EXPLOITATION DES MINES
en fer, auxquelles on fait porter une partie du poids total. Le tube d équilibre permet d'accéder à la base du cuvelage et de nettoyer la banquette sur laquelle la colonne doit reposer. Ce nettoyage s'effectue au moyen d'un grappin approprié à cet usage.
Lo tube d'équilibre présente encore son utilité à la Gn du travail ; il permet de s'assurer si le cuvelage est étanche à sa base. En effet, si, en tirant l'eau du tube, on ne constate aucune venue importante , c'est que l'opération a bien réussi.
La boite à mousse est formée par un cylindre spécial placé à la base de la colonne et par le premier anneau du cuvelage. Ces deux pièces portent l'une et l'autre un collet extérieur contre lequel on établit un matelas de mousse fortement serré et maintenu en place par un filet.
Les deux cylindres, en se rapprochant, compriment le matelas. Pour aider et forcer la mousse à presser contre les parois du puits, de petits ressorts en tôle sont placés au-dessus et au-dessous du matelas ; ils ont pour effet de donner à la pression une direction déterminée.
Dès que le cuvelage arrive au fond du puits, qui est foncé jusqu'aux terrains imperméables, la boîte à mousse se ferme avec d'autant plus de force que la colonne métallique est plus pesante, et il s'établit un joint étanche qui isole îustantanénient les eaux des terrains aquifères. Le bétonnage, que l'on exécute ensuite sur toute la hauteur du revêtement, vient tompléter le travail ; il ne reste plus alors qu'à retirer l'eau emprisonnée dans ce puits, à démonter l'appareil d'équilibre et àplacer quelques trousses à picoter pour consolider le siège du cuvelage.
Parmi les grands travaux exécutés par M. Chaudron, nous citerons : les deux puits de Maurage (1869 à 1872), qui, au point de ^e des difficultés présentées par la dureté des ternÙDS h traverser, de l'épaisseur de la couche aquifère et de la
f li nftoiTiTiQK ne mmb.
dimension des cnvelages, sont ans doote les puits les plus remaïqnables qui aient été faits jusqu'à ce jour.
Les aTslefoses de llanrage ont été foiées au diamètre de 4*,40 jusqu a la profondeur de i 90 mètres, puis garnies de cuTelage sur 160 mètres de hauteur. Le diamètre intérieur liln^ est de 3*,65. Ces oolonnes métalliques ne pesaient pas moins de 800000 kilogrammes, lorsque tims les tronçons furent assemblés et suspendus sur Teau au moyen de Tappareil d'équilibre. Pas un seul joint n'a donné la moindre fuite, et lorsque les boites à mousse se sont fermées, le niveau a été eoupé instantanément. Le travail complet des deux puits n*a pas exigé plus de trois années et n'a coûté que 900 000 francs (2 800 francs par mètre de puits cuTclé).
M. Chaudron vient d'entroprendro le fonçage d'un puits à la mine de soufre de Calcasien (Louisiane, Etats-Unis). Le terrain à traverser est ainsi composé :
Afgile et sable peu aquifère 50 mètres.
Sable boolani. &S —
T«raia caleaiifère, plus ou moias éboukur
et très-aquifère Sa —
ToUl...., 130 mètres.
La partie supérieuro du puits sera foncée à la main, par la méthode ordinaire, les sables boulants seront ensuite traversés par une ou deux colonnes du tubage en fonte; enfin les terrains de la partie inférieuro, s'ils ne sont pas assez résistants, seront aussi garnis d'un tube de rovétement. Le cuvelage viendra ensuite, comme dans les cas ordinaires.
Wcn que nous ayons limité notre petite rovuc mélallurgique à l'exainen des produits sidérurgiques, nous croyons devoir faire une exception en faveur de l'Exposition si intéressante et si complète de MM. J. J. Lavcissièro et fils, de Saint-Denis.
Placée dans la rotonde, suivant Taxe des grands portails, cette exposition produisait un effet grandiose, et c'est peutêtre elle qui a reçu le plus de visiteurs. Tous les invités de l'empereur d'Autriche ont passé sous les coupoles de cuivre du grand fabricant français; tous ont admiré les spécimens de tubes, de plaques, de cuves, etc., etc., groupés en ordre parfait ; mais aucun d'eux n'a peut-être songé en regardant les canons exposés, qu'il était en présence d'une admirable invention, née des nécessités de la guerre et destinée à révolutionner les pratiques de fusion suivies dans les arsenaux.
L'exposition Laveissière comprenait des produits en plomb, en caivre brut, en cuivre rouge laminé, embouti, et tréfilé, en laiton, en bronze et eu étain.
Voici les pifcccs que nous avons le plus remarquées. Une table de plomb laminé de 3°, 40 do largeur et 12", 50 de longueur; un disque en plomb laminé de 3 '",40 de diamètre ; une couronne de tuyau en plomb de 2 800 mètres d'une seule longueur sans soudure, et une cuve également en plomb à l'usage des fabriques de produits chimiques, fondue sans défaut par un procédé nouveau.
