CONSIDERATIONS GENERALES
Dans les précédentes expositions, l'Angleterre, la France et l'Amérique avaient toujours obtenu les premières récompenses pour l'excellence de leurs moteurs. L'Angleterre construisait bien, évitant autant que possible l'usure et les vibrations; la France économisait le combustible; l'Amérique inventait de nouveaux types et perfectionnait les organes déjà connus. Les autres nations n'avaient jamais de bien grands succès : elles progressaient visiblement d'une exposition à la suivante, mais elles ne pouvaient lutter avec les trois premières.
S'il fallait s'en rapporter uniquement aux machines exposées à Vienne, on pourrait dire que tout est changé à cet égard et qu'aujourd'hui c'est la Suisse, la Belgique et l'Allemagne qui dominent dans la bonne conception et la bonne fabrication des machines à vapeur. C'est, en effet, dans ces trois sections que se trouvaient les moteurs Sulzer, Bède et Dingler, reconnus unanimement comme les meilleurs de toute la galerie.
Avant de porter un jugement définitif sur cette importante question et de déclarer les rôles intervertis, il est juste de remarquer que les principaux constructeurs anglais, français et américains s'étaient abstenus de prendre part au concours.
Il est hors de doute que si MM. Allen, Hick, Farcot, Le Gavrian, Duvergîer, Corliss, etc., avaient exposé, cela aurait changé ou tout au moins sensiblement modifié la situation.
Toujours est-il, et c'est là le point essentiel à signaler, que rindustrie des machines à vapeur a fait d'immenses progrès dans l'Europe centrale, tandis qu'elle est restée à peu près stationnaire en France, en Angleterre et aux Etats-Unis.
Les machines verticales à balancier, qui étaient nombreuses en 1855 et en 1862, et dont l'Exposition de 1867 possédait plusieurs échantillons remarquables, ont complètement disparu au nouveau concours. Les constructeurs de tous les pays ont adopté d'une manière générale le type horizontal, si commode a installer et à surveiller. Le système américain Corliss est le plus répandu non-seulement comme distribution, mais comme forme de bâtis. Un grand nombre de machines, munies de tiroirs ordinaires, n'ont plus aujourd'hui de plaque de fondalion proprement dite ; leur cylindre, dont le couvercle porte les glissières, est relié au palier principal par un longeron creux en fonte, laissant complètement libre un des côtés de la machine.
A part Dingler, qui a adopté une distribution par tiroir tournant, tous les constructeurs dont les machines ont été justement remarquées se sont attachés u remplir le programme suivant:
r Distribution par quatre organes indépendants les uns des autres : deux pour l'admission, deux pour l'échappement;
2" Détente variable par le régulateur;
3° Fermeture instantanée des distributeurs par une force indépendante des mouvements de la machine;
\'' Enveloppe de vapeur autour du cylindre;
S"* Condenseur placé à l'extrémité delà tige du piston.
Ces conditions ont été réalisées, soit par l'emploi du système Corliss, toi qu'il a été étudié par l'inventeur, soit par des soupapes, des mouvements à cames ou toute autre combinaison.
En résumé, on peut dire que l'Exposition de Vienne a été un triomphe pour le célèbre ingénieur américain. En lui accordant un diplôme d'honneur, malgré son abstention personnelle, le jury international n'a fait que confirmer le jugement de tous les gens compétents.
Doit-on, en présence d'un pareil succès, conseiller aux constructeurs d'abandonner complètement les anciennes traditions, de sacrifier leurs modèles, de refaire leurs études et de ne plus faire usage des détentes Meyer et Farcot? Nous ne le pensons pas, et, bien que très- favorable aux principes mis en pratique par Corliss, nous croyons que, dans beaucoup de cas, l'ancien système doit avoir la préférence.
La complication et le nombre des organes, le bruit et la brusquerie des encliquetages sont des inconvénients sérieux qui peuvent amener des arrêts dans la marche et empêcher de confier la manœuvre aux ouvriers ordinaires.
Et puis il ne faut pas se dissimuler que si, en général, on trouve une grande économie à employer le système Corliss, c'est surtout parce qu'on l'emploie pour remplacer d'anciennes machines dont la distribution est défectueuse. Si Ton comparait une bonne machine Corliss à l'une des trois machines suivantes, on serait étonné du peu d'économie réalisée par la première sur celle-ci : 1° machine construite par l'usine de Fives-Lille pour l'alimentation d'eau de la ville de Lille; T machine de l'usine d'Austerlitz exécutée par Farcot à Paris; 3" machine Duvergier, exposée à Lyon en 1872.
