DÉCADENCE DE L'ART
1657. Un lion tenant une téte d'animal sous l'une patte de devant. Jaspe tacheté de brun, avec des restes d'une monture antique de fer.
16Ô8. Un loup ou un chien sur le dos d'un cerf ab^lu. Jaspe rouge. Fr.
1669. Cerf courant, derrière lequel un arbre. Onyx ondé.
1660. Cheval debout, la tête baissée. Onyx.
1661. Vache, marchant. Cornaline.
1662. Une vache sous un arbre. Quarz gris.
1663. Même sujet; devant la vache, une étoile. Quarz jaunâtre.
1664. Un héron ou une cigogne, marchant. Onyx rubané. 166Ô. Oiseau pareil, debout, la tête levée. Lapis-lazuli.
1666. Paon, marchant. Sardoine.
1667. Paon, se baissant pour manger. Calcédoine.
1668. Perroquet debout, ayant dans le bec trois baies ( cf. les nos 1464-65). Cornaline.
1669. Un moineau, ou oiseau de chant, au-dessus d'une grande fourmi. Pâte brune.
1670. Un dauphin. CornaUne.
1671. Un éléphant, portant un lièvre sur le dos, mené dans une char attelé de deux fourmis; au-dessus, un dauphin; au-dessous, un autre poisson. Cornaline.
1672. Bague dont le chaton offre une tête barbue. Au milieu de la bague est une étoile ayant de chaque côté un trident, et au-dessous un objet indéterminé. Sardoine foncée.
1673. Nom d'une femme grecque (^j^^'^çl^^ 8- ^ (cachet) d'Epiktésis,'^ Cornaline avec des traces de monture antique.
» Cf. Boeckh. C.J. 1892j Becker Anecd. 1193,2.
1674. L'inscription latine Inf S- ^ ^*'-)' souhait qu'un
rELlX
autre jouisse heureusement (d'un don). Pâte imitant l'onyx.
167Ô. — AMO, fcdme. Pâte verte avec une raie bleue, à ^usieurs couches.
1676. — VIT(A), vie (jouissance de la vie). Pâte bleue à base blanche.
1677. — {fiic) (de g. à dr.), Ja bonne protec-
VA TIXPIA
triée, surnom de la Lune; entre les lignes un croissant et une étoile. * Chaton brisé d'une bague en cornaline.
2. Abraxas et pareilles représentations et inscriptions panthéistiques et mystiques.
Dans cette classe sont comprises les gemmes qui par des représentations égypto- orientales, ou par des formules talismaniques grecques et des noms hébraïques font allusion aux mystères et à ce mélange des différentes religions païennes entre elles et avec le judaïsme, qui surtout dans le 2i ème - 4ième siècle après J. C. eut lieu chez les sectes égyptiennes d'où se développèrent les gnostiques chrétiens. Ces gemmes se trouvent le plus en Egypte, en Syrie et dans les pays avoisinants. Au nombre des représentations qui y paraissent le plus fréquemment est la figure de divinité moitié égyptienne moitié grecque, gravée sur les nos 1678-83, représentant probablement, selon le nom souvent ajouté, le dieu Abraxas qui a donné ce nom à toute cette classe de pierres gravées. Suivant les relations des pères de l'éghse, les Basilidiens (secte chrétienne gnostique répandue en Egypte depuis le commencement du
1 Cf. une pierre pareille dans Gorl Gemmae astriferae II, p. 41 avec Tinscr. CONSERVATRlX Flyl. Diane avec le surnom de Conservatrix se trouve sur les monnaies de l'empereur Gallien, ainsi qu'Artémis, surnommée ^iSlTElp^-f, se voit souvent sur les monnaies grecques.
