‹ Description des environs de Paris, considérés sous les rapports topographique, historique et monumental;Chapitre 4 sur 63 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

pour but le château de Compiègne , après avoir visité à Saint-Denis la sépulture des rois, on parcourt la riche vallée de Montmorency et les bords de l’Oise , pour descendre à Ermenonville voir le tombeau du philosophe de Genève.

Le château de Vincennes et les rives de la Marne sont l’objet de la seconde promenade, dirigée au levant. '

La troisième, au midi, ayant pour but le château de Fontainebleau, ramène le voyageur par la route d’Orléans au pied de l’ancien château de Montlhéiy.

La quatrième, au sud-ouest, et dont robjet principal est la ville et le château de Versailles , se prolonge jusqu’à Rambouillet, pour revenir par Saint-Cloud.

Enfin , dans la cinquième , à l’ouest , ou parcourt les rives de la Seine jusqu’à Poissy, et même jusqu’à Mantes.

Nous commencerons par donner, en peu de mots , une description historique et statistique des environs de Paris.

INTRODUCTION

Paris est sîtué au centre du département de la Seine, qui tire son nom, comme la plupart de ceux du royaume, de sa principalé rivière. Ce département serait peu considérable sans la Capitale , et n’cst , à proprement parler, qu’une banlieue établie pour que les bourgs et villages , qui ne sont en quelque sorte qu’une extension de la ville de Paris, ou qui ont avec elle des rapports trop journaliers , ne soient pas soumis à une autorité départementale différente , et que leurs habitants ne se trouvent pas obligés chercher loin d’eux les administrations, plus à leur portée dans l’enceinte de Paris.

Le département de Seine-et-Oi.se entoure celui de la Seine, mais s’étend beaucoup vers l’ouest et le sud ; celui de Seine-et-Marne , séparé de celui de la Seine par un très-petit espace, s’étend au levant ; et enfin , le département de

l’Oise . limitrophe des deux derniers , occupe la

INTRODUCTION

partie septentrionale. Ces quatre départements forment ce qu’on appelle généralement les environs de Paris.

' Cette contrée est située à la latitude moyenne de 48 degrés 5o minutes ; le plus long jour y est de seize heures six minutes , et le plus court de sept heures cinquante-quatre minutes ; le maximum de la chaleur est de vingt-six à vingt-huit degrés , du thermomètre de Réaumur , et le maximum du froid de douze degrés ; cependant , eu 1793, la chaleur s’éleva à trente-deux degrés, et le fioid de 1788 et i8ao, a été de dix-sept. degrés et demi. Il tombe plusieurs fois de la neige dans un hiver; mais il est rare qu’elle demeure sur la terre au-delà de quelques jours. Le climat est plus humide que froid ; des brouillards assez fréquents régnent en hiver : cependant l’air est généralement très-sain.

La Seine , la Marne et l’Oise , qui arrosent cette contrée, sont pour elle une source de richesse, par l’activité qu’elles procurent au commerce et par la facilité des approvisionnements de Paris. Le cours de la Seine est peu rapide , sa pente est d’un pied sur six mille de distance ; la

INTRODUCTION

vitesse plus considérable de la Marne a exigé des barrages ; les canaux de l’Ourcq et de Saint- Maur, en facilitant les communications entre les rivières , ajouteront encore , lorsqu’ils seront terminés, aux avantages de la navigation, que les canaux de Saint > Quentin , d’Orléans et de Briare étendent, parleurs ramifications, jusqu’aux extrémités de la France.

Un grand nombre de petites rivières font mouvoir une multitude d’usines et embellissent les parcs .tracés sur leurs bords ; et , dans ces parcs , des sources innombrables viennent naturellement, ou par les efforts de l’art, former des cascades ; des eaux minérales même s’y rencontrent, comme à Passy, à Porche-Fontaine, près Versailles , à Engbein , à Montlignon.

Les environs de Paris n’offrent point de montagnes, mais seulement un sol légèrement ondulé. Dans le département de la Seine on ne trouve que les croupes des plaines élevées du département de Seine-ct-Oise , qui viennent se terminer sur les bords de la Seine. La butte Montmartre, qui a trois cents quarante pieds, et le moût Valérien , élevé de cinq cent dix pieds

iv INTRODUCTION.

au-dessus des moyeoDes eaux de la Seine, sont

les points culminants du département.

Dans le département de Seine-et-Oise , la pente générale est dirigée du S.-E. au N. -O. ; mais il est facile de juger, et par le ehangement de direction qu’éprouve le fleuve , et par ses sinuosités multipliées , et par la réunion des bassins de la Marne et de l’Oise , combien est variée l’exposition des collines et des vallées qui partagent ce département , dont les points les plus élevés sur la mer sont la butte de Sannois à six cent vingt-quatre pieds, le plateau de .Meudon à six cent cent douze , les Champeaux , dans la forêt de Montmorency , cinq cent onze ; le sommet de l’Autil , quatre cent soixante-deux pieds ; celui de Saint-Germainen-Laye , trois cent soixante-six pieds; la cour de marbre de Versailles , quatre cent soixantéciriq pieds.

Le département de Scine-et-Marne et celui de l’Oise , dans les parties qui avoisinent le plus Paris , sont généralement plats : légèrement ondulés entre, la .Seine et la Marne , ils ne présentent , comme le précédent , que des collines

INTRODUCTION. y

peu élevées formant les bassins des différentes rivières et des ruisseaux dont Us sont arrosés. Les plus grandes inégalités se font remarquer dans l’arrondissement de Fontainebleau ; les formes du terrein y sont plus accidentées et présentent un aspect géologique tout particu-. lier.