On pourrait répondre î\ cela que Fives-Lille, Farcot et Duvergier, avec leur entente parfaite de la construction des moteurs à vapeur, auraient eu de meilleurs résultats s'ils eussent combiné des machines Corliss, au lieu de celles dont nous parlons; c'est également notre avis, mais nous avons seulement voulu montrer l'erreur de ceux qui parlent de 10, 20, et même de 30 pour 100 d'économie.
Il est facile, en l'état actuel des choses^ de combiner une
iS8 MACHINES A VAPEUR.
machine de 50 chevaux, ne dépensant, en service courant, que de 1 kilogramme à 1^,200 de combustible par force de che* val et par heure, et nous ne sachions pas que ces résultats aient été sensiblement dépassés par les meilleures machines Corliss.
La détente par le régulateur peut être obtenue dans n'importe quel système. Cependant il n'est pas douteux que la ma* chine Corliss ne se prête admirablement à cette combinaison.
Les deux principaux avantages de cette machine consistent dans la fermeture instantanée des orifices d'admission et dans la possibilité d'augmenter sans inconvénient la compression de la vapeur vers la fin de la course du piston.
Dans les détentes le plus en usage, Meyer, Farcot, etc., l'ouverture des orifices correspond avec le mouvement accéléré des tiroirs, il s*opère donc dans de bonnes conditions; la fermeture, au contraire, se faisant lentement, la détente commence avant le moment voulu, alors que l'orifice n'est pas encore complètement clos. Les diagrammes montrent, en effet, une dépression sensible à la fin de la période d'admis* sion, tandis qu'avec le syetème Corliss la courbe de détente et la ligne d'admission font un angle nettement accusée Cela prouve certainement un meilleur emploi de la vapeur.
L'emploi d'une compression suffisante, pour qu'à la fin de la course du piston il y ait équilibre entre la pression de la vapeur qui arrive et celle renfermée dans l'espace nuisible, est une excellente chose en pratique. De saturée que la vapeur était, alors qu'elle s'échappait librement, elle passe à l'état de vapeur surchaufi'ée par suite de la chaleur produite par la compression.
Pendant l'aller du piston, la vapeur arrive comprimée, restitue le travail qu'elle avait absorbé et contribue par son échaufTement ù empêcher la condensation de la vapeur nouvelle.
Cette disposition ne peut être bien réalisée qu'avec des
MACHINES A VAPEUII. 18^
tiroirs à mouvements distincts ; car, si on n'fi qu'un seul tiroir, dès que la compression est assez intense pour le soulever de sa table, la vapeur d'arrivée se trouve en communication avec l'échappement, ce qui est très-préjudiciable au rendemcDt.
Avec des tiroirs multiples, s'il arrive que la pression à l'intérieur du cylindre dépasse celle de la chaudière, le tiroii' se soulève et il n'y a aucune perte. Les tiroirs d'échappement placés à la partie inférieure du cylindre laissent à chaque révolution un libre passage à l'eau entraînée ou condensée. C'est encore une très-utile amélioration. Comme on le voit, au point de vue théorique, les machines Corliss sont préférables aux autres, mais, nous le répétons, il est des cas oii il faut considérer avant tout tes facilités d'entretien et de réparations, le prix de revient et les chances d'arréls forcés. A priori, nous croyons qu'en dessous d'une force de 20 chevaux l'ancien système est préférable, et qu'il faudra (également conserver la détente Meyer toutes les fois qu'on ne pourra pas exercer une surveillance active sur la machine.
Une dernière considération doit trouver place dans cet examen d'ensemble. L'emploi des enveloppes de vapeur autour du cylindre esl-ii réellement économique et faut-il en établir à toutes les machines ?
Cette question est aujourd'hui très-controversée. Des savants émioenls, entre autres Hirn et Combes, ont démontré que la double enveloppe donnait une grande augmentation de puissance et une économie presque aussi grande de combustible. D'autres savants non moins réputés, Ranlfine, Nollet, Hildebrandt et Simpson, ont établi pur des théories et des expériences très-concluantes que non-seulement la double enveloppe ne procurait aucune économie de combustible, mais qu'au contraire les machines fonctionnent mieux sans elle.
En France, les travaux de Combes sont si connus et si iippréciés, que l'on admet partout la théorie favorable; c'est
190 MACHINES A VAPEUB.
donc l'opinion contraire qu'il importe do développer (1).
L*enveloppc agit comme surchaufTeur, son principal but est de conserver la vapeur du cylindre à l'état sec, d'empêcher la condensation en fournissant la quantité de chaleur nécessaire a celle fin. Elle maintient le cylindre à une température presque uniforme et esl surlout employée lorsqu'on se sert de vapeur à haute pression et à grande détente.
