ECOUEN
Sur un tertre qui domine Saint -Brice, Sarcelles et toute la campagne environnante , s’élève le bourg ÿEcouen et son beau château.
Ecoupn , chef-lieu de canton du département de Seioe-et-Oise , compte environ douze â tnrize cents habitants. Ce bourg,* quoique bien bâti et bien pereé , n’ofiVe en lui-même rien de remarquablej c’est un passage assez difficile' pour la route, à cause de la rapidité des pentes qu’on doit suivre pour y arriver et en sortir ; dès le onzième siècle , Ecouen appartenait aux Montmorency , il est passé ensuite dans les domaines de la maison de Condé,
Le château (pl. 7.) qui domine le bourg au couchant , e.st d’un aspect imposant et romantique. 11 fut bâti sur les dessins de Jean Bullant , jous le règne de François 1* , pour le connétable Anne de Montmorency , et forme un carré parfait de trente-deux toises de côté , flanqué de quatre pavillons et entouré d’un fossé see. ■ -
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ECOUKR.
La 'iàçade du côté de Paris (a) présente un avaat-eorps décoré des ordres dorique et ionique avec ua attiqiie, surmonté d’un campanille. On entrait sous une galerie (é) éclairée par un portique formé d’un petit ordre ionique. Cette galerie était ornée de bustes de marbre placés dans des niches, et de plusieurs morceaux de sculpture parfaitement exécutés. Elle conduisait à la chapelle (c) qui est construite à gauche dans un des pavillons; l’état d’abandon dans lequel les princes de Condé laissaient depuis long.- temps le château d’Elceuen , avait entraîné la ruine d’une partie des bâtiments et particulièrement de la galerie, dont la beauté aurait dû commander tous les soins;. mais, au contraire, on aima mieux l’abattre que de dépenser une modique somme de 10,000 fr. pour la réparer. Enün, en mil huit cent sept , cet édifice fut destiné à une institution des orphelines de la Icgion-dlioniie4ir; et l’architecte, M. Peyre,, chargé de sa restauration , rétablit cette galerie , mais U en fit un corps de bâtiment divisé suivant tes besoins du service auquel il était destiné (i). La porte d’entrée fut changée et décorée de deux colonnes d’ordre dorique. Une cour à peu près
(1) Notre plan donne ceUe galerie dans «on état primitif.
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carrée , de vingt-quatre toises de longueur sur vingt-deux de largeur , est formée par les quatre corps, de bâlûneoU qui réunissent les pevilloàs des angles. La porte du fond (d), modèle de grâce et d’élégance, est composée d’une arcade et de deux colonnes doriques élevées sur leurs piédestaux et couronnées par un entablement. Les tympans de l’ûn sont enrichis de deux Renommées sculptées en bas-relief, exoelleot morceau de Jean Goujon. Les bases des colonnes sont attiques et les chapiteaux ornés d’oves ; les métopes l’entablement sont enrichis de trophées d’une exécution très-soignée. (Voyex l’élévation, jJ. 8.)
Les deux corps de bâtiments latéraux ofireot deux avant-corps {ef) qui, bien que présentant quelques ressemblances, ne sont cependant pas symétriques. Celui de gauche (pl. 8.), est sans contredit le plus recommandable : son ordonnance se compose de quatre colonnes oorintbiennes cannelées , élevées sur un stylobate , et couronnées par nu entablement dont la fiÎM est aussi enrichie de trophées d’armes , de • la plus belle exécution. L’entre-colonnement du milieu, > plus large que ceux de côté , est ouvert par denx arcs surmontés de deux grandes croisées ; les entrecolonnes de côté sont ornées d» niches , et de cartouches d’un dessin gracieux , quelqde répréhensible que soit la licence que s’est donnée l’ar^
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cliitocte flans la distribution des ouvertures coni'prises dans rentre-colonncmcnl du milieu, la critique reste muette devant l’admirable ensemble de ce bel ouvrage. Ou trouverait difficilement une ordonnance d’uiie plus agréable proportion, «l’un style plus correct, cl d’une exécution aussi parfaite. I..C reste du château d’Econen, au milieu des plus grattdes licences ,'«t‘niême des iù/jirreries les plus singulières , olfre une foule de ces beautés de détails qu’on reniarqueasscr. généralement dafis les édifices élevés par Ruiland , et qui attestent tous' qnc cet li.-dirle-arcliilcctb sut secouer le joug du style gotbifpie dont son siècle n’ét:nt point encore aifranebi, et qn’ou retrouve dans les masses de presque tous les édifices de ce temps. L’antre avant-corps (jf) se coinpfwc des deux ordres dol'iqtfe et ionique l’un sur l’autre. Cette décoration , d‘un goAt pur et sévère, présente uu ensembled’ajusten»cut plus simple^ m.ais plus correct <]ue le premier.
La grande galerie d’Ecouen , originairèinent pavée en faïence, avalt'élé rétablie;, vers 1788, sur les dessins de M. Leroi , aicbitectc du prince de Coudé.
La petiteg:derie, dite (^pHychè , parce qu’elle était décorée de vitraux jreiuts eu camaïeux , représentait, en trente tableaux, Ibistturede l’Amour et de Psyché, d’après les compositions de Raphaël.