On ne trouve aux environs de Paris aucune mine ; mais les roteaux gypseux qui bordent la Seine au nord sont des carrières inépuisables de plâtre. Les roches quartzeuses qui forment les coteaux des vallées de l’Ivette , de la Juine et des environs de Fontainebleau , fournissent ces grès si précieux pour le pavage de Paris et de nos grandes routes. Le bassin de la Seine même est calcaire ; on en tire une prodigieuse quantité de pierres â bâtir : enfin , le reste de la contrée est , à peu d’exceptions près , argilosiliceux et présente , sur une couche de terre végétale assez épaisse , des bancs de sable et de pierre meulière , dont les principales sont â la Ferté-sous-Jouarre et aux Mollières. En différents endroits on trouve d’ercellentes argiles , propres à la poterie et même à la porcelaine.

INTRODUCTION

Quelques unes des vallées du département de Seine-et-Oise offrent des tourbières.

Les plaines , presque toutes en labour, sont parsemées de bouquets , de bois et de forêts , dont les principales sont celles de Fontainebleau , de Valence , de So’urdun , de Jouy-le-Châtel , de Armainvilliers, de Crécy, de Villers - Coterêts , de Compiègne , de Hallate, de Chantilly, de .Saint-Germain , de Sennart, de Montmorency, des Iveli nés, de Rambouillet et de Ste. -Geneviève.

Les coteaux au midi de la Seine produisent des vins parmi lesquels on remarque ceux d’Andresi et de quelques clos du Gâtinais ; mais les vins de Suresne et de Brie, autrefois si renommés, parce qu’on visait plus à la qualité qu’à la quantité, sont, par suite d’une cupidité peu réfléchie , tombés dans* un discrédit qui malheureusement s’applique à. la plupart des vignobles des environs de Paris.

< On compte dans le département de la Seine , non compris Paris , quatre-vingt-huit mille âmes ; dans Seiue-et-Oise , quatre cent trenteun mille; dans .Seine et-Marne trois cent quatre mille ; et dans l’Oise trois cent quatre -vingt-

INTRODUCTION

quatre mille. Total , un million deux cent sept mille âmes, sur une étendue de neuf cents lieues carrées ; ce qui donne mille trois cent quarante habitants par lieue.

L’histoire de cetle contrée est essentiellement liée à celle de Paris, dont les départements voisins ont presque toujours été une dépendance. Avant l’invasion de César, les Parisiens étaient une peuplade nombreuse de la cité des Sénonnais. Ces peuples, jadis vainqueurs des Romains sous Brennus , supportaient impatiemment le joug que voulait leur imposer le général romain. Les Gaules se soulevèrent, et les habitants des rives de la Seine coururent aux armes, sous la conduite de Camulogène, vieux guerrier de la nation des Aulerces. Vercingentorix avait rassemblé en Auvergne les principales forces des Gaules : César y vole, tandis que Labienus, son lieutenant , deux fois repoussé de Paris , se trouvait dans une situation critique. Mais ce général, feignant de fuir, passe la Seine à Auteuil , et se porte sur les hauteurs de Meudon. Cette ruse attire les Parisiens hors de leurs retranchements : cédant à leur impétuosité naturelle , ils

INTRODUCTION

TÜj

attaquent les légions romaines; et, après un combat meurtrier , où ils perdent , avec Camulogène , l’élite de leurs guerriers , ils sont forcés de se soumettre aux vainqueurs.

Pendant la domination des Romains dans les Gaules, les Parisiens furent compris dans la deuxième Lyonnaise. Le pays au nord de Beaumont, occupé par les Sylvanectes , faisait, avec le reste du département de l’Oise , partie de la deuxième Belgique. Après la prise de Paris par Childéric , en 45o » les Francs dominèrent swur toute cette contrée , qui prit insensiblement le nom de France.

Dans le partage de la monarchie des Francs entre les enfants de Clovis , Corbeil et tout le département de Seine-et-Marne firent partie du royaume de Metz ; le département de l’Oise fut compris dans le royaume de Soissons. Versailles, Étampes , Montlhéry, jusqu’à la rive gauche de la Seine , dépendirent d’Orléans. Enfin Paris , Saint-Denis , Pontoise , Saint-Germain , appartinrent à Cbildebert , roi de Paris , dont la puissance s’étendait sur les côtes de l’Océan , depuis la rivière de l’Authie jusqu’aux Pyrénées.

introduction. IX

Sous les règnes de Louis-le-Paible et de ses enfants , les environs de Paris furent souvent ravagés par les Normands. Ces peuples, sortis du Jutland, venaient avec une marine , considérable pour ces temps-là , faire des courses sur les cAtcs de Neustrie , et pénétrèrent jusqu'à Paris , à Metz , et même à Aix-la-Chapelle , alors capitale de l’empire. Charles-le-Gros leur céda la Neustrie; l’Epte, qui sépare aujourd’hui le département de Seine-et-Oise de celui de l’Eure , devint la limite de la Normandie. Cependant on considère souvent comme partie de celte province toute la contrée au couchant de Saint- Germain-en-Laye et de Saint-Denis.

Durant l’anarchie féodale, il s’était formé un duché de France qui comprenait, avec d’autrea provinces , les pays enclavés entre la Seine , l’Oise, la Marne et l’Ourcq; on le nommait Ile-de-France. Le comté de Paris faisait partie de ce duché , dont Hugues Capet , qui en était possesseur, monta sur le trône de France , en

Pan 1004.