Pour examiner son action, il faut considérer Teffet de la vapeur en contact avec le piston pour la production d'un travail utile. La vapeur du générateur entre dans le cylindre après que ce dernier a été soumis à Tinfluence refroidissante du condenseur ou de l'almosphère, de sorte qu'une partie de la chaleur se perd dans l'épaisseur du cylindre. Si celte vapeur était en contact pendant un temps suffisamment long avec le cylindre, l'équilibre d«^ température s'établirait entre eux; mais, comme la transmission de la chaleur n'est pas instantanée et que la vitesse du piston est trop grande pour que l'on puisse admettre qu'il y ait transmission complète, l'équilibre n'est pas obtena, et par suite le cylindre n'est jamais à la môme température que la vapeur, et la température réelle est une moyenne entre les deux.
La porte de chaleur résultant de l'influence du condenseur ou de l'atmosphère est donc moins grande que ne le prétendent ceux qui admettent qu'après chaque course le cylindre est refroidi à la même température que le condenseur ou l'atmosphère. Kl plus la vitesse du piston est grande, et moins cette perte est considérable.
Il y a plus, une partie notable de cette chaleur est seulement emnicigasinée dans le métal du cylindre pendant l'admission de la vapeur, puis restituée pendant la détente.
Quant à la théorie de Tévaporation de l'eau entraînée à l'état vésiculaire et de la réévaporation pendant la détente,
(1; Pour plus de tlélails, consulter la Théorie de M. Hildebrandl, pnbliée en 1873, dans le journal anglais 17ron.
MACHINES À VAPEUR. 19i
ille n'a jamais été bien démontrée, et Texamen do nombreux liagrammes prouve, en tous cas, que son importance est minime.
Il est incontestable que, pendant la course du piston, la température du cylindre est plus grande avec une enveloppe que sans enveloppe, et que par conséquent le travail total est augmenté; mais à cette augmentation de travail correspond naturellement une augmentation de dépense de combustible, puisqu'il faut entretenir la température de Tenveloppe à un mémo degré .
Enfm les critiques ajoutent que la construction des cylindres à enveloppe coûte 20 pour 100 plus cher que celle des cylindres sans enveloppes, qu'il y a une grande difficulté à faire et à entretenir les joints, spécialement près du couvercle, et que, quand ces joints sont en mauvais état, la perte qu'ils occasionnent est énorme.
N'ayant jamais fait d'expériences directes, nous nous bornons à exposer l'avis de MM. Rankine et Hildebrandt au sujet des enveloppes, laissant le lecteur libre d'en tirer la conclusion qui lui semblera la meilleure.
En résumé, quatre points sont hors do discussion, deux avantageux et deux défavorables aux enveloppes :
1* L'enveloppe augmente le pouvoir du moteur;
i!" Elle diminue les chances de rupture du cylindre par l'accumulation do l'eau;
3" Elle augmente le travail d'entretien ;
4** Elle augmente le prix de fabrication.
En 1871, MM. Nollct et C% constructeurs belges, ont fait de longues expériences et sont arrivés à cette conclusion, que non-seulement la double enveloppe n'est pas économique, mais que les machines fonctionnent mieux sans elle.
Plusieurs constructeurs auxquels nous avons parlé de cette intéressante question pendant l'Exposition de Vienne, nous ont au contraire affirmé que leurs machin^^
i9i MACHINES A VAPEUR.
meilleurs résultats économiques avec la double enveloppe qu'avec la simple enveloppe de feutre et de bois.
Tout ce que nous venons de dire n*est relatif qu'aux machines à simple cylindre; nous aurons, en décrivant le moteur Dingler, l'occasion de revenir sur ce sujet à propos des machines système Woolf à deux cylindres.
Parmi les 75 machines fixes exposées à Vienne, il y avait :
56 machines horizontales à simple cylindre ;
6 — horizontales à deux cylindres ;
4 — verticales à action directe, simple cylindre; 1 — verticale à action directe, système Woolf ;
7 — horizontales, système Woolf ;
1 — à trois cylindres pouvant se placer horizontalement
et verticalement.
Le régulateur le plus employé était celui de Porter, 24 machines en étaient munies ; le régulateur Buss, qui venait ensuite, ne comptait que six applications.
22 machines avaient des condenseurs, 53 n'en avaient pas;
26 machines étaient munies d'enveloppes, 49 n*en avaient pas;
On comptait 26 détentes actionnées par le régulateur et 10 distributions Corliss.
L'énumération des machines exposées fera ressortir beaucoup mieux qu'une longue dissertation les tendances des divers constructeurs européens et américains.
Dans lonumération que noua allons faire, nous suivrons l'ordre de classification adopté par la commission autrichienne, basé, comme nous l'avons déjà dit, sur la situation géographique des divers pays.
Amérique. — Près l'entrée de la galerie se trouvaient deux machines horizontales actionnant les outils à bois et à métaux exposés par les Etats-Unis, et deux machines verticales donnant le mouvement, l'une à une fabrique mécanique de chaussures, l'autre aux appareils pour la gravure, système Tighmann.
