‹ Description des environs de Paris, considérés sous les rapports topographique, historique et monumental;Chapitre 49 sur 63 · PONT-CHARTRAIN. — GRIGNON. — SAINT-CYR · texte numérisé non relu

PONT-CHARTRAIN. — GRIGNON. — SAINT-CYR

— ROQUESCOLRT, etC. ‘

Le château de Pont-Charirain , dans nue belle vallée rpi’arrose la Mandrc , a été bâti à la fin du siècle dernier -par le comte de, ce nom-.

cli:uicelier de Frauce. Cet édifice, Lien que considérable, ne présente rien qui soit digne d’être remarqué sous le rapport de l’architecture. 11 consiste en un dbrps de bâtiment principal, accompagné de deux ailes flanquées de quatre pavillons , et d’un beau parc , entouré de larges fossés pleins d’eau. La façade sur le jardin , est décorée d’un fronlon et d’un dôme carré, surmonté d’une r campanille. Ce château , que précédé une vaste avant-cour, est au milieu d’un jardin pittoresque.

Le château de Grignon est remarqu^Jc par ’ l’étendue de son parc et les belles eaux^Ti l’ar-

• posent: de nouvelles plantations l’ont fort em- "* . belli ; mais ce qui rend ‘son séjour intéressant ,

surtout aux yeux des naturalistes , c’est l’énorme * banc de corpiilles fossiles qui Se trouve dans son

* parc. M. de France en a compté près de six

. cents espèces diflerentes; elles gnt toutes été dé- -

* crites et figurées par M. de Lamarck. Beaucoup de CCS mollusques ont encore leurs analogies bien reconnues , et vivent dans des mers éloignées.

Saint-CYr, village attenant au petit parc de Versailles, et traversé par la route de Bretagne ,

' est çélcbro par son école militaire établie dans les 5 t^i^ents de l’ancienne maison dite de Saint-Cyr.

* Tout Itf mondftrsait <jue cette maison fut originairement destinée .à l’éducation de deux cent cinqnanlc demoiselles nobles' et sans fortune, que

PONT CHARTRAIN. — CRICNON , CtC. 3.Ô7

ce fut madame de Maintenon , aidée des libé- , ralités de Louis XIV, qui la fonda ; que les constitutions, de cette communauté furent composées par une religieuse ursulinc , madame de Brinon, dont la vie agitée fournirait la matière d’un roman , et que c’est elle qui en fut la première institutrice. On se rappelle aussi que c’est pour les jeunes pensionnaires de Saint - Cyr que Racine , après avoir abandonné la carrière .dramatique qui ne lui attirait que des tracasseries et des dégoûts , fit ses deux tragédies religieuses qu’on place au premier rang parmi les chefs - d’œuvres de son théâtre. La maison de Saint-Cyr, que nous voyons revivre dans celle de Saint-Denis, ayant été supprimée en lygS, oa étabht dans ses bâtiments un hôpital militaire, que remplaça bientôt , sous le nom dePrytanéa, une école destinée aux jeunes officiers. Plus lard celle-ci fit place à une autre école du même genre qui avait été établie à Fontainebleau eni8o5, et le prytanée fut transféré à la Flèchej enfin, l’ordonnance de l8i4, qui réunit toutes les écoles inililaires en une seule, établie à Paris sur les bases de celle qui avait été fondée, en 1761 , par Louis XV, n’ayant pas reçu son entière exécution , la maison de Saiiit-Cyr est restée occupée par une école militaire.

Le vaste édifice de Saiut Cyr fut élevé , en j685,

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sur Ifs dessins de J.-H. Miinsard. Deux millc'clnq cents ouvriers y furent consfainmetit employés pendant un an que durèrent les travaux. Cet édifice, qui se fit sous les yeux de Louis \IV, » a (juatre- vingt -seize toises de iong sur soixantequatorze de large; il est partagé en trois cours égales et carrées : deux ailes, saillantes de vingtdeux toises sur le jardin, enferment «inc quatrième cour.Qiiüiijue sans aucune décoration, cette masse régulière de bâtiments élevés ne manque pas d’un certain caractère. L’enclos, d’environ soixante arpents, est aujourd’liui distribué suivant les besoins de l’école, et contient un vaste champ d’exercice. Dans les bâtiments de service se, trouvent une infirmerie, une pomjK', etc. Au-deliors estam polygone pour le tir ilu canon.

Le volage de Roijnencoiirt, dont la longue suite de seigneurs n’est pas plus connue que Bartliélemi le Poilu qui fut le premier en J 120, passa, en j.58o, dans la maison des Sanguin. Ceux-ci le vendirent à un l>ouigcois de Paris, qui y bâtit un château. Vers 1750, cet édifice, peu convenable pour Madame , qui avait acheté la terre de Roquencourt, fut reconstruit, en 1780, sur un plan plus vaste et un dessin plus riche, par de W^allly, architecte distingué. Il est couvert d’un comble à rilallcnne et couronné d’une balustrade; du

«OQl’BNCODHT. — TII.US-d’aVRAY. ÔSq

eoteau sur lequel il est bâti, il domine Versailles, ses jardins et tout le Val-de-Galle-

Le a juillet i8i5 , , dans un combat très-animé, les Prussiens eurent deux régiments écrasés 'et faits piisonriiers à Roquencourl.

Le Chesnay, Vaiicresson , Marnes et Garches, villages entourés par cette masse considérable de bois qui couvre tout le pays entre Versailles et la Seine , offrent un grand nombre de belles maisons de plaisance, qu’il serait trop long <le décrire; mais qui toutes sont intéressantes, soit par leur situation , leur décoration , ou l’abondance de leurs eaux. Sous ce dernier rapport, on doit distinguer le château de l’Etang, dont le parc, quoique très-élevé, renferme des étangs dont l’eau alimente les cascades de Saint-Cloud.

L’église paroissiale du village de Vïlle-d’ Avray, construite vers la fin du dernier éiècle par les soins de Thierry, premier valet-de-cbambre de Louis XVI , se fait remarquer par la simplicité de son plan et la sagiesse de sa décoration , qui est parfaitement bien appropriée à la destination de l’édilîcé, et peut être même citée comme un exemple du caractère qu’il convient de donner aux églSes de la campagne.

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