‹ Description des environs de Paris, considérés sous les rapports topographique, historique et monumental;Chapitre 55 sur 63 · SAINT-GERUAIN-EN-LUE · texte numérisé non relu

SAINT-GERUAIN-EN-LUE

Le roi oaturalisa cet etranger, ranobiit et lui donna , pour monter sa manufacture de glaces , la manufacture de verres et de bouteilles, déjà établie dans cette ville , et dont les ouvriers devaient s’entendre mieux que d’autres à un travail qui avait tant de rapports avec celui auquel ils étaient accoutumés.

Henri IV, en bâtissant le nouveau cliâteau de Saiiit-Genuain, exempta, eu l5c)8, les habitants de cette ville de toute espèce de charges et d’impôts. Us jouirent jusqu’en 1789 de ce précieux privilège, qui avait beaucoup contribué à l’accroissemeut de leur cité.

L’église parois.sialc , qui avait probablement été rebâtie après l’incendie de i3i6, fut réparée en i56a et 1677; elle s’écroula en partie dans l’aunée 1681. Louis XIV la fil réparer de nouveau l’année suivante. Le portail , d’une assez belle décoration , date de 1676. Louis XV, en confirmant tous les privilèges des hubilanls de Saint- Germain , leur accorda cent mille livres pour bâtir une seconde église , dont la première pierre fut posée le 20 novembre 1766, et les travaux commencés sur les dessins et Ifi conduite de Potain. L’édifice ayant été conçu sur un plan trop vaste et trop magnifique , la somme accordée fut insufiisante , et l’édifice ne s’acheva pas. Laissé depuis cinquante ans à moitié de sa hauteur, son

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élévation princi|)alc , décorée d’un périityle de six colonnes doriques, ne présente aujourd’hui que l'aspect d’une vaste ruine. Les hommes de goût et les artistes regrettent qne cet édifice ne soit point achevé. La disposition de son plan, et son élévation principale , assez avantageuse , donnent une idée de cette composition et du talent de l’architecte.

Les chroniques ayant tenu une note assez exacte des événements qui ont eu lieu au château de Saint- Germain (pl. 55) , on peut remonter presqu’à la première construction de cet ancien manoir royal, ipii parait être due à quelques prédécesseurs de Rolicrt, et dans lequel il est constant que , depuis Louis-le-Gros, les rois se rendirent assez souvent. En ia4y , Louis IX logea Baudouin, empereur de Constantinople, dans ce château que quelques auteurs prétendent avoir été rebâti de nouveau en i5oo, par Pliilippe-le-Bel. La première mention du parc de Saint-Germain date de l53i. Le roi Jean entreprit de rebâtir sur les anciens fondements le château brûlé avec la ville par les Anglais , et Charles V continua cet ouvrage. En i483, Louis XI donna plus tard à son médecin Cottier le revenu de ce manoir , qui fut réuni à la couronne et fut aussi le lieu ou furent célébrées les noces de François l'^ Ce

prince , qui avait la jiassion de la chasse , aima

SAIRT-GEBMAIS-BN-IAIB.

fort le séjour de Saiut-Germain. 11 fit élcTcr d’un étage, et couvrir en terrasse l’ancien bâtiment auquel il fit de notables augmenlaliuns , et mit tous ses soins à embellir son séjour de prédilection.

Par ces constructions nouvelles, le château se trouva former un pentagone irrégulier , dont les cinq corps de bâtiments entouraient une cour assez spacieuse. Cette habitation devint ainsi digne du monarque qui, pour en augmenter encore les agréments , fit enclore quatre cent seize arpents des bois de la forêt , ce qui forma un parc très-vaste dont les arbres sans régularité , croissaient jusqu’au pied du château. Cette belle futaie, peuplée de bêtes fauves , détruite par le temps, fut replantée sous Louis XIV.