Depuis cette époque, les environs de Paris dépendirent toujours de la capitale ^ leur divi-

X INTRODUCTION

sion en diverses seigneuries se conserva dans le Vexin , le Mantois , le Hurepoix , le Gâtinais , le comté de Corbeil , la Brie , le Valois , le comté de Senlis , le Multien et autres , qui toutes relevaient du gouvernement de l’Ile-de-France , et forment aujourd’hui les quatre départements que nous avons cités. i

L’accroissement successif de Pans donna naissance à de nouvelles constructions, à de nouveaux établissements. Sous Dagobert , Saint- Denis acquit de l’importance , et Chelles fut fondé. Sous la seconde race , s’élevèrent les châteaux de Montfort , de Montlhéry, de Vincennes, de Pierrefond, de Marcoüssis, etc. Sous la troisième dynastie , et plus particulièrement sous le règne des Valois et des Bourbons , l’on construisit les châteaux de Meudon , de Saint^ Cloud, de Saint-Germain , de Compiègne, de Rambouillet, deChoisy, deMarly, de Versailles, et cette foule de maisons de plaisance et de jardins , qui font des environs de Paris le séjour le plus varié ; enfin , les aquéducs d’Arcueil , de Bue , de Marly, dus aux règnes de Louis XIII et de Louis XIV, mais qui le cèdent en utilité aux

INTRODUCTION,

grandes routes ourertes par Louis XV, et dont le nombre et la beauté suffisent pour, illustrer un siècle.

Si , depuis la révolution , un esprit destructeur, ou plutôt la cupidité de certaines associations , a fait disparaître beaucoup d’édifices recommandables sous le rapport des arts , ou de l'histoire, on ne peut disconvenir qu’en général les villes et les campagnes ne se soient embellies ; que l’aisance a été plus générale , plus également disribuée ; que le nombre des habitations commodes et appropriées aux besoins de la vie, ne se soit accru. C’est aussi à catte dernière époque que se rattache la construction d’un grand nombre de ponts, de routes et de canaux , qui ne sont pas sans importance pour la Capitale.

. Le gouvernement de l’Ile-de-France dépendait , pour l’administration civile , des généralités de Paris, de Soissons, et, partie, de celle de Rouen. Pour le gouvernement ecclésiastique, il y avait un archevêque à Paris, des évêques à Beauvais, à Noyon , à Soissons , à Senlis, à Meaux et à Chartres. Aujourd’hui , le départe-

INTRODUCTION

ment de la Seine ee divise en trois arrondissements : Paris , St.-Denis et Sceaux : <1 comprend soixante dix-neuf communes et vingt cantons « dont douze dans Paris.

Le département de Seine -et -Oise se divise en six arrondissements : Versailles , Pontoise ^ Mantes , Rambouillet , Étampes et Qprfïeil. Il comprend sept cents communes , réparties en trente-six cantons.

Le département de Seine-et-Marne «e divise en cinq arrondissements : Melun , Fontainebleau , Provins , Coulommiers et Meaux ; il comprend cinq cent soixante - dix communes , réparties en vingt-neuf cantons.

Le département de l’Oise se divise en quatre arrondissements : Beauvais , Clermont , Compiègne et Senlis : il comprend sept cent quarante-sept communes, réparties en trente-cinq cantons.

L’archevêque de Paris a des suffragants à Versailles , à Meaux et à INoyon.

Là CUàPELLE. — HONTMARTRE. —

• — 8AINT-OÜÏN.

En sortant de Paris pour parcourir la partie septentrionale de ses environs , on traverse le vil lage de la Chapelle , qui . semble n’ètre extension du faubourg Saiut- Denis. On l’appel autrefois la Chapelle Sainte- Geneviève , d’ hospice où, dit-oa, celte pieuse fille, née terre, s’arrêtait avec les vierges ses compagnes en allant a Saint-Denis visiter les tombeaux des martjrrs. brûlé en l358 par les Anglais et Qiailcs de

FREMlèRE PROUENADE.

iVavarre, puis en i<n8 {>ar les Armagnacs, ce bourg fut rétabli et s’accrut considérablement^ aujourd’hui on y compte quinze cents habitants. On y ti ouve plusieurs belles maisons de campagne; il est la j)alrie du pôëlê Chapelle.

Là commence la belle avenue qui conduit à Saint-Denis , dont on découvre déjà lesclocheis; à' gauche Montmartre } monticule gyp-

seux est célèbre par scs belles carrières de plâtre, les monuments fossiles qu^d renferme, et les nombreux moulins à veut qui le couronnent.

11 serait difficile d’assigner la véritable étymoloj^e- du nom de Montmartre ; la plus vraisemblable parait être due à un temple de Mars qui aurait existé jadis sur celte butte; elle est en eflèt appelée morts Martia dans im poëme latin que le moine Abbon écrivit en 896 sur le siège de Paris. Deux de nos plus anciens historiens, Frëdegaire et Hilduin , la nommeut mona Mercu~ rit, d’un temple dédié à Mercure. Enfin, d’autres écrivains Pappellent mona Marty rum , ït cause, disent-ils, que ce fut au pied de cette montagne que saint Denis et ses compagnons reçurent la couronne du martyre. Sauvai assure avoir vu, en 1667, quelques vestiges d’un temple dans le jardin <lu prieuré; il restait encore une niche oh était placée une petite statue qui passait pour une idole.

Eu 1 1 33 , Louis-le-Cros et la reine Adélaïde sa

Digitizi i.yC^wgle

LA CnAPEtll. — MONTMARTRE , CtC.

femme foudèrcnt pour cinquante-cinq religieuses, sur un terrain appartenant jadis à des moines de l’ordre de Cluny, l’abbaye de Montmartre. Ce monastère, célèbre tour à tour par la piété et les dérèglements de ses nonnes, eut cruellement à soufliâr par les guerres ôviles- Henri IV y établit son quartier-général , et sut s’y faire aimer de Marie de Beanvillers qu’il fit plus tard abbesse de Montmartre. Aujourd’hui une belle et vaste maison de campagne, dans laquelle est établi un pen.sionnat, s’élève sur l’emplacement de cette abbaye : dans une autre maison située vis^à-vis celle-ci, on trouve lin puits profond de cent soixante-un pieds , et dontles sceaux, capables de contenir une moitié de muid, se versent d’eux-mêmes dans un réservoir, à l’aide d’un mécanisme fort simple. En montant à l’église paroissiale , on trouve à gauche un obélisque élevé en 1756 pour fixer l’alignement de la méridienne de Paris ; son axe est à deux mille neuf cent trente-une toises deux pieds de la £ice méridionale de l’Observatoire.

