‹ Description des environs de Paris, considérés sous les rapports topographique, historique et monumental;Chapitre 50 sur 63 · SAINT-CLOUD · texte numérisé non relu

SAINT-CLOUD

L’Iilsloîre lie Saint - Cloucl se confond avec celle des premiers temps de la monarchie. Peu considérable alors , il portait le nom de Nogent (Nouigentum). Lorsque , par une des perfidies si communes dans ces siècles barbares , Clotaire et Childebert voulurent^’emparer de la succession de leur frère Clodomir, tué à la bataille de %uence, deux seulement des enfants de ce prince, Thcobalde et Guiitbaire, tombèrent sous le poignard du cruel Ootaire. Clodoaldc, le troisième, sauvé apparemment par les gens de Childebert, se réfugia dans un cloître où il vécut ignoré jusqu’en 55i , époque oii il vint bâtir, dans les bois de Piogent, l’ermitage dans lequel il termina ses jours à l’abr^des recherches de Clotaire. En mourant, il légua son ermitage, et l’église qu’il avait fait bâtir, au chapitre de INolre-Damc de Paris.

Les miracles qui, dit-on, eurent lieu sur la tombe du prince ermite , le firent révérer sous le nom de Saint-Cloud , corruption de celui de Clodoalde. Ses reliques devinrent des plus célèbres du diocèse de Paris, et le clergé, qu’on ifct entretenir à celte église, ayant formé, en 8il, une collégiale, concoururent, avec l’affluence des pèlerins , à donner quelque consistance au bourg qui

Diili

LiODî^k'

SAINT-CIOCD. 36 1

prit le nom de Saint -Cloud, et resla' toujours dans la seigneurie du chapitre de Notre-Dame de Paris.

Saint-Cloud, resté long-temps ignoré, ne reparaît dans l’histoire que pour attester, en i558, les ravages des Anglais, et, en i4ii, les fureurs des Armagnacs et des Bourguignons. Henri III , qui habitait dans ce village la maison de Gondy, pendant le siège de Paris y fut assassiné le a août i58g par Jacques Clément. En 1674, Ix>uis XIV érigea la terre de Saint-Cloud en duché-pairie, en faveur des archevêques de Paris. François de Harlay de Champvallon , cinquième archevêque , fut le premier prélat qui eut cette dignité. Enfin Louis XYl, eu 1785, échangea la seigneurie de Bois-le- Vicomte, qu’il érigea en duché - pairie , contre celle de Saint - Cloud. Mais ce qui rendra ce bourg à jamais célèbre dans nos annales , c’est qu’il fui le théâtre de la malheureuse révolution du 18 brumaire; révolution qui renouvela l’exemple donné par Cromwel , d’un général qui, sans mission, expulsa , par les baïonnettes de ses soldats, les représentants de la nation dont il tenait ses pouvoirs. C’est à l’occasion de cet attentat qu’un grand poëte a dit :

Hélas! le maltieureax, sur ce bord enchanté

Ensevelit sa gloire avec la liberté.

QÜATBIÈMK PROMENADE.

3fla

. La maison <|uc JtrôniQ tic Gondy avait fait hàlir, cil 1572, fui l’origine du palais actuel de Saint-Cloud; des 162g cette lialiitalion était tléjà célèbre par la grandeur et la beauté de ses jardins. Louis !X1V l’acbeta, en i658, et en fit don «à son frère le duc d’Orléans. Tous les auteurs cependant ne sont pas d’accord sur ce point; niais cpielqne soit au reste la manière dont Monsieur devint propriétaire de Saint-Cloud, il est du moins constant que c’est Girard, arehltectc, qui fut chargé de la construction du principal corps de bâtiment, et ce fait est celui qn’il nous importe le plus de faire connaître. Antoine Le Pautre y ajouta successivement les deux ailes faisant avant-corps ; enfin J.-II. Mansard eut part aux dilTérenls travaux d’embellissement qu’on fit à pe château, qui ne fut terminé qu’en 1680.

Le iNôlrc, chargé des travaux du parc et des jardins, donna un libre essor à son génie fécond et inventif, et sut profiter habilement de la beauté du site, et tirer le parti le plus heureux de scs coteaux pittoresques. 11 n’existe pas eu Trance de jardin plus varié dans ses aspects , plus raaguifique dans ses effets, plus agréalilc enfin que le parc de Saint - Cloud ; aussi cst-il admiré de toutes les personnes qui vont le visiter.