Henri II, Charles IX et Louis XIV, naquirent dans le château de Saint-Germain. C’est là qu’en présence du premier de ces princes eut lieu le fameux duel entre la Châtaigneraie et Jarnac.

Louis XIV , pour augmenter le nombre des logements, ajouta au château de François I" les cinq gros pavillons qui le flanquent; mais bientôt après, Versailles étant achevé, le même roi abandonna pour jamais Saint-Germain , où il avait eu d’abord le projet de construire un palais magnifique, qui aurait eu au moins l’avantage précieux d’être dans la situation la plus belle que puisse

nxQniwE i romenade.'

«voir jamiiis hahilatlon royale; mais nous avons dit les motifs superstitieux qui firent prendre à Louis une détermination contraire. Depuis celte époque, le château de Saint - Germain fut habité par la tendre La Yallière et par. le dévot Jacques II , qui y termina dans l’ouldi une existence déshonorée. Napoléon avait établi dans ce lien une école de çavaleiie. Aujourd’hui le château de Saint-Germain sert de caserne à deux compagnies de gardesdu-, corps.

Tel est le précis historique de cet édifice, dont le premier architecte est ignoré. Le château pré^' sente, comme nous l’avons dit , un pentagone irrégulier flanqué à ses angles de cinq gros pavillons élevés sur les dessins de Jules-Hardouin Mansard ; un large fossé l’entoure et ajoute beaucoup à la hauteur déjà considérable de l’édifice. Le .sommet, couronné d’i.ne balustrade, est voûté : sa couverture en dalles a été remplacée par une autre couverture en plon^b. Les cheminées , en forme de grands pilastres, disposées assez réguliè- • renient, sont cnricliies de sculptures. Dans plusieurs |Kirties du pourtour extéiieur, un grand balcon de comxpuqication réunit les apparlcpicnts.

. Du côté de la cour , les cinq façades rpii sont divisées par de grands pied-droits, présentent trois étages eu portique, dont le caractère sévère ,ro-

aUST-GKRMAiri-EIl-LAIP, 4*7

niantlqifc et pittoresque, produit UA effet |Mquaiit.

Henri lY se plaisait beaucoup à Sain.l'Ger,niain , et s’y rendait souvent. Non content d’avoir s'iccessivenient donoc à d’Estrées une mulli-

tude de maisons de plaisance, cç prince galant, afin de mieux prouver sa tendresse, votilut enr core faire l>àtir, pour celle qu’il aimait, à d«w*cents pas du vieux château de Saint-Germain, une nouvelle halnlation. Cet autre édifieç, ^Icyé pi»r J Marchand, et nommé le Châleau-INeuf de Saint- Germain, était remarquable parla beauté delà , disposition de son plan , de ses terrasses , et surtout par son aduiiralde situation. ILsorait difficile en effet d’en trouver une plus convenable à l’érecr, tion d’un palais. Si Louis N.1V eut employé à Saintr Germain-en-Ijaie le quart des sommes énorme? qu’il sacrifia à la construction de Versailles, ce monarque en Ç'd fait mi lieu délicieux. I..a forêt^ contenant cinq mille sept cents arpents, étant une des plus belles de la France, aurait servi de parc au château; et les, eaux de la Seine, élevées sans beaucoup de frais, auraiept fourni jes bassins, les jets et les cascades des jardms avec une pror ' fusion qui manque à ceux de Versailles.