Ces quatre machines étaient sans détente variable, sans condensation et sans enveloppe de vapeur. Toutes quatre étaient munies du régulateur Pickering (trois petites lames de ressort portant des boules en leur milieu), lequel sert, sinon à donner une marche parfaitement régulière, du moins à empêcher les grands écarts de vitesse.
La plus petite des machines horizontales sortait des ateliers de MM. Davis et Pickering, de Portiand. Elle avait le volantpoulie au milieu de l'arbre moteur et une bielle de chaque côté. Le diamètre de son piston était de 0°',15, sa course àeO",30; la vitesse, de liiO tours à la minute.
Cette machine avait été étudiée pour tenir dans un espace très-étroit, la largeur du bâti ne dépassait pas 0",40, et la courroie, au lieu d'être plate, avait une section triangulaire, constructeurs avaient d'abord superposé deux épaisseurs
courroies ordinaires, puis une série do morceaux de cuir se terminant presque en pointe et assez courts pour permettre le développement facile sur des pouliea à f 'rès-
. -COUl
i94 REVUE DHS MACHINES FIXES.
profonde. La section de la courroie qui, ainsi constituée, agissait parfaitement et par coincement, était un triangle équilatéral d'environ 0",04 de côté. Nous n'avons pas compris l'avantage d'une semblable disposition, mais nous devons constater qu'elle n'a donné lieu à aucun ennui, et qu'elle a fonctionné sans arrùt pendant toute la durée de l'Exposition.
La seconde machine horizontale était exposée par la Compagnie r/ron, de Norwalk. Son bâti richement peint (vert et or à Taméricaine) était du système Corliss ; le piston avait un diamètre de O^jSO et une course de 0'",60. La vitesse était de 100 tours à la minute.
Les deux machines verticales, qui se faisaient remarquer par leur agencement et par le fini de l'exécution, sortaient des ateliers de la Société djes moteurs de New- York. Leur cylindre était à la partie supérieure, les glissières sur les nervures du socle, l'arbre coudé en bas avec une poulie de chaque côté. Tout le mécanisme était logé dans le bâti, ce qui n'empêchait pas le graissage ni le démontage d'être faciles. Le bâti en forme de balustre était très-réussi ; les tuyaux seuls, en saillie du haut en bas, déparaient un peu ces jolis moteurs. Nous désirons voir un type analogue, avec tuyaux dissimulés, remplacer les machines qu'on installe en France dans les magasins, et qui sont loin d'être aussi commodes et aussi élégantes.
Angleterre. — On no comptait pas moins de quinze machines fixes anglaises, tant dans la galerie des machines que dans les annexes de l'agriculture : deux à condensation et treize sans condensation :
r Machine horizontale Woolf exposée par Golloway et Son, de Manchester. Diamètre des pistons, O^îSS et 0",60; course, 0'°,75; nombre des révolutions par minute, 60. Cylindre sans enveloppe. Détente par le régulateur. Distribution par soupapes horizontales. Condenseur ordinaire. Bonne installation, mais un peu compliquée, ayant eu plusieurs arrêts forcés pendant l'Exposition;
nRVOE DES MACHINES FIXBS. Ifi.S
' Machine horizontale do la Société de Reading. Détente variable non actionnée par le régulateur, cylindre Ji enveloppL-, tiroirs ordinaires. Condenseur séparé. Diamètre du piston, 0°',42 ; course, 0'",75 ; nombre de tours, 7U ;
:i" Machine liorizontalc de la môme société, sans condensation. Diamètre du piston, O^.âS ; course, 0'",3a; vitesse, 100 tours; commt! la précédente, cette machine avait une double enveloppe au cylindre ;
4' Machine horizontale sans condensation exposée par Dorliam, de Blackburn, munie d'un régulateur Porter et d'une enveloppe de vapeur communiquant avec la boite ii tiroir. Diamètre du piston, 0°,40; course 0",9(>; vitesse, 55 tours. ^pi9tribution par double tiroir, avec lumières très-étroîtes ; ^^■S° Machine horizontale à condensation du même construc- ^Vpir. Régulateur ordinaire, conduisant la délente, enveloppe àe vapeur, condenseur avec mouvement distinct. Distribution par tiroirs actionnés par des cames et des engrenages. Diamètre du piston, 0"',io ; course, 0"',00 ; vitesse, ïili tours ;
fi° Machine horizontale à condensation, exposée par Tangye frères, de Londres. Bégulatcur microscopique surmontant le robinet d'admission, enveloppe de vapeur, condenseur avec mouvement distinct. Diamètre du piston, (>",30 ; course, 0'°,60; vitesse, GO tours. Très-bonne construction;