Des feuilles minces d'étain pour l'étamage des glaces, et de l'étain pur en larmes pour la chimie.
l'u plateau carré de cuivre brut de fonderie, ayant I "..ïO de
iîO EXPOSITION LAVÉISSIÈRE.
côté, G", 10 d'épaisseur et pesant 2 667 kilogrammes. Une planche de cuivre laminé de 3 mètres sur 2", 95 et une autre planche de 16 mètres sur 1",22(1).
Un tuyau de cuivre rouge sans soudure de 0",44 de diamètre et 6", 50 de longueur; deux tuyaux sans soudure, pour presse hydraulique, formés en nœuds pour indiquer la possibilité de donner à ces tuyaux les formes les plus tourmentées.
Dix-huit rouleaux de cuivre rouge pour l'impression des étoffes, étirés, tournés et alésés.
Plusieurs bottes de fil rosette de divers diamètres, dont une en fil fin du poids de 10 kilogrammes.
Une planche en laiton carrée de 2 mètres de côté et un disque également en laiton laminé de 2 mètres de diamètre.
Des tubes en laiton sans soudure de 4 mètres de longueur sur 0,330 de diamètre, et une série d'autres tubes dont le diamètre varie de 0",01 jusqu'à 0", 1 50, et la longueur de 4", 60 à 5 mètres.
Plusieurs bottes de fil de laiton dont une en fil fin pesant 10 kilogrammes.
Huit dômes de locomotive en laiton martelé et des bandes de laiton pour la fabrication de cartouches.
Parmi les pièces de chaudronnerie : une série de serpentins en cuivre sans soudure, faits chacun avec un tube de 10 mètres de long. Vingt types différents de plaques pour foyers de loco-
(I) Parmi les feuilles de cuivre exposées à Vienne, en dehors la maison Laveissière» nous citerons: une planche pour appareil à distiller de MM. Manhès, de Lyon, ayant 12 mètres de long, l^^^SOde large, 0"^^0025 d*épaisseur, et pesant 300 kilogrammes; une feuille sortant du laminoir, uon décapée, de 4 mètres de longueur, i™,40de largeur, 0",0001 d'épaisseur, pesant 5 kilogrammes, exposée également par MM. Manhès (celle feuille est peut-êlre la plus extraordinaire de toute Texposition de Vienne). Une planche de S", 560 de longueur, 2°»,7I0 de largeur, 0"',0015 d'épaisseur, et pesant 2 214 kilogrammes; une deuxième planche de iO mètres de longueur, 2™, 800 de largeur, 0",0025 d'épaisseur, et pesant 6,*W) kilogrammes, toutes deux exposées par Johan Liebieg, eu Autriche. Une planche de 12",600 de Iongueur, I'",9ir> de largeur, 0™,006 d'épaisseur, pesant i 3S2 kilogrammes, exposée par la maison Heckmano, de Berlin.
EXPOSITION LAYEISSIÈRE. iîi
motives avec bords relevés, portes embouties, formes rectangulaires et arrondies, parties restreintes.
Deux coupoles en cuivre rouge de 3 mètres de diamètre intérieur et de 3"',20 bord compris (1).
Des plaques de bronze pour monnaies et des pièces de canons fondues en coquille.
C'est sur la qualité du bronze coulé en coquille que nous appelons l'attention des métallurgistes et des ingénieurs. Lorsque MM. Laveissière, qui fondirent plus de cent pièces de canons pendant le siège de Paris, se décidèrent à envoyer à Vienne des échantillons de leur fabrication, ils autorisèrent M. Tresca à couper comme il entendrait une des pièces coulées et à en soumettre les morceaux à toutes les expériences qu'il jugerait convenable.
Des expériences comparatives faites par le savant professeur du Conservatoire, il résulte que ce bronze a de grands avantages sur le métal ordinairement employé dans la fabrication des canons et même sur le bronze phosphoreux dont on s'est beaucoup préoccupé depuis quelques années.
Voici la provenance et la composition des bronzes soumis aux expériences de déformation.
Bronze ordinaire de la fonderie de Bourges.
Cuivre 89.87
Etain 9.45
Zinc 0.31
Plomb .• 0.37
(i) La maison Manliès exposait une coupole de S^^^^O de diamètre avec une profondeur de i",30. Georges Zumayer et Sclione une coupole de V^,9iA intérieur avec bords de 0«,107, 1»,300 de profondeur et 0»,010*d'épaisseur. Les mêmes fabricants avaient également envoyé un grand couvercle de 3*^,477 de diamètre^ l'B.âSde profondeur, et pesant 736 kilogrammes. Les calotles de cuivre de Rincbaffer^ à Ramenilz-sur-Uule (Bohème), étaient aussi extrêmement remarquables.
Itl EXPOSITION LAVEiaUËRE.
Brmxe au phosphore de la fonderie de Bourges,
Cuivre 90.60
Etain ,.•••• 8.82
Zinc 0.27
Plomb 0.31
Bronze de MM. Laveissière^ è Saint-Denis.