Le château de Saint-Cloud ayant été acquis , en 1782, par la reine Marie-Antoinette, celte prin-

FJrviüion,(la Châtran dr Saint *Cloud .

SAUtT-CtOlTD.

cesse y fit faire par Clique, premier ardiilecle du roi, de grands changements dans la décoraûon et la dji^Tiluition intérieure. A cette é[>oque aussi , poi^^e pas priver le public de la jouissance (lu parc , elle en fit enclore seulement , pour son jardin particulier , la partie décorée de statues et attenante au château. Napoléon, qni avait pour Saint-Cloud une prédilection marquée, en faisait presque sa résidence liabituelle; il y fit exécuter différents travaux d’embellissement , qui rendirent ce palais digne de recevoir le monarque et la cour de la première puissance de l’Europe.

Ce château (dont la planche 45 donne le plan) est situé à l’extrémité d’une avenue qui commence sur la grande place, k gauche du pont en entrant dans le bourg, et sur le penclianl méridional de la colline sur laquelle le bourg est assis. Celte disposition s’oppose à ce qu’il ait une vue étendue de tontes parts , dominé comme il est dé trois côtés parla colline; mais à l’est les regards se promènent sans obstacle dans un espace immense , sur Paris et les campagnes voisines.

L’ensemble du château se développe sur un plan d’environ neuf cent cinquante toises de superficie. Il se compose d’un corps-de-logis principal, triple en profondeur, et ayant cent quarantequatre pieds de façade, et de deux avant-corps eu retour du côté de l’entrée , de chacun cent vingt-

(leux pieds de longueur sur soixaute-un dans leur plus grande largeur; l’un est simple et l’autre double en profondeur, mais tous les deux sont terminés par des pavillons d’égale proportion.

La façade principale (pl.46j,éleTce sur les dessins de Girard , au fond de la cour d’honneur , fut restaurée et embellie vers la fin du siècle dernier. Elle se compose d’un soubassement orné de refends , percé de croisées et de portes carrées , sur lequel s’élève une ordonnance de pilastres corinthiens; quatre colonnes du même ordre, et d’une belle proportion, forment l’avant-corps de celte Ëiçade et sont surmontées des ligures de la force, de la prudence , de la richesse et de la guerre. Les douze mois de l’année sont représentés dans les basreliefs qui ornent le dessus des croisées du bel étage. Cette façade , dont ladécorî^on est terminée par un attique orné de pilaSK*es composites et percé de croisées, est décorée d’un fronton qui couronne la partie de cet attique correspondant à l’avant-corps. Le tympan de ce fronton est enrichi d’nn cadran et des figures du temps et des (piatre parties du jour.

La décoration des ailes en retour sur la cour, se compose d'un ordre de pilastres doriques , élevé sur le soubassement continu du corps de bâtiment principal. Ln péristyle de rpiatre colonnes toscanes fait avant-corps à ce soubassement. Au-dessus de

SAUHT-CLOCn.

ccl avant-corps l’ordre de pilastres doriques est surmonté d’un fronton ; enfin des niches, ornées de figures , décorent cette ordonnance , que termine une balustrade en pierre qui règne également sur le pourtour de ces deux ailes. Sur les faces de ces ailes, du côté de l’entrée, le niêrae soubassement est couronné d’un grand balcon ; l’étage au - dessus est ouvert de cinq grandes croisées en arcades, séparées par des pilastres en refends ^ qui, faisant avant-corps sur trois de ces croisées, supportent un grand fronton.

L’ensemble de ces élévations, sans présenter une unité parfaite et un caractère soutenu , offre néanmoins un tout assez agréable , qui aunonce bien une riante et magnifique lial)itation de plaisance. Les ailes, qui ne s’élèvent pas au-dessus du bel étage du bâtiment principal , tout en contribuant à lui donner plus de dignité, laissent aussi plus d’air et de jour à la cour ; enfin , un petit trottoir, élevé de quelques marches, et bordé de balustrades, en présentant un moyen de communication facile entre les différentes parties de l’édifice , donne encore à cet ensemble une certaine apparence d’unité, et ajoute à la richesse de sa décoration.

