‹ Description des machines les plus remarquables et les plus nouvelles à l'Exposition de Vienne en 1873Chapitre 42 sur 107 · MACHINES A TRAVAILLER LES MÉTAUX · texte numérisé non relu

MACHINES A TRAVAILLER LES MÉTAUX

blanc tons martelage ni tracé préalable. Le tube droit est saisi intérieurement et extérieurement par une double bague exten«sible en deux endroits et suivant deux lignes formant entre elles un angle déterminé; quand le serrage des bagues est énergiquement fait, on ramène, au moyen d'un puissant levier, les deux lignes de serrage l'une contre lautre et on obtient ainsi un pli, maximum à l'extérieur et nul à l'intérieur, qu'on répète jusqu'à ce que le coude soit entièrement fait.

A côté, la machine ou plutôt le procédé à tailler les matières dures, au moyen d'un jet de sable deTilghman. Puis les tours à décolter de Brown et Sharpe et la série des ma*chines de Sellers.

Les Anglais étaient bien représentés, malgré l'absence de Withworth, le grand constructeur de Manchester, qui, entièrement absorbé par les commandes de l'artillerie, ne fabrique plus guère que les machines-outils dont il a besoin, et celle de Fairbairn, l'un des bons outilleurs de l'époque*

Les maitons de Bergue, Hind et Scharp-Stewart, la dernière surtout, exposaient de très-beaux spécimens de leur fabrication.

En général, on peut dire que les Anglais sont les créateurs de routillage moderne, surtout au point de vue des formes rationnelles et de la stabilité. La transformation des modèles français date de l'Exposition de 1 862 ; les autres nations n*ont modifié leurs types que beaucoup plus tard.

A part l'exposition de balanciers à friction et de machines à cartouches de Deny, qui a obtenu le diplôme d'honneur, la France n'avait pas de représentant dans la section des machi- Qes*outils à travailler les métaux. Nous avons bien vu plusieurs machines d'une maison du Nord, mais comme elles ne brillaient ni par le fini de l'exécution, ni par les formes, ni par la qualité des matières, nous ne nommerons pas les constructeurs.

A notre grand regret, les maisons Waral, Decostef, Cail,

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Gouin, Calla, Pihet, Sayn, Claparède, Bouhey, Guettîer, et tant d'autres qui auraient pu faire honneur à notre fabrication nationale, s'étaient abstenues.

Nous avons remarqué en Suisse les machines à travailler le fer-blanc de Jaecklin, de Bâle ; une scie à ruban pour métaux de Rieter, de Wintherthur, et une grande radiale du même constructeur. En Belgique, plusieurs bonnes machines de Bède, un laminoir à trois cylindres de Gillon, une machine à diviser les engrenages de Primard et un laminoir universel de la Société des usines et charbonnages de Sclessin. En Suède, les outils Boëthius pour couper les bouchonsi l'exposition extrêmement réussie de Bolindar, le meillelir constructeur de Stockholm et les machines de Gibson et de Forsvih.

Les Allemands et les Autrichiens, qui avaient peu de transport à payer pour figurer à l'Exposition de Vienne, avaient surtout envoyés des machines remarquables par leurs grandes dimensions, copiées la plupart sur les types anglais, français et américains. ^

Chose digne de remarque, tandis qu'à peu d'exceptions près les constructeurs des autres contrées tiennent à conserver leur nom sur leurs produits et leur maison, lors même qu'ils mettent leurs établissements en actions, les Allemands ont petit à petit remplacé les noms propres par des titres génériques. C'est ainsi que les Zimmermann, les Hartmann, les Kœner, les Hartwig, les Kamp, les Sievers, les William Benndorf, ont disparu du monde industriel, pour faire place aux Sociétés Chemnitz» Saxonne, Gorlitzar, Carlshtitte, Anstalt, Humboldt, Vulcain.

Parmi une foule de machines presque semblables, nous avons distingué : un appareil à essayer les ressorts de véhicules de Hagener Gusstahl Werhe, d'Hagen en Westphalie ; les outils de Schone et Sohn, de Leipzig ; une machine à tailler les engrenages coniques, très-ingénieuse, de Riedenger, d'Augsbourg ; les outils de forge de Wagner, ceux de la Com-

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pag-oie saxonne de Chemnitz, les machines de Collet et Engelhard d'OfTenbach et celles de Schwindt de Carlsi'uhe, d'une excellente construction.

Un outil très-ingénieux pour faire les cannelures sur les arbres était exposé par EssUnger de Vienne, et les outils PfafT et Fernau, également de Vienne, se faisaient remarquer par leurs dimensions exceptionnelles et leur bon aspect.

La Russie, qui était assez bien représentée dans la section des chemins de fer, des machines à vapeur et surtout du matériel d'artillerie, n'exposait aucune machine-outil méritant d'être mentionnée.

Terminons cet examen rapide par quelques réflexions que nous a suggérées la vue d'un assez grand nombre de machines exposées seulement comme types de bon marché.

C'est une grande erreur de croire qu'il est économique d'acheter des machines trop bon marché, et qu'avec un peu de soin l'ouvrier se sert aussi bien d'un outil négligé que d'un outil bien fait.

Une machine-outil mal exécutée est la cause d'une foule de travaux défectueux. C'est la perte de la réputation et souvent line d'un atelier.

is qu'on veut produire un bon travail, il ne faut pas pechercher les outils à bas prix, mal combinés ou mal exécutés; avant tout on doit choisir un matériel fait avec une précision mathématique et doué d'une grande stabilité. En agissant ainsi, le prix des outils est bientôt annulé, non-seulement parce que les objets fabriqués ont plus de valeur, mais aussi parce que le travail est plus vite fait; si la somme dont on dispose ne permet pas de compléter de suite l'installation qu'on désire, il est préférable de ne se monter qu'au fur et à mesure des bénéfices réalisés, mais toujours avec de bonnes macbioes.

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