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Cette suite de peintures, exécutées eu l545«
• était i'ort curieuse et di^tic du maître dont elle reproduisait les dessins, avant qu’un vitrier d’E^ couen , en employant du grès en poudre pour !a nettoyer, eut détruit les demi -teintes, et laissé 1er verre à nu dans plusieurs endroits.
La masse du ciiàtrau a pu seule résister aux Oiagcs de la révolution; la plus grande partie des bustes, des tableaux cl autres chefs - d’œuvres des arts qu’il renfermait, ont été enlevés, brisés et mutilés. Quoi qu’il en soit, lorsque le Gouvernement en ordonna la conservation , plusieurs objets précieuse qui y étaient restes, furent alors transportés au Musée des monuments français, qu’on venait d’établir à Paris , dans le cloître des
* Petils-Aiigustins, et dont la garde avait été coufiéc à M. A.Lenoir. Parmi ces objets étaient vingt-deux cadres des vitraux de la galerie de Psyché ; les deux grands vitraux de la chapelle, dontlcPrimaticeavait donné les d<‘ssins, et qui représentent, l’un l.i Nativité , et l’autre la Circoncision du Christ ; un groupe de grandeur naturelle , représentant TEducalion de la Vierge, exécuté en albâtre de Lagîiy par Bulland; un bel autel en pierre de liais ; onlin , doux .sujets de bataille , dessinés et exécutés sur faïence par Bernard de Palissi, avec la. supériorité qui distingue tout ce qui est sorti de sa fabrique. Ces deux peintures précieuses servaient de pavé dans la chapelle du château.
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Le château d’Écouen s’est acquis une triste célélitilé dans nos discordes civiles, par l’édit de juin 1 55g qui prononça l’arrêt de proscription des protestants. Ne pourrait-on pas appliquer ici ce que dit Lucrèce : Tantiim religio poluit suadere malorum /
Mais non, ce ne fut pas la relij'ion qui mit le poignard à la main des persécuteurs de la réforme j ce ne fut que l’ambition ou la cupidité de quelquesuns , l’ignorance et la sottise d’un plus grand nom <■ bre. Instruisez les hommes, ils seront tolérants; ils ne prêteront plus une oreille si facile aux séductions des méchants, et leurs erreurs, aliment du fanatisme, n’ensanglanteront plus la terre.
MLLIERS-LE-BEL. — CHAMPEATREUX. — EUZARCHES. — ROYAUMONT.
Au pied du monticule d’Ecouen s’étend le village de Filliers, assez populeux , et que l’agrément de ses environs, couverts de maisons de plaisance, a fait surnommer le Bel. Son église paroissiale est très-vaste.
En suivant la route de Calais , et après avoir traversé le village du Ménil-Aubry, on arrive à Champlàtreux, autre petit village qui tire soy nom des belles carrières à plâtre qui l’avoisinent. Son château , bâti sur les dessins de Chevotet , est assez xemarquable. On y arrivait autrefois par deux
rREMIÈnK PROMENADE.
\astes avant-cours qui sont présentement Jisposées el plantées en jardins anglais de mauvais goût. Ce cliàleau est décoré d’un ordre de colonnes doriques, surmonté d’un ordre ionicpic ; l’avant-corps du milieu de la façade du côté du Jardin est couronné j)ar un fronton circulaire, dont le tynipn représente Diane partant pourlacliasse. Le même architecte a dessiné les jardins et bâti la petite église paroissiale. La fontaine et rabreuvolr, placés sur la route, sont entourés d’arbres plantés j)arM. de Malcsberbes. ’
Panni les anciens propriétaires de'Champlâtreux, on compte le courageux président Mole, dont les descendants possèdent encore le château.
Quand le voyageur est parvenu au-delà deChainplâlreux, ses regards sont arrêtés pr un objet nouveau et digne de les fixer : c’est la vallée de Luzarches , entrecoupée de prairies, de vergers, d’arbres, de ruisseaux qui |)rocurcrit à la petite ville du même nom un agrément [)cu ordinaire. Dans cette ville, peuplée de dix -huit cents ha- Litants , on voit une grande église paroissiale , remarquable par sa belle façade, et un ancien chàteati qui, souvent assiégé, a causé la ruine ihi bourg» Luzarches peut s’enorgueillir d’avoir , pendant leur proscription , ‘ accueilli les protesümts', qvii y trouvèrent l’asile dû au mallicur. ^
L’ancieune abbaye de Royaumont , fondation
LCZARCHES. '
favorite de saint Louis, est aujourd'hui un des etablissements les plus importants de la Fiance ^ en filature et tissage de coton l’immense maison çonvcntuelle contient les ateliers. Des débris de sa belle et célèbre église , on a construit un petit village habité par les ouvriers et leur famille au nombre de plus de quatre cents personnes , et renfermé dans l’enclos de l’abbaye avec la jolie maison abbatiale qu’habile le propriétaire de l’établissement. Cette importante manulàclure enrichit les villages d’alentour, et vivifie tout le voisinage.