7° Machine horizontale, sans condensation, détente variable ù la main, de la maison Clayton, de Lincoln. Cylindre ù enveloppe, régulateur ordinaire. Diamètre du piston, 0",32; course, 0°',43; vitesse, 85 tours. Les pièces de cette machine, exposée dans l'annexe d'agriculture, étaient limées sur toutes les faces, le bâti lui-mênieétait poli partout. Les Anglais et les Américains sont coutumiers du l'ait; ils font des appareils spéciaux pour les e.xpositions, certnins de plaire à la masse des visiteurs, si ce n'est aux hommes compétents ;
8" Machine horizontale, sans condensation, détente variable à la main, exposée par Mai'shall, de Oainsborough. Cylindre à
enveloppe, régulateur ordinaire. Diamètre du piston, 0",27; course, 0'°,40; vitesse, HO tours;
9"" Machine horizontale à deux cylindres à enveloppe, sans condensation, exposée par Charles Powis, de Londres. Détente nxe, régulateur ordinaire. Diamètre des pistons, 0",27; course, 0'",45; vitesse, 90 tours. Construction rustique, mais grande dépense de vapeur ;
10* Machine horizontale sans condensation de New, àNottingham. Détente variable, actionnée par un régulateur Porter. Cylindre sans enveloppe. Diamètre du piston, 0",30 ; course, 0'",4d; vitesse, 80 tours;
11* Machine verticale du même constructeur. Détente fixe, régulateur ordinaire, cylindre sans enveloppe. Diamètre du piston, 0'°,20; course, 0",27; vitesse, 180 tours.
12'' Machine horizontale sans condenseur ni enveloppe, de la maison Robey et C". Régulateur ordinaire, pièces polies partout; diamètre du piston, 0'",23 ; course, 0",40; vitesse, i 25 tours ;
13* Machine horizontale sans condenseur de Ruston cl Proctor, de Lincoln. Enveloppe de vapeur, régulateur parabolique, détente fixe. Diamètre du piston, 0'",21 ; course, 0",21; vitesse, 120 tours;
14* Machine horizontale de Turner et Ipswich, sans condensation. Détente variable au moyen d'un régulateur placé dans le volant. Enveloppe de vapeur. Diamètre du piston, O'",lo; course, 0'",25; vitesse, 270 tours;
15° Machine à trois cvlindres, brevet Brotherhood et Hardingham, de Londres. Vitesse pouvant aller jusqu'à 1500 tours. Diamètre des cylindres, 0'",23; course, 0",22. Celte machine, Tune des plus originales de la galerie, sera décrite plus loin.
Frnnce. — Si nous en exceptons la machine d'extraction exposée par Quillacq et la machine demi-fixe de Chevalier et (irenier, nous ne trouvons, dans la section française, que
iqnatre moteurs pxposés par Fives-Lîlle, le CreusoL f t la maison Hermann-Lachapeile.
1° Machine horizontale sans condensation, piston deO'°,350 de diamètre et 0°", 700 de course. Détente Meyer; vitesse, 50 tours ; cylindres sans enveloppes do vapeur.
La Compagnie de Fives-Lille n'a pas exposé, à proprement parler, de moteur à vapeur; la machine dont il s'agit fait partie d'un matériel de sucrerie, et, si la condensation a été supprimée, c'est qu'on trouve généralement peu d'eau dans les localités oii sont situés les ateliers d'extraction de jus et que d'autre part il ne faut pas compliquer un mécanisme qui deviendrait sujet à des dérangements.
En somme, la machine de Fives avait do grandes qualités: bîUi bien stable, grandes surfaces de frottement, assemblages simples et solides, formes rationnelles.
2° Le Creusot exposait une machine verticale ïi pilon, système Woolf, extrêmement remarquable au double point de vue de la qualité des matières employées et de la perfection du travail. Diamètre des pistons, 0°','iOO et O^iSoO; course, 000. Double enveloppe de vapeur. Détente par le régulateur au moyen d'une disposition brevetée par M. Schneider. Vitesse, 60 tours ii la minute.
Nous n'avons aucune donnée pratique sur les dépenses en combustible de cette machine, mais l'étude en est supérieurement faite et donne toutes garanties d'économie et de durée. C'est plutôt un moteur de bateau qu'un moteur d'atelier, et on pourrait lui reprocher d'être moins facile à nettoyer et à graisser qu'un moteur horizontal ; mais dans le cas où on ne dispose que d'un espace restreint, son emploi est parfait.
\i° Parmi les nombreux appareils exposés par la maison Hermann-Lachapellc se trouvait une petite machine horizontale très-bien étudiée et d'une exécution irréprochable. Force, 2 chevaux; diamètre du piston, O™, 125; coiii-se.M"',2^n; nombre de tours par minute, 17(1; dOtente Qxe, commen^^ant
f08 REVUE DES MACHINES FIXES.
aux deux tiers de la course. Le prix de cette machine est de 1 400 francs.