La façade du corps de bâtiment principal , sur le jardin, présente une décoration plus simple 3 elle n’a point de soubassement en raison de

566 (jDATMÈUE PROMENADE.

l’élcvation du sol : les fenêtres sont décorées de frontons et de cornlcLes qui donnent un peu de mouvement à son ordonnance monotone.

L’avant-cor|>s de la façade latérale du midi , du côté des jardins, est décore, au rez^lc-chaussée, d’un petit péristyle d’ordre dorique , élevé sur un perron , et surmonté d’un grand balcon. Ce péristyle, dont la décoration est d’un assez bon style , et produit un effet très-piquant , donne entrée à uu grand vestilmle (pii est au niveau de la cour d’honneur , à laquelle il sert de conimunicalioii avec la partie méridionale des jardins.

On ne doit pas s’attendre à trouver, dans l’intérieur du château de Saint-Cloud, cette unité de distribution qui caractérise un projet conçu d’ensemble ÿ aussi, malgré tous les travaux, de raccord 'P.ients , distingue -t- on toujours les additions successives qu’on y a faites.

Le grand escalier de marbre, qui était originairement dans l’aile méridionale, a été reporté au centre du bâtiment principal. On y parvient par un vestibule , dans lequel on remarque une ligure égvpticnne antique en basalte, deux coupes en porj)byre, et deux groupes en bronze représenlant renlèvcment de Proserpine et celui d’Orythie : cet escalier conduit aux grands appartements.

ün trouve d’abord le salon de Mars ( a )

• Digitl29d t'

c- SAINT-CLOUD.

orné (le seize pilastres et de quatre colonnes ioniques chacune d’un seul bloc de marbre. Le plafond, en voussure, est regardé connue un des plus beaux ouvrages de Mlguard.

La galerie d’Apollon (A) , dont les neuf compartiments de la voûte offrent l’histoire du dieu de la Lumière, passe pour le chef-d’œuvre du même peintre , à qui l’on doit aussi les peintures du salon de Diane (c). Ces trois pièces occupent le premier étage , à droite sur la cour; elles sont, par la disposition du sol, au rez-de-chausscc du côté du parc. On y entre de plain-picd par le vestibule (e), auquel aboutit le grand escalier. Les trois. pièces du milieu de l’édifice , sur la cour, sont : le salon de Louis XVI , où l’on voit ime figure de la vérité par Prud’hon; le salon dos princes et le salon cramoisi. Elles sont toutes décorées de peintures en grisaille, par Munich.

Les autres parties du palais offrent encore trois appartements principaux appelés du Roi , de la Reine , compris dans l’aile gauche , et des Enfants de France , situé dans le corps-de-logis principal du coté des jardins. De celui-ci font partie la salle à manger (jf) décorée en stuc , et la bibliothèque (g) qui contient environ six mille volumes.

Tous ces appartements sont richement meublés ; ils renferment un très-grand nombre de sta-

QUATBIÈSE rnUMENADE.

lues , de vases de porcelaine, de coupes d’all)àlre et de porphyre, et plus de cent cinquante tableaux, parmi lesquels on distingue : dans le salon de Mars , la mort de Desaix , par Régnault; dans la galerie, les Muses, par Le Sueur ; l’empereur Sévère, par Greuze; dans le salon du Roi, Phèdre et Hippolyte, par Guérin; la Bergère des Alpes, de A errict. Presque tous les autres tableaux sont de l’Albane, de Rubens, du Guerchin , de Vaûdyck, du Guide , de Spada , etc.

Dans le salon {h), qui est au milieu de l’appartement du Roi , on remarque une cheminée dont le dessus est une fenêtre fermée par une seule glace nue, mobile à volonté, et qui procure une vue très-agréable.

La chapelle (rf), située au rez-de-chaussée , a quarante-huit pieds de long sur vingt-six de large; elle est décorée d’une ordonnance ionique en pilastres, élevée sur un soubassement dorique , sur lequel reposent deux colonnes, qui supportent la tribune du Roi , placée en face |de l’autel. On cuire dans les tribunes de la chapelle par le salon de Diane, et par huit portes croisées donnant, d’un côté, sur la galerie , et, de l’autre, sur le parc. Les archivoltes des arcades sont ornées de groupes , sculptés par Deschamps ; les peintures de la voûte sont de Sauvage.

L’orangerie (i), qui est adjacente au palais.