Cuivre 89.47
Etain 9.78
Zinc 0.66
Plomb 0.09
Comme dans la note de M. Tresca, nous désignerons par B )e bronza ordinaire de Bourges, par F le bronze au phosphore çtpar L le bronze de Laveissière.
Les expériences de flexion n*ont pu être prolongées assez loin pour avoir déterminé à la surface du métal des modifications bien appréciables. On remarque seulement, ditM. Tresca, sur la masse distendue des échantillons B, un petit élargissement des différentes fissures ; les autres bronzes n'ont donné lieu à aucune remarque de même nature.
Les expériences de traction ont beaucoup plus altéré le métal, mais ces altérations mômes en font très-bien ressortir les propriétés.
Les barres B se sont fissurées transversalement sur beaucoup de points ; les barres P se sont beaucoup moins déformées ; les barres L ont donné lieu à un mamelonnage plus prononcé que les autres et à de très-petites fissures dans les angles.
Les cassures ont des apparences diverses :
B, éclat métallique, surface anfractueuse, nombreux grains d*étain ;
P, aspect terreux, surface grenue, grande- uniformité;
EXPOSITION LAVEISSIËRE. 133
L, éclat métallique, surfaee grenue, zone étendue plus blanchâtre que le reste de la section ;
Charge à la limite (t^dçit^.
BroDse erdinaira de Bourges (moyenne), 8^,961 par millim. earré.
Bronza au phosphore, -^ 9 ,669 «^
Bronze Laveissièirat • ^^ 1 1 i21Q ^^
Charge ayant amené la rupture.
Bronze ordinaire de Bourges (moyenne). 16S715 par millim. earré.
Bronze au phosphore — 21 ^837 —
Bronze Lavoissière — 26 ,270 —
lie travail nécessaire pour amener à U limite d'élasticité est dans le rapport suivant :
Pour la rupture, ce rapport devient :
Ce qui revient à dire qu'il faut, pour rompre une barre de broute ILayeispièr^, dépenser sept fois et demie jutant de travail que pour obtenir le même effet s^r le brqqze ordinaire. Dès le début de son travail, M. Tr^sca signala l'erreur où tombent les ei^périmentateur^ qui, opérant sur des barres de différentes longueurs, croient pouvoir établir une comparaison ei(acte en multiplie^nt les allongements réellement observés par le rapport des longueurs. Ces allongements, dès que la limite d'élasticité est dépassée, résultent tout à la fois d'un allongement purement local corrçspon^ftnt aux sections les plus étirées. En mnltipUant celui des petites barres par le rapport des longueurs des deux barres, on donne une notion fausse du phénomène, et il conviendrait de proposer une fois pour toutes que les déterminations des allongements de rupture fussent toujours observées sur une pièce d'épreuve ayant les mêmes dimensions, tant en diamètre qu'en longueur.
IÎ4 EXPOSITION LAYEISSIÈRB.
La conclasion du mémoire de M. Tresca, qui a été insérée dans les Comptes rendus de V Académie des sciences au moment où l'Exposition de Vienne s'ouvrait, est des plus intéressantes. Nous la publions in extenso :
« En annonçant ces résultats (1), nous n'avons pas pour objet de faire valoir tel ou tel mode de fabrication ; nous nous bornons à dessein à énoncer les résultats suivants :
ce Le bronze n'est pas, en général, d'une constitution assez homogène pour qu'on puisse se borner à un seul mode d'expérimentation, lorsque l'on veut en apprécier et en définir les propriétés.
« Dans les expériences de traction, il conviendra, à l'avenir, d'opérer sur des barres d'épreuve de dimensions exactement pareilles en longueur et en diamètre, et de n'estimer les allongements de rupture que d'après l'expérience directe, sans les rapporter au mètre de longueur, parce que ce ne sont pas des déformations qui puissent être soumises logiquement à un calcul de proportionnalité.
« Cette conclusion parait également applicable aux matériaux plus homogènes, et il serait essentiel de s'y conformer, notamment pour les essais des tôles de fer et des tôles d'acier, employées dans la construction des chaudières à vapeur.
«r Enfin, et cette observation justifierait à elle seule les détails dans lesquels nous sommes entré, il existe, dans l'industrie, des bronzes plus homogènes, plus ductiles, plus résistants, plus élastiques que les bronzes produits par les fonderies de l'Etat.
« Ces bronzes se déforment moins, à égalité de charge, au delà de la période élastique : ils peuvent supporter sans se rompre un allongement quintuple, et il faut, pour les briser, dépenser sept fois plus de travail.
« Nous serons heureux si ces indications, rendues publiques, avaient pour résultat d'améliorer la fabrication du bronze de
(i) p. 1236, n» 20, 19 mars 1873.
EXPOSITION LAVEISSIÈRE. 125
canon; elles nous donnent Toocasion de faire voir une fois de plus que toutes les industries sont essentiellement perfectibles sous le stimulant de la responsabilité et de l'intérêt personnels, et il est fort heureux que, tout récemment, la direction de Tartillerie se soit décidée à faire étudier, dans les ateliers de l'industrie, les meilleurs procédés de fabrication. »