris celles feintes eh stuc et qui reposent sur la corniche. C est peutêtre la plus vaste coniposifiou qui soit en Europe , et les connaisseurs la'regardont comme supérieure même à celle du plafond de la principale salle du palais Barbcrini à Rome, qui passait jusqu’alors pour la plus grande machine en peinture.

Ou voit encore dans ce salon deux tableaux de Paul Véronèse : Rcbecca recevant des mains d’EUézer les présents d’Abraham, et le Repas chez Simon le Lépreux. Ce dernier fut donné, en i665,

agS QUATRIÈME FROMENADK.

' à Louis XlV^par le sénat de Venise, qui l’obtint „des. pères Serviles après qu’ils l’eurent refusé au roi de France." ^ .

Le plafond du salon de l’Abondance représente celle déesse avec la Libéralité. Il est de Houasse.

Dans le plafond du salon de Vénus on voit la déesse de la Beauté couronnée par les Grâces, et entourée de Mars, Vulcain, INeplune et Jupiter. I.es quatre compartiments des côtés contiennent des sujets tirés de riiistoire de Nabuebodonosor , de Cyrus , d’Alexandre et d’Auguste. Toutes ces peintures sont de Houasse et autres élèves de Le Brun.

La salle de Diane est ainsi nommée de ce que le plafond, peint par Blanchard, représente la*

. Lune, sous 1a figure de Diane , assise sur un cliar traîné par deux biches : la déesse est entourée *. des Heures et des Attributs de la chasse et dè la^

■ navigation. César, Cyrus , Jason et Alexandre ont fourni les «sujets des quatre compartiments des côtés : les deux premiers sont de Audran , et les deux autres de Lafosse, qui a également peint, sur la cheminée , le Sacrifice dlpbigénie, que l’on considère comme l’un de ses meilleurs tableaux.

bas-relief au-dessous est de Sarrazin ; il représente une Fuite en Egypte. ‘ %

Le Dieu de la guerre, sur son char attelé de loups , forme le sujet du plafond du salon de Maiv.,

CnATEAü DE TERSAIUES.

peint par Audran. Houasse et Jouvenet ont représenté, dans deux autres tableaux : l’un , la Terreur qu’accompagne la Colère et la Fureur j l’autre, la Victoire soutenue par Hercule.

Le plafond du salon de Mercure , ainsi que scs accompagnements , ont été peints par Champagne, d’après les dessins de Le Bi un ; il représente le messager des Dieux entouré de ses atirihuts. L’iiistoire d’Auguste , d’Alexandre , de Ptolémée , h fourDÎ le sujet des quatre tableaux secondaires.

Le Soleil, accompagné des quatre Saisons, forme le sujet principal du s:don d’Apollon, peint par Lafüsse; la France, la Magnanimité , et la Magnificence, augmentent le cortège du Dieu des arts. Les taldeaux accessoires ofl’renl des sujets tii és de l’histoire d’Auguste, de Vespasien, d’Alexandre et de Coriulan. .

Le Brun n’a négligé aucune des ressources poétiques que lui oITraient Li fable et l’allégorie pour caractériser la terrible Bt'llone, qui donne son nom au salon de ui Guerre. Le plafond de cette pièce, est un œuvre achevé pour le brillant et la richesse de la composition. Toutes les autres peintures , principales ou accessoires, ne sont qu’une suite de l’idée jtrincipale qu’elles concourent a étendre ou à embellir.

La grande galerie reçut ce nom, lors de sa construction , par opposition à une autre galerie moins

30O QCATItlÊUE PROHEHADE.

considérable, que les peintures dont Mignard l’avait décorée avaient rendue célèbre, et qui à été distribuée en appartements , en même' temps cjue le grand escalier des Ambassadeurs, dont nous avons parlé. Cette grande galerie à deux cent vingt cinq pieds de long, trente-deux de large, et cimjuaule-trois de hauteur sous clef. ■

Dix-sept grandes fenêtres cintrées, qui répon-* dent à autant d’arcades décorées de glaces, sont séiwffées de chaque côté par une ordonnance de vingt-quatre pilastres composites, en marbre de Rance, dont les bases. et les chapiteaux sont de bronze doré. Les deux extrémités sont ouvertes d’une grande arcade ornée de deux colonnes , et 3

de six pilastres aussi en marbre de Rance. ^

Cette galerie , l’une des plus belles de l'Europe par son étendue, sa magnificence et la beàtité de . ses peintures, est due tout entière au génie de Le Briui. L’architecture qii’il a dirigée , les sculptures qui furent exécutées sur ses dessins par Côy- ^ sevox, et l’immense composition dont il décora le berceau de la voûte , et qu’on peut considérer comme un véritable poëme épique en l’honncii* , de Louis XIY, attesteront à jamais la supériorité de cet artiste célèbre.