Matthieu dans sa vie de Henri IV) assure que c’est pour rembellissemcnt du château neuf de Saint -Germain que Claude de Monconis , pré; sident des finances de la généralité de LyoU)

4a8 CmQÜIÈMl fnOMF.NADF,

fit, pour la première fois, l’application du principe hydraulique à l’élévation des eaux au-dessus de leurs sources. 11 paraîtrait même , d’après les descriptions que nous avons des eflets de. ces eaux, que cette invention fut de bonne heure perfectionnée. V

Ce château , presque inhabité depuis Louis Xlll et jamais réparé, n’élait qu’un amas de ruines vers la fin du dernier siècle. M. le comte d’Artois , à qui il appartenait, pour en tirer parti, résolut de faire élever en ce lieu un magnifique palais. En conséquence , il fit abattre presque entièrement ce qui restait encore des constructions de Henri lY , et déjà l’on jetait, sur les dcSsins de Bellangcr, les fondements d’un nouveau palais, lorsque la révolution vint y mettre empêchement. H ne reste plus aujourd’hui du château neuf que les terrasses restaurées et décorées par Bcllanger, et la grotte çonstruite par Marchand, dont l’efiet est encore magnifique.

Le Nôtre, qui fut le créateur de ce grand nombre de jardins qui font encore l’admiration et l’or- v gueil de la France, présida aux embellissements du parc de Saint-Germain. Il avait dessiné le vaste et beau parterre qui a été depuis transformé en un lapis de verdure ; ce fut aussi lui qui acheva celte magnifique terrasse commencée par Henri IV, et qui sûrement n’a point sa pareille en Europe.

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l*l«u,('cmpe,rt K.lé\'aûon • de rRirluK» do U CUârilé,À OonuMU-enXaw •

8AINT-GEnMAIN-F.N-LAIE.

a mille deui cents toises de long sur quinze de et ce qui surtout la rend admirable ^

e’est Timmense horizon qui se développe devant elle.

La Saint-Germeûn est assez vivante, et

les maisons y sont bien bâties j les rues, pour^la plupart , sont larges et bien pavées ; elle a plusieurs places , une paroisse , un hôpital , une communauté de femmes , une halle aux blés , et une Salle de spectacle assez jolie. Des tanneries , qui sont ses seuls établissements industriels, ont quelque réputation.

L’hospice de la Chanté ( pl. 56 ) est remarquable par sa belle chapelle. En 1 784, le curé de U ville de Saint-Germain proposa à ses paroissiens de contribuer à la dépense de la construction d’une petite église (>our l’hospice de la Oiaritë , qui servirait en même temps de succursale à sa paroisse. M. A. F: Peyre fui chargé de ce projet, qu’il exécuta en apportant la plus grande économie dans la disposition des constructions, et dans l’emploi des matériaux. La dépense totale de cette église f dont le portail est entièrement en pierres de taille , ne s’est élevée qu’à seize mille huit cents francs, prix pour lequel avaient été faites les soumissions. La belle disposition de son plan en croix latine, est d’une grande simplicité; sa petite fiiçade est appareillée eu refends, couronnée d’ui^

4ôo f!itfori#:ME PEOirEîtADïi.

bel enlablcmeiit dorique et d’un b-onlon ; elle est ouverte par une porte en arcade , donnant entrée à la nef, destinée au public, ün trouve dansceUe' simple, mais judicieuse décoration, le caractère propre à 1 édifice, de beaux profils et d’beureüses pro|K)rlions , qualités qui caractérisent les ou-‘ vVages <le cet habile architecte. L’intérieur offre’ un berceau de vo/itc en plcln-cintrtfj? dont un" . entablement continu,* et d’un’ profil [Wkr, porte lés retombées ; des joints d’appateil tracés sur les' murs et lés vofilcs , sont , avec Its niches du rondpoint , les seuls ornements de cette chapelle.’ Elle a été restaurée il y a peu d’années , par M. Lemoine, architecte. ’

■ La communaiitd ( pli 67 ) des dames de Saint- Thomas-dé Villeneuve , fnt établie à Saint-Ger-' itiain poiir l’instruction des jeunes demoiselles , et pour servir de retraite à des dames* d’un âge* avancé.