ABRAXAS
2ième siècIe) appelaient Abrasax ou Ahraxas l'être suprême ou le monde émané comme en étant le développement, puisqu'on s'imaginait 365 régions émanées ou degrés du monde spirituel, et que les lettres grecques dont ce nom était composé rendaient précisément ce nombre. Mais ainsi que ce nom semble être d'étymologie égyptienne, le dieu qui le portait a sans doute aussi été adopté par d'autres sectes en Egypte, comme sur ces pierres, qui se trouvent en nombre considérable, on ne découvre aucune trace du christianisme. D'autres figures également composées d'images de divinités grecques et égyptiennes se trouvent aux nos 1683-85, un démon panthéistique d'un caractère plus oriental au n» 1686. D'ailleurs des images de divinités et d'animaux égyptiens, en partie sous la forme purement égyptienne, en partie sous la romaine, paraissent sur les nos 1682-83, 1687-92, et enfin des images purement grecques d'Hécaté et de Cerbère sur les nos 1683 et 1193. Quant aux inscriptions ajoutées en lettres grecques à ces représentations, outre Ahraxas^ on trouve le nom du dieu des juifs Jao^ prononciation originaire de Jéhova, et peut-être encore plus de mots d'étymologie hébraïque, p. e. Abrael au no 1685, qui ressemble aux noms juifs des anges gravés assez souvent sur cette espèce de gemmes, et Ablatiathanalba^ au no 1683. Mais la plupart des inscriptions sont des formules inintelligibles, ou exprimant des doctrines des mystères, ou regardées comme douées d'un effet magique, ce qui est surtout le cas des mots qui se lisent également des deux côtés. Sur le no 1691 se voit la suite des voyelles grecques qu'on chantait aux sacrifices égyptiens % et qui expriment peut-être les 7 planètes ou les 7 cieux^. Toutes les inscriptions étant de g. à dr. , on peut en juger que ces pierres n'étaient proprement pas destinées
i Cf. Bellermann Ueber die Abraxas-Gemmen, II Sliick, p. 35.
^ Au lieu de musique de lyre oa de flûte, suiv. Demetr. Phal. De elocut. c. 71 .
^ Cf. Barthélémy, Mém. de Tacad. fr. T. XLI, p. 516 suiv., p. 519.
à servir de cachets; la plupart d'ailleurs sont gravées des deux cùtës , et * elles se trouvent quelquefois non seulement enchâssées immobilement dans des bagues, mais encore comme médaillons pourvus d'une bélière. Elles étaient sans doute tantôt des symboles et des tessères appartenant à des sectes religieuses et à des mystères, tantôt des amulettes qui, tant par les figures de dieux et les inscriptions magiques gravées ^, que par la force qu'on croyait renfermée dans la pierre elle-même**, étaient destinées à détourner des maladies et d'autres maux.
1678. Le dieu Abraxas à tête de coq et à pieds de serpent. Il tient un fouet au bras dr. et un bouclier rond sur le bras g.; ses reins sont ceints d'une courte jupe égyptienne {schentî). Jaspe vert dans un fragm. d'une bague antique de fer.
1679. Le même levant le fouet dans la main droite. Jaspe vert avec des traces de monture antique.
1680. Le même tenant le fouet plus bas. Héliotrope.
1681. Le dieu Abraxas comme sur le n» 1679. Au revers. Un lion ayant dans la bouche un lézard (?); au-dessus lAO) ABRACAZ . Héliotrope. B.
1682. Fragm. Partie supérieure du dieu Abraxas ayant le nom (IA)0) sur le bouclier; à gauche restent encore les lettres AB et CT'Ç, au-dessus et le signe de la lune. Au revers.
1 Des figures pareilles gravées, p. e. un serpent à tête radiée (serpent de Chnoubis), et des formules homophones, p.e. OPYto OYPWJH (cf. le rev. des nos 1690-91) sont prescrites comme remèdes contre des maladies par les médecins Marcellus Empiricus dans le 4ième siècle, Aëtius et Paulus ^gineta dans le 6ième et 7ième siècle. Cf. Koehler Ueber ein Schreiben Rubens an Peiresc, dans Mém. de l'acad. des sciences de St. Petersb. 18.35, III, livr. 1, p. 19 suiv., note 52.
- L'hématite et l'aimant étaient regardés comme des remèdes efficaces contre diverses maladies, surtout celle des yeux, voy. Plin. H. N. XXXVI, 25 et 37-38^ à l'hématite on attribuait aussi une force magique particulière, voy. Plin. H. N. XXXVII, 60. bes médecins cités (note précéd.) recommandaient le jaspe contre les douleurs d'estomac.
ABRAXAS
Une divinité féminine portant l'index de la main dr. sur la bouche (Isis comme déesse des mystères), debout devant un objet fragni. Entourée des lettres ...EIZZVE3A-- • Héliotrope.
