‹ Description des environs de Paris, considérés sous les rapports topographique, historique et monumental;Chapitre 6 sur 63 · SAINT-LEU. — TAVERNY. — BOISSY · texte numérisé non relu

SAINT-LEU. — TAVERNY. — BOISSY

. On ne saurait quitter la vallée de Montmorency

sans prolonger l’excnrsipn jusqu’à Saint-Leu et

(i) La ville de Liège, qui s’honore d’avoir donné le jour à Grétry, vient de réclamer son cœur.

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VREMlÈnï PBOMEXAOX.

Taverny , beaux et grands villages le long des riches coteaux ^^AiuUlly qtie couronne la furét de Montmorency. Dans celle route , on domine tour à tour Moulignon , Soisy , Eaulfonne, Margency, reman]uablu]>ar son eiiâteuuellericlie village A'Ermont connu par sa belle fontaine et ses tm)bcaux, qui remontent du trei7jèm*e au quatorzième siècle. Ils sont en pierre de taille, ou bien d’un mastic fait de plâtre et de cailloux ; ils sont d’une seule pièce, et ressemblent assez à une auge. Le couvercle est ordinairement chargé de blasons. Ils contenaient un seul individu : presque tout Ermont est bâti sur ces tombeaux , principalement l’église et les maisons qui l’avoisinent; Ils sont accoles les uns aux autres (l).

Le château de Saint-Leu est d’une décoration élégante et d’une distribution commode et agréable. Cependant il est si rapproché des maisons du village, qu’il n’a [>as fallu moins que le talent de M. Berthnuit pour réussir à le faire. paraître Isolé.

Bâti par le fermier -général Delaborde, Saint- Leu vit ses premiers essais en plantations pittoresques. Le parc n’est [»as fort étendu , mais on a tiré un grand parti de l’heureuse disposition du terrain ; on y jouit des plus magnifiques pointa

( i) Tliiébaud de Beroeaud, voyage à Ermeuonrille.

8A1NT-LED. — TAVERNT.

«le vue de la vallée qui se développe sur uu plan plus vaste que de partout ailleurs. Les plus beaux' arbres , tant indigènes qu’exotiques , curicli’issent ce parc qui, dans ces agrandissements , a embrassé le clmellèrc du pays. Une pierre turaulaire, entourée d’ifs, et dans un Heu solitaire, consacre ce souvenir par cette toucliaute inscription que traça, dit-on , la main qui, après avoir porté un Instant le sceptre, répandit tant de bienfaits sur les Habitants de Saint-Leu.

C’est & l’t>mbre de l’if, «ous ce tertre stérile, i

Où U mousse s‘e glisse autour des ossements, Qu’enfermés pour jamais dans leur étroit asile ,

Les aïeux du Itameau dorment depuis cent ans. . '

Leurs yeux ne verront plus, au retour de l’aurore. Leurs amis et leurs ciiampsj et le cornet sonore,

Les cris perçants du coq, la chanson du berger,

' Me les salueront plus ù leur humble lever.

Passant, qui que tu sois, viens honorer leurs mânes -, Une ame fut empreinte en ces tristes débris.

Ab ! que le fer cruel et que les mains profanes v ^4 De ce lieu consacré soient ù jamais bannis ! 7 .

Songe que ton pouvoir, ton nom , ton opulence.

Te mènent à la mort , en dépit de ton rang.

Le monarque.lui-méme, an sein de la puissance, ^ Est soumis à ces lois, ainsi que l’indigent.

Sa'mt-Leu ap{>arlient aujourd’hui à M. le duc de Bourbon.

Le village de Taverny est agréablement situé,

PKEHlibRE PROMENADE.

et semble n’èlre qu’une continuité de celui de Saint-Leu. Ses nombreuses fontaines fournissent abondamment de très-belle eau.

^ious donnons ici (pl. 6.) les plans et élévation d’une niaison appelée et bâtie en 1795,

pour son frère, par M. Bruyère, inspecteur-général des ponls-et cliaussées et ancien directeur des travaux de l’a ris, La' simplicité de sa composition, la manière commodp dont elle est distribuée et son beau salon (t/), no la rendent pas moins remarqualileque sa position solitaire au milieu des bois; c’est maintenant un rendez-vous dechassequi, comme Saint-Leu, appartient au duc de Bourbon.

©ROSIiAY. — l/iSLE-ADAM. — BEAUMONT.

Après avoir visité l’intéressante vallée de Montmorency, on peut rejoindre, à Sarcelles, la route de Calais, en passant par Groslay, village à micôte, connu par sa riante exposition, ses jolies maisons de campagne et sa double école d’enseignement mutuel pour les filles et les garçons, fondée par l’un des riches propriétaires du lieu. On laisse i gauche la route de Boulogne«ur-Mer, dont' un embranchement conduit à VIsle-yidam , bourg de treize cents habitants, sur le bord de l’Oise , et dont le gi-and château , situé dans une tle , a été détruit : près de là est le château de Store , plus recommandable par sa silualion et les plantes

nim» rt KlcT*lion,dp UMai»on Bai>«T, pr« Sî l.»*u.

SAIXT-BMCÏ. — SABCELLES.

exotiques de son parc, que {)ar son architecture.

Beaumont , situé sur l’Oise , à une lieue' de Visle-Adam, est peuplé de deux mille habitants. Celte petite ville est moins remarquable par son inqwrtance actuelle, que par celle que lui donnait jadis sa force et sa situation, et par les démêlés qu’eut l’un de ses seigneurs, Robert d’Artois, avec sa tante Mabault, comtesse de Bourgogne. Les prétentions ducomtede Beaumont, justement condamnées par Pliilippe-le-Bel son seigneur suzei-ain et par le parlement, amenèrent, par un funeste cnchainement de circonstances , la guerre la plus sangknte et la plus désastreuse dont notre histoire fasse mention , et qui fut l’origine de la rivaUté de la France et de l’Angleterre. Une grande partie de l’ancienne forteresse de Beaumpnt existe encore, et de cet endroit on jouit d’une vue très-étendue sur les bords de l’Oise et les cjimpagnes voisines.

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