Le service de cette maisoil éügeait qu’il y eût une chapelle, et l’on avait destiné à cet usagé une pièce où Cette chapelle est mairitenaut , et qUi' sï? trouvait à la portée des classes ; les dames peti-' sioiinaires pouvaient y aller de lent appartement et à couvert. M. PeyrC proposa dè stlpprimer le premier plancher, de faire mortier' la chapellequsqtl’au deuxième étage, dti pratiqnèr des'tribnne» aü' premier', et- d’ouvrir le second {dancftier pourf

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. «AnT-GF.)!MAIN-E!t-I,Are. /| " 1 ,

former ime tribune à la portée des personnes* q«â habitaient ce plain-pied ; enfin , de faire l’entrëè principale de la chapelle sur la rue , afin r^ie le public pût assister aussi à l’office divin. S<jn projet fut ciécuté tel qu’il l’avait conCtt< L’entrée publique s’annonce par un périst>lé 'W •quatre co-* loniies d’ordre ionique surnaonlées d’un fronton , et se dessinant agréablement sur un mur orné de traits d’appareil horizontaux ; une porte en arcadei, avec icuposte et archivolte , est ouverte sous ce péristyle , auquel on pourrait peut-être reprocher un peu de maigreur ; il y manque aussi quelques marches, en saillie sur les socles des bases, afin de faire empâtement. L’intérieur, d’un bon effet, est aussi bien disposé que le permettaient la cage de l’édifice, déjà^te. Des traits d’appareil sont tracés sur les murs et les voûtes ; deux chapelles sont * ouvertes sur la nef par des entre-colonnemeuts doriques; une corniche architravée règne dans tout le pourtour de cette petite église, dont le sanctuaire est, ainsi que cflui de la Charité , terminé en bémicvclc.

Parmi les autres édifices de Saiiit-Cèi main , on remarque les écuries du roi et le tel abreuvoir qu’on vient d’y construire.

L’hôtel dcNoailles , élevé sur les dessins de Julei- Hardouin Mansard mérite aussi quehp.e attention. On y arrive pai* une avant-cour qu’une belle

43* CINQUIÈME PROMNADK.

grille sëpare de la rue , et qui est bordée , de chaque côté, de plusieurs allées de maronniers. La façade, d’ime décoration simple et noble, est ornée de bustes portés sur des consoles. Ln péristyle de pru de saillie , formé par des colonnes doriques . d’une belle proportion , donne entrée au vestibule de cette agréable maison.

Les jardins , dessinés dans le genre anglais , méritent la célébrité qu’ils ont obtenue par le goût qui les a dirigés.

Le bourg du Pecq, qui s’étend sur la pente de l’escarpement du coteau de Saint-Germain , et le long de la Seine qu’on y passe sur un pont de bois , semble être un faubourg de cette ville. -

La forêt de Saint-Germain, dont l’étendue est de cinq mille sept cents arpents, couvre tout le plateau élevé qu’entoure la Seine jusqu’à Poissy.

' Quoique bien moins vaste qu’au temps du roi Robert, c’est encore une des plus considérables des environs de Paris et l’une des mieux percées de lu France.

, Presqu’au milieu de cette forêt on trouve la maison des Loges, succursale de celle de Saint- Denis, pour l’éducation des orphelines de la légion-d’honneur. Des ermites s’établirent en i6â4 dans ce lieu, où ils furent remplaces, en i685, par de* religieux augusüns déchaussés, pour qtii

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LE DÉSERT — VOISSY. 4"''

Anne d’Aiitriclie lit bittir le monastère et le pavillon , dit les Lofres. La foire on fêle cliampèlre, qui se tient dans la forêt près de celte maison , le dimanche <pii suit le 5o août , est une des j>lus agréables et des plus suivie des environs de Paris.

LE Dl’-SERT. — POISSY.