1683. Prisme tétragone, cassé au bas. 1. Le dieu Abraxas surmonté d'une étoile; au-dessus l'inscr. NIXAPDriAHZ lAW, les lettres tournées vers les pieds de la divinité. 2. Hécate - Bubastis triforme, ayant sur les têtes un ornement en forme de modius, et dans les mains des instruments de torture : un flambeau, un poignard et un fouet ^ Au-dessus XM- VH-; audessous AXIA^APBA, les lettres tournées vers la figure, et une ancre (?) à demi cassée. 3. Une divinité mâle à téte de lion radiée (Osiris comme Eon et dieu du soleil), debout, ayant la courte jupe égyptienne autour des reins et chaussée de bottines. Dans la main gauche abaissée il tient un objet indistinct; devant lui on voit la partie inférieure d'un bâton qu'avait tenu sa main dr. et autour duquel probablement s'était entortillé le serpent de Chnouphis Au-dessus HAIA^PW; audessous Z3A et un symbole brisé. 4. Divinité féminine portant un vase (?) dans la main g. et levant la droite vers la tête (Isis comme déesse des mystères). Au-dessus, une grande étoile; au-dessous, A^AANABANAA(^A). Hématite. Fr.
1684. Divinité mâle à tête de lion et les mains armées de griffes, ceinte de la courte jupe égyptienne. Il est debout, sur les grandes ailes éployées d'un gryphe assis et lève les bras comme en prière. Au revers, l'inscr. OAOA . Jaspe tacheté de jaune et de vert. B.
1685. Divinité féminine à tête de vache , vêtue d'un double chiton, tenant un flambeau allumé à l'un des bras étendus; la partie inférieure de l'autre bras ainsi qu'une partie de la tête manquent. Au-dessus on lit 0A ? sous
1 Cf. Dactyliolh. de Stoscli, VIII, 16 et 17.
2 Cf. Mattcr Hist. du gnoslicisme, Pl. I, F. fig. 3, où à ce dieu est ajoutée l'inscr. 1^4 0).
lINTAILLES.
le bras droit A&PAHA, sous le bras gauche AA&ICOY ■ Au revers, l'inscriplion - - (H)IAIOI
- - ECXirAA
(lADE^OYTO
COYAAHe .
Aimant (fer oxydulé).
1686. Démon gnostique barbu , ilhyphallique (?) , ayant quatre ailes éployées, une longue queue et des excroissances singulières à la téte, aux genoux et aux pieds; les bras étendus tiennent chacun un long sceptre. Il est placé sur un ovale formé d'un serpent qui se mord la queue, dans lequel se trouvent quelques signes indistincts. * Au revers AAlAAM . Pâte bleue (imitant le lapis-lazuli).
1687. Horus Harpocrate, l'index sur la bouche, assis sur le calice de la fleur de lotus. Au revers, trois faucons, trois scarabées et trois crocodiles, rangés en trois lignes l'une sous l'autre. Hématite.
1688. Le môme à tête radiée, un fouet dans la main gauche, assis au haut d'un arbre dans une espèce de nid. Au revers lAO) • Lapis-lazuli.
1689. Anubis à tête de chacal ou de chien, debout, une palme sur l'épaule, étroitement enveloppé dans un manteau.
Au revers «'a • Aimant (fer oxydulé). M AHi
1690. La partie inférieure de cette pierre offre un vase en forme de cloche renversée, reposant sur des bâtons, probablement une cruche pour l'arrosement avec l'eau sacrée du Nil. ^ Sur les cordes attachées à la partie supérieure du vase sont deux divinités placées l'une vis-à-vis de l'autre, Isis coiffée
» Cf. Matter 1. c. Pl. I, E.
^ Au fond bombé et à l'ouverture tournée en bas sont attachées des cordes pour fixer le vase à la roue d'arrosement^ de l'un côté se trouve encore une anse pour faire tourner la roue. Sur cette explication et sur ces gemmes en général, voy. Koehler dans la lettre citée p. 182^ note 1.
ABRAXAS
et habillée comme à l'ordinaire, tenant une corne d'abondance et un sceptre, et Anubis en forme de momie à tête de chacal. Le tout est entouré d'un serpent qui se mord la queue. □PLUP
Au revers . Aimant (fer oxydulé).