Vingt-sept tableau*, dont neufgrands et dix-buit petits , occupent tous les compartiments de cette voûte immense, et représentent autant de sujets

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CBATEAi; DE YKE8 AILEES. 3oi

allégoriques de l’iitatoirc de Louis -XIV, depuis 1661 , époque à laquelle il prit les rêaes du gouvernement, jusqu’à la pjiix de INimcgue en 1676. Si, d’un eôté, une semblable série d’actions éclatmtes était faite pour écbaufTcr l’imagination d’un peintre, d’un autre côté , il faut convenir que Le Brun n’est pas resté au-dessous de son sujet, et que son ouvrage est fait pour honorer et la France ei les arts. Les inscriplions placées au-dessous de chaque tableau sont de Boileau et de Racine.

A l’extrémité méridionale de la grande galerie et par opposition au salon de la. Guerre qui la précède , on trouve la première pièce des grands appartements de la reine, à laquelle on a donné le nom de salon de la Paix, La France y est représentée assise sur un globe d’azur , et entourée de* toutes les figures allégoriques et des symboles qui caractérisent la divinité du lieu. Cette grande et riche composition est accompagnée de tableaux secondaires représentant l’Europe, l’Allemagne, l’Espagne , la Hollande, recevant le bienfait de la

Du salon de la Paix on entre dans la chambre de la reine dont les peintures, par de Sèves, ont été détruites. 11 ne reste plus que quatre camaïeux exécutés par Boucher.

Au plafond du grand cabinet qui suit, on volt Mercure protégeant les arts ; la Peinture, Pénélope,

QDATRrÊlfE PR03IZNADE.

AiiancetSa|ilio occupent les tableaux secondaires; tontes ces peintures sont de Micliel Corneille. tes dessus de porte représentant Dibutndc et Pygmalion ont etc peints, en 1770, par Regnaud.

Le plafond oetogone de la salle dite des Gardes est consacré à Jupiter. Le Dieu, placé sur un char attelé de deux aigles, est accomp.ngné des cmblè- Uics de la Piété et de la Justice^ de jeunes enfants ailés volent autour de lui. Solon, 1 rajan, Ptoléniée-Philadelplie et l’empereur Sévère forment le sujet des quatre t.ableaux qui caractérisent l'Equité.

De rappartonicut de la reine on passe dans celui du roi, par le pallier du grand escalier. Cet appartement se composait ainsi : la salle des gardes; l’anticliambrc ; la seconde antichambre , dite aussi rOEil-dc-bo6uf, parce que sa frise est percée d’un œil-dc-bnuf destiné à donner plus de jour à la pièce; la chambre parée, autrefois chambre à coucher de I.ouis \1V; la chambre à coucher de Louis XVI; la salle du conseil; le cabinet du roi. Ces différentes pièces étaient, de même que celles composant l’apf^tcment de la reine, ornées des plus magninques tableaux et des objets d’art les plus précieux. Les tableaux ont presque tous été transportés au musée du Louvre , et la ])lupart^ des objets d’art dilapidés et dispersés pencluit la révolution.

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CHATEAU DE TERSAILLSS.

. / ■ TARDINS.

