‹ Description des environs de Paris, considérés sous les rapports topographique, historique et monumental;Chapitre 56 sur 63 · THIEL. MEHL.VN. MANTES · texte numérisé non relu

THIEL. MEHL.VN. MANTES

TRIEL. — MEUEAN. — MANTES.

Triely village considérable, peuple de mille huit cents habitants , est connu par scs belles carrières à plâtre. i

Meulan J petite ville très - avantageusement située sur la Seine, n’est pas plus considérable que Triel. Elle fut jadis fermée de murs, et opposa même , dans nos guerres civiles , une vive résistance au duc de Mayenne qui fut forcé 3’en lever le siège. Ses deux ponts furent bâtis par une comtesse de Gallerande. Celui qui est entre la ville , et qu’on appelle le Fort , fut rétabli sous la direction du marquis de Roi; il est de niveau dans toute son étendue, et présente de belles arches surbaissées (*).

Plessis et Aubergenville , sur le coteau qui borde , à gauche , la vallée de la Seine , offrent des châteaux dont la situation est fort agréable.

Le petit château de Falaise , situé au bord de la rivière de Mandre, quoiqu’il n’ait rien de recommandable sous le rapport des arts, mérite cependant que les yeux s’arrêtent un instant sur

(*) Dans on vallon un peu au-dessus de Meulan , est située la belle carrière de Saillrincourl que le Gouvernament fait exploiter pour son compte.

awQriKjre promenade.

lui. Ses jardins , sans être bien vastes, sont disposés dans le genre pilloresijue avec un goût rare. De très-beaux rochers naturels, fpi’il n’a fidlu (ine mettre en é\idcnce, cl de niagnibqucs plantations y sont animés par une chute d’eau d’un volume extraordinaire. Dclille fait nu-ulion de la Falaise, dans les noies de sou poënic des Jardins, et l’on prétend que c’est dans es lieu cliarmuiit que ce poème a été composé.

Mantes s’annonce de loin par les deux tours symétricpies de sa grande église gothique. Celt<? ville , siluée sur la Seine, compte quatre mille habitants ; elle est le siège d’une sous-préfecture du dépaitement de Scinc-et-Oise.

Avant qu’il fut ruiné, en 1087, par Gnillaumele-Ràtard, roi d'Angleterre, duc de Normandie, Mantes était phis étendu cju’aujourd’hui ; eu le rebâtissant après ce dé.saslre on le restreignit de beaucoup. L’église Saint -Martin , qui était celle de riIôtel-Dicu , était devenue paroissiale ; on l’a démolie pendant la révolution; mais sa belle tour gothique a été conservée.

On attrilme à I ibère II , empereur d'Orient«cn 5 16, la fondation de l'église Notre-Dame, autrefois collégiale, et qui aujourd’hui est la seule paroisse de Mantes. Cependant, en examinant attentivement le style de rarchilccturc de cet édifice, on reconnaît qu’il doit être considéré comme

TMEI.. — MEULA\. — ■ MANTÈS. 44* «n ouvrage du treizième ou du qualorzièiiie siècle. Tout porte à croire qu’il fui liâti par Cliarlcs-le- Mauvais, devenu seigneur de Mantes et de Meulan par l’échange qu’il avait fait , avec Charles \ , de ses comtés de Champagne et «le Bric. Mantes a plusieurs promenades , et de belles fontaine.s. Ou les doit au marquis d’O qui les f't conslrnire en 1690, et y amena, par des aqueducs souterrains, l’eau recueillie sur la côte des Célcslins, sur l’antre bord de la Seine.

Entre fjuelques maisons bien bâties qui décorent la ville de Mantes . on remarque celle de M. Moilte , élevée sur les dessins de M. Happe.

- Ln vestibule ouvert, et décoré de colonnes doriques en forme l’entrée et conduit à une salle à manger, éclairée à la fois d’en haut et sur le vestibule, et qui est entourée d’une tribune soutenue par des colonnes. Le beau salon ovale est ouvert sur le jardin par un péristyle de quatre colonnes ioniques.

Mais ce qui contriljue le plus à l’cmbollissemeut de Mantes, c’est le pont ([ul travei'se hî bras gauche de la Seine, et dans l’axe duquel une rue alignée, et de trente pieds de large, traverse toute la ville. Avant 1706 il n’y avait en ce lieu qu’un mauvais pont de treize arches , dont la phisgrainJe n’avait que trente pieds d’ouverture , ce qui rendait très-périlleux le passage des bateaux qui ont

44^ CINQUIÉUE PSOMENADE.

ordinairemcut vingt -huit pieds de bord. Le projet du nouveau pont fut dressé sous le ministère de Triidaine, par Uuppeau, premier ingénieur des ponts et chaussées. Commencé en 1766 et supendu par les malheurs 'de la guerre, la construction de ce pont fut reprise en 1763, parPéronnel, après la mort de Huppeau, et terminée en 1766. 11 coûta 61a ,000 livres.

Le pont de Mantes se compose de trois arches surbaissées, décrites de onze centres. Celle du milieu a cent vingt pieds d’ouverture et les autres cent huit. Les piles ont vingt quatre pieds d’épaisseur , les culées vingt-sept. La hauteur de ce pont est de trente-sept plcils sons lo couronnement. La naissance des arches est à trois pieds sous l’étiage, ou niveau des plus basses eaux. La grande arche a trente-cinq pieds de llèclic et les antres trente-trois |)ieds six pouces j la largeur du pont est de trente-trois pieds quatre ponces entre les tètes, et trente pieds d’un parapet à l’autre.

Le pont de Lemay , qui traverse le bras droit de la Seine , porte aussi le nom de Fciyol, qui est celui de l’ingénieur qui l’a bâti sous le ministère du contrôleur-général ürry. Ce pont a treize arches et communique au bourg de Leniay, qui n’a rien de remarquable.

HOSNY. — VÉTHEl’Il , CtC. 4 |3

Page 1