Au pied, et au sud-ouest de la montagne de Montmartre , dans un espace étroit et solitaire , dont les fouilles d’une immense carrière de plâtre avaient fait en quelque sorte un vallon, se trouve »^Je Champ de repos, l’un des quatre ciiuetières de Paris.

On doit regretter que le nom mélancolique «t

PltEHIÉRE PROMENADE.

sentimental, donné à ce premier asile ouvert à la mort hors de l’enceinte de Paris , n’ait pas prévalu sur celui de cimetière Montijiartre qu’il porte aujourd’hui.

Ce dernier nom (i), qui ne présente que la sombre idée de la mort, afflige sans émouvoir, tandis que le champ de repos semblait sourire au cœur de l’homme. La pensée du repos est à la fois consolante |H>ur celui qu’accable le fardeau de la vie et pour l’homme vertueux qui voit, là la port où tend tout ce qui est créé.

Parmi un assez grand nombre de monuments, pour la plupart fort simples, nous citerons ceux de saint Lambert et de Legouvé ; et, sous le rapport des arts, nous ferons remarquer celui de la tàmille Larmoyer, placé à gauche en entrant j il ‘ est décoré d’un bas-relief qui n’est pas sans mérite.

Le village de Montmartre^ qui compte avec ses dépendances deux mille habitants, devint en l8i 5 un des points les plus formidables de la ligne de retranchoment, qui , vers le nord , couvrait Paris contre l’inva»cMB étrangère. Au bas de la butte, et plus au nord, on voit encore des vestiges

(i) Le mot cimetière dans son étymologie grecque a bien le même sens, puisqu’il signifie dortoir, mais comme personne n’j attache une pareille idée , l’effet de la première dénomination n’en est pat moins perdue.

Digilized by Googlt

LA CHAPELLE. — KONTHAUTIiE , PtC. 5

des lignes construites en 1792 lorsque l’on craignait à Paris l’armée de Brunswick, qui fut défaite dans les plaines de Valmy.

11 y a , sous le nom SAsüe de la Providence , une maison de refuge pour cinquante à soixante vieillards des deux sexes et pour des orphelins. Sur une ancienne tour de l’abbaye on a établi un télégraphe de la ligne de Calais : on y jouit de tous côtés de la vue la plus étendue et la plus variée ; et l’immensité de la ville de Paris n’Cst pas un des moins imposants objets de ce magnifique panorama.

Avant d’arriver à Saint-Denis, on traverse, sur un pont d’une seule arche en pierre, le canal ouvert du bassin de la Villelte à la Seine , qui est alimenté par les eaux de la Thérouenne et de la Beuvrone en attendant celles de l’Ourcq. L’objet de ce canal est d’éviter aux bateaux qui remontent ou descendent la Seine, la traversée de Paiîs et des douze ponts qu’on rencontre depuis la B riche, où est son eml)ouchure, jusqu’à l’arsenal de P.aris, ou doit aboutir l’autre branche du canal tiré du même bassin de la Villette à la haute Seine : jusqu’à ee que cette dernière partie soit laite , le canal de Saint-Denis sera d’une médiocre utilité j il est meme nul pour le commerce de cette ville qui trouve moins dispendieux de conduire ses marchan- «lises immédiatement à la Briche pour les embarquer sur la Seine, que de les transporter au liurd

Uu canal , et de supporter les droits de navigation et les frais d’un double chargement.

Le village àlAube.ryüU’rs , ou Notre-Damedee-Verlua , situé à droite de l’avenue de Saint- Denis, fut en i8i5 disputé par les troupes françaises et celles des alliés. A gauche, Saint-Ouen^ antre village, est remarquable par sa situation élevée sur la rive droite de la Seine. Le château , que Lepautre bâtit en 1 660 pour la Sôglière de Boisfrauc, chancelier du frère de Louis XIV, et qui passa ensuite au duc de Gèvres et k madame de .Pompadour, est démoli depuis deux ans. Louis XVIll l’habita en 18 14 avant de &ire son entrée à Paris; et c’est de là qu’est signée la déclaration dont la charte n’est que le développement. On prétçnd que la maison de M. Ternaux, à Saint-Ouen , l)àtie en 1743 , et qui appartint au célèbre jNecker, remplace un lieu de plaisance de Dagobert; et que c’est là que Jean 1*' institua' l’ordre de l'Étoile eu i55i,

SAINT-DENIS

• Saint-Denis est après Paris la seule ville du département de la S^ne : siège d’une sous-préfecture, d’une justice de paix, elle a plusieurs mat» nufacturcs , fait un commerce assez considérable , et compte quatre mille deux, cents liabitaals.

.L’origine de cette ville est jdue à l’abbaye, qui

Digilized

•AINT-DEKliS.

probablement existait long-temps auparavant, et dont la première liistoire est aussi douteuse que celle des temps héroïques : le nom de Catuliacum , que ce lieu portait avant l’entrée des Francs dans la Gaule , vient , dit-on , d’une clame chrétienne , nommée Calule, qui, ayant racheté des bouneaux les corps de saint Denis et do ses 'compagnons, mis à mort à cause de leurs prédications, sous l’empire de Dèçe , vers l’an s4o , fit bâtir en cet endroit une chapelle pour y.dé(>oser les restes des saints martyrs.