Le même constructeur avait envoyé une machine verticale de 2 chevaux sur colonne, gui, au lieu d'avoir son mécanisme dans l'intérieur du bâti comme les machines américaines, avait tous ses organes placés latéralement. Cette disposition présente, sans doute, de plus grandes facilités d'entretien et de réparation, mais elle est moins élégante et plus coûteuse que celle à laquelle nous la comparons. Somme toute, c'est là un bon type, qui peut convenir à une foule d'applications.
Diamètre du cylindre, O^îHS; course du piston, G", 300; nombre de tours à la minute, 115. Détente fixe, commençant aux trois quarts de la course. Prix, i 500 francs.
Ces deux dernières machines étaient calculées pour marcher à une pression de 6 kilogrammes.
Belgique. — La Belgique n'était représentée dans le groupe des machines à vapeur que par la maison Bède et C» dont la conception sera décrite dans le chapitre suivant.
Notons, en passant, que la détente est du système Bède et Farcot, que le régulateur est du système Proell et que 1 ^ condenseur, placé à l'extrémité du cylindre, est actionné par le prolongement de la tige du piston.
Diamètre du piston, 0°, 45; course, 1000; vitesse» 45 tours; force effective, 50 chevaux.
Suisse. — On comptait, dans la section suisse , cinq machines, toutes dignes d'un sérieux examen :
r Machine horizontale à condensation, détente par le régulateur Porter, enveloppe au cylindre exposée par Suizer frères, de Winterthur. Diamètre du piston, 0'",425; course, 1",050; vitesse, 50 tours; force effective, 60 chevaux;
T Machine horizontale sans condensation, des mêmes constructeurs. Détente par le régulateur Porter et enveloppe de vapeur. Diamètre du piston, 0'°,160; course, 0",400; viteue, 100 tours; force effective, 8 chevaux ; j
Machine horizontale sans condcasatiou de la maîsoa Eschur et Wys, do Zurich. Distribution Corjiss avoo mouvement Spencer et Inglis. Enveloppe do vapeur, régulateur •iTler. UianiPtre du piston, 0'",70Û ; course, l"',;ioOj vitesse, 'loura ; force elt'ective, (iÛ chevaux; ♦' Machine horizontale sans condensation , exposée par Socin et Week, à Bûle. Distribution et mouvement analogues à la précédente. Ûiamètredu piston, 0°", 330 ; course, 750; vitesse, 6a tours ; force effective, 30 chevaux ;
5° Machine horizontale à condensation et enveloppe de vapeur, exposée par Scheller et Berchtold, de Thalweil, près Zurich. Régulateur ordinaire, distribution et mouvement combinés par les constructeurs. Diamètre du piston, O'',300; course, ()",()00; vitesse, G5 tours ; force effective, 10 chevaux. Allrmacne. — L'exposition des divers Etats derAIlemagno comprenait seize machines fixes, dont plusieurs ont été fort remarquées, mais dont le plus grand nombre était Irès-ordinaire comme conception et exécution :
^^■1* Machine horizontale Hartmann, do Chemnitz, sans con- ^Hptation. Distribution Sulzor. Enveloppe de vapeur. Dia- ^m^tre du piston, O", 680; course, l'",300; vitesse, 38 tours; 2' Machine horizontale de la fabrique d'Augsbourg. Distribution Suizer. Enveloppe de vapeur et condensation. Diamètre du piston, 0'",345; course, 0',7.iO; vitesse, 62 tours;
'i° Machine horizontale à condensation et sans enveloppe, exposée par le comte Stolberg, d'Iscnburg. Distribution Corliss, avec régulateur Buss. Diamètre du piston, 0",400; course, 0", 800; vitesse, 50 tours;
4* Macliine horizontale à condensalion et sans enveloppe, de Reinecke, à Kœnisberg. Distribution Corliss telle qu'elle est employée par l'inventeur. Régulateur à quatre boules système Buss. Diamètre du piston, O'',430; course, O-.SUo; 180, 60 tours; ' Machine horizontale Woolf à condensation et sans enve-
loppe de vapeur, exposée par la société de construotions mécaniques de Gôrlitz. Distributeurs par tiroirs. Diamètre des pistons, 0"*,580 et 0"*,310; course, 0", 800 ; vitesse, 75 tours;
6** Machine horizontale à deux cylindres, de la Compagnie de constructions de Carlshiitte, sans condensation ni enveloppe. Régulateur ordinaire et détente variant à la main. Diamètre des cylindres, 0'",460; course, 0"*,840; vitesse, 45 tours ;