8AINT-C10UD.

avait été bâtie , par le duc d’Orléans, pour un jeu de paume. Le rez-de-chaussée peut contenir deux cent cinquante orangers j au-dessus sont des appartements ; c’est dans celte vaste salle, dispoSéeàcet effet, que se tint, le i8 brumaire, l’orageuse séance du conseil des cinq-cents, où, dans la suite, Bonaparte prétendit avoir été 0107 nacc d’un poignard : le conseil des anciens était assemblé dans la galerie.

Au bout de l’orangerie se trouve la salle de spectacle {q) , restaurée par M. Fontaine en i8o5 ; elle peut contenir cinq cents personnes.

Les écuries, le manège et autres bâtiments accessoires ou bordent l’avant-cour , ou sont cons-^ truits irrégulièrement au bas des terrasses qui sont des deux côtés de l’avenue du château , et se^ent pittoresquement avec les masses d’arbres qui les entourent.

Le parc de Saint-Cloud s’étend depuis le bord de la Seine jusqu’à Garche; il se divise naturellement en plusieurs parties. Celle qui est au pied du coteau , fort reserrée et sinueuse , forme , grâce à la nature du site et aux talents de Le Nôtre, une des plus belles promenades qu’on puisse voir. C’est principalement dans cette partie que se tient, au mois de septembre, la célèbre foire de Saint- Cloud, qui y attire une foule innombrable.

C’est aussi dans cette partie, %ur la pente Ju

coteau , et à une j>otite dislaucc «lu château, <^u« se trouve une cascatlc ctilèbreparsa beauté, et dont la composition est atti ibuce à Le INôlre , mais à laquelle il jiaratt cependant qu’Aiitoine Le Pautre eut quelque parlj du moins la partie sujicriture |)Bssc pour avoir été exécutée sur ses dessins. Celte partie a cent Luit pieds de face et autant de pente; elle est décorée d’un grand nombre de vases en marbre, et d’un beau groupe représentant la Seine et la Marne, sculpttis par Adam l’aine. La partie inférieure , séparée de la première par une large allée, a été reconstruite sur les dessins de J.-Ii. Man* sard. Elle est disposée en fera cheval; sa dimension, y compiis son bassiu, est de deux cent soixante-dix pieds de long sur «juatre-vingt-seize de large ; elle est ornée d’un grand nombre de figures en plomb, représentant des animaux aquatiques.

Cette cascade dépense, dans une heure, trois mille sept cents miiids ; les réservoirs qui distribuent celte masse d’eau extraordinaire, sont disposés de façon «ju’elle peut jouer, tous les «piinze jours, pendant trois heures de suite, et'ijualre heures en laissant vider les bassins.

Cette immense composition hydraulique jouit , à juste litre , d’une grande célébrité : tous les hommes de goût la considèrent comme une des belles productions de l’art; elle peut être comparée à ce que l’Italie a prodûlt de plus parfait en ce genre.

Près de cette cascade, du milieu d’un vaste

fiAIM-ClOl’D.

l^assin entouré d’un rideau de grands arbres , s’élance , à cent vingt - cinq pieds , un jet d’eau surnommé le Géant, qui dépense six cents muids d’eau par heure.

Le petit parc, comme nous l’avons dit, est le jardin particulier du palais. Les statues qui le décorent sont en petit nombre , mais généralement assez bonnes. On distingue, dans le parterre de l’orangerie (/), une Diane de Coyzevox ; Mclpoœène,par Coustou le fils; Bacchus parSuzini, et Aiitinoüs parBonazza : près du bassin des Trois- Bouillons, une copie de l’Amour, de Bouchardon , qui était à Tnanon ; dans la salle de verdure, Méléagre , par Coustou; une copie du Gladiateur blessé (m) ; enfin , dans la grotte (») qui fait face au vestibule du bel étage, un Faune et l’Amour.

Le haut du parc est on partie formé par un bois percé de belles et larges allées. La variété du sol a periuis d’y ménager quelques pelouses, et des champs en culture. Sur un des points le plus élevé et qui domine à la fois Saint-Cloud, Sèvres , et l’immense l)assin au miireu duquel est ^ situé Paris , on a élevé, en 1801 , une tour carrée, surmontée d’une copie en terre cuite du joli monu- « ment de Lisycrate , appelé vulgairement Z/a//<e/-He *

de Démosthènes.On sait que l’original, en marbre bl^nc, l’un des ouvrages d’architecture les plus

57 s QDATRIÉUE PBOHENADE. *

curieux elles mieux conserves d’Athènes, avait ét^ élevé pour consacrer le trépied dehronze que la tribu Acamantide avait eu pour prix aux fêtes de Bacclius, trois cent trente-cinq ans avant l’èrc vulgaire.