Lorsque les chrétiens des Gaules eurent obtenu le libre exercice de leur religion , on éleva , dans le canton de Catuliacum , plusieurs églises et chapelles, dont une fut dédiée à saint Denis del’lüstrée qui subsiste encore. $ous Clotaire 1* il y avait un oratoire bâti sur le tombeau des saints martyrs Denis, Rustique et Eleuthère. En 58o, suivant Grégoire de Tours, Cliilpéric fit enterrer un de ses fils dans cette chapelle ; mais la célébrité , les richesses de l’abbaye de Saint-Denis ne datent que de Dagobert. '

Déjà roi d’une partie de la France par conceaûon de son père Clotaire lY , et brouillé avec lui pour avoir fait raser son gouverneur Sandre- ^sile , Dagpbert s’était réfugié dans la basilique de Saint-Denis; il y eutuneviÿon dans laquelle les martyrs lui apparurent, et lui promirent leur pro>

YREHlèRE PROMENADE. ‘

tcclion s’il faisait vœu de leur élever un temple magninqiie; il s’y engagea ; dès le lendemain on vint lui faire des propositions , et le père et le fils SC reconcilièrent.

Quoiqu’il en soit de ce récit , an moins Ëdiirleux, de nos vieilles chroniques, le premier soin ^de Dagobert, parvenu au trône, fut de bâtir l’église de St.-Denis. Eloi , célèbre d’abord comme sculpteur et comme orfèvre , et depuis évêque de Noyon et canonisé, conseilla et dirigea cette construction. Le roi dépouilla plusieurs églises pour enrichir celle-ci. 11 en coûta à saint Hilaire de Poitiers ses portes richement sculptée» et une superbe cave de porphyre qui servait de fonts baptismaux. Dago^ bert établit à Saint-Denis laus perennis , ou K psalmodie perpétuelle, c’est-à-dire qu’à chaque heure du jour et de la nuit , des moines chantaient les louanges divines , ce qui prouve le grand nombre de ces cénohit^. 11 mit sous la protection des saints son royaume, et dans la servitude des moines les Itabllauts du lieu, qui sans doute ne furent pas les mieux traités dans cet arrangement. '

Charlenvagne agrandit l’«îglise,et y enfermait» tombeaux de Charles-Martel et de -Pépin ', qui avaient été élevés en dehors : ses successeurs s’empressèrent de l’enrichir, et les ravages des IN'orniands obligèrent, pour Ja préserver du pil-

9AIÎÎT-DENIS. 9

lage, à entourer l'a])baye de forlificalîons dont il reste eneor^<^es traces.

Ou ignore quelle sorte de moines lialiitaicnt Saint -Denis sons les premiers abbés. Le dixneuvième de ceux-ci , Hilduin , qui vivait sous Louis-le-Débonnaire , est le premier qui ait soutenu que le patron de son église était le même que saint Denis l’aréopagiste , converti par saint Paul. Cet Hilduin rétablit parfaitement la règle de saint Benoît. Hngucs-Capet , parvenu au trône, le démit de l’abbaye de .Saint -Denis, fit élire à sa place Odillon , religieux profès , et composa son clergé régulier de moines de la réforme de Cluny. Cent cinquante ans plus tard , ces moines furent encore réformés par Suger , aidé de Pierrele-Vénérable , abbé de Chmy. En i635, on y introduisit la réforme de la congrégation de S;iint- Maur qui a subsisté jusqu’en 1790 , époque à laquelle l’abbaye a été supprimée.

En 1667 , les protestants saccagèrent Saint- Denis, dépouillèrent les châsses de l’or et des pierreries qu’elles renfermaient , et profanèrent les sépultures. La bataille du mois de novembre de la même année , bataille dans laquelle le connétable de Montmorency fut tné, obligea le prince de Condé et les protestants à laisser tomber cette ville au pouvoir de leurs adversaires. '

En 1692 , la mansc abbatiale avait été réunie à

PnEMlÈRE PROMENADE.

la maison de Saint-Cyr, Les moines sont aujourd’hui remplacés dans le service de l’église par un chapitre de neuf chanoines , choisis parmi les archevêques et évêques sexagénaires , et vingtcinq chanoines du second ordre , dont plusieurs dignitaires. ^

L’église de Saint-Denis ( Voyez pl. i , a , 3. .) passe pour un bel édifice gothique , et souvent on la compare à la cathédrale de Paris ; son ancienneté , car elle était vénérée dans les Gaules longtemps avant la fondation de la plupart des autres églises, ses trésors amassés pendant une longue suite de siècles, enfin l’honneur d’étre la sépulture royale , ont établi et entretenu cette favorable prévention.

Cette église, dont les plus anciennes construc-^ lions n’existent plus , manque d’ensemble comme la plupart des édifices construits à plusieurs reprises, ou rebâtis à des époques différentes. Ce -défaut d’ensemble peut tenir à plusieurs causes ; c’est à cette sorte de respect , dont on a peine h te défendre pour les restes des anciens monuments; quelquefois c’est au désir de surpasser eu magnificence les premiers édiûccs , àila vanité dc^ ordonnateurs qui prétendent s’illustrer par des innovations remarquables, et bien plus souvent encore ce sont 'des moti£i n^ntendus d’éccH nomie.

../KJilIZtrSU

JV 1

ittmmr» 4ti*M

l’isii <!<• 1.1 ('iTrj>lr,im Kgliip Si>uterr»iiir dr SM)nu*.