T Machine horizontale à détente variable par le régulateur, condensation et enveloppe, exposée par Decker frères, de Canstatt. Diamètre du piston, 0°*,400; course, 0",800; vitesse, 54 tours;
8" Machine horizontale sans condensation et sans enveloppe, construite par rétablissement saxon de la construction des machines de bateaux, à Dresde. Détente Farcot par le régulateur parabolique. Diamètre du piston, 0",300; course, 0",600 ; vitesse, 52 tours ;
9** Machine horizontale sans condensation, exposée par la société r Union de Berlin^ ancienne maison Webers. Détente variable au moyen du régulateur système Werner. Cylindre à enveloppe, tiroir ordinaire. Diamètre du piston, 0'",370; course, 0",710; vitesse, 55 tours;
10° Machine horizontale sans condensation ni enveloppe, de Englerth et Cunzer à Eschweller, sans régulateur. Détente variable à la main. Diamètre du piston, 0",62i ; course, 0"*,775 ; vitesse, 50 tours ;
11° Machine horizontale de la société de constructions mécaniques, à Chemnitz, sans condensation, ni enveloppe, ni régulateur. Détente à la main. Diamètre du piston, 0'",3o4; course, 0'",732; vitesse, 44 tours;
12° Machine horizontale sans condensation ni enveloppe, exposée par lancienne société Miinnich, à Chemnitz. Régulateur Porter, détente Meyer. Diamètre du piston, 0'",470; course, 0",850; vitesse, 40 tours;
43* Machine Woolf, de Dingler, lune des plus originales et i^s mieux étudiées de toute la galerie. Distribution par tiroirs rotatifs, détente par le régulateur Porter. Diamètre des pistons, 0-,125 et 0"',250; course, 0",500; vitesse, 115 tours. N ous consacrons à cette machine une longue description et Bous en publions (pi. 24) les dessins complets;
iV Machine horizontale à deux cylindres sans condensation ni enveloppe, de la Compagnie anglo-allemande du Hanovre. Régulateur Porter. Détente fixe. Diamètre des pistons, 0",225 ; course, 0",35 ; vitesse, HO tours ;
15" Machine horizontale d'Adler et Panovoki, àSoran. Régulateur ordinaire, sans condensation ni enveloppe. Diamètre du piston, 0",32; course, 0",56; vitesse, 60 tours;
16'' Machine horizontale sans condensation et sans enveloppe, exposée par Hermann-Ulbricht, de Chemnitz. Régulateur ordinaire, détente fixe. Diamètre du piston, 0",32 ; course, 0",56; vitesse, 60 tours.
Antrlche-Hongrie. — L'exposition de TAutriche-Hongrie était plus complète que remarquable. Elle comprenait vingtcinq machines, la plupart sans condensation et sans enveloppe de vapeur. Les régulateurs Porter et Buss, surtout le premier, ont été généralement adoptés par les constructeurs de ce pays.
V Machine horizontale à deux cylindres, exposée par la grande maison Danek, de Prague, sans condensation, sans enveloppe et sans régulateur. Diamètre des pistons, 1",100; course, 1",300; vitesse, 100 tours. Force nominale, 1000 chevaux ;
2* Machine horizontale du môme constructeur, sans condensation ni enveloppe. Détente variable à la main. Pas de régulateur. Diamètre du piston, 0"',75; course, P,20; vitesse, 4 00 tours;
3* Machine horizontale à condensation sans enveloppe, du même constructeur. Détente variable à la main. Régulateur
Porter. Diamètre du piston, 0"',525 ; course, 1 ",050; vitesse, 38 tours ;
4"* Machine horizontale Woolf à condensation, du même constructeur. Détente variable, sans enveloppe. Régulateur Porter. Diamètre des pistons, 0",26 et 0",32; course, 0",70; vitesse, 58 tours;
5** Machine horizontale à double cylindre et condensation, exposée par Sigl, à Vienne. Distribution Rider, régulateor Porter. Pas d'enveloppe. Détente actionnée par le régulateur. Diamètre des cylindres, O^jSl; course, 1",04; vitesse, 42 tours ;
6"* Machine horizontale du même constructeur, sans condensation ni enveloppe. Distribution Rider, régulateur Porter. Détente actionnée par le régulateur. Diamètre du cylindre, 0",42 ; course, 0'",84 ; vitesse, 50 tours ;
T Machine horizontale du môme constructeur, semblable à la précédente, à part les dimensions. Diamètre du piston, 0",32; course, 0"*,64; vitesse, 65 tours;
8** Machine horizontale à double cylindre sans condensation et sans enveloppe, exposée par la société du Simmering, fondée par Schmidt. Détente Mcyer. Régulateur ordinaire. Diamètre du piston, 0™,475 ; course, 0",930; vitesse, 50 tours. ;