Tous les détails de la sculpture ont été fidè-

• lenient rendus , d’après les plâtres moulés à

1 Athènes par M. Fauvcl , peintre et antiquaire

chargé des affaires de France à Athènes. Cette belle copie , qui reproduit exactement les proportions du monument antique, n’en diflere que

• par la suppression de la cloison, qui , dans l’ori-

- ginal , réunit les colonnes : cette modification a

permis d’en faire un belveder, auquel on parvient par l’escalier pratiqué dans l’intérieur de la tour. i Sa belle exécution fait honneur aux frères Trabucchi. Elleprésenle un exemple de la perfection à laquelle le travail de la terre cuite est susceptible d’ari-iver, et jusqu’à quel point la difEculté de conserver la finesse des détails , la pureté des . formes et la justesse' des proportions , pendant l’action de la cuisson , peut être vainene.

' Cet élégant monument offre, à l’aile méri-

• dioiiale du château , un agréable point de vue. On l’aperçoit aussi de plusieurs parties du parc dont

* il enrichit les aspects. Vu des campagnes voisines, et à une grande distance, sa forme élancée, et scs contours gracieux se dessinent agréablement sui' la belle vcgctatlou qui l’entoure ; il contribue

SATKT-CLOtD

encore à rembcllisscmcnt des riches coteaux de Saint-Cloud , et devient ainsi l’ornement de l’un des plus beaux cantons des environs de la' Capitale.

Après le château , ses dépendances , son parC et quelques jolies maisons de plaisance , le bourg de Saint-Cloud , qui compte dix-huit cents liabitants, n’olTre plus rien d’intéressant, si ce n’est’ sa situation charmante, et son hospice , dont la reine Marie- Antoinette fit construire , vers 1 788 , la jolie chapelle par Mique , architecte de mérite..

L’église collégiale ét paroissiale de Saint-Cloud, dont les constructions les plus anciennes paraissaient dater de plus de six cents ans, menaçait ruine, lorsqu’en 1 784 on la fit démolir pour en élever une autre sur le même emplacement. M. Henri l'rou , qui fournit les dessins de cette nouvelle église, ne fut point assez heureux pour la voir exécutée dans son entier. ; il n’y eut alors d’à peu près achevé que la façade du portail exposée au levant. Elle se compose d’un péristyle de quatre colonnes doriques, élevées do quelques marches star le sol de la place, et couronné d’un fronton triangulaire. Deux’ clochers devaient surmonter les arrière - corps de cette élévation ; ils n’ont pas été construits. L’intérieur, divisé en une grande nef et ses bas-côtés par deux files de colonnes ioniques, était élevé des deux tiers lorsque cette belle construction fut abandonnée. Priais , depuis

peu d’iinnées ou en a démoli la partie postérieure, et les matériaux ont été employés à l’édification d’une chapelle, ou petite éjjlise paroissiale provisoire , disposée dans l’anlrc partie de l’édifice j la porte d’entrée a été ouverte au couchant, elle inaîtrc-autcl adossé à la façade élevée par H. 'Irou.

Le pont de Saint-Cloud existait déjà en 84l. En l4ii on y éleva une forteresse pour en défendre l’entrée; rebâti en pierre par Henri II, en 1 55G , il fut coupé par les li;;ueurs après la bataille d’ivry, et les travées en bois qui remplacèrent les deux arches abattues existaient cncoreen 1810, époque à laquelle le pont fut élargi et réparé. En 18 1 5, U eut encore une arche coupée par suite des opérations militaires , mais elle fut rétablie l’année suiviuite.

Uue belle route conduit de ce pont au Pointdu-Jour, où l’on rejoint la route par laquelle nous avons commencé cette excursion.

Nous donnons ( pl. 47 ) une vue générale de Saint-Cloud, prise du coteau de Sèvres. Dans cette vue on distingue la lanterne de Démoslhènes, le |>avilIon deBreteuJ, le château, le bourg, le pont de Saint-Cloud , et, dans l’éloignement , le Mont-Valérien , que nous visiterons dans la .cinquième promenade.

— UiyiliinUI .

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