/k^ ici

SAINT-DENIS. 1 t

H est fort Incertain si i’cglise bâtie, ou tout au moins agrandie par Dagobert , fut reconstruit© en entier par Charlemagne , ou si ce prince ne fit qu’y ajouter quelques autres parties. Suger, ministre de Louis-le-Gros, et régent sous le règne de Lbuis-le-Jeune, fit élever , de ii3oàii34 , le portail, le vestibule (Voyez sur le plan n) et les tours , ainsi que le rond-point et la crypte ou caveaux semi-souterrains qui contiennent les sépultures et que quelques-uns attribuent à Charlemagne. Enfin, sous saint Louis, l’abbé Odon fit joindre ce rond-point (6) au portail de Suger par la nef (c) qui ne fut terminée qu’en ia8i sous Philippe-le- Hardi.

L’architecte ignoré, qui bâtit cette dernièra porte de l’édifice, partie qu’on admire avec raison , était sans contredit un homme fort habile , et l’on doit croire qu’il fut inatlrisé par le caprice de ceux qui l’employèrent, ou qu’il ne put se résoudre â sacrifier le goiât. dominant alors aux convenances, en proportionnant sa^ composition aux anciens ouvrages. Cette belle nef est beaucoup trop élevée relativement au portail , et se distingue encore par un style fort diflerent.

L’axe du sanctuaire et du rond-point est incliné sur la gauche. Ces parties de l’édifice sont aussi plus étroites que la gi-ande nef; néanmoins le plan en est bien disposé, et les chapelles clrcuLaires.

D igitîzeu LiOpg

qui en contournent le pourtour , produisent un fort bel cfict.

Les voûtes et toutes les croisées du sanctuaire semblenh être du même temps et de la même manière que celle de la nef, ce qui porte à çroirc que l’ouvrage de Suger n’était pas encore terminé à l’époque de sa construction. Le portail et les tours, dont une a deux cent soixante - Luit pieds debauteur, sont d’un style mâle et simple, et présentent ce caractère de soLdité qui se retrouve dans les édifices construits vers les 1 1* et 12* siècles. La partie inféneure de ce portail est ornée de sculptures d’une composition ingénieuse et d’une belle exécution.

La nef construite vers la fin du treizième siècle, présente ces formes légères et élégantes <jui caractérisent les constructions de cette époque. Eutiu,' le choeur ou sanctuaire et le rond-point , élevés de dix-huit marches sur la crypte pratiquée audessous de la partie postérieure de cette église , participent d« ces cKOerenls styles.

Autrefois il n’y avait des chapelles que du côté gauche de la nef. Les anciens bâtiments de l’abbaye niellaient obstacle à ce qu’il y en eût de l’autre; mais , dans la restauration qui se fait acluellcnicnl, on a élevé, en place de ces batiments, et pour servir d’église paroissiale aux Libitants de la ville , iinc nef (d) contiguë au bas-côté de l’église

«AINT-DENIS.

pritici[>ale sur laquelle elle est ouverte par cinq entre - piliers. Cette petite église aura un autel principal , huit chapelles , une sacristie et une entrée sur la place , indépendante de celle de la collégiale (Voyez pl. i ).

On peut juger par cet exposé que l’église de Saint-Denis est au-dessous de sa réputation comparée à celle de Notre-Dame de Paris , mais elle n’eu est pas moins , surtout par ses souvenirs , l’édifice religieux le plus important des environs de cette ville., et peut même tenir un rang distingué entre ceux de la France en général, soit qu’on la considère sous le rapport de sou étendue ou sous celui de la beauté qu’on retrouve dans ses difierentes parties.

La porte de l’églH^souterraine (pl. 3.) , était autrefois sous celle mi chœur (d) , aujourd’hui l’on descend dans cette crypte sépulcrale par deux escaliers latéraux (e,JT). L’intérieur de ces voûtes réparées avec soin , a reçu les tombeaux , ou plutôt les cénotaphes rapportés du musée des Petits- Augustins. Une large tranchée (n) , ouverte au pourtour de ces souterrains , les garantit de Hmmidité qui les rendait presque impraticables; ils sont distribués en un grand nombre de petits caveaux ( ô ) ouvrant sur une galerie circulaire (c), soutenue par de petites arcades portées sur des colonnes dont les chapiteaux, ornés de bas-reliefs.

l4 . PREMlitlE PHOHENADE.

indiquent la nianièie du style antique dégénéré à l’époque du Bas-Empire.

Cette disposition a permis à M. Dchret, arcliitectc , actuellement chargé de la restauration de l’église de Saint-Denis , de classer chronologiquement ces monuments qui consistent , pour la plupart, dans des statues grossièrement ébauchées et couchées sur une pierre tumnlaire.

I.es premiers tombeaux que l’on rencontre au pied de l’escalier ( e ) par Ictpiel on descend dans ces souterrains, sont ceux de Clovis (^) et de Clotiidc , de Cbildebcrl et successivement , en faisant le tour des caveaux jusqu’à la sortie ( A ) où se trouvent les Valois. Le caveau du centre (i), destiné à la famille des Bourbons, est fermé par une port^iVk: bronze ornée de dorures ; c’est là qu’ont été déposés les restes de Louis XVI et de Mane-Antoinelte , recueillis au cimetière de la Madeleine à Paris. A droite et à gauche sont deux caveaux , dont une partie du premier (y ) est occupée par la sépidture du dernier prince de Condé , et dans le second (f:) on. a rassemblé , en deux tombes , Ions les ossements qui des anciens tombeaux avaietit été portés au cimetière des Valois où oii les a recueillis.

Le caveau du milieu (/) de la galerie tournante forme une chapelle expiatoire.