9' Machine horizontale des mômes constructeurs, sans condensation ni enveloppe. Distribution a tiroir circulaire, détente actionnée par le régulateur. Diamètre du piston, 0^265; course, 0°',030; vitesse, 65 fours;
10® Machine horizontale des mêmes constructeurs, sans condensation ni enveloppe. Détente fixe. Régulateur ordinaire. Diamètre (lu piston , 0", 160; course, 0'",320; vitesse, 85 tours;
11° Machine horizontale à condensation et enveloppe, exposée par la société de constructions de Prague, fondée par Ruston. Distribution brevetée Dantzcnberg, régulateur Porter,
actionnant la détente. Diamètre du piston, 0'",415; course, 0-,830; vitesse, 55 tours;
^2*' Machine horizontale sans condensation ni enveloppe, exposée par Marky et Bernard, de Prague. Distribution Corliss, avec valves Marky et Schultz et régulateur Porter réglant ladétente. Diamètre du piston, 0",415; course, 0'",780; vitesse, 50 tours;
13"* Machine horizontale à condensation sans enveloppe, exposée par la société de construction mécanique du Briinn. Distribution Corliss. Régulateur ordinaire, réglant la détente. Diamètre du piston, 0'",380 ; course, 0'",930; vitesse, 62 tours;
14" Machine horizontale avec condensation et enveloppe, exposée par Frédéric Wannieck, de Brunn. Distribution Corliss, détente Wannieck et Koppner, réglée par un régulateur Porter. Diamètre du piston, 0",425; course, 0'",930; vitesse, 50 tours ;
15* Machine horizontale, du môme constructeur, sans condensation ni enveloppe de vapeur. Détente fixe, t-égulateur Porter. Diamètre du piston, 0'",363; course, 0'",622; vitesse, 75 tours ;
16* Machine horizontale sans détente ni enveloppe, exposée par Yidats Gepgyyara, de Pesth, Régulateur Porter, délente ordinaire. Diamètre du piston, 0",337; course, 0",492 ; vitesse, 1 00 tours ;
17** Machine horizontale sans détente ni enveloppe, de Friedrich et C% de Vienne. Distribution ordinaire. Régulateur breveté par le constructeur, agissant sur la détente. Bonne machine bien étudiée. Diamètre du piston, ,0",225; course, 0",450; vitesse, 100 tours;
IS** Machine horizontale sans condensation ni enveloppe, exposée par le prince Jean de Lichlenslein, à Adamsthal. Régulateur Buss. Diamètre du piston, 0'",388 ; course, 0'",770; vitesse, 50 tours;
lO** Machine horizontale sans condensation ni enveloppe,
soi REVUE DES MACHINES FIXES.
exposée par Georges Topham, de Vienne. Régulateur ordinaire n'agissant pas sur la détente. Diamètre du piston, 0",440; course, 0",770; vitesse, 55 tours;
20'' Machine horizontale sans condensation ni enveloppe, des frères Noback et Fritze, de Prague. Régulateur Porter, détente se manœuvrant à la main. Diamètre du piston, O'',270; course, 0",450; vitesse, 60 tours;
2r Machine horizontale sans condensation ni enveloppe, exposée par Salomon Huber, de Prague. Distribution système Rider. Régulateur Porter, agissant sur la détente. Diamètre du piston, 0",285; course, 0'",570; vitesse, 70 tours;
22"" Machine horizontale à double cylindre sans détente variable, ni enveloppe, ni condensation, exposée par Millier, de Prague. Régulateur ordinaire. Diamètre des pistons, 0", 2 40; course, 0'",450; vitesse, 100 tours;
23* Machine horizontale sans condensation ni enveloppe, de Erich et Hoffmann, à Cracow. Régulateur Buss, détente variable à la main. Diamètre du piston, O^jSSO; course, 0",580; vitesse, 80 tours;
24° Machine horizontale sans condensation ni enveloppe, exposée par Pe te rsei m, de Cracow. Régulateur Porter, détente variable à la main. Diamètre du piston, 0",150; course, 0^,245; vitesse, 120tours;
25° Machine horizontale à action directe sans condensation ni enveloppe, exposée par Prick, de Vienne. Régulateur à boule, détente fixe. Diamètre du piston, 0",3H; course, 0'°,466; vitesse, 65 tours.
Russie. — La Russie avait envoyé cinq machines fixes, savoir :
1° Machine horizontale à condensation avec enveloppe de vapeur, de Lessner, à Saint-Pétersbourg. Distribution à doubles tiroirs. Régulateur Porter , agissant sur la détente. Diamètre du piston, 0"',45; course, 0'",90; vitesse, 60 tours;
2° Machine horizontale de TEcole technique de Mos-