Le Désert est le nom que porte une jolie habitation située à une lieue et demie de Saint- Germain, et à l’extrémité d’un vallon agréable et fertile. Son jardin , dans le genre pittoresque , est cité avec raison comme un des plus remarquables des environs de Paris. La disposition originale , bizarre même de l’habitation principale, à laquelle ofi a donné la forme d’un débris de colonne gigantesque et cannelée, attire le voyageur dans ce lieu. Construite sur un terrain inclliié , d’un côté on ne distingue (pie le congé cl le listel de la base de celle colonne ; de l’autre, on voit encore le tore , qui est eu paille engagé et perdu dans un mur qui semble le soutenir. Les cannelures ont six pieds, et les cotés rlciix (lieds et demi ; le diamètre de la colonne est d’environ quarante pieds; sa hauteur, si elle était entière, serait de trois cent soixante. Les assises, travaillées en refendÿ, imitentassez bien les

434 CIÎfQlIÉME PHOHENADE.

dégradations du temps. Au centre de la colonne est l’escalier en vis , et , entre la cage circulaire de cet escalier, et la circonrérence du monument, on a pratupié, jusqu’au sommet de la colonne, de petits appartements, |>our la distribution desquels l’architecte , par la bizarrerie de sa composition , s’était préparé plus d’une difficulté à surmonter. Le premier étage prend jour par des portescroisées ; an seeond , les baies sont carrées , au troisième, elles sont ovales, et toujours placées dans les cannelures; enfin, le quatrième étage ne reçoit la lumière que par des lézardes qui paraissent assez naturellos.

On trouve encore dans ce parc un temple d’ordre toscan dont le plan est moitié carré et moitié circululrc, et qui, par sa position , se dessine sur un fond très-riebe; une espèce de ferme habitée par le concierge et qui est d’un effet assez pittoresque ;enlin, un rocher arliticlcl bien composé, d’une imitation assez heureuse, ctdont l’effet est encore augmenté par la plantation de pins et de mélèzes qui le couvrent.

Le pavillon chinois du Désert jouissait dans le siècle dernier d’une grande réputation ; mais aujourd’hui il est très-négligé , et cct abandon atteste et notre fnvolité , et l’empire de la mode.

Après avoir traversé la forêt de Saint-Germain par une large et belle route , on descend à Pohny, petite ville dont le nom latin Pisciacum parait

LE DÉSERT. — TOISST.

venir de ses piscines, on de quelques établlssemenls de pêcheurs. Ce lieh devait être déjà considérable en 868, puisque Charles-le-Chauve y tint une assemblée nationale des grands seigneurs et des prélats du royaume.

I.Æ roi Rol>ert, fils de Hugues Capet, qui monta sur le trône en 997 , avait une maison ou hôtel de campagne à Poissy; et l’altière Constance, sa femme, princesse dont l’atroce caractère causa tant de chagrins à ce prince , en avait une autre à côté de la sienne.

Louis IX , qui naquit à Poissy le a4 avril 1 2 1 5 , ou, suivant une autre opinion, y fut seulement baptisé, se plut à y séjourner; et, non content d’embellir le manoir royal, il agrandit la ville, et la fit ceindre d’un fossé et de murailles flanquées de tours. Pour donner à ce beu une certaine importance commerciale et en faire le centre des arrivages de la Normandie, il fit construire un pont en pierre , de deux cents toises de longueur, sur les fondements duquel a été construit celui qui existe aujourdbui , dont l’utilité est des plus grandes. Enfin, pour augmenter encore la prospérité d'une sa ville qu’il protégeait , saint Louis y établit le marché aux bestiaux, pour l’approvisionnement de Paris, marché qui se tenait précédemment à Choisy-aux-Bœufs , dans le Val-de-Galie.

L’église paroissiale de Poissy, dont on attribue

CtNQtlKMli PROMENADÏ.

la coiislniclion an roi HoIk rl, ne|iaraît cependant pas rcniontor plus liant rpie le tloiizième on le treizième siede. Cet édifice, (pii a deux cent-einq pi( ds de loiii^neursnr cent delarj^eur , est divisé en ti'ois nefs, avec clia|>elles latérales. Dans rime de CCS cliapellcs, on nioulre les fonts sur lescpiels la tradition vent que saint I.ouis ail élé baptise, et sur les vitres de laquelle est représente l’accouchenicut de la reine Hlanclte , sa mère.