Le jardin de Louis XIll se terminait apr^ placement dés deux "^inconSes '*qiii occupent à peu près le milieu du jardin actuel j et le parc ne i^ctendait que jusqu’aux villages de Ti'übon et db Aoisi-aux-Bœuis. Louis XIV voulait, pQurleejai^ <£s comme pour le château , respecter ce qu’avait fin son père; cependant l’ordonnateur des nou-' i^les plantations, le célèbre Le Nôtre, pai’vint à' l&tenir du roi qu’on élargirait la grande allée, vulnurement appelée le Tapis vert. Trianon et Chôisi TOfent détruits, et leurs terres, réparties aux trois fermes de Satory, de Galie et de la Ménagerie , formèrent ,4livec quelques parties de bois , ce qu’on appelait le Pelit-Parc; tandis qu’une clôture de onze lieues de développenicnt , renfermant les yillag» de R^nc - Moulin , Noisy , Bailly Fontenay , Bois - d’Arcy , Saint -Cyr , Guyancourt «t Buc^ forma le Grand-Parc pro» prement dit. ‘ i - ‘ ♦

Le petU parc fut lié à la déccgnition du jardin par deux vastes conceptions : la pièce d’eau des Suisses et le grand canal , dont les deux bras se dirigeaient , au nord , vers le palais de Flore , plus connu sous le nom de Trianon, et, au midi, vers le pavillon de cette Mcna^rie, où fut rassemblée

»3o4 QrATRlÈMB PROUEKADE.

l’one des plus belles collections d'animaux TiTanta qu on pût citer. >

La clôture du grand parc , presqu’entièrèment détruite et ses terres aliénées, ne lui laissent plus • aujour^’liui qu’un vain nomj mais le petit parc, parfaitement entretenu , est encore un mngnilique^ accompagnement au somptueux château que nous avons décrit. ’ ’* .

^11 n’entre pas dans notre plan de détailler tout ce qui, dans ce séjour de féerie, petit fixer les regards; Nous nous contenterons de parler somma^ment des principaux objets, et nous renverrons, pour là nomenclature détaillée des statues et autres sculptures répandues dans les jardins' avec Une profusion vraiment royale, aux ouvrages qui en traitent spécialement. ^

C’est surtout dans les jardins de Versailles que Le Nôtre a développé toutes les ressources de son art, et prouvé que la France n’a plus rien à envier en ce genre à l’orgueilleuse Italie.

La nouvelle plantation de .ce parc a été faite par Le Moine , qui, en conservant les^bcUes et grandes distributions de Le Nôtre, a jugé nécc$- ' saire de supprimer quelques bosquets, et d'®*? simplifier quelques autres, afin qUe l’air pût y circuler plus librement. ’

Sur la terrasse qui règne en avant de la grande façade du palais , est le parterre nommé Parterre

eiTATEAU UE VERSAILLES.

tî’Eau. Il est furmé de deux Itassins d’eau , bordés de plusieurs grou|>ts de naïades, de dryades el autres nymphes, d’amours et de /.éphyrs en bronze, fondus, les uns , par Aubry, Roger ; et les autres, par les Kcller. Aux deux angles de la grande terrasse, sont : à droite, en descendant , la Garonne et la Dordogne, la Seine et la Marne, par Coysevox ; à gauche , le Rhône et la Saône , la Loire et le Loiret, par Tuby. Dans le milieu de chai^uo bassin, une forte gerbe s’élève à environ vingtcinq pieds; elle est accompagnée de seize jets d’eau courbés formant la corbeille.

Au-dessous et à peu de distance de ce parterre d’eau, se trouve le Bassin de I^tone. L’amante de Jupiter y est représentée avec ses enfants en-butte à la fureur des paysans de Lydie, transformés en reptiles, et qui lancent contre elle des torrents d’eau. La statue de la déesse est de Girardon.

Le Parterre de Latone et le Tapis vert , ou allée Royale qui^^ntà sasuite, sont bordés d’un grand nombre de statues , imitées ou copiées de l’autique, parmi lesquelles on remarque :

1”. Du côté du nord, le Midi et le Soir, par Mai-sy et Desjardins ; une copie de l’Antinous, par Lacroix ; l’empereur Commode , sons la figure d’Hercule, copié de l’antique, par N. Constou ; la Nymphe à la coquille, par Coysevox; Arrié et Pœtus , par l’Espingole.

3o6 Ouatbikme rnoMEXADE.

a®. A l’anj^le du lapis vert , Persée délivrait' Andromède, par Piijet j Aiistée liant Protëe , par S?‘,)dtz père.

5*. Côté du sud. Venus Callipige et Apollon P^ lliien , copiés de l’antique , par Clérion et Mazelinej Castor et Pollui, d’après l’antique, par Coysevox.

4®. A l’angle du tapis vert, Milon de Crotone, par Pujetj ino et Wcliecrlc, par Granier.

Parmi une très-grande quanlilc de beaux vases de formes varices , on doit remarquer ceux des angles de la terrasse : les guerres de Louis X.1V ont fourni les sujets des bas-reliefs qui les enrichissent j ils sont l’ouvrage de Coj se\ox'el de Tuby.

Ce serait outre passer les bornes que nous nous sommes prescrites que de nous étendre davantage sur 1 indication des statues, lliermes, vases et autres monuments de sculpture qu’oii a prodigue dans les jardins de Versailles et de d rianon; leur nombre s’élève à plus de quatre cent soixante, sans comprendre ceux qui décorent les faeadw des bàtimenls ; nous n’indlcpicrous à l’avenir que les plus célèbres.

Le Bassin d’Apollon forme un carré long , dont les côtes sont arrondis au milieu } il a' environ trois cent quarante pieds sur deux tent soixanle-lniil. Au centre, le dieu qui lui donne son nom est représenté sortant du sein des eaux, assis sur un char tiré par quatre chevaux, et en-

CHATEAU DE VEP.SAII.LES.' 5o/

vironné fie tritons. Ce «ronpc a^été Pïécnlé par TnliV, sur les dessins de Le Brun. Le bassin fut l'éparé en 1800. La gerbe du milieu est très-considérable ; elle s’élève à cinquante-sept pieds , les deux autres à quarante-sept pietls seulement. Ce bassin était aussi décoré d’un grand nombre de statues; mais la plupart ont été enlevées, et ornent maintenant le pénstjlcdu cbàteau des Tuileries.

Le Grand-Canal a environ trente et une toises de large sur huit cent cinq de long; il est traversé, dans son milieu, par deux bras de cinq cent vingt' toises de long : l’un à droite du château , conduit au Grand-Tiianon ; l’autre, à gauchi, à l’ancienne Ménagerie. Ce canal* depuis 1787, était dans un .état complet de dégradation : converti en prairie en 1795, il a été rendu à sa destination sou$ le gouvernement impérial.

Le Bosquet de la Reine, riche en arbres étrangers, ofire la plus belle salle de tulipier que l’on connaisse.

Celui de la Cascade , planté par Le Nôtre à son retour dltalie, contient une cascade décorée en *rocailles, une arène destinée à la danse et un amphithéâtre.

Le Bosquet de la Colonnade entoure un péristyle circulaire de cent pieds de diamètre , qui est formé par trente- deux colonnes ioniques répondant à autant de pilastres en brèche violette et marbre bleu turquin , avec bases et chapiteaux de marbre blanc.

5oH' QUATRIÈME PROMENADE.

Celltt colonnade est couronnée d’iinc corniche arcliilravée recevant Ta retomliée des arcs. Une belle corniche et un acrotere surmonté de vases en amortissements, couronne cet élégant et gracieux édiûce, qui a été exécuté par Lapierre, sur les dessins de J.df. Mansard. Sons les arcades sont vingl-Iuiit vascpies de marbre blanc, d’où s’élancent des jets d’eau qui retombent en cascades eb complètent cet eiiscnd)le magnin<|uc.

Le Bosquet des Dômes- doit son nom à deux pavillons de marbre blanc, couverts en dôme, qui en sont le principal ornement. La façade principale de chacun de ces pavillons, dont le style est peu sévère, est décorée de colonifts ioniques que couronnent un fronton enrichi d’ornements de bronze . doré. Au milieu du bosquet est un bassin dont le jet d’eau s’élève à une hauteur de soixante-dix pieds.

Une statue faite parMarsy, et qui aurait vingtquatre pieds de proportion si elle n’était pas cachée eu partie sons des débris de rochers, représente Euc.'lade foudroyé, et donne son nom au bosejnet où elle est placée; de la bouche du Titau , qui semble encore menacer les cieux, s’élève, à soixante • douze pieds, un énorme jet d’eau.

Pi •ès do ce bosquet est celui de l’Obélisque, qui prend son nom d’un obélisque d’eau, formé prja réunion de cent jets , qui s’élèvent à cinquante-deux pieils.

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