Vers la fin de 179a, l’église Saint-Denis fut

SAINT-DENIS. 1 5

tIé|>onlllcc de son riche Ircsor, de ses magnifiques ornements ; les mains du vandîdisme ne respectèrent rien ; les sépultures furent violées , et les cendres des rois jetées au vent. Cependant, grâces aux soins de quelques savants estimables , et particulièrement de la commission temporaire et du comité d’instruction publique, tout ce qui intéressait les arts échappa aux fureurs de la destruction, et fut transporté au musée des monuments français} les vases on ornements précieux à la bibliothèque nationale, d’oh , plus tard, ils passèrent eû partie au trésor de la cathédrale de Paris.

L’église de Saint-Denis ayant été rendue à sa destination primitive , fut réparée. Les travaux entrepris sous Napoléon , par Legrand , ont été continués par Célericr, et s’exécutent encore au-, jourd’hui , sous la conduite de M. Dehret, avec les changements qu’exigent les circonstances.

La sacristie actuelle (e, pl. l. ) a été construite sur les dessins de Célerier; l’exécution de la décoration en menuiserie est digne d’élre remarquée. La partie qui renfermait le trésor , tombant de vétusté , a fait place à l’église paroissiale , et dans la prlic {f) qui s’étend de cette petite église à la sacristie , on cdnstruit un nouveau bâtiment pour recevoir le trésor dispersé. Une galerie (m) de communication joint l’église au bâtiment de la maison royale. »

lô rREMIÈRE PROMENADE.

Les vitraux des absides <le ce monument étaient regardés comme les plus anciens qui nous fussent restes. 11 par.*ût qu’appartenant à l’avant ordinaire église, Us furent conservés et replacés dans l’cdidce de Saint- Louis. Les peintures en étaient fort estimées ; ce genre de décoration devait sa naissance au goût qu’avaient nos ancêtres pour les mosaïques coloriées : le plus ancien vitrail connu remonte au règne de Cliarles-le-Gros. Ceux de Saint - Denis ayant été détruits à la révolution , on les a remplacés par d’autres > composés do verres de couleurs où le jaune doré qui y domine produit un assez, bon effet. Les vitraux des deux cba|>clles latérales qui précèdent le choeur, et ou l’on av'ait élevé les autels expiatoires des deux premières dynasties, sont remarquables. par leur dessin qui offre des fleurs de lis en fer de lance, et des couronnes dans le style des sixième et neuvième siècles.

Dans l’église haute (pl. i .) , on a placé sous le vestibule le cénobiphc (Jt ) de Dagobert 1". Le tombeau de ce roi et ceux de ses successeurs ayant été détruits dans le onzième siècle par les Piormands , saint Louis les fit réédifier. Ce monument est extrêmement curieux , sous le double rapport de l’art et du sujet représenté dans les trois basreliefs qui contiennent la prétendue révélation faite à Ansoaldc, ambassadeur en Sicile, par un

lAiNT-DENlé.

»nachorele uonimé Jean , qui assurait avoir vu Dagobert sur un esquif, entre les mains des démons qui le fusligeaient , et secouru par saint Denis , saint Martin et saint Maurice. Ce monument qui était à double face, n’ayant pu , dans le projet de M. Debret , être isolé, M. I^noir , conservateur ^ des monuments de Saint- Dems , l’a fait séparer en deux parties, dont une forme le cénotaphe de Dagobert {k), cl l’autre (i) celui de Nantll son épouse. c

Dans la chapelle à droite (^), qui précède le chœur , on a placé le mausolée de François I", érigé, en i55o, dapresles dessins , les uns disent du Primalice, et d autres de Philibert Delorme. Ce monument, en marbre blanc, est composé de seize colonnes ioniques cannelées , de six pieds de hauteur , qui soutiennent un entablement. Sur les cuves ou gisante placés sur la voûte principale de ce monument, sont couchées les statues plus grandes que nature, de François et de Claude de France sa femme , dans leur état de mort. Ces statues, dune très-belle exécution , sont attribuées à Pierre Bontems ; mais elles paraîtraient plu-' tôt être de Jean Goujon. La voûte, enrichie de basreliefs et d’arabesques exécutés par Goujon , offre des génies éteignant le flamlieau de la vie j l’immortalité de l’ame y est ingénieusement exprimée par Fallégorlc du Christ vainqueur des ténèbres j lo^

1$ PHEHlénE PBOUENADE.

qualrc prophètes de rapocaly|)se entourent ces deux figures. Le bâs-relicf qui fait le tour du mouiiment, représente les batailles de Cérisolcs et de Mai ignau ; au-dessus de l’entablement sont placées, à genou, les statues, en halnt de cour, de François I”, de la Reine et de leurs trois eniànts , François , dauphin , qui dit-on fut empoisonné par Catherine de Médicis ; Charles, duc d’Orléans, et Charlotte, morte à huit ans.

Dans la chapelle à gauche sont les tombeaux de Louis Xll et de Henri 11. Le (A) premier, dont le style indique la renaissance du lion goût qui eut lieu sous le règne de ce prinçe , est d’un grand caractère' de dessin , et offre des détails précieux. Louis Xll et Anne de Bretagne , représentés dans leur état de mort, sont de l’exécution la plus hardie , et d’une vérité efirayante^ 1^ figures des douze apôtres, placées dans les douze arcades ornées d’arabesques qui entourent ce cénotaphe , sont remarquables par la beauté de leur altitude, ctjiar leur exécution ; les bas-reliefs du socle repcéàeii^ tent les triomphes des Français en Italie; la bataille d’Agnadel^ et l’entrée de Louis Xll à Milan. Les statues agenouillées de Louis Xil et d’Anne courouuent ce monument, dont on cioit qu’une partie fut faite è Tours par Jean Juste,. scul|iteur, et les figures à Paris, par Paul-Ponce Trébati.

Le tombeau (/) de Henri II, exécuté par.

SAINT-DENIS

< ■ennain Pilon sur les «lessLis de Philibert Delorme, est orné de douze colonnes d’ordre composite, avec leurs pilastres eu marbre blanc tiirquin. Lel quatre vertus cardinales, ligures en bronze, en décorent les angles : Henri II et Catbeiine sont représentés morts dans le monument , et vivant» et agenouillés sur le couronnement.

Depuis sa restauraüon , l’église de Saint-Denis , plus belle qu’elle ne le fut jamais, a été enrichie de plusieurs tableaux et statues modernes. Dans la sacristie on voit la prédication de saint Denis, |»r Monsiau ; Dagoliert ordonnant la construction de l’église en 269 , |>ar Ménageot.

L’institution de l’égUse de Saint-Denis comriia sépulture des rois , par Garnier.

Sa dédicace en présence de Charles-Quint , [wr Meynier.

Saint-Louis faisant placer les cénotaphes de ses prédécesseurs, en ia64, par Laiidon.

Samt-Louis recevant l’oriflamme, par Le Bar- 'bicr aîné.

Philippe portant sur ses épaules le corps de son père mort, en 1270*, par Guénn.

Cbarles-Quint visitant l’église de Saint^Denis'

c ancois 1" , par Gros.

Le couronnement de Marie de Médicis à Saint- Denis , imitation de celui de Rubens.

ÜO PnEMliRE PROuiNADE.

Louis XVIII ordonnant la continuation de* travaux de l’ëglise, par Manjand.

Dans le caveau des Bourbons on voit les sta* tues modernes de Charlemagne , par Gois , fils ; de Louis 1*', par Bridan ; de Charles II , par Foucou; de Louis 11, par Deseine; de Charles lll, par Gaule, et de Louis IV , f>ar Dumont. La première est en marbre ; les autres sont seulement en pieiTe.

Le ûmetière des Valois, qui est situé le long de la partie septentrionale de l'église, tire son nom d’un monument sépulcral le plus vaste , le plus magnifique et le seul même que nous ayons eu en France de ce genre. 11 fut commencé par Catherine de Médicis ; son [>lan polygonal à douze faces, avait cent pieds de diamètre; des six avantcorps , dont un formait la communication aveC’ l’église , cinq étaient décorés des ordres dorique et ionique , dç vingt colonnes correspondantes aux pilastres entre lesquels se trouvaient des niches. Un troisième ordre en retraite devait soutenir une coupole de quarante-deux pieds de diamètre, surmontée de son lanternop. Dans l’intérieur , chaque avant-corps était marqué par deux colonnes : six chapelles décorées de niches et de colonnes, occupaient, à chaque étage, les intervalles des massifs : celles du deuxième étage communiquaient entre elles par une galerie circulaire. IjCb

«AINT-DENIS. 2 1

soulerraias de ce munuincnt prcsenUdeiil la meme dislributton avec ses niches , mais sans colonnes. Au centre était le tombeau de Henri 11 et de Catherine de Médicis. j

Ce monument sépulcral , qui ne fut jamais achevé , était si négligé qu’il tombait en ruines en ^7^9 J époque à lac^uelle on le démolit pour en avoir les. matériaux ^ Le souvenir nous ea estcou-serve , heureusement pour les arts , [«r Marot architecte et graveur du dix-septième siècle, dans une planche qui iàit partie de ses ouvrages ^ ce monument contenait dix -huit autels, soi;iante-< cinq niches pour les statues et cénotaphes , et cinquante-trois pour les cercueils. ' ^

Parmi les obj[ets. qui seront rendus au trésor, le plus précieux est uu, vase d’une seule agate orientale , chargé dans son pourtour d’ornements en bas-reliefs, offrant Les attributs deBacchus. Ce morceau , très-recommandable par sa formé , sa conservation , et son antiquité qu*ôn fait remonter à Ptolomé© Philadelphe, roi d’Egj pte, est encore à la bibliothèque royale.

Les batiments de l’abbaye, élevés sur les dessins de Robert de Cotte ,, sont remarquables par leur étendue et leur belle construction ; ils forment im double carré; la façade, qui regarde la ville,. est décorée d’un grand fronton orné de sculpture, par Adam le Cadet, et représentant saint Maur,

'bigll

«y Godglof

PREUlÊhE PitOMENADE.

implorant le secours de Dieu pour la guérison d’un enfant déposé à ses pieds par une mère affilée. Cette maison est aiijourd’hni occupée par l’institution royale des orphelines de la I^on d’honneur . ces demoiselles y sont au nombre de cinq cents , depuis la rciinion^en ce lieu de l’institntion qni eiistait à Quatre cents sont reçues gra-

tuitement, et cent à titre de pensionnaires de l’un ou de l’a titre des ordres royaux. La direction de cette maison est confiée à imc' surintendante , assistée de sept dames dignitaires , de dix dames de

première dassc et de trente de seconde classe.

Il faut encore voir à Saint-Denis l’ancien couvent des carmélites, dans lequel s’etait retirée madame Louise de Franco, fille de Louis XV. L’enclos de ce couvent forme , aujourd’hui , nne très-belle pépinière.

L’église , d’une l>elle construction , rebâtie en 1786 sur les dessins de Miqiic, offre un péristyle en avant-corps , de six colonnes d’ordre ionique , couromié par un fronton orné de sculpture. Ce péristyle est d’un bel effet et d’une heureuse proportion. , ■

Au nord , et près de Saint-Denis, est.im trèsbeau corps de casernes d’infanterie, précédé par de belles plantations. . < >

Saint-Dems est encoré , én partie, entoui-é de

»OΫTOISE.

rem[tarts chan^^ en prumeiiaties agréables. Cctlf! ville a souten u plusieurs sièges.

Page 1