Cette éjjlise, d’une arcbitecture golliiijuc, fort riche, ii’a jamais été achevée; il v maïujne encore le portail, et l’on y entre par le ccjté.

Plusieurs historiens ont prétendu qu’en place du manoir roval , Phi!ippe-le-Hardy , pour hono- * rer la mémoire de son père , fit bâtir l’église et le couvent des Dominicains, dont l’abbatiale forme aujourd’lmi une belle liabitation bourgeoise.

Siirl’emplacemeut du monastère des Ursulines , on a construit en i8i8 une maison de* détention pour les condamnes du dé[)ai'teniont de Soiiic-ct- Oise. Cet edifiee, élevé sur les dessins et sous la conduite de M. Dumanet , se compose de deux corps de bâtiments parallèles à quatre étages, et contenant, au rez -de - cliaussée , de vastes ateliers, et, au-dessus, des dortoirs. Ces deux corps-de- logis sont réunis à leur extrémité par ' des galeries appuyées à un mur fort élevé. Ce carre, qui a trente toises de côté, est encore par-

.LE DÉSERT. — TOISSY. 4^7

lagé en quatre cours qui ont cliacuiie cinquantedeux pieds de long sur quarante-trois de large, par deux galeries qui se coupent au cenlre, et servent de réfectoires. A leur intersection s’élève, sur Nm plan octogone, une cliapelle ouverte sur ces quatre réfectoires. L’autel, simplement orné , est décoré d”une statue de !a \ ierge , dont l’exécution est belle. L’entrée de ccl édillce s’annonce par un petit porche composé de (pialre pilastres d'ordre toscan. De hautes murailles, qui laissent autour de la prison un chemin de ronde de flouze pieds de large, reufcrmetil aussi le b.iliinent (;outenaut les cachots, qui sont au-dessous du sol et très-sains. Celte composition présente une belle disposition de plan , mais le caractère des élévations ne vépond pas à la destination de i’établissemcut : la construction des divers bâtiments manque de celte solidité qu’exige plus iinjrérieuscmcSH que tout autre un éditiee de ce genre. Dans une partie des anciens bàliuicnis du couvent on a placé 1 infirmerie , la caserne, les cuisines, la boulangerie, cl la i.naaderic-

Le marché aux bestiaux se tient à Poissv sur une place irrégulière et beaucoiij) trop pjlile, mais qu’on se propose de mieux nppropiior à ejt usage. A cet clfelM. Dumanct a présenti- phi.-ieius projets , entre lesquels des motifs u’economie ont

CINQtIÈME PROMENADB.

lonj'-lcmps fait balancer raJiniiiistratlon. Celui qui paraît avoir obtenu la préférence est sagement pensé; 'mais, par son étendue et son caractère, il ne répond pas à l’importance de son objet.

La ville de Poissy est le siège d’une justice de paix, et compte deux mille quatre cents habitants. Sa situation sur la Seine est très-agréable; mais elle est assez mal percée et mal bâtie, quoiqiiclvivante et très - passagère. Ses environs sont beaux et pittoresques : Pair y est très-sain.

Murnaux est une maison fort agréable. Le village de f' Haines, qui n’a plus son grand château , possc<le maintenant une jolie maison dont la situation, sur le coteau qui borde la Seine, est fort remarquable. Une ordonnance ioniqr e , surmontée d’un fronton , décore sa façade que couronne une balustrade.

Un trajet fort agréable est celui de Poissy à RoUehoi.se par eau. A chaf[ue instant Tes sites les plus pittoresques changent d’aspect; et , sans cesse variés, les paysages <jui se succèdent aux yeux du voyageur enchanté , ne se ressemblent que par la